‹ Captivité du roi François 1erChapitre 135 sur 268 · N* CLVI. — JOURNAL DES ITINÊRAIRF^ ET RÉSIDENCES DE CHARLES-QUINT · texte numérisé non relu

N* CLVI. — JOURNAL DES ITINÊRAIRF^ ET RÉSIDENCES DE CHARLES-QUINT

(Deuxième extrait.)

Le jour de septembre, S. M. estant à Toledo tint les cours de Castille, et y arriva le sieur de Bryon de la part du roy de France, prisonnier, aveq le sieur du Roeulx, lequel avoyt esté dés le lieu de Tiré des Papiers d'état du cardinal de Granvelle.

Madrid en poste jusques à Pitzigaton vers ledit Roy, de la part de Sa Majesté; vint audit Toledo , le grand maître de Rhodes nommé l’Isle- Adam, pareillement y vint le vice-roy de Naples Mingosa, lequel a voit amené le roy de France jusques à Madrid, et là le laissa en garde de Alarcon. Y vindrent aussi trois seigneurs d’Angleterre embassadeurs, dont le principal y mourut, et pour le légat apostolique y vint le cardinal Salviat : y vindrent des ambassadeurs de Pologne, de Portugal, de Venise, de tous les potentats d’Italie, de Raguse, de Fez, d’Aran, de Juner. Et de France, y vindrent les arçevesques d’Ambrun, evesque de Terbes, les seigneurs de Montmorency et de Bryon , le president de Parys, le thresorier Babou et esleu Bayard. Le premier jour de .septembre. Sa Majesté fut à Pinto, le a à Villeverde, le 3 à Guadarasme , le 4 au bois de Sigonia jusques au 8 , le 8 au bois de Sigonia jusques au i6, le i6 à Foye, le 17 àBoitraque, le 18 à Madrid veoir le roy de France quy estoit bien malade, comme disoyent les médecins, auquel lieu, le lendemain matin, arriva la dame d’Alençon, sœur dudit Roy, laquelle estoit venue depuis Aigues-Morte à Barcelone et en grande diligence jusques audit Madrid, estant advertye que l’empereur s’y debvoit trouver, lequel la receut au milieu des degrez, puis la mena vers ledit Roy, lequel estoyt au lict, et se partit Sa Majesté la laissant là et vint coucher à Ceraffe. Un peu devant estoyt mort à Valence le marquis Jehan de Brandenboui^, vice-roy de Valence et mary de la royne Germaine. Le 20®, Sa Majesté fut à Yliesques, le 2 1 à Toledo jusques le i3 d’octobre.

N* CLVll. — LFTTRE DF, LA DUCHESSE D’ANGOUI.ÈME AU ROI.

Le Koi doit, ivaot toutes choses, s'occuper de sa délivrance. — Brion lui rendra compte de toutes les aflaires de son royaume. — La présence du Rot y devient de plus en plus nécessaire.

[Ociolm ISii.)

•Monseigneur, ce porteur s’en va sy bien informé de voz afferes et vous rendra sy bon compte de toutes choses de deçà, que je remetz

le tout sur luy, vous asseurant que sa demeure m’est très-necessaire pour vostre service : qui a esté la cause de le m’avoir fet retenir jusques à ceste heure. Vous verrez que tous voz dictes aiferes sont , selon la nécessité de vostre absence, en bon estai : toutefoiz, il fault, s’il vous plest, que vous venez au point principal, qui est de vostre délivrance ; car, hormis l’afection et le désir de tous ceulx qui vous ajTnent et y sont obligez, sy est la nécessité sy grande de vostre presence, qu’il est impossible de plus, comme par ledict Brion entendrez. Et en cest endroit voys suplier le bon Dieu, qui vous a ressecité, vous donner la santé et longue vie que hiy requiert de bon cueur

Vostre, etc.

LOYSE

Monseigneur, si vous ne fetes mectre ce porteur aux gressellon pour lui fere rendre conte de tout ce qu’il vous porte, j’enteus prontement, il le vous fera durer le plus longuement qu’il pourra, pour faire valoir sa marchandise.

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