N* CLXXXVII. — LETTRE DU CHANCELIER DU PUAT AU ROI
Inquiétude de la régente avant d'avoir re^u la nouvelle de la guérison du Roi. — Elle a pourvu aux choses les plus utiles au royaume avec les finances ordinaires de l'Étal.
{ 13 o<to)>rt 1525t )
Sire, tout ainsi que vostre maladie a causé grosse doleur et tristesse à Madame et à vos très humbles et très hobcyssanls sidjjectz , bons et affectionnez serviteurs, vostre guérison et convalescence les a remis en grosse joye et plaisir. Tous prions à Dieu très cordiallement vous maintenir en santé et trè.s-longue vie , et bientost revenir en vostre royaume, où estes tant désiré. Ce porteur, qui est celluy que pouila les nouvelles de vostre guérison, vint bien à proupos; s’il eust encores demouré à venir, croy ma dicte dame fust tombée en une grosse maladie, dont eust esté malaise à relever. Elle avoit demouré huit jours sans dormir et* avoit perdu tout appétit, et monstroit bien son visage quel y faisoit à son cueur; voz bons subjeetz et serviteurs estoient en double peine, l’une pour vostre maladie, l’autre pour l’inconvenient où visiblement la voyoient tomber. Nous debvons bien louer et remercier Dieu de nous avoir ousté de ceste grosse peyne , et des aultres dangereuses conséquence que s’en fussent ensuyvys, que vous entendrez trop mieux que ne vous sçaurois escripre.
Sire, quant au demeurant, tout se porte, grâces à Dieu, très-bien sellon le temps. Madame a fait casser huit cens hommes d’armes, qu’a esté faict par compaignies à xx pour cent, pour ne malcontenter personne. Les gens de pied estrangiers ont estés cassés, qui est gros soulagement pour voz finances La pilbuerie a esté beaucoup moindre que chascun ne pensoit, à cause du bon ordre que Madame y a donné. Les Suysses ont heu depuis la Sainct-Jean deux cens XXXVI mil 1. tournois; les Angloys, ce moys d’octoubre, environ
six vingt mille livres tournoys, et doibvent encores avoir les Suysses, à la lin de ce inoys, cent mille livres tournois, et les Angloys, dans le mois de novembre , autant que ont hue ce moys de octoubre ; et les pensions particullieres davantaige. Madicte dame mesnage si bien quelle fait pourvoir à tout avec l’ordinaire du royaume, sans creue ni empmntz et se fait payer les charges acoustummez estre percheus en l’estât et beaucop de dcbtes et parties du passé.
Sire, après me estre recommandé tant et si très-humblement que fere puis à vostre bonne grâce, prieray nostre Seigneur vous donner très-longue vie avec santé et prospérité, et bien tost revenir en vostre royaume.
A Lyon, le xiii' octoubre.
Vostre très humble et très obéissant subject et serviteur.
A. DU PRAT
N* CLXXXVIII.— LETTRES P.ATENTES DE MADAME LA DUCHESSE D'ANGOU- LÉME, RÉGENTE EN FRANCE. AU PARLEMENT DE PARIS.
Eiie le prie, vu i'urgoncc et uécossilé de l'État, que, toute afTairu cessante, la cour enregistre les
traités avec l'Angleterre.
1 14 octobre 1S2&, )