QUELQUES AMÉNITÉS
Je chante ce héros pétri de suffisance Qui voulut étaler sa propre insignifiance Et qui, par son désir de se faire valoir.
Sut mériter enfin le surnom de " Couloir "
Sous des lambris dorés si le ciel l'eut fait naître Il aurait pris la clef des champs pour aller paître. Se nourrir de chardons du matin jusqu'au soir : Tel semble être le vœu de l'illustre Couloir.
Si parfois son braiement vous écorche l'oreille, Pour éteindre le son de sa voix sans pareille, Envoyez le soudain conduire à l'abreuvoir :
Il s'assèche souvent car c'est un vrai Couloir.
Un quidam l'autre jour portait sur son épaule Un vieux râteau fiché sur une longue gaule :
Cela fait, disait-il, un fameux démêloir Pour peigner le toupet de l'illustre Couloir.
Montréal, novembre z88x.
LES ELECTIONS On a dissous le Parlement,
Par devant derrière ; Ses membres vont incessamment, Par derrière et par devant, Aux électeurs faire Un accueil charmant.
Le patron du gouvernement,
Par devant derrière, A dit au peuple : Vois comment, Par derrière et par devant,
Vogue ma galère
Les voiles au vent.
Les lutteurs vont incontinent,
Par devant derrière, Bien astiquer leur fourniment, Par derrière et par devant,
Pour faire la guerre
Convenablement.
Ceux qui parlent éioquemment, Par devant derrière,
Réciteront leur boniment, Par derrière et par devant, Se jetant la pierre Réciproquement.
Leur linge sale lessivant, Par devant derrière,
Lorsqu'ils iront s'invectivant, Par derrière et par devant, On les fera taire Assez fréquemment
Les chefs, pour agir prudemment, Par devant derrière,
Choisiront des gens qitonpa? tant, Par derrière et par devant, C'est cette manière Qui plait au votant.
Tout le ban et l'arrière ban, Par devant derrière,
Des routiniers, en les suivant, Par derrière et par devant, Creuseront l'ornière Encore plus avant.
Montréal 8 novembre x88x.