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dit qu'il se faisait appeler son père par l'enfant, et que parfois il la maltraitait pour revenir bientôt après, se faire caresser de l'enfant qui l'aime avec ainte, / Ainsi en possession de tout le secret, Bison-des Plaines se mit à songer, et tout un plan sortit de son cerveau ; on en vérra l'exécution 5lus tard. Esrit pénétrant, conduit par les idées de vengeance, ison des Plaines trouva la eorde sensible pour infliger au Hibou la peine du talon,
| nb ri NOUVEL ARGUS: | jun » |) Les années tombent dans l'éternité comme les ri
vières dans le fleuve qui les confond avec propres eaux, mais ne se ressemblent pas.
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Comme nous l'avons vu, Bison-des-Plaines et la Chouette s'étaient juré amitié, et seul le premier s'était constitué le défenseur de Fleur-du mystère et le vengeur des ressentiments de la Chouette. C’est ainsi que la justice de Dieu se sert des hommes pour exécuter sa justice ici-bas,
Qu'est devenue Armande, durant les quinze années écoulées depuis son enlèvement ? Sa vie a été plus que pénible, A cette heure où nous sommes rendus, c’est une jeune fille d’à peu près seize ans, qui promet beaucoup. Elle est grande et bien faute; ses Cheveux sont longs et tombent toujours sur ses épaules un peu décharnées par une fièvre latente qui mine ses forces; le soleil a mordu ses joues et y a mis une couleur brune assez accentués; ses grands yeux bleus frappent à première vue, tant ils renferment de chastes langueurs, tant'ils expriment une douce aménité; ses longs cils noirs qui les ombragent en diminuent leur éclat naturel et y jettent une ombre qui leur donnent plus de mélancolie, Sa taille, non comprimée par tous ies artifices de ce siècle de fer, a crû rapidement comme les arbres de la forêt, cependant elle est grèle et semble avoir la mexibilité du roseau et la délicatesse du saule-pleureur. Son front a de l’ampleur et il est
bien courcnné d’une chevelure forte et noire ; la|
bouche un peu large, a une finesse de contour rare;
les dents, bien alignées ont une blancheur beaucoup}
lexandrine, celle qu'il h‘issait à mort, avec son mari George,
Mais il avait compté sans le cœur humain. Quel. que sait la haine qui remplisse une âme, il y a encore de la place pour un sentiment de tendresse. Le cœur se réveille parfois, et il vient une heure où le besoin de se sentir aimé l'emporte sur bien d’autres considérations.
Mélas se trouvait à une de ces äpoques où le
cœur se croit capable d'aimer et de tressaillir encore au souvenir d’un bon moment.
Il se disait: Fleur du mystère grandira, deviendra nne belle fille, et elle m'aimera comme son père. Tout son amour sera pour moi seul, et il me semble que je jouirai encore. .
Là, comme toujours, il voyait encore la jalousie faire son œuvre. Il voulait pour lui seul le cœur de Fleur-du-mystère ; mais il avait compté sans les circonstances, sans la justice de Dieu et sans Bisondes-Plaines.
Un jour, Fleur-du:mystère avait une disaine d’an-
inées, Mélas 8e sentait tout joyeux auprès de l'enfant. [ILoubliait le passé. Fleur.du-mystère, dit-il, sppelle- {moi tun père.
— Toil mon pères? ‘
— Oui.
— Pourquoi ne me l’as-tu pas dit plus vite ?
— Je ne le pouvais pas, pour des motifs que je no
plus éclatante que sa figure est brunie. D'un carac-| puis te dire.
tère rêveur, eile à la taciturnité du sauvage avec le-| quel elle est en contact presque 'ournalier; outre |
— Et ma mère?
Mélas vit un nuage obscurcir ses yeux... Ta
cela, 1l y a en elle quelque chose de mystérieux qui |mèr: : dit il, elle est morte !
étonne et qui frappe. En la voyant, il tombe de ses
-— Oh! mon père, dit-elle, Et elle se jeta dans ses
yeux timides et voilés, de son front chaste et can. | bras.
dide, un charme qui serre lé cœur. On se croirait!
Méias ent un frisson de joie, et son être tressail.
en présence d’un être créé et mis au monde pour| lait sous celte caresse comme la feuille sous les baiêtre la personuificetion de la douleur. N'avez-vous |3ers du zéphire.
jamais vu, au coin d’une des grandes rues de nos! ] : £
Cette heurs d'ivresse devait bientôt être oubliée.
villes, ces enfanis venus d'une terre étrangère, dont | Mélas n’était pas exempt des souvenirs du passé; ils les traits hâlés et la figure mélancolique vous disent: | venaient à flots le presser, l'obséder de tous bords, “ Ils ont souffert! ” Eh! bien, Fieur-du-mystère res. | et alors Fleur-du-Mystère était le souffre-d'ouleur du semblait à ces petites Italiennes qui errent dans les! Moment, Méias la repoussait brutalement de ses villes, chantant aux portes, pour recueillir quel-| bras ; el ses traits contractés, les yeux hagards, il ques sous qui leur donneront du pain. Compren-|ressmblait à un aliéné furieux.
drait elle, la pauvre enfant, qu’elle n’a pas été jetée| La pauvre enfant pleurait tout bas, dans un coin par la maia du hazard, sur ces rivages où viven! les |de la Cabane, tant elle avait peur de son père; et lui, enfants des bois? Elie en a peut-être un secret pres |le bourreau, se surprenait à grimacer un sourire en sentiment, quand elle revient sur elle même et con. | Voyant le sang et la chair de ses deux ennemis sou
sulte son cœur.
Pourtant Mélas est là, auprès d'elle, et elle l'appelait : son père. Mélas dont la chevelure commençait à montrer, aux tempes surtout, de nombreux fils d'argent. Mélas était tout changé, Il avait eu des projets de vengeance contre cette frèle enfant qu'il avait ravie un jour; il s'était dit: ‘* Elle souffrira pour expier ce que j'ai souffert ;” logique brutale d'un cœur ulcéré et rempli de fiel. à
Pourtant, il devait en être autrement. À mesure que Fleur-du-mystère grandissait en beauté, le vrai purtrait de sa mêre, cet homme sentait ses entrailles s'émouvoir de plus en plus, lorsqu'il osait la brutaliser pour des riens. Elle n’était pas coupable elle, pas plus que sa mère. 11 lui répuanait barfois de se sentir porté comme maigré lui vers cet enfant d'A:
nee rm
frir bien loin d'eux qui devaient aussi ressentir une douleur aigue, °
Alexandrine, disaitfRé@est loi qui souffres dans de enfant, Oh! j'ai bien plus souffert que cela, moi
Ce n’était que passager. Il revenait bientôt et s’empressait auprès de Fleur-du-mystère qui ne venait à lui qu’en tremblant,
Ainsi allèrent les années. Lorsque Fleur-du mystère eut atteint l’Âge de seize ans, Mélas l'aimait éperduement, d’un amour jaloux, d’un amour d'au tant plus fort qu’il avait été retenu pendant plusieurs années et qui se concentrait À cette heure sur un être unique: Fleur-du-mystère, belle comme une petite senora d'Italie. Son amour jaloux allait encore faire une malheureuse, car il la Jais.
sait à peine sortir, Dans ses moments d'expansion