N* VI. — LETTRE DU ROI AU MARÉCHAL DE MONTMORENCY
Ordre du Roi. — Le Roi est de l'opinion de Montmorency, qu'il ne faut pas poursuivre les ennemis dans le cas où ils se retireraient sur le territoire des Génois. — Le Roi est à cbeval pour se rendre à Pertuis; — de là à Sisteron ; — puis à Embrun. — Si les ennemis s'arrêtent à Nice , il faut essayer de les couper.
I Aik • It & octobre 1524. |
Montmorency, j’ay présentement receu deux lectres de vous, du iij* de ce litois, et par iceUes entendu amplement des nouvelles des ennemys et 'du chemyn qu’ilz tiennent : qui m’a esté plaisir. Et poiu* vous faire responce, je suis bien de vostre oppinion que si tant est que les ennemys entrent sur les terres duGenevoys, qu’il n’y a pas grant ordre de moyen que les deviez suivre avec la gendarmerie; mais alBn que l’on puisse sçavoir de leurs nouvelles et ce qu’ils demandent, vous ne pouivez mieulx faire que de les fere suivre par force chevaulx legiers et une bande de harquebutiers; et me semble que pour cest effect les s** Féderic et EsguiUy seront merveilleusement bons.
Et au regard de vous et de la gendarmerye , vous pourrez prendre le chemin que je faiz, qui est droit à Cisteron, vous priant me faire sçavoir de voz nouvelles le plus souvent que vous pourrez, et piy^er de ma part lesdicts s" Féderic et Esguilly de faire le semblable.
Quant aux lansquenetz que vous avez retenus, laissez-les aller, car je les ay depeschez pour aller praticquer les autres qui sont au service desdits ennemys, vous pryant, au demourant, remercyer de par moy lesdits s” Féderic des services qu’il m’a fait, comme j’ay entendu par vous, et pareiUement ledit Esguilly, la Clayette et le baron des Guerres, et les advertissez que j’estime le service qu’ils me font à présent, fait à tel temps que je ne le mectray jamais en oubly. Je leur escrips présentement lectres de creance sur vous, lesqueUes je vous envoyé , et pareillement une adressante à M. de Bussy, affin qu’il face ce que vous luy direz. Et pour le présent ne vous diray riens davantaige, sinon que je monte à cheval poimallerà Pertuys : et a tant prye à Dieu, monsieiu'le mareschal, qui vous ait en sa saincte garde.
Escript à Aix, le v* jour d’octobre.
Montmorency, quant vous viendrez à laisser lesdits sieurs Féderic et Esguilly, lalssez-leur quelques chevaucheurs pour me faire sçavoir de leurs nouvelles; vous advisant que je seray samedy à Cisteron et lundy à Ambnin. Vous pourrez faire prendre le chemin de vostre gendarmerye le plus droit tirant là que faire se pourra, car je remeetz cela à vous.
françoyS.
Montmorency, le mieulx que vous puissiez faire, c’est de suivre le plus longuement lesditz ennemys que vous pourrez, pour tousjours les travailler; et s’ilz se amusent à Nice, d’envoyer devant, s’il se peult faire , quelques gens de pied pour leur rompre leur passaige ; car ilz ne peuvent avoir si petit amusement que nous ne soyons aussitost au pié des monts de delà que eulx. Et suis d’opplnion, s’ilz prenoient le chemyn de Genevoys, que vous devez prendre celluy de
Tande, car de retourner à l’adresse de Cisteron , il y auroit trop grosse corce. Et si lesdits ennemys prenoient le chemin de Tande, vous les poiurez suivre par le chemin mesmes et passer oidtre ; vous advisant que je remectz le tout à vous, pour autant que d’icyje ne voussçauroye donner autre addresse.
Quant aux chevaidx legiers que le cappitaine, dont m’escripvez, vous est venu offrir pour mon service, vous ne povez faillir de les accepter : car c’est d’autant affbihly lesdicts ennemys.
Breton.