N* CCII. — LETTRE DU CHANCELIER DU PRAT * AU MARÉCHAL
DE MONTMORENCi .
I) écrit à M. de Montmorency que madame Marguerite lui a renouvelé Tordre de faire payer sa
rançon.
[13 tMyrentrv 153^. |
Monsieur, j’ay receu une lettre de madame la duchesse, par laquelle, entre autres choses, m’escrivoit avoir souvenance de vous faire payer vostre rançon. Je croy que avez assez peu congnoistre l’estât des finances du Roy et la despense qui a esté grosse; toutesfois, je y mectray si bonne peine, que congnoislrez l’envye que j’ay de vous
' L’éditeur des Lettres de Marguerite de Navarre dit, dans une note de son premier recueil ( p. 193), que la lettre de cette princesse qu'il publie sous le n* 36, et qui a pour suscriptiou • A M. le chancelier, • est adressée au chancelier d’Alençon. Dans cette lettre, Marguerite écrit que le Roi désire que l’on fasse payer la rançon du maréchal de Montmorency. On ne voit pas ce que le chancelier d'Alençon pouvait avoir afTairc avec les ordres à donner pour faire jpayer une somme par les trésoriers de TÉtat. La vérité est que cette lettre de la duchesse Marguerite est adressée au
chancelier de France du Pral, comme le prouve la lettre de ce personnage que nous publions, et qui est tirée du volume 8673 de la collection Béthune , p. i35.
La différence de la souscription de cette lettre 36 avec celle du numéro 4y, qui est réellement adressée nu chancelier d'Alençon, aurait dû prévenir Toditeur contre cette méprise, Marguerite écrivant à son chancelier : « Vostre bonne maistresse. > (P. 208.) Elle ne devait pas employer ces teinnes à l’égard du chancelier de France.
faire plaisir, et vous asseure que ce sera bientost, vous advisant que me trousverez toujours prest à faire pour vous ce qu’il me sera possible. Et pour ce que, par monsieur de Bryon, entendrez toutes nouvelles de deçà, ne vous feray plus longue lettre, se n’est que, après m’estre recommandé de très bon cueur à vous, prieray Dieu de vous donner ce que plus desirez.
A Lyon, le xii' jour de novembre.
Mandcz-moi, s’il vous plaist, ez mains de qui vous voulez q\ie face tiimber ladite partie, et je ne fauldray à le faire payer.
CelluY qui vous desire fere service.
A. DU PRAT
\* CCni. — E.\TRAIT DES REGISTRES DU PARLEMENT DE PARIS.
Plaintes notables de madame la régente contre la cour de parlement de Paris.
^ [ Du mardy jour d« Mnr«mbr« 15S5.J
Ce jour, M' Jacques de la Barde , conseiller du Roy en la cour de céans et president aux enquestes, a présenté à ladite cour des lettres missives de Madame, mere du Roy, regente en France, et de M* François Thavel, conseiller dudit seigneur, et de Jean Ruzé, son advocat en ladite cour, portant siu* luy creance, desquelles la teneur s’ensuit :
À NOS TRÈS CHERS ET BIEN AMEZ LES GENS TENANS LA COUR DE PARLEMENT POOR LE ROY, .NOSTRE TRÈS CHER SEIGNEUR ET FILS, À P.ARI8.
De par Madame, regente en France.
Très chers et bien amez, nous renvoyons présentement par devers vous le president de la Barde, qui est l’un des trois de ceux qu’avez envoyez par devers nous, lequel nous avons bien amplement déclaré et fait entendre les causes pour lesquelles les avons mandez ; et outre
SECTION III. — CAPTIVITÉ EN ESPAGNE. 393 ce, luy avons donné charge vous dire de par nous aucunes choses ausquelles est besoing que nous faciez responce, devant que puissions depescher les autres deux qu’avons encore retenus : ce que nous vous prions et mandons faire le plus tost que pourrez, et qu’il n’y ait faulte, car tel est nostre plaisir.
Donné à Lyon, le i3® jour d’octobre.
LOYSE
Robertet.