N’ CXCII. — LETTRE DE L’EMPEREUR CHARLES-QUINT AU ROI
L'empereur envoie vers le Roi trois personnes pour lui faire connaître ses bonnes inlonlions pour la paix. — H eu prend Dieu à témoin. — Le Roi pourra avoir entière créance en cos trois personnes.
Monsieur mon frere , à la priere de vos ambassadeurs, je vous envoyé mon vice-roy de Naples, don lingue de Moncade et inestre Jan Lalemant, alfin que vous et vos ministres congnoisse que à moy ne tiendra que queltpie bonne pais ce face , au service de Dieu et bien de toute la chrestienté, lequel désir, comme Dieu set, et le fais juge de ma bonne intencion.
Je vous prie croyre les dessus nommés comme fairiés moy-mesme, et vous mestre l’esprit en repos : et que je vous puisse estre et demourer à jamés
Vray bon frere et amy.
CH.ARLES
* Estâ conforme ao que se conserva no de i84o. José Manobi. Seven Aobeliano Corpo chronologico, maço Irinla e très, do- Basto. cumento doze. Real archive , 37 de agoslo
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N* CXCIII. — LETTUE DU HOI A CHABLES-QÜINT.
Le Roi roRise les conditions que l’empereur propose pour sa délivrance. — 11 voit bien qu'il a l'iiucntion de le garder toujours en prison, ce qui ne s'accorde pas avec les bonnes paroles que l'empereur avait dites au Roi pendant sa maladie. — Dieu lui donnera le courage de supporter une longue détention.
(Ottobre 1525.)
Monsieur mon frere, j’ay entendu par l’archevesque d’Ambrun et par mon premier president de Paris la résolution que leur avez dicte sur le faict de ma délivrance, et me desplait de quoy ce que demandez n’est en mon possible : car vou.s congnoistriez qu’il ne tlendroit à moy que je ne feusse et demeurasse vostre amy. Mais congnoissant que plus honnestement vous ne me pouvez dire que vous me voulez tousjours tenir prisonnier, que de me demander chose impossible, de ma part je me suis résolu prandre la prison en gré, estant sear que Dieu qui congnoist que je ne l’ay mérité longue, estant prisonnier de bonne guerre, me donnera la force de la porter paciemment. Et n’ay regret synon que le faict de voz honnestes parolles qail vous pleust me tenir en ma maladye n’ayent sorti leur effect *, ayant peur que le bien de la clirestlenté ne soit doresnavant sy bien conduit au service de Dieu qu’il eu.st esté, moy demeurant par sang et par mariaige
Vostre bon frere et amy , FRANÇOYS.
* Celte fenneté du Roi parait être confirmée par l’extrait suivant d'une lettre écrite à Charles-Quint par un de ses ambassadeurs, La Cliaulx : • Sire, après toute chose, vous mcrcic très humblement ce qu’il vous plaist me départir de voz nouvelles, que je voudroic bien estre autres, et que le ny de France se mist à la raison . vous rendant le vostre. Je ne fais point de
double que l’appointement que les Anglois ont fait est occasion de leur reflroidissement. (Lanz, p. 174.)*
Une autre lettre, publiée par M. Leglay {Négociations diplomatiques, t H, p. 65o), indique encore mieux la résistance dn Roi aux demandes de Charles-Quint, et l’état des négociations alors en discussion.