‹ Caprices poétiques et chansons satiriquesChapitre 75 sur 123 · DES MŒURS · texte numérisé non relu

DES MŒURS

On dissoudra les chambres,

C'est sûr ; Pour la plupart des membres,

C'est dur.

Il faut qu'on s'exécute

Encor, Qu'on jette dans la lutte

De Por.

Déjà l'on se prépare

Partout ; La cabale s'empare

De tout.

Dans l'espoir qu'il va faire

Le saut y On fait du ministère

L'assaut.

Si Tupper se découvre

Un peu, Le chef libéral ouvre

Le feu.

l8o CAPRICES POÉTIQUES

Carthwright, que la défaite

Attend, Sur le sujet qu'il traite,

S'étend.

On se livre au délire ;

Chacun Voudrait se faire élire.

Aucun Ne tient à faire dire

De lui, Qu'il a su s'interdire

Tout bruit.

Il faudra qu'on se morde

Bientôt ; Le ferment de discorde

Mousse haut.

Tel, pour se satisfaire

Un jour, Veut régler une affaire

De Cour.

A la belle qu'il aime,

Papa Fait une Cour Suprême :

Déjà, Il offre à l'amoureuse

Son bras ; Elle attend, langoureuse

En bas^

Ottawa, 20 férrier 1882.

CAPRICES POÉTIQUES l8l

VARIATIONS LUNATICO-HUGOTINES Air : — Gastilbeiza, F homme à la Carabine.

Un pauvre gueux, en proie à la débine,

Chantait ainsi :

Quelqu'un a-t-il plus que moi de vermine,

Quelqu'un d'ici.

Le ventre creux, tristement je regagne

Mon humble trou De whiskey blanc un verre, chez Champagne,

Me rendrait saoul.

J'ai grand besoin de me griser, mais, dame !

Je ne le puis.

Pour un schnuffer y je jetterais ma femme

Au fond d'un puits.

Dussé-je, après, aller mourir au bagne,

Passer pour fou, Du moins les gens me verraient, chez Champagne,

Joliment saoul.

Si je pouvais, pour me payer à boire,

Vendre ma peau, Si, de l'huissier, j'avais la verge noire,

Et son chapeau, Bytown serait un pays de Cocagne,

J'aurais des sous ; Ce que je vous offrirais, chez Champagne,

Vous rendrait saouls.

Monsieur Kimber est ceint d'une flamberge :

Je veux l'avoir.

Quand je l'aurai je parcourrai la berge

Matin et soir.

Les wawarons infestent nos campagnes,

J'ies tuerai tous ;

Je chasserai, par delà les montagnes, Les loups-garous.

Je sais déjà tirer la révérence

Très proprement ; Nul, plus que moi, n'aura de l'assurance

Au parlement.

Je bâtirai des châteaux en Espagne,

S'il est dissous, Nous trinquerons, et mon vin de Champagne

Vous rendra saouls.

Ainsi chantait, loin des murs de Tolède,

Mais près d'ici," Un riboteur, à la figure laide,

Au teint noirci, Lorsque, soudain, sa fidèle compagne

Lui dit : Gros fou, Tu parles trop, la liqueur à Champagne

T'a rendu saoul.

Ottawa 97 février 1882,

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