‹ Captive et bourreau [microforme]Chapitre 13 sur 31 · COUPABLE ET FUYARD · texte numérisé non relu

COUPABLE ET FUYARD

lui si aimé partout, lui que tout le monde D

Mélas étaitau chevet de George; comme ami, aux yeux de tous, c'était sa place. Il s’y rencontra avec celte pauvre Alexandrine qui n’eut pas le temps de le voir, tant toutes ses facultés étaient concentrées sur le cher malade.

Tout le monde avait remarqué la pâleur répandue sur tous les traïts de Mélas; er là, près de ce mourant, les commères trouvaient moyen de mettre en doute la sincérité de sa douleur.

— Comment atil pu le laïsser frapper, dit une grande femme à l’air décidé ?

— Tiens! reprend une autre, tu ne sais pas ce qu'il a dit? Il avait entendu du bruit en arrière, et| c'est pendant qu'il allait voir ce qui s’y passait, que George a 616 frappé.

— Oui, il dit ça, lui,

— Tenez! moi, depuis que je le vois aller à l’éqi que le dimanche, saluer Plume-d’aigle et hanter

es hois, j'eu si une petite idée. Je n’en dis pas plus long, car je plains sa pauvre mère d’avoir un être pareil dans sa maison,

C'était ainsi qu'on parlait à dix pas du lit sur le. quel George, brisé, pâle, défait etsans connaissence, luitait coutre la mort,

Qui n'a pas assisté à ces moments euprômes où la lutte s'engage entre la jeunesse et toute sa vigueur,

contre l’implacable mort qui reclame sa victime ?

Ke

rt mt mnt sit eprarantisemtr ni Sr rate rare saint ernerarsiansentinentetenanmgusrereremiseemretieinntliennesngeenegtentenetseenetetaienentenpeneenteetniteeneerestentiepen pere,

Qui n'a pas vu oes tristes mouvements du moribond, ces contractions de lèvres, ces eanglots, ces hogquets, ces sueurs froides sur un front mat, et Ces yeux ternes et sortis de leur orbite? Quanè c'est un vieil. lard qui a fait un long chemin, on s'attriste encore, c'est vrai ; mais la douleur n'est pas aussi prignante que lorsqu'on a assisté à la dernière lutte d'une jeune homme, d’une jeune mère, qui n’ont encore goûté que les douceurs du printemps de la vie,

Alexandrine et Méias assisteient, auprès du chevet de George, aux navrantes opérations du médecin sondant la blessure profonde que le couteau de l’assassin jui a infligée,

Laisson:-les juger de la gravité de la blessure at rejoignons Plume d’aigle, arpentant le village dont la rue principale ne senble pas asses large pour le contenir. Un couteau à la main, les cheveux en dé. sordre, pieds-nus, la chemise en lambeaux, l’écume à la bouche, il va par le village,-hurlant et vocilé: rant à tuetèle une chanson de guerre. La terreur est partout; on s’empres3e de fermer les portes pour se mettre à l'abri des coups de ce forcené, et personne n’osait le rencontrer dans la rue. Il avait fait, on le voit, grand usage de la barrique de rhum, prix de son homicide, Après avoir jeté dans les airs tous les cris des bêtes féroces, après avoir épuisé ça voix à crier, il vint rouler sur le seuil de la porte où George attendait la dernière heure.

Tout occupé au malade que le médecin examinait, on ne s’aperçut pas de cette scène dégradante, et Mélas ne se doutait pas qu'il fut si près àu triste compasnon de ses veilles et de ses projets monstrueux. Plume-d’aigle, tant bien que mal, réussit à gravir l'escalier et ouvrit la porte. À. la vue de tant de monde, il s'arrête une seconde et paraît indécis ; mais se ramassant soudain, il bondit en avant en s'écriant: ‘ Mort et vengeance, ” et il tombe à geroux sur le plancher. C: fut une panique générale qui pouvait amener de fâcheux résultats dans la condition du malade, Ua frisson glacial pa:sa par tous les membres de Mélas, en reconnaissant la voix de Piume-d’aigle. Il quitte le lit de George, et s'avançant au devant de ia bête immonde qui écume:

— Sors d’ici, Plume-d’aigle ?

— L'aigle libre ne sait pas obéir aux ordres du

faucon.

— Sortiras-tu ?

— Maintenant que tu m'as payé le prix de mon ouvrage; maintenant que la vengeance est accomplie par moi, je ne te dnis plus rien et toi non plus, Vois, le dieu de l’enf : a mis son feu dans mon

corps qui brûle, et je sens la rage qui bouillonnes en moi comme les flots longtemps contenus et long-4 temps battus par des vents contraires. Viens, maître, laver le sang qui a coulé sur moi, ce sang que tu:

m'as fait verser,

A ces paroles, Mélas devint livide, Il trouve un 4

bé.

Les soat tout oreilles pour écouter ce qui sort de la

bouche du monstre qui avoue clairement son crime,“

Aussi entenl-on déjà des voix frémissantes d'indi-

appui sur le bord du poële; sans cela il serait tom-4

distants, revenus de leur grande frayeur,

nn.

moins coup le crime...

— Qu'ent l'ami le plus immo;)de qi — C'est !

môn maître.

frappe... Honte!ho Aux fers, ce ce serpent r Cefutalor

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culer à Ja cle s'ayance pou foud;e, il ou Ceux qui tendro: ‘ C'e geance n'est | Alexandrin ne put révri vii qui avait l'avait pousss Plume-d'’ais faine de Milid sant chez lui, ger vers Quél tous les détà tristes conséq tience publiq tère. La jalo Piume-d'aigle possédé du dé abominable p On aurait v mais CEUX qu vieille mère, € laisser prendr ment. Parti d une légère ei ours ces pro\ nèbres le prir l'aurait voul bien gagner Mificilee. La Buffisait pas pd Mooc se résig My dorrair d'u

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tord. Rendu

Au jusiice de L us la mer ou

gnation, ne se gênant pas de dire : Le lâche, ilest la 1 3

tête et Plume-d'aigle n’a 6t6 que le bras,

il eat Î

GAZETTE DES

moins coupable que l'autre...,. il a payé peu cher

une rm À le crime... du rhum.... et l’on ne finissait plus YEHA — Qu'entends je, s'écrie Mélas, on m’accuse moi, À t 1 l'ami le plus cher de George ? on ose croire cet être M immoi)de qui n’a pas la raison à lui.

n Fil. — C'est la faute, maître... non tu n'es plus 5ncore, mon maître..., c'est ta faute... Tu m'as dit alors: snante frappe.... g1 paiera bien, et j'ai frappé.

d'une Honte ! honte ! s'écrie un brave milisien de 1812. encore Aux fers, ce lâche ami, ou plutôt ce perfide ennemi, Le, ce serpent réchauffé dans un sein ami, chevet Cefutalorsun bruit grossissant. Le médecin venait 1édecin de terminer ses opérations On aurait dit que G+orge de l'as. ff eut un moment de calme, Relevaut son front pâle

que soutient Alexandrine, il jêtta un regard dans la

sure At salle. Voyant Mélas, il a un mouvement de dédain, ge dont et réunissant ses forces: Val lui ditil, je te parpour le donne. [l ne put en dire davantage, sa tête retombe z en dé. inerte et le sang se prend à couler. l’'écume Alexandrine devint presque mal, à la vue de cette , vocilé: blessure d'où dégorgeait un sang noirâtre.

terreur A ces paroles inattendues de la part de George, tes pour D Mélas se redresse ; comme un tigre, il semble s’ac- , et per- Culer à Ja cloison pour mieux se défendre. Déjà on vait fait, Ms'avance pour le saisir, mais prompt comme la s rhum, Bfoude, il ouvre la porte et fuit vers le rivage. ; les airs Ceux qui couraiont à sa poursuite purent enpuisé 6 Siondro: * C'est vrai, je suis coupable, mais me venporte OÙ ieance n'est pas finie, ”

Alexandrine, toute souffrante de cette révélation, ne put révrimer une parole de dédain pour cet être vii qui avait renié l'amitié à tel point que la haine l'avait poussé à commettre un crime.

Plume-d’aigle est tombé dans un coin. Le Capitaine de Milice l’arrête au nom du Roi, et le conduisant chez lui, il attendit au lendemain pour le diri ger vers Québec, C'est là que, revenu à lui, il avoua tous les détails du crime qui pouvait avoir de tristes conséquences. Une chose soulageait la constience publique: on connaissait le nœud de myslère. La jalousie avait été le mobile du crime ct PBiume-d'aigle avait ét6 l'instrument doni le jaloux, possédé du démon, s'était servi pour perpétre: sun tbominable passion.

On aurait voulu saisir Mélas, On aurait pu lefaire, mais ceux qui le couraient pensèrent à sa pauvre vieille mère, et se disaient qu'il serait mieux de le | laisser prendre la clet des champs. Il en usa pre

aminait, jante, et äu triste onstruéussit à b de tant indécis ; avant en be à gegénérale s la cone par tous h voix de Bt. s'AVAN»

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ment. Parti du villäge au soleil couchant, il saisit une légère embarcation dans laquelle il y avait tou. ours ces provisions, et prit la haute mer. Les té. nèbres le prirent au bout d'en haut.de l’Isle-Verte. Il aurait voulu continuer sa course vers le bas, ou ouillonne Bien gagner Tadoussac, mais les passages étaient set long- Miificiles. La lumière du phare de l'Isle-Verte ne s, maître, Æivffisait pas pour éclairer sûrement sa route. Il dut us que FU once se résigner à camper sur le hout de l'île, et :

k de mon st ACCOMnon plus.

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MYiorrmair d'un sommeil févreux et agité. OQhlila Ad se tordre longtemps sur sa couche avant de pouroir fermer l'œil, Le lendemain, avant le sole:l levé, ll était déjà en mer, et peu après il Louchait la côte

rouve un brait t0:

frayeur, 4 hord. Rendu là, il n'avait plua rien À craindre que ort de la %h justice de Dieu qui trouve ls coupable partout, BON ou. hr la mer ou au fond des forèts vierges. tes d'indi- ” :

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