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LE JOUR DE L'AN

Air : — De la valse des adieux

Un an passé. Sur la scène du monde, Ont figuré d'insipides acteurs Qu'on a claqués et siffles à la ronde.

Comme ils ont dû rire des spectateurs !

En attendant que le rideau se lève, Pour nous montrer quelque sot charlatan, D'un faux bonheur, poursuivons le doux rêve, Et saluons le premier jour de l'an.

Nos canadiens ont conservé l'usage De s'embrasser, à bouche que veux-tu, Le jour de Tan. C'est une mode sage, En d'autres temps, hélas, c'est défendu.

Mais, oubliant cette austère défense, Le Canadien est parfois si galant Qu'il fait durer, sans que l'on s'en offense, Des mois entiers le premier jour de l'an.

Chacun accourt embrasser son vieux père Et recevoir le baiser maternel ; On est heureux de rencontrer un frère, De se revoir au foyer paternel.

Où, d'une voix par le bonheur émue ;

Le père dit à chacun : " Mon enfant,'

Je te bénis. " Parole qui remue

Bien d'heureux cœurs le premier jour de Tan.

En ce beau jour on se réconcilie, On se souvient seulement des bienfaits ; Le verre en main, la querelle s'oublie Et Ton revient pleinement satisfaits.

Que de pochards aujourd'hui font ripaille Et qui demain n'auront rien sous la dent !

Plusieurs d'entre eux passeront sur la paille D'un noir cachot le premier jour de l'an.

O nouvel an ! Apporte l'espérance A l'opprimé, daigne sécher ses pleurs !

Epargne aussi les chagrins, la souffrance Au malheureux accablé de douleurs.

Lorsque sur nous brille ta pâle aurore, Nous te rendons un hommage éclatant, En espérant vivre longtemps encore Pour saluer le premier jour dé Tan.

Montréal, 31 décembre 1881.

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Esî-S riea mr la ttrrt Qui soit jfltr* Jdayant,

Le gousset pion d'argent, Alfant au "T*" 1 , Pour ach"ter du butin.

Sht fa m' SC Catherine, Dampmi Depuis, Adasircz la vitrine.

Les prix sont bis réduits C'est bkMsqne Tau Tend, CottsklérabkroeriL

Un' rigging très courue, C'est la maison P ilo n.

Ça i'houv* sur la même nie ; L'on y r'çott en pur don, Des présents, des cadeaux Qui sont sachrement beaux.

Aimez-vous la fourrure ?

Ça s'port' dans les gros froids,

Quand qu'on n'n'a. J'vous assure

Qu'Dérome & Lefrançois

En ont du plus haut goût,

Et n'vend* pas cher du tout.

Et pi ya Boisseau, Frères Qui vendent des manteaux, Des châl's, tout's sort's d'affaires, Des bebelFs, des cadeaux, Ça s'trouve ru' St Laurent C'est là qu'tout.Pmond' se rend,

D'Murray, ru' Ste Catherine, Quand j'ai vu les cadeaux, J'me suis dit " Par ma frine, Vlà des beaux jouets nouveaux, Ya d'quoi fair* des présents, A ben des p'tits enfants.

Ya des stocks de banqu'route, Chez Marcott* Pencanteur, Dont Tbon marché déroute Le plus dur marchandeur, Aussi l'assortiment S'réduit-il prestement. v

Si vous voulez un* ch'mise, Allez voir chez Renaud ;

Lorsque vous l'aurez mise, Chez Gravel & Thibault, Allez incessamment Porter l'rest' d'votre argent.

Lavign* vend des guitares Et des pianos Sohmer.

Fait's v'nir pour vos catarrhes La r'cett' de Rochester ; D'Camphell, buvez le vin Ça ravigotte un brin.

Au lieu dVendr' d'ia quinine Ste Marie a, dit-on, Sur la ru* St' Cath'rine, Toute' sort* de chos' de bon.

Ses draps et nouveautés, Sont toujours très vantés.

Pendant ces jours de fêtes, Chez Mathieu & Gagnon, Allez fair* vos emplettes :

A c'magasin d'renom On vend au prix coûtant Quéqu' chos' d'ben ragoûtant.

Un homm* ru' Ste Marie, S'en allait chez Hémond, Quand sa femme en furie Lui dit : Ecoute Edmond,

Achèt' moî des cadeaux

Ou ben, j'pars pour Bordeaux.

Vlà qu'les agents d'immeubles,

Ru* St Jacqu' ont juré

D'fair' rentrer dans leurs meubles,

Ceux qu'ont des parts. Barré

Les achète toujours

Suivant les prix du cours.

L'sui qui s'greilF chez Letendre

S'fait pas passer au bob,

C'est un' bonn' chose' que d'prendre

L'huile de St Jacob

Achetez chez Alain

Vos souliers d'maroquin.

Allez donc chez Lachance ; Essayer ses lotions, Et vous aurez la chance, D'voir partir les boutons, D'vot' nez et d'vot' menton, Pas ceux d'vot' pantalon.

Montréal, 31 décembre 1881.

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