CINQ DOCUMENTS TIRÉS NOUVELLEMENT DES ARCHIVES DE VENISE
Nous avons dit, dans notre introduction, que la régente n’avait point ignoré le projet du Roi de passer en Italie, et que les alliances avec les Etats de ce pays étaient des plus incertaines. Le document n” i , qui suit, paraît confirmer notre opinion, et prouver en même temps que le Roi, depuis son départ pour l’armée de Provence, avait le projet de poursuivre les troupes impériales jusqu’en Italie. Dès le 2 octobre 1024, Théodore Trivulce était chargé d’informer secrètement le conseil des Dix, à Venise, et Clément VII, à Rome, que le roi de France avait résolu de passer en Italie à la tête de son armée. Un mois après, le Roi y était arrivé. L’ambassadeur français à Venise proposait à cette république une alliance avec la France. Le conseil des Dix fut alors dans une inquiétude extrême; rien n’embarrassait davantage ce gouvernement que la nécessité de prendre un parti : il s’excusa donc d’abord d’avoir manqué de foi à l’égard de François I", et sur des motifs qu’il avait déjà donnés à Charles-Quintdans des circonstances analogues, à savoir, que si le gouvernement de Venise ne se fût pas jeté dans le parti de l’empereur, la république aurait été écrasée au moment de la retraite des Français. Le conseil des Dix ex-
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prime aussi le désir de regagner l’amitié du Roi de France. Fn meme temps, et après s’ôtre concertée avec le pape, la république prévint secrètement son provédileur que, d’accord avec le saint-père, on abandonnerait l’empereur si les armes des Espagnols n’obtenaient point le succès qu’on en espérait (documents n®* q et 3). De son côté, Cliarles-Quint insistait aussi pour obtenir un traité de ligue contre la France; mais Venise (janvier i5a5) temporisait avec sa prudence habituelle (document n® 4). Enfin, les premiers succès du Roi en Italie entraînèrent le pape et la république, et, le 7 janvier iSaô (document n" 5), un traité d’alliance fut signé par ces trois puissances, à la condition, toutefois, qu’il demeurerait secret. Ces faits, bien dignes de figurer dans fhistoire, sont consignés dans les cinq documents suivants, dont nous venons de recevoir l’obligeante communication : ils ont été tirés des archives de Venise par M. Paul de Musset. ‘
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