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horrible ses cheveux omt grisonné aux tempes, Ecartant les rideaux en mousseline du berceau: Dors ! mon enfant, ditelle ; dors en paix, ton père va vef nir, Oh! ne pléure donc pas; si tu savais comme \ ces cris me serrent le cœur, Dors donc en paix. Je suis là, moi ta mère.
| Elle pleure toujours |! mon Dieu, et elle se cache la figure. Pauvre mère! On aurait dit que les san. lots de son enfant exposée sur la mer résonnaient äux oreilles de son cœur Ælle se mit à balancer le berceau vide, ce nid désert dont uu vautour maudit a ravi le trésor. Allons! elle repose, cette chère enfant. Elle regaide d’un air hébété le pasteur; elle le fixe des pieds à la tête. Ce n’est pas George ? Oh! non, il serait dans mes bras, | .. — Non, ma fille, je ne suis pas George, je suis votre pasteur qui vient vous consoler.
— Tu viens enlever mon Armande, A moi ! À moi s’écrie la malheureuse mère, et elle se jette sur les | langes du berceau désert; elle presse sur son cœur | les vestiges de ce qui n’est plus. Elle croit avoir son enfant, son Armande entre les bras,
Mesenfants, sortez, dit le curé. Il y a eu un crime de commis'ici cette nuit. Laissez à la Justice le soin | de cette affaire. Gardez vous de blesser la charité chrétienne par des soupgons non fondés Dieu qui | unit les coupables et récompense les bons, saura
FER déchiffrer cette’ affaire. Cette pauvre mère à. été victime d’un rapt aussi lâche que sans cœur! ; La douleur d’Alexandrine, de cette pauvré mère privée de son enfant, a été si intense, qu’en un seul | instant, comme un éclair qui passe, sa râison s'était ne obscurcie d'un voile épais, opâque, ténébreux, Dé sormais, dans Ja vie, elle allait marcher sans but, sans désir, n’ayant qu’une idée fixe, véritable mono- ! manie: son enfant! Hors là, rien, le néant, Ja nuit, | le cahot, les ténèbres. Parfois le voile se déchirera, L et son intelligence semblera s'éclaircir; mais ce ne sera que comme ces éclairs subits qui éblouissent dans la nuit noire qui nousenvéloppe, et augmente l'épaisseur des ténèbres après leur disparition.
Pauvre mère! pauvre femme ! combien de cœurs vont souffrir ! Que de sanglots tu vas soulever! Que de larmes tu vas faire couler! Ton George, qui est [? si loin, il va revenir pour te presser, toi etton en: RE fant. Que trouveratil? Mieux vaudrait y trouver k un cercueil noir, surmonté d’une petite tombe blanche, où reposeraient la mère et l’enfant. Mais patience ! Lieu est là, et sa justice suit son cour même ici-bas,