‹ Captive et bourreau [microforme]Chapitre 25 sur 31 · LA FUITE, N · texte numérisé non relu

LA FUITE, N

Laurent Goulord, la tête dans ses deux mains, pen-

— Tu comprendras. E‘oute: Le sauvage est patient, et rarement son ennemi lui échappe. Aussi, à cette heure, justice est faite, et l'obstacle à la réali. sation de mes projets est disparu, comme le nuage disparait poussé par un vent du Sud-Ouest, En ce moment, ‘frère, le Hibou est tombé mort sur le champ où les vautours iront hientôt s'unir aux vers pour dévorer la chair de bandit, Va maintenant auprès de Fleur-du-mystère; le sommeil a appesanti sa paupière; va, dis lui tout, et fuyez ensemble.

— Malheureux! dit Laurent, Quoil un crime! du sang !

— Va, mon frère, et que ta langue se repose, ne la fatigre pas inutilement. Moins de mots et plus d'actions ; cours, mon frère ; l'heure de ladélivrance est venue pour moi, parce que je l’ai voulu. Je n'ai pas de regret. Demande à l'aigle qui a saisi sa proie s’il regrette ‘on action. Ainsi de moi, d’ai fondu sur mon ennemi qui était celui de Fleur-du-mystère, et aujourd’hui que ma vengeance est satisfaite, je vois mon rêve se réaliser: libres, vous allez fuir vers la village d’où part Fleur du-mystère, et vous y serez heureux. Va, mon frère, ne retarde pas l'heure de la délivrance. L'alouette ne se fait pas prie: pour s'enfuir des serres du vautour qu'un chasseur a abattu du haut des airs. Ÿ

Resteras-tu donc ainsi immobile comme un cèdre de la forêt, sans énergie, sans actions ! comme le castor devenu vieux? Non, cours au wigwam de Fleur-du-mystère. Dislni que le Hibou n'est pas son père, qu'il l’a trompée, et que ses père et mère vivent là-bas, aux grandes huttes du Sud, et demande. lui de profiter de l’occasion pour fuir vers ces rives. Elle ne saurait refuser, car elle t’aime et redoute le Hibou, qu’elle n’aime pas. Fuyez, et je pourrai me dire : ‘‘ J’ai aimé Fleur.dumystère pour souffrir et pour me dévouer. ”

Sublimes paroles dans la bouche d'un enfant des

bois ! Oh! mes chers sauçages, il y a en vous plus de sincérité et de cœur dans toutes vos actions,

qu’il y en a dans les agissements de certaines gens

policées. J'aime votre franchise comme je déteste ces sourdes menées de gens connus qui ont juste as-

| sez d'esprit pour ne pas être de grosses bêtes...

raisonnables, Il n’en fallait pas davantage pour convaincre Lau,

sait à Fleur-du-mystère, à cette enfant qui lui pa:|rent, Cependant il hésitait eucore.

raiseait être la triste victime de quelqu’horrible machinution. Soudain un bruit s’est fait entendre à la orte. Qui cela peut il être à cetie heure ? se dit-il. Y aurait-il du nouveau au village ? Peut-être les traiteurs du Sud sont-1ls à faire la coutrebande au détriment de la Compagnie ? ) | nt qu'il faisait ces réflexions, un coup plus MORE frt, réveilla les écaos de la maison, Îl ouvre, et demande qui est là ?

— Un frère, répond Bison des-Plaines.

— C'est'ioil entre. Que me veux-tu à pareille heure? Attends que j'aille chercher une lampe." : — Non, frère ; quand Ja mer est furieuse et la nuit “sombre, le pilote ne prend pas le temps d'allumer un flambeau, :l dirige sa barque.

Je ne comprends pas bien, dit Laurent,

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