LA
Le jour va venir, dit Bison-des-Plaines. et avant que l’aube blanchisse l'horizon, il faut que vous 80yez hors de vue. Te faut-il du courage ? frère. Oh! si je pouvais m'en arracher un peu du cœur, je te le passerais, et déjà tu volerais vers le wigwam de Fleur-du-mystère. Pars! Je tiens, moi pauvre enfant de la forêt, au bonheur de celle que tu aimes et dout je ne suis pas jaloux, parce que tu sauras la rendre plus heureuse que moi, toi qui as un visage pâle comme elle,
— C’est Dieu qui t'envoie, s'écrie soudain Lau. rent. Je cours.
— Merci, frère, "OS
— J'arrangerai tout ici, et vou: me trouvere: au bord des flots,
mer Puis
à faire pour le Poste e servées Laur excepté grands rêt, En se trou où repo lant, et fille dor — C'e
rien.
Elle n
sa figure — Ecc rui Court — Je] — Lais parents | rives du £ qui te ma Bison-des moment i
— Mon — Non,
— Veu:
tu es vie ?
— Seul — Non, — Etta — Je la — Oh!
même ve haut dans Elle se r blanc, che large couv La nuit ( parus, Let qui, recont allongeant Ea quelqud Bison-des-P les effets in Vite, le le jour ne 8 Fleur du sissant une de bonne hl —- Adieu, de nombre la blanchir, chasses, — Merci!
pas et que 14 — Sa cont Fleur.du-m — Merci!
rais oublier — Tu sera lu en es une
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… Puis Laurent disparut et Bison-des- Plaines se prit | insulte d'un ennemi qu'une caresse partie d’un cœur
à faire un paquet des choses les plus nécessaires, | sincère. Adieu ! que le ciel veille sur vous.
pour le voyage. Après le départ, il devait garder le: Puis le canot se détachant lentemeït du bord
Poste et veiller sur les pelleteries qui y étaient cou-| tourne vers le Sud, et de vigoureux coups d'aviron
servées, | l'enlevèrent comme une plume légère et il se mit à Laurent fuit vers le village Indien où tout dort, | courir sur les flots bleus du fleuve,
excepté la douleur assise partout, au chevet des! Resté cloué au riva i ? £ asté € ge, Bison des-Plaines regarda grands commé auprès de l'humble enfant de la fo:| jun œil hnmide le vaisseau qui allait disparaitre à
Pate En Me ete il a traversé le village et| l'horizon, Quand le canot disparut à sus regarde, il
se trouve anpres du wigwam silencieux du Hibon |rentra sous sa tente, L'aube apparaissait aux cieux où repose Fleur-du mystère, [1 y entre en se faufl-|et ré sandait partout une douce clarté,
Te un ques lui suffit pour éveiller la jeune! Bis in des Plaines ne dormit pas, et quand il sor-
e dormant d'un paisible sommeil. . [tit pour regarder de nouveau la mer, le soleil ra-
.— C'est moi, Laurent, dit il en l'éveillant, ne crains | dieux sortait de derrière les monts qu'il dorait de
Elle ne parla pas, mais un sourire de joie illumi NRA RERUSRERS l i i PAPLA pas, de JOIE lUUMINER ET A mer était calme et unie, réfléchissant la vaste
sa figure un peu pâlie. . $ : TEL À — Ecoute, enfant, lui dit tout bas Laurent; je 8e- ent des seu Rien à l'horizon 1e vas frapper la rui court, Le Hibou n'est pas ton père... vue du sauvage, si ce n'est un voilier empamé tout TER Na nr nadia . |près de la rive Sud. Ils ne sauront rien, se dit Bisoni , pit l'enlant av@c j016. | des-Piainez, Mais Laureut passera pour le menrtrier ! — Laisse-moi parler. Tu es une enfant ravie à tes|enfin...…., Tous les sauvages étaient debuut, et parents qu’il détestait et qui vivent là-bas, aux |leur premier regard fut pour la mer, C'est à qui atrives du Sud. L'heure est arrivée de fuir cet homme | tire toujoursleurs regards lorsqu'ils sont au bord qui te mallraite et te fait souffrir par sa brutalité ; | du fleuve. Ils guettent ie temps propice pour le loup- Bison-des-Plaines l’a écarté de notre chemin, eten ce marin, et en [eu de temps ils se préparent pour la moment il ne peut pas nous être nuisible. chasse.
— Mon Dieu lil ne l’a pas Lu? Laurent avait gagné le large rapidement. Le dé- — Non, sois sans induiétule, sir de se voir bientôt loin du viilage, craignant la
Vi ei iles lv eiléeo- die . poursuite des guerriers du Chef lorsque ce dernier MAS An go d'où \u pars ei Où | Gonnattraittoute la vérité, leur donnait du cou-
gouts? rage.
— sd APS sa Disons, en passant, que Laurent n'avait pas de — Non, avec Ê doute sur la mort certaine de Hibou, car i i — Et ta place au poste ? rte ve
| é Bison-des Plaines assez flelleux pour n à — Je la quitte pour toi, pour ton bonheur. p rene
bot uer sa victime, et lui infliger simplemen il — Oh! fuyons, fuyons. Avec toi j'irais partout, | ' 8 ù NERO
1 ci i ni £ A inaccessibles qui brilleut là | Gand les deux fugitifs se virent loin de toute por- Elle se revêt, à La hâte, d’un grand châle rouge et ée de vue du village, ils laissèrent le courant les blanc, chausse ses mocassins brudés, et pliant une | MONT; el dir reposèrent un peu pour mieux na. large couverte elle part sûr les traces de Laurent. | 8° ensuite, Alors s'engagez euire eux UD6 Con Ver. La nuit était belle, et déjà les nuages étaient dis sation soutenue, 1rop longue pour êlré Facpdtés Jarus, Leur passage éveila bien quelques chiens f Mat pi reconuaissant des amis, répitirant ue place en |; Laurent pari de rar ua de Fleur-du-mysallongeant leur museau sur leurs pattes de devant. Sud Le ae ni d dans un village de la rive En quelques instants ils sont rendus au canot que," "'éJOurRES et demi du village Tadien; if lui Bison-des-Plaines tient à la mer et où il a mis tous dit alors comment Bison-des-Flaines, prenant tou.
les effets indispensables appartenant à Laurent, jose et FAI Sas le fort, s'était constitué Vite, le courant monte, dit Bison-des-Plaines, et|,° PARACAE ES GRèES enfant, nouvelle veaue au villo louriieenuedis tarder, lage sauvage, Le temps s'écoula ainsi.
ris Cas ; Le soirles prit aux bords de l’ile-au Fleur du-mystère saute à l'avant du canot, en sai- P ; x pommes, sissant une rame. Elle savait pagaier, accoutumée ANE LOI HARRIS pa RuA fs s'arréterent sur la de bonne heure par le Hibou à ce genre d'exercice poire Mérite d pa CUUe décidèrent à ÿ paser la Adieu, frère, dit-elle à Bison-des-Plaines. Que es " à A ï Pat ; met se résigner à passer de nombreuses lunes passent sur ta tête sans trop AIPON éveil A TE D ie SANS \ 2 D Q L ou .
le RIRE: et que le castor soit abondant dans tes près, où l'on fit cuire le repas du soir. au — Merci! que la fille des Visages-pâles n'oublie Quel magnifique panorama alors se déroula sous pas et que la chaîne de l’amitié lui soit légère. leurs yeux enchantes, à cette heure où le soleil ve- Sa conduite à notre égard l'allège déja, répond | nait de disparaitre derrière les montagnes du Nord. Fleur.du-mystère qui avait des larmes dans la voix. Là-bas, eu face, vers le Nord-Ouest, l’Isle-Verts avec — Merci i mon frère, reprend Laurent, je ne sau-|sa chevelure légendaire et poétique de sapins et d'erais oublier ce que tu as fait pour nous. pinettes, avec ses rochers couverts de verdure, qui Tu serais une exception, et j'aime à croire que |MOntent en emphithéâtre de la mer et s'abaissont tu en es uue, car les blancs oublient aussi vite une | ensuite vers des prés verdoyanis et émaillés de roses
sauvages, avec sa Tour droite et corsée dont les rayons lumineux tracent anx navires transatlantiques et à nos bateaux de commerce, une route sûre À travers les écueils et les courants qui abhondent à ces endroits, À gauche, l'Isle-Verte, humble village encore, au pied d’une côte qui s'en va, par gradation, se confondre à l'horizon avec le bleu transparent du ciel. La chapelle s'élève au centre du village et son clocher se dresse dans les airs. A droite, la rive Nord, énormes murailles crenelées par la main de la nature, puis le Saguenay, cette rivière aux merveilles ; enfin Tadoussac, ce petit nid d’aigle au bord de la mer, encore tout chaud de souvenirs glorieux du Père LaBrosse, l'apôtre si connu.
Tout ce tableau, illuminé des derniers rayons du soleil couchant, se déroulait aux yeux éblouis de Laurent et de Fleur-du mystère, à leur station sur le bout de l’île-aux-pommes. Ajoutez à cela l'air frais, pur et embaumé du soir, le calme majestueux de la mer qui se retire lentement, le chant des oiseaux sur l'île, uni aux cris des gcëlands sur les flots, les pâle: clartés de la lune pleine qui semble courir après le soleil dont les vestiges de lumière dorent à peine les rares nuages disséminés à l'horizon, et vous aurex une idée des émotions qui naquirent alors dans
‘l'esprit de nos fugitifs.
Quand l'heure du repos fut arrivée, Laurent alla |
luimême faire ample provision de branches de sapin pour faire à Fleur du mystère un lit convenab'e qui put reposer ses membres fatigués. Il y étendit une large couverte et la jeune fille s'y jeta toute habillée. + |
Dors, à présent, lui dit le jeune homme; répare tes forces par un bon sommeil.
— Et toi ? Laurent.
— Je veillerai sur toi et j'attiserai le feu.
— Pourquoi te fatiguer ? Je ne veux pas dormir pour rester avec toi; je suis si heureux de te voir me “rire, me parler tout bas. Ton rezard me dit pl’ oses que toutes les fleurs sauvages, plus r , ces étoiles que le bon Dieu a mises au
r nous éclairer pendant la nuit.
- Chère enfant, ne parle pas ainsi.
— Tu m'aimes donc bien, Laurent.
— Ecoute, Fleur-du-mystère: Le cœur brisé, car j'étais entré dans le monde avec les larmes et la misère, l'esprit frappé par la mort de ma mère, une
auvre mendiante, je n’ai connu de la vie que ses amertumes et ses déboires; j'étais dans le monde comme un astre dévoyé qui suit une course vagabonde, sans but, sans chemin fixe. Un jour, le ciel
de guide ? Et quel guide plus sûr que le cœur bien disposé d'une femme qui comprend son devoir et sa mission ici-bas ? Pour mai, qui avais besoin d'u. mour comme les feuilles ont besoin d'air et de lu nière, j'ai rencontré lon cœur brisé et méconnu, et je m'y suis cramponné avec l'énergie du désespoir, comme le naufragé se jette et s'attache sur l'épavo qui doit le sauver en le conduisant aa port,
Dors maintenant, et laisse-moi le bonheur de veiller sur ton sommeil, avec ton Ange-Gardien,.
Je me soumets, puisque tu le veux; et Fleur-dn. mystère s’'endormit. Laurent ne fera pas l'œil, [l attisait le feu et priait celle dont on chante :
Le juste est bon enfant, il peut tout sur son cœur, Mais auprès du pécheur jour et nuif elle veille ; I est ton fils aussi, l'enfant do la douleur...
Il ne cessait de contempler les traits de cette chaste et pudique enfant qui avait conservé son in vocence comme ces lys si blancs qui croissent dans les vallons que re foule aucun pied humain, Ii lui parlait tout bas, à cette fille au teint basané, de crainte de l’éveiller, et il se surptenait à pleurer, en pensant aux souffrances de cette créature si faible, une martyre dela brutale Jalousie de Hibou.
[l faudrait ici le pinceau qui a trac$ le portrait de Pactas et d'Attala perdus au sein de la forêt, Oui, il me faudrait la plume du chantre des Martyrs pour peindre les impressions ressenties à cette heure de calme, par ce jeune homme au cœur élevé et non corrompu par lo spectacle navrant des infâmes de [nos grandes villes. Rien ne le ravissait, ni le calme {de la nuit, ni les étoiles gravitant dans l’espace, ni |les pétillements du feu, comme Ja vue de Fleur-dumystère, endormie sur son lit de sapin, protégée par le ;anot renversé, et réehauffée par le feu que Lau. rent ne laissait pas s'éteindre.
Vaincu par la fatique et le sommeil, Laurent s'en. dormit., Comme l'aube apparaissait dans le ciel, quelques heures après, Fleur-du-Mystère le réveil |la en lui disant: Laurent? Ne veux-tu pas te mettre len route irimédiatement. Vois, les battures 5e couvrent et le courant monte; il nous aidera à gagner le village.
— De suite, répond Laurent, nous allons embar quer, Il éwint le feu, plie les couvertes, serre les restes du repas en cas de besoin et jette lg canot à la mer.
— Fleur dumysière a bien reposé? demanda Laurent, ; | — Oui, bien dormi; je vais avoir plus de force | pour arriver au village où Je suis née, m’as-tu dit, | Et quand y serons-nous rendus à ce village? Y'at-
eut pitié de l'enfant de la pauvre morte, et pour que |1l un poste là aussi pour les sauvages ?
je fus compris il plaçga sur mon ehemin une enfant| i souffrait, privée des caresses d'une mère, éloi-| née d’une famille d’où on l’avait-arrachée, Cette |
enfaut, c'était toi ; et Dieu sait comme je l'ai remer cié de fois, pour m'avoir fait te rencontrer, Je t'ai
— Non, mais il y a de grandes huttos.
— Comme Ta tienne ?
| — Oui, comme la mienné; et nous ne tarderons pas à y arriver. Tiens, vois ce village, à gauche,
mai, et le sang se prit à circuler, le cœur donnalc'est “ans une hutte semblable à celle-là que tu es
signe de vie, et je jetai dans cet amour tout un|née. |
cœur non corrompu mais brisé par les épreuves et! — Oh! que ce doit être bon vivre là dodans.
la mort des siens qui y avaient creusé autant de| Déjà on depassaitl’Isle-Verte, Le midi de re même
tombes, À mon âge, on sent le besoin d’un appuiljour, ils arrivèrent sur ce même rivage où, tonte ur marcher dans la vie ; et surcette terre, ne jeune, Fleur du-mystère fut enlevée, par uno nuit
sommes-nous pas des voyugeurs qui avons besoin | d'orage, par le Hibou ou Mélas,
Le malt mystère, Mer de fe:
bel
la cal tait éveillé pour aller d’un pouv Personne ! bord, eux tv AUX Lo 1 y a plnsi Ils reviend tout que « amoureuse rèt ses mu Jaient dans e criant Î
Allons!
fusent leur phant âgé je ne veux cherche le vigueur à !
Ainsi pa personne, à front pliss:
poitrine, à feux du so cabane. Ed plainte fra crié? se di chant à tra tu de donn plus longu s'arrêter d plainte est fallait pas tait cette v plainte plu d'où part face de M force d’ap pèchent f:
large bless une main sa route à contré, et qu'une bl amener de poitrine, connaissat le rappelè tion. Crie l’alternati ou bien et tait pas la nergie, à doubiure que le ha des siens s'asseoir blessure d
ms
œur bien byvoir et sa soin d'u.
et de lu
1r de veilen,
Fleur-du.
œil, fl
de cette vé son in ssent dans ain, JIllui jasané, de leurer, en e si faible, ou, ortrait de ôt, Oui,il riyrs pour à heure de vé et non nfâmes de li le calme espace, ni Fleur-duotégée par 1 que Lau-
urent 8'en- 1s le ciel, à le réveil 3 te ixettre attures 568 dera à ga-
ns embar serre Îles l8 canotà
demanda
s de force vas-tu dit, ge? Yat-
tarderous à gauche, que fu €s
ans,
> cè même où, tonte uug nul
mm
GAZRTTE DES CAMPAGNES 51
ee à
x ét: an6 tanché par la doublure déchirée, Là, résf et " UN vœu, stoïiue comme tout Indien dontil avait la nature, élire départ de FLaurent avec dd na 1 atlendit, Nuit longue et pénible,
Mystère, lu doleit avms 7 orge à l'horizon d'ure Uno heure ost plas qn'uc sièele an sablier du temyr, HE] de feu, pous s'élancer ren, !X dans l'azur du unnd la morne douleur en compte les instants, Etet. [avait l'énergie de la souffrance comme il avatt ou À la cabahe Aû Mibou, La vieille sañvagoge à 6 !l'énergie de la haine. Mais c19 heures de souffrance tait éveillée de honne Neñre. ét éllé en sortit Mentét ! 2 trouvèrent seul, au bord du tombeau, prêt, d'un pour aller dans la forèt cueillir des erbes salutaires | ‘#0nans A d'autre, à être lancé dans la nuit éternelle d'un pouvoir magique et que seule elle éonniaissait, [dont les OtHbres épaisses commençaient à obscurcir Personne ? dit-elle en sortant : ils nnt donc pris letr | pour ainsi dire es 7sux, Son âme se replia sur luibord, eux aussi ? Le flikou a pept-être amené la pe- | même ; tl descendit dans 80ù cœur qui battait fafuv AUX loups-marins; et regardait la mer : au fait | blement, et à Ja leur non éteinte d'un reste de foi y a plnsieurs canQts qui errent là bag, a Jarge.|qui dormait sous les cmdre de la froideur, il revit Ils reviendront, Elle gagna le bois. Ce n'était pär.|le passé horrible qui se dressait devant lui comme tout que chants nuarrionieux, douces senteurs et |uti #pectre maudit, 1l revit ses Jours d'enfance, sa amoureuses fraicheurs: la mef ævait.ses voix, :a fo-ltuère, 888 heures de Collège, l'amitié trahie, les rèt ses murmures et les oiseaux babillards s'éveil. |complots ourdis, les projets de haîne exécutés; il vit Jaient dans la feuillée, comme les goëlands rasä'#nt | Alexandrine souflrante, privée de son enfant qu'il ea criant 14 su#face unie de la mer. ave fait aussi souffrir; George brisé par ce coup Allons ! dit-il la vieille, mes membres usés me re. | mortel pé#té à son affection. Il vit tout cela, et il eut fusent leur service, il faut que jé les soigne. L'élé. | un serrement de cœur, . phant âgé cherche le cimetière pour y müwrir, moil Îlest une heure dans la vie d’un scélérat, où le je ne veux pas aller dans le pays des mânes ei je \regret du passé envahit son 4me de boue, comme les cherche les herbes salutaires qui donneront de la!gräïtdes marées envahfssent. les rivages, et lui fait vigueur à mes membres défaillants, penser à cetié vie future, [a terreur des uns, la joie Ainsi parlait la vieille sauvagesse, hideuse et sale [des autres. Si l'âme est morte, la grâce passe et ne personne, à la figure osseuse et pleine de rides, Son |revient plus, comme le boulet qui passe sur une frant plissé horizontalement jusqu'aux tempes; salsurface plane sans la mordre; s’fi y du bon, elle ss poitrine, à nue, laisse voir une peau brülée par les|fixe et s'attache à la persévérance au condamné, feux du soleil ou cuite par la fumée qui remplit sa comme là bouée qui doit le sauver, et va a alors cabane. Tout eu parlant elle gagne la forêt. Une | ces revirements étranges qui étonuent d'autant plus plainte frappe soudain son oreille. Quelle bête a!que le sujet a été plus pervers, plus méchant, crié ? se dit-elle: et elle continue sa marche, : Mélas, malgré sa haine farouche qui en avait fax$
chant à travers la forêt, les herbes qui ont la ver-| prssqu'un meurtrier, malgré le démon de la jaloutu de donner de la iorce aux membres ; une: plainte | sie qui en avait fait un ravisseur, 1l avait encore au plus longue, plus accentuée que la première la fait|cœur le souvenir presque ineffaçable des bons cous'arrêter de nouveau, C'est quelqu'un des nôtres, la |seils d’une mère qui l'avait élevé chrétiennement. plainte est celle d'un guerrier @e la tribu; il ne lui {Son cœur s'était noyé de fiel, mais l’âme avait gardé fallait pas plus pour se diriger vers le lieu d’où par-| un côté susceptible de s’attendrir parfois et de s’apitait cette voix qui l'avait faits'arrôter, Une troisième |toyer: c'est ce qui le sauva. Au milieu ‘de sa soufplainte plus distincte la trouve tout près de l'endioit |france, il ne put que difliciiement penser à sa situd'où part la voix. Elle fait un pas ét se trouve en ation, car il y avait des bourdonnements confus à face de Mélas, pâle, défait, épuisé, n’ayant nlus la ses oreilles, sa tête était en feu et des milliers d'é. force d'appeler; ses deux mains comprimées em-|tincelles passaient devant sos yeux.
pèchent faiblement le sang de s'écouler par uue| C’est dans ce triste état que la sauvagosse le troularge blessure à la poitrine. Le tomawack jancçé par | va. Le prenant sur son dos, toute percluse qu'elle une main sûre, avait ralenti sa marche, et dévié de | était, elle arriva tant b'en que mal à sa cabane où sa route à cause des branches légères qu'ilavait ren. affluërent tous les sauvages, le chef en têt qui était contré, et au heu de faire une victime il n'avait fait | d'une exaspération outrée.
qu'une blessure profonde qui pouvait, à la longue,| Il y eut comme un murmure de sourdes menaces amener de fâcheux résuitats. Mélas, frappé en pleine | rontre l’auteur de cet odieux attentat. Bisson des poitrine, avait mesvré la terre et y était resté sans | Plaines était au ‘ailieu de la foule. Il glissa adroiteconnaissance. L’'humidité et la fraicheur de la auit | ment aux oreilles de son voisin : Où donc est Fleurle rappelèrent à lui pour lui montrer sa triste posi- du-mystère ? En effot, elle n’y est pas; et ce mot pastion. Crier était imutile; il ne lui restait plus que | sant de bouche en bouche, on comprit que Fleur-du. l’alternative de voir sa vie s’en aller avec son sang, | mystère s’était envolée avec Laurent qui devait être ou bien entreprendre une marche dont il ne se sen |l’auteur du crime,
tait pas la force. Il se décida, dans un moment d'é-| Bison-des Plaines pouvait dormir tranquille, quoinergie, à bander sa plaie avec un morceau de Ja|qu'il eut mieux aimé voir Mélas mort.
doubiure de’ son capot, et se décida à attendre] Ce dernier se vit bientôt eutouré de toutes les que le hazard mit À la portée de sa “ ‘: quelqu'un! vieilles sauvagesses de la tribu; la blessure n’était des siens qui put le secourir, C'es. .urs qu’il put|pas mortelle, mais l'humidité de la terre l'avait rens'asseoir au pied d'ua arbre et qu'il comprima sa|du plus difficile à cicatriser, et le sang perdu avait blessure dont le sang ne pouvait être suffisamment |rendu Mélas d'une taiblesse désespérante. Le délire
FAUILLETON DE LA
eompliqua la maladie, et ce n’est que difficilement qu’il put revenir sensiblement à la vie. Longtemps il fallut le soigner, et les sauvages le firent a ’ec assiduité et complaisance. En apprenant que Fleur dumystère était disparue avec Laurent, Mélas eutun accès de délire affreux; sa blessure s'ouvrit et il
cause, Les hommes pourront ne pas oublier, mais Dieu pardonnera. Réglant le passé avec le ministre de Dieu, il se trouva frais et dispos. Le crurage ne pouvait lui manquer; ilen avait eu partout, méme en face de la mort. Il devait en avoir encore en présence des incertitudes de la guerre, CAT 41 était déci-
fallut de nouveaux soins pour le ramener à la vie.| dé à donner sa vie pour expier le pass“. C’est alors qu'il sut se résigner. C'est là que la grâce | Il voulait un baptême de sang.
l'attendait.
Je m'avoue vaincu, dit Mélas; le bras de Dieu est
visiblement appesanti sur moi. J'ai fait souffrir et j'ai souffert; j'ai fait frapper et je suis frapné à mon tour, n’est ce räs l’aci même ici bas de Celui qui met un frein à la fureur «es flots et qui sait deg méchants arrêter les complots? Oh! quand pourrais-je réparer tout je mal que j'ai fait? Belles années de mon enfance, heures qui avez coulé si doucement, si riantes comme les ruisseaux dans les plaines, où êtes-vous ? Accourez pour me rendre plus amer le regret de mes torts. Qu'ai-je fait de cette somme d'énergie, de cette capacité de travail que Dieu avait mise dans mon âme ? Je l’ai mise à ia disposition de la jalousie qui d'un coup d'aile a fustigé mes plus béaux jours Suisje plus heureux 4 celte heure? Hélas! j'ai trainé
eudant plus de vingt ans le boulet du remords et au- Eurihu: me voilà vieux, brisé, sans force, entre la vie qui me retient encore et la mort qui me reclame.
* Dieu fit du repentir la vertu des mortels. ” Pa. roles consolantes pour les âmes dévoyées rentrant
Une heure pénible allait sonner pour notre pays. L'histoire, cette grande institutmce, allait buriner avec le sang de nos compatriotes, cas dates À jamais inoubliables.
Depuis longteraps les Canadiens, soumis mais non vaincus, écrasés par la faction dominante des an. glais, reclamaient leurs droits violés impunément à la face de tout un peuple. Vainement ils avaient essavé de se faire entendre auprès du Gouvernement en Angleterre, On avait vu OConneli, cette grande figure qui plane au dessus de l'Irlande asservie comme un génie bienfaisant, on avait vu O’Connell, ce défenseur du faible contre le fort, s'écrier en plein parlement Anglais: “ Si c’est ainsi que vous en'endez la justice, le Canada n'aura bientôt plus rien à envier à’ l'Irlande.” Pourtant nous avions la majorité, mais le despotisme servile des gouvernements, les préjugés de races, les passions des peuples, em:
dans la vraie voie du bien. Mélas, qui avait vu la! pêchèrent presque toujours nos nationaux d'avoir
douleur sans frémir, lui qui avait senti les larmes d'une enfant ravie, tomber sur son cœur de glace sans s’'émouvoir, il pleurait à cette heure où tout son passé surgiesait à ses yeux effrayés comme une san- Rlante menace, pareil aux vagues monstres qui s’6- Jèvent et menacent le ciel. Comme St. Augustin, il pouvait dire : ‘ Je n'ose regarder en arrière, ” Et sa mère ? nouvelle Ste Monique, elle avait tant prié Dieu pour le. retour de son enfant; morte de douleur, vraie martyre, elle priait encore là-haut, et qui sait si son ardente prière n'avait pas été d’un grand secours pour le malheureux Mélas.
Mélas promit là, sur son lit de souffrance, que s'il revenait à la vie, il emploierait l : reste de ses jours pour une cause juste et légitime. Il donnerait géné reusement tout son sañg, en expiation de sa triste vie passée. Mes frères sont esclaves, bafoués, méconnus, disaitil; Eh! bien; j'irai vers eux et leur offrirai le secours de mon bras. Qui sait si je ne puis pas être bon à quelque chose ?
Dieu entendit la voix de ce pécheur coupable et repentant comme le bon larron.
Mélas sentit bintôt un mieux sensible. Le sang circula plus chaud dans les veines, le pouls se prit à battre plus fortement, Quand 11 se sentit la force de waarcher, il partit pour la côte Nord, afin de gagner Québec, tantôt à pied, tantôt en canot, avec des sauvages qui remontaient le fleuve, C’est à qu'il apprit que les Canadiens, reclamant leurs droits méconnus, se soulevaient de toute part, et que dans les campagnes, aux environs de Moutréal, la population était en pleine insurrection. Il eut une inspiration : & Dieu et la patrie ! ” se dit-il, et gagna le camp des insurgés, Qu'importe ma vie, se dit:il ; j'ai assez fait
justice. Si l’on fit quelques concessions, c’est le be. soin qui leur força la main.
A ces heures qui comptent dans l'histoire d'un peuple, à ces époques de troubles, apparaissent des hommes aux idées larges, aux conceptions magnanimes, à l'âme de bronze, au courage de lion, añiant de qualités que les uns emploient au bien, les autres au mal,
La Révolution Françiise avait produit Morat, Dianton, Robespierre et Barnave; l'Irlande opprimée avait vu surgir Grattam et O’Conneil; les exactions des Anglais chez nous, leur tyrannie basse et vila envers les Canadiens firent naître sur la scene politique Lafontaine, Morin, Papineau, Nelson et Girouard, tous des intelligences d'élite, des cœurs remplis de l’amour de la prie. On les vit se maltiplier et agir pour améliorer le sort de leurs compatriotes.
L'excitation se faisait sentir. Un courant d’idées d'indépendance commença à parcourir les masses exaliées par des discours patriotiques, inspirés par le plus grand zèle pour le bien du pays. Aux bruits sourds qui couraient dans l'air, les pasteurs tevèrent la tête, et Au haut de la chaire de vérité tombèrent des paroles de paix qui invitaient les papulalions à l’obéissance, à la subordination et au repos.
La grande voix de Monseigneur Lartigue, évêque de Montréal, eût un grand retentissement par tout le pays; ma:s elle n’était pas assez forie, ni assez puissante, à cette heure de fièvre et d’excitation, pour arrêter ie courant accentué en faveur d'unein dépendance prêchée et longtemps rêvée, 1789 se se. rait-il fait sentir jusqu'ici ?
Papineau, qu'on appelait à tort l'O'Connell du Canada, parcourut toutes les campagnes, faisant des
de inal pour pouvoir saciifier ma vie à une juste |asserubiées monstres, où l’on passait des résolutions
blâ riéa cett l’ard pine cond le p gra que Bou peu] cont cho roi mal U1
23 o( men enct Il av allai si ail aa la ‘evo plus son i n’ay:
légiti plus E:
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veut.
qui d ates 5 venai comp on C0 nadie intini vait p daien!
des p diens qui le en ave cette | taille Reg roisse relles parlen Dison:s offrir & d'une dépend rigueu adouci.
dé, Sa Anglai son co faisant
remare “agen) ge . # 7 . 2: F. ’ H , mais blâmant le Gouvernement d'alors et ses séides aix! — Je le crois bien, reprend l'autre. Les ss inistre riées. Son élquence populaire, au lieu de diminuer | vont comprendre ce que sont les Canadiens | age ne cette fièvre de rébellion, ne faisait qu'en augmenter | dant leurs terres, leurs droits, leurs femmes et leurs | même . l'ardeur et enflamniait lès cœurs des Canadiens. Pa-|enfante, k en pré- pineau fat grand comme Mirabeau l'a été; les cir | — Ecoute, ami, dit Mélas. Bientôt nous irons au it déci- constances seules ont été le marche pied naturel qui, feu. Si je meurs, sauve mOn COrp8; 81 tu tombes, ]8 le porta au faite d'une renommée surfaite et dont la| te sauverai. Attendu ? graudeur s'en va diminuant de nos jours. Il a man-| ENTRE que de prudence et on pent l'aceuser d'irréflexion.| ed 7 sreùt-déns une-miüietté Bouillant, emporté @t sutyrique, i! fut l'idole éu | Et leurs mains se rencontrèrent duns une mueii peuple, le tribun populaire à !r parole facile, aux |et éloquente étreinte. as RE LUE à conceptions hardis ; mais il lui manqua aue grande| Soudain une clamour s'élève dans ARR APE PACE > pays. chose qui fait l'homme de génie: la prudence et lalcris de Victoire! victoire ! releutissent avec ane uriner froïidour qui sert de contre-poids à une exaltation {force éclatante, On aurait dit que dix vastes pe: jamais mal contenue, trines de bronze lançaient dans les airs ces bourras ; Ua jour, À nze assemblée tenue à St Charles le! formidables. | . non 23 octobre 1827, Papineau eut comme un pressentu-| — Qu'est-ce donc ? s'écria Mélas. Il n'avhevait pas sans ment de ce qui allait arriver. ‘ Le temps n’est pas|qu'un sergent monte sur un cheval canadien passa, ment À encore arrivé de prendre les armes, ” s'écriaital—|en criapt: Courage, sentinelies, les Anglais sout ient Ut Il'avait is le feu, pouvait: arrôter l'incendie qui | battus à St-Denis. ape allait son chemin ? Oh! sôn éloquence enflammée,| C’est de bon augure, ami, dit Mélas. Len si elle a servi à notre cause, il 1 a bien mal dirigée! — Tant mieux, nous allons guelter à notre poste onnell aa lançant notre pays dans les voies funestes de la !avac plus de courage et d'espérance, onnell,
‘révolte et de la guerre civile dont nous devions le plus souffrir, Il aurait pu temporiser, se servir de son influence pour tenir la population ferme et unie, n'ayant qu'un but: obtenir justice par des moyens
Mais soudain les cris se sont tus, et un coup de feu a fait lever les têtes et diriger les yeux vers la |plaine.
>n plein s en'en- ;s rien À
a majo Ne à , Les habits rouges! les habits rouges! Les An- ' ü lègiti + éains la noir at l’nnian nonr la !l:: En JUS 3 Le hs nents, be spa De un CARE : la paix CE: i union pourie | glais l'els étalent les cris coufus que venaient soues, em plus grand bien qu de . |dainement éteindre les transports de la joie causée Ye : En l'heure ta Révolte est sornée, Partout! ’ à 2 à | : d'avoir Enfin, l'heure de je Révoïe est SOL n e Pariout|on apprenant la victoire de Si Denis. Eu eff:t, les
on s’arme, on s'exerce au métier de soldat, car on veut battre à tout prix, ces Anglais, ces habits rouges | qui dominent et courbent le front ie nos compairi-| otes sous le joug de iewr tyrannie infâme. St Denis |
venait de repousser le colonel Gore avec ses cinq lsilence et attendent de pied ferme en préparantleurs compagnies régulières et une pièce de campagne; | armes. Nouveaux Vendéens, ils n'ont pour toutes on commençà à comprendre ce que valaient ies Léon que de vieux fusils, des fauix et des fourches nadiens decidés à la guerre, animés d’un sentimeut!|des brocs et des bâtons ferrés Mais uné faux con: intime et fort: la liberté. Oh! le sang francais n’a-! A ÉD
Anglais s’avançaient en colonne, vers Le fort où s’éltaient retranchés les Canadieus., Whiteral les com, mande.
À la vue de l'armée ennemie, les Canadiens font
st le be-
‘ee d'un ent des magnaariunt s auires
luite par un bras plein de forcs et de courage. est t, Dan- as déuénére. et les braves de SU enre doscen. uit Par un bras plein de forén et de courage. es nn ds vail pas dégénéré, es les braves de St-Henis Estrie | une arme terrible. Encouragés par l'annonce de ia ser daient des preux qui dorment au champ de bataille ;
eyes “ vietoire à St-Denis, les insurgés de &t Charies luttent dia dans D e'get çg | Dravement contre les Anglais. Mélas se distingue ar. ISLE EL SEIQLE, € Et LE par une justesse de tir et par une célérité hors ligne. qui leur fit faire des pr à mo 118 | Déjà une balle eunemie lui a fracturé le bras gauchs en avaient fait à pas guay ee iSl es {qui pend, inerte, à son côté. La douleur lui arrache cetle bataille Lite l Re. serta le champ de ba-! hu eri terrible, et, saississant son fusil par le canon, taille en s’enfuyani aux PARC [sa main droite se lèvo menaçante au-dessus de la
Regagnons Les insurgés de St-Charles, netite pa-{tète d’un ennemi. Un eoup de sabre bien appliqué roisse en haut de Montréal. Près de barricades næiu-| jui paralyse le dernier bras qui lui reste, mais non
a \c0G n PT le l’anne \ouix ? mmes É : pl À : > relles mises en face de 1 ennemi, deux hommes |sans que la tête menacée de l'Anglais ne se fit broyer parlent avec animation : deux sentinelles, sans doute. a
kactions et vila He poliet Gibrs remitiplier htriotes.
d'idées masses rés par
des plaines d'Abraham et de Ste-Foye.
diens croyaient leur cause
de valeur co
! n |: nto A a ° La Foi, Ton À . à
k bruits Di . TA ; N =} par la chute de la crosse du fusil, La douleur des isons de suite que Mélas est ar nombre, il est venu | jeux bleseures l’ ik: Ta PNA RU
evorens offrir son bras et sa vie aux insurgés, pour la défense deux blessures l'emporiant sur la force physique et
nbhèrent
|raorale, Mélas tombe la face contre terre, baigné ations à
d'une cause qu’il croit juste et boune : la cause de Pin-| j4 son sang qui se mêle à ce “pa roll Berre dépendance du pays. Sa figure n'a pas cette sombre |" Cros Vas Ér9t 9 a > cent bs pags RSS . Le rigueur d'autrelois, l'expression de sa figure s’est} ave 9 CRAPMSR Mais que pouvaient rs adoucie, son front se dégage plus blanc et moins ri. [FES Oraves pairiotes à moitié armés, contre des dé, Sa maiu retient debout un énorme fusil, Oh! 1es| OUPS LeRDSG F8 pi disciplinés. Le courage ne pou. Anglais auront maille à partir avec nous, dit-il Me ne si Pol des armes, Aussi, après son compagnon, sentinelle comise lui, qu chantait, | quelques neures de ce combat, les Canadiens
ñ $ n À À r nt la i nort inrs hlaceñe faisant allusion aux Anglais, ces fameuses paroles . | prennent la fuite, emportant leurs blessés.
évèque bar tout il assez itation, une jn
. : L'ami de Mélas, demeuré del À rec cla. !
D 86 se L'érable dit un jour à 11 ronce rampante : b: a ne k eo per ur de JauE, avec une écla ‘ à Aux passauts, pourquoi l’acerouher ? OuSSUrÉ U ront, Il OU DILA pas sa promesse. Li avait !
du Ga: Quel profit, pauvre sotte, en compte-ta tirer ? M rise ES lèlxs, et, au Re de se faire prendre, | ant des Aucun, lui repartit la plante, il réussit à le trouver et l'emporta clans les bois. Las 1 lutions Je ne veux que les déchirer, Anglais restaient maîtres du terrajn avec plusieurs |
ka | FEUILLETON DE LA
Morts et un grand nombre de blessés. Victoire facile ! triomphe aisé!
Mélas, mc:'ié mourant, vit encore une fois la mort l’envelopper de ses ombres et menacer de l’er-| porter pour jamais dans la tombe. Il fallut tous les elforts, toute la sçiencé de l’art pour le ramener à la vie. Il en fut quitte pour la perte de ses deux bras. Perte cruelle, supplice toujours nouveau; il ailait durement expier les crimes de sa vie passée.
Après St-Charles. St-F
Qustache rà lhonijertué Arr «
4 FES 1 Re: …. + aus , LCERSCL, LEE le cimetià;e auprès duquel Î s'était vaillammenñt à 8. | fluau avec ges Canadieus, ln tête manquait, les membres devaient tomber, Les chefs étant en fuite, | Leÿ isurgés découragés abandounèrent les’ armes Pour rentrer dans leurs foyers,
Puis vint 1838 qui vit monter ur l'échafaud nos plus nobles enfants : Cardinal, Duquet, De Lorimier et autres. Le sang qui coula alors était un sang fécond : il vint arroser les pieds de cet arbre de la liberté constitutionnelle dont nous goûtons s fruits acquis au prix des plus grands sacrifices.
Ecoutez ces nobles paroles de De Lorimier, cette triste et pénible victime de l'oppression et du fana tieme. Lisez cette déclaration sublime et cette letire non moins élevée, non moins noble, adressée de sa prison, à son épouse éplorée à
>, De Lorimier annonçant s& mort à son cousin. Mon cher cousin et ami,
. Quelque douleur que j'aie à vous communiquer. dans co jour de malheur, là triste nouvelle qui
vient de n'être ännoucée, je dois le faire sans hési-|
. Kâdon:...
M. Day vient de m'avertir de me préparer à la!
iour ; l'intérêt et les passions expirent avec son Âmo; Pour ma part, à ia veille de rendre mon esprit à mon créateur, jé re désire que faire connaître ce que je ressens et ce que je perise. Je rie prendrais pas ce parti, si je ne craignais qu’on représentät mes sentiments sous un faux jour....
Je meurs sans emords. Je ne désirais que lé bien de mon pays dans l'insurrection, et son indépendance Mes vues et mes actions étaient sincures ss Depuis dix sept où dix-huit ans, j'ai pris une part active dans presque toutes les mesures po pulairos, eh toujours avec conviction et sincérité. Mes efforts ont été pour l'indépendagce de m8 çompatriotes,
Nous avons été malheureux jusqu’à ce jour. La
mort a déjà Aécirmé plusieurs de mes collahorateurs, Beaucoup sont dans lee fers, un plus grand nombre, sui la terre de l'exil, avec leurs propriétés détruites et leurs familles abandonnés, sans ressources, à lu rigueur des froids d’un hiver canadien. Malgré tant d'infortunes, mon cœur entretient son courage et des espérances pour l'avenir. Mes amis et mas en-
| fante verront de meilleurs jours; ils seront libresl...
Un pressentiment certain, ma consacienés tranquille me l’assure, Voilà ce qui me remplit de jo'e, lorsque | tout n’est que désolation ef douleur autour de moi. Les plaies de mor pays 8e cicatriseront; après les malheurs de l'anarchie et d’une révolution sanglante; Île paisible Canadien verra renaître le bonheur et la liberté sur le Saint Lagrent. Tout concourt à ce but, iles exécutions mérie..: Le sang et les larmes ver |sés sur l'autel de la patrie arrosent äujourd’hui les jracines de l'arbre qui fera flotter le drapeau marqué des deux étoiles des Canada.
mort pour vendredi. Tous vés efloria pour sauver otre malheureux cousin ont été inutiles. ...,.,,.. "ous avez tout fait en votre pouvoir pour moi; vrni A te que je considère et ce pourquoi ie vous olire
s : a + * | les sentiments de la plus profonde gratitude, Ii me
reste une chore À vous demander: allez, jo vous prie, allez voir ma chère Henriette (sa femme) ;
’ à ; D ; , Cest à vous de lui offrir les consolations qu'elle |
pourra goûter. Pauvre épouse! je vois, je sens son ein se déchirer par la peine, éclater en sanglots… Mais, quoique naiurels, à quoi servirnntils? Mon sort est fixe; la mort est inévitable, il faut la voir arriver de notre mieux... Si ma mort arrive un peu plus tôt, elle est pour des motifs dont je ne puis rougir : je Meurs en sacrifice à mon pays. Puisse sa cause désolée en recueiliir quelques fruits !
Assurez votre dame de mon amilié constante et de mes respecis, et vous, mon cher cousin, vivez heureux, et pensez quelquefois à un hoinme plus malheureux que coupabie,
Votre cousin et ami, Chevalier De Lorimier, Déciaration de M. De Lorimier,
le public, et mes amis eu particulier, attendent, peutêtre, une déclaration sincère de mes senti ments. À l’heure fatale qui doit nous séparer de la terre, les opinions sont toujours regardées et reçues avec plus d’impartialité ; l'homme chrétien se dépouille en ce moment du voile qui a obscurei beaucoup de ses actions pour se laisser voir au plein
| Je laisso dés enfants qui n’ont pour héritage que lle souvenir de mes iällieurs. Pauvres orphelins ? | c'est vous que je plains, c’est vous qué là main sanglante et arbitaire de la loi martiale frappe par fa mort. Vous n'aurez pas connu les douceurs et les avantages d'embrasser votre père aux jours d’allégregse, aux jours de fâte::::,: Pauvres enfants! vous vavez plus qu’une mère dés6lée, tendre et affectionnée pour appui; et si ma mort el mes sacrifices | vous réduisent à l'indigence, demandez, quelquefois en mon nom, le pain de la vie; js ne fus pas insen- ‘sible aux talheurs de J’infortune. :
Quant à vous, mes Cornpatriotes, puisse mon exécution, et celle de mes compagnôns d'infortune, | vous être uiile! Je n'ai plus que quelqües Heures | plus vivre; mais j'ai voulu partager mon temps entre es devoirs religieux et mes devoirs envers mes compatriotes, Pour eux je meurs sur le gibet de la mort infâme du meurtrier, pour eux Je me sépare ‘de mes jeunes enfants, de mon éponse chérie.... et | pour eux je meurs en m'écriant: Vive la liberté { vive | l'indépendence / Cupvauer De Lorintier.
Derniers adieux de M. de Lorimier à son épouse.
Ma chère et bien-aimée,
A la veille de partir de mon lugubre cachot pour monter sur l'échafaud politique, déjà ensanglanté de plusieurs victimes qui m'y ont devancé, je dois à mon devoir conjugal, ainsi qu'à ma propre inclination, de l'écrire un mot avant que de paraître devant mon Dieu, le juge souverain de mon äme.
“La, ” urs, bre, rites à la tant e et enuilie sque moi,
arqué
e qur P ile ?
sanar m4 et les d’allé- | vous affacrifices uefois insen-
b mon rtune, heures s entre rs Mmes t de la sépare ... et é | vive
MIER, pue,
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GAZETTE DES CAPMAGNES 55
Dans le court intervalle qui s'est écoulé depuis l'union sacrée de notre mariage jusqu’à présent, tu m'as fait, chère épouse, jouir du vrai bonheur. Aujourd’hui,des assassins avides de sang, viennent m’erracher de tes bras ; ils ne pourront jamais effacer ma mémoire de ton cœur, j'en ai la conviction. Ils vienrent t’'arracher ton soutien et ton protecteur, ainsi que celui de mes chers enfants. La Providence”et les amis de ma patrie y pourvoiront.—Ils ne m'ont pas seulement donné le temps de voir mes deux chères petites filles pour les serrer contre mon cœur palernel, et leur donner un dernier adieu, Ils m'ont pri. vé de voir mon bon vieux père, mes frères et mes sœurs pour leur faire mes adieux. Ah! cruelle pen sée ! Cependant, je leur pardonne de tout mon cœur.
Quant à toi, ma chère, tu dois prendre courage et penser qu tu dois vivre pour tes pauvres enfants qui ont grandement besoin des soins maternels de leur tendre et dévouée mère ; ils seront privés de mes soins et de mes Caresses.....
S'il est en ton pouvoir, emploie doubles caresses envers eux, afin qu'ils ne puissent pas trop ressen-
-— C'est hien, entrez. Asseyez vous, je vais aller le chercher; et la vieille disparut par la porte du fond. Elle revint au bout de quelques minutes. Soyez patieuts, il va venir.
Laurent comprimait avec peine les batiements de son cœur. Gette solitude du presbytère où le silence est vraiment claustral, lui pesait sur l’âme. Il avait l'air d’un coupable qui a trempé dans une mauvaise affaire.
Pendant ce temps, sa compagne arpentait la pièce où ils se trouvaient. Tout était curiosité pour elle; touchant tout pour mieux s'assurer, elle ne perdait rien de vue. Le Christ appendu à la muraille atti. rait surtout ses regards, Je n'avais pas vu ces choses là, mo’ Y en avait ildans ta cabane à toi ?
— Oui, mais tu n'y es jamais venu,
— Je n'avais pas ça dans la mienne, et pourtant ça aurait éié beau. Ma cabane, elle était bien humble, j'y ai bien pleuré et souffert; et son grand œil bleu se mouilla d'une laime, ;
— Pauvre ange! s’écria Laurent.
A cet instant la porte du fond s'ouvrit et le Curé
tir les effets de la perte sur laquelle ils vont bientôt |entra.
avoir à pleurer. Je ne te reverrai plus sur cette terre! Oh ! quelle pensée ! Mais toi, ma chère Henriette, tu pourras encore me revoir une fois, et pour la der-
— Bonjour mes enfants, leur dit le pasteur, d’une voix sympathique, en entrant: vous êtes les bienvenus; Mais je ne vous reconnais pas pour mes parois-
nière fois; alors je serai froid.. inanimé....et....{siens; je ne me rappelle pas vous avoir vuel vous
défiguré...,”
C'est digne, noble, élevé et patriotique autant que chrétien. On ne lit pas ces lettres sans ressentir un frisson par tout le corps.
Pauvres martyrs! magnanimes héros! Défenseurs | d’un cause que vous croyiez sainte et juste, soyez béni à jamais. Votre nom durera aussi longtemps que le peuple Canadien n’oubliera pas le passé, aussi longtemps qu'il grandira aux bords de notre Îleure| géant, aussi longtemps que le monde restera sur ses | bases solides et que le ciel ne se ploiera pas comme un vaste éventail sur les mondes détruits.