‹ Captive et bourreau [microforme]Chapitre 19 sur 31 · JIT SOUS LA TENTE · texte numérisé non relu

JIT SOUS LA TENTE

Quand le canot que montait Mélas et ses séides eut quitté le rivage, emportant la pauvre pelite victime, on réussit à se maintenir à Ja mer. Le Crochu en avant, la Chouette au gouvernail, et au milieu Mélas, tenant aus ses bras la petite Armande qu'endormait le balancement du canot à la mer. La t difficile; il fallait de l'énergie et du courage: Néanmoins le bandit avait un rictus amer eur les lèvres, en voyant tout près de lui une partie de celle qui avait dédaigné ses avances et qu'il avait juré de punir dé ses dédeins,

….« Jues voilà donc partis, suivant le courant qui les

mène. Déjà, à droite, 1a phare de L'Ile Verte montre dans la a ÿ grand œil vif et clair, dont les ra- 8 gè sur la mer et laissant une traînée e le soleil allait se lever, ils appro erme du Bic, Il fallait user de pré

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n avait vu à terre, non loin de l’flet-/en germe’{et quélques-uñes développées) toutes les

te

eu-massacre, une cabane de sauvage, érigée au pted d'un orau. Ils arrivèrent donc,æn se dissimulant, à l'Ilet-au massacre, et y attendirent le baissant pour se Me à Betsiamis où ile devéiont réjoindre la tribu,

L'enfant fatiguée, s'était endormie ; rmafs À peine out on touché Lierré. qu'elle s'éveilla et commença À pleurer. Mélas pâlit; il craignait que lès cris de l'enfant fussent entendus. Prenant une vieills couvarture, il en couvrit la tête dé l'enfant dont 1£e cris se trouvèrent éteints, et tous rantrèrent sous les voutes sombres de la cavérne, célèbre par le massacre de sauvages qui s'y étaient réfugiés, C'est une grotte peu spacieuse, suintant l'humidité st rendué dangereuse par les blocs de pierre qui peuvent cl fois s’en détacher. La pauvre petite Armande pleurait toujours, et on entendait distinctement le’eri de ‘ maman,” À travers ses sanglots, Mélas, les yeux rivés sur ce petit cor, frôle et teut frissonuant de l'air humide de la grotte, ne paraissait pas plus ému que le rocher auquel il était adossé,

Le Visage-pâle a le cœur dur comme une pierre à fusil, car il semble ne pas écouter la plainte de la colombe ravie au colombier, dit la Chouette.

— Ainsi je fais avec mes eunamis, répond Mélas, Laisse la colombe pleurer ; quand elle sera épuisés, elle taira ses cris.

à La Chouette eut un regard compatissant pour l'en ant, -

Horreur! un sauvage non civilisé, un enfant des bois, montrer plus de cœur que le Visage-pâle, 6levé parmi le monde chrétien et civilis4 ! Quel contraste | Oh! mes chers enfants des bois, votre cœur magnanime, rempli de passions, peut parfois s'égarer de la bonne voie; mais vous pouvez eu remontrer par les bons señtiments, à biën de nos compatriotes qui ont une âme de boue, La nature, votre grande institutrice, vous a bercés, dès vos premiers pas daas la vie, et elle a mis en vous une corde sensible

u’on ü6 trouve pas toüjours chez les Visages-pâles.

ous êtes plus grand dañs votre héroïsme, que vous avez 615 moins privilégiés du ciel que mes Compatriotes qui ont abusé de ce que le bon Dieu leur avait départi,

La Chouette se leva lentement et sortit avec précaution. Il revint bientôt avec quelques fruits qu'il fit manger à l'enfant qui se prit à sourire à ce sauvage qui lui faisait tant peur auparavant.

Mélas, le front ridé, la main droite dans les che. veux, regardait ce tableau vivant : Une enfant frêle comme un roseau, nourrie par un ‘uvage dont le cœur, meilleur encore que le sien, s'était laissé atténdrir par les cris de la victime.

Quelque temps après cette petité scène, nos yoyageurs se rembarquaient avec la baissant qui les aida beaucoup à gagnér Betsiamis, où ils arrivèrent un peu avant que le soleil passa au zénith.

L'enfant fut débarqué et emporté quasi secrète. ment sous la tente où l’attendait un vieille sauvagesse qui avait été jongleuse autrefois, et que la religion avait ramenée à de meilleurs séntiments, tout en lui laissant une certaine dose de faiblesse plus qu'apparentée en présence de l’eau de l’eau-de-vie (rhum). Oa peut dire, sans médisanes, qu'elle avait

ge | FHUILLETON DE LA

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Mau valises -passions du cœur, humain. lle accueil lit l'enfant avec une certaine joie.

. Quand la tigresse a passé l'âge de la maternité, ditr"‘a, si elle rencontre le petit de l'oura, elle le lèche et se plait à rester auprès de lui. Moi je suis une vieille tigresse au front ridé, à la peau parcheminée; ehl bien, j'aimerai. cette enfant comme la perdrix peut aimer,ce qu'elle.a couvé et qui n’est pas de sa race, de sa tribu. C'est une fleur enlevée à quelque oasis, eh! bien elle réjouira la vue de la vieille jongleuse.

Ecoute femme, dit Mélas. je vais rester ici, avec toi; tu auras soin de l'enfant comme ioutes les sauvages :de la tribu ont,soin desleurs, mais prends garde à ta maudite :angue. Que l'eau-de feu des traiteurs ne la délie pas ou sinon tu pourrais bien aller rejoindre les mânes de tes aleux. Ilest des bêtes qui, se voyant au pouvoir de leur ennemi, se soumettent à ses désirs, quitte à les mordre plus tard daus l’occasion. N'essaie par ce métier là. Tiens ta promesse et sois.y fidèle, Tu élèveras cette enfant sans ménagement. C’est une enfant maudite qui doit souffrir pour expier.... et il sortit, ne pouvant en dire davantage. Q

Quanc Mélas revint au wigwam, il avait vu ses deux bras droits, solder leur compte et avaït reçu d'eux la promesse qu'ils ne diraient à personne l’a venture arrivée. Ils devaient se contenter de dire que cette nouvelle arrivés avait été abandonnée et recueillie par eux par pitié.

Comme le soleil allait disparaître sur les lèvres de l'horizon, le voile qui servait de porte au wigwam de Mélas ce souleva, et un enfant de dix ans éntra: Rzeuill Kouill dit-il en cabane.

Quel bel enfant pour un sauvage. Quel front dé. veloppé, quels yeux avec reflet d'acier! Les membres sont robustes comme Ceux du bison, aussi l’appellet-on Bison-des. Plaines. Sa tête est bien posée sur ses épaules solides. Oo dirait un cèdre altier, couronné d'une épaisse chevelure. Il n’a que dix ans, mais dans la tribu on dit que son esprit a la sagesse des gris Sagamos, et sa poigne a la force des serres de

’aigle des montagnes.

— Tu as ét6 presque une demi lune absent, frère, dit-il à Mélas qui ne répondait pas.

Cette visite l'impurtunait, et il ne la cachait pas.

Tiens, dit l’enfant, une petite visage-pâle ! Pauvre petite fleur, Lu vas perdre tes couleurs au milieu de nous. Tu as pris cela de l'autre côté du grand lac, frère ? Là bas où les terres semblent monter vers le ciel; et il montrait la côte Sud,

Mélas resta coi, Bison des-Plaines comprit, au regard de Mélas, que ce dernier n’aimait pas qu’on le questionna à ce sujet. Fs

— Bison-des-Plaines générait-il son frère le Hibou (c'était ie nom que la tribu avait donné à Méias à cause de la eourbeture de son nez et de ses yeux ronds) ?

— Le renard qui rôde-autour du poulailler gêne toujours le maitre, dit Mélas d’un air moqueur.

— Eh! bien, avant de,quitteriton wigwam, Bisordes-Piainas voudrait dire à son frère qu'il trouve

nchissant le seuil de la

ro

blancs, comme l'oissau de nuit‘qui crie au-dessus de ma cabana quand le fau brûle à la porte, fuit à la vue du chasseur ? Ta craignais les Visages-pâles comme l'on craint l’hotnme de là prière; ta redoutais leur morsure comme cel'e du serpent que ne pauvént guérir les amulettes de nos jongleurs.

— Forme ta bouche pleine de flel, dit Mélas, jamais les abeilles ne se poseront sur tes lèvres, Car elles y mourraïent. Depuis quand Bison-des Plaines se permet-il de venir insulter le Hiboù dans sa cabane ? Mais l'aigle méprise le ver de {érre qui rampe dans l'herbe; voilà pourquoi je n'ai pas marqué te joue d’un soufilat.”

— Oh! oh! j'ai vu dans la forêt un ver se mettre au pied d'un arbre géant, ét après quelque temps Ce n’était plus qu'un, corps mort qui s'abattait sur le sol; c'était l'œuvre d’un ver. Oh! ün! prends garde au ver qui rampe. Et puis il est des plantes aux tiges flexibles qu'on croît broysr en pilant dès sus, et quelques heurés après elles sont dressées vers le ciel; ainsi prends garde À toi ; .et il sortit, laissant Mélas étonné de tant d’audace dans un enfant de dix ans. g #r*

Ce sera un ennemi à vaincre, se dit-il, Oh t js le sens bien, ma tâche n’est pas finie. Bison-des Plaines a compnis qu’un mystère enveloppait la venue de l'enfant sous ma tente.

Femme, dit-il à la vieille sanvagesse qui faisait boire l'enfant, pleurant et demandant sa mère, femme, que Bison-des Plaines ne franchissé jamais le seuil de ma cabane, sinon tu te rapentiras des effets de ma colère. Il m’a bravé jusqu'ici, il est ca. pable de tout, J'aurai à me défier de lui comme d'un renard, car il en a la finesse et la ruse. Je le redoute plus que toi, car pour toi je serai presque toujours ici pour te surveiller et fairé en sorte qe l'eau de feu ne te délie pas la langue,—Puis Mélas, rompu, brisé par tant d'émotions ressénties depuis plusieurs jours, se jeta sur son lit de sapin où le sommeil ne tarda pas à venir le visiter. 2

Le lendemain, le Chef vint visiter Mélas et voir son enfant trouvée, Il avait appris déjà que son ami était arrivé au village avec une visage-pâle,

— Il est beau, l'enfant.

— Oui, Chef; elle sera ton sujet. Le Chef paru flatté. ;

— Quel nom? dit:il.

— Pas de nom, Chef:

— Oh l'alors il faut lui en donner un. :

— À toi cetthonneur, Chef,

— Ehl bien, tu ignores sa Ut M la ?

Fleur du mystère. "Tu l'as trouvée : grandes huttes blanches, à l’autre côté de la mêr

— Oui, Chef. à, CR

— Ehl bien, aime-la et faisen un bon sujet de ma tribu, sp

— On ne saurait lui trouver un plus beau nom que celui que tu viens de lui donner, Chef. L'esprit de vie a parlé par ta bouche, où mâñes des

anciens chafs ont soufflé sur toi, Mélas connaissait le côté faible tait par la louange.ef, la cajolerie

pour ainsi dire dans l'amitié du Chélqui l'avait en

drôle que le liibou adopte les enfants de l'aigle, lui | grande estime. C'était un vénérable vieillard vouté, qui craint les visages-pâles. Ne t'ai.je pas vu fuir les |aux cheveux aoirs encore malgré ses 70 années, Sa } -

course, .& sans, nom és de fai ’acier,

Dieu su teur de sa à cette he centupler pouvait s’

las avait vil alla h houette.

Salut boù a ame pas encore) * = Oui.” | — Où a kllét'est au matin à — C'est dés biseau:

essayé ses meure et il = Tu po — cou!

:e uid, ou amours dl rives étran …— C'est — Je co prehdrais | etqu'un n «i Je ne

— Ton:

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tion indigi — Jene gnit dorm d'interrog:

pâle a alta assez pou] et sortit el il alla 6e j

sages-pâle Attila ign: paudenca

GAZETTR DÉS

CAPMAGNÉS HT]

fgure était décharnée et osseuse, aves des pommettes saillantes, Ses yeux avaient conservé leur flamme xive,et perçante. Il avait encore nne sûreté de coup-d'œil rare. Pas un plus que Jui, dans la tri bu, n'avait eu sa justesse de tir, sa légèreté à la course, son infatigable ardeur daus les marches sans. nombre que ces populations nomades sont oblifade faire. 11 avait la poignée solide et un jarret acier,

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