N* CCXLV. — LETTRE DE LA BARRE. BAILLI DE PARIS. AU CIIANŒLIER
DE FRANCE
Le chancelier avait demandë à voir le Roi avant son arrivée en France. — Le Roi lui en donne la permission. — Bonnes dispositions du Roi à l'égard du chancelier. — Présents que le Roi veut faire à ceux qui l'avaient gardé on servi en Espagne.
( Saioi'S^bMticD , 12 mar» 1^26. )
Monseigneur, le Roy vous escript, comme vous verrez par les lettres qu’il vous mande.
A ce matin , monseigneur, j’ai receu les lettres que m’avés escriptes de Rocquefort et celles de M. de Montmorency que j’ay présentées au Roy, et a esté lcdict seigneur très-aise de sçavoir de ses nouvelles, et ne faudra point à luy donner une bonne mulle. Je vous asseure que les lettres que Madame et madame la duche.sse ont escriptes au Roy luy ont fait merveilleusement grand playsir, et aussy celle que Pinolosse a escripte à M. le vis-roy a fort levé le soupesson de toutes
choses pour le bon traictement que Madame luy a fait
aisément fera attendre ceux que Madame envoyera pour adviser du
Monseigneiu:, je vous envoyé les lettres que le Roy escript à Madame et à Madame la duchesse, aussi bien que [celle que] j’escripts à ma femme, là où il y en a ime autre : s’il vous plaist, à tout donnerez adresse. Vous estes asseuré que vous trouverés le Roy en la voulonté en vostre endroit que l’avez laissé, et myeulx s’il estoit possible.
Monseigneur, je vous envoyé ung extraict que le Roy m’a faict faire de ce qu’il luy semble qui doit donner à ceulx qui ont esté en Es-
paigne et qui l’ont accompaigné jusqu’icy, qui est alFui que, en toute
(lilligence, en parliez à Madame pour commander que l’on y donne
ordre.
Au s' Alarcon, pour troys mil escus de vaisselle, la plus belle que l’on pourra recouvrer, dont luy sera fait présent au nom du Roy;
Au nom de Madame, une chesne de deux mil escuz, de quelque belle façon;
Au nom de madame la duchesse, une coupe d’or de mille ou douze cents escuz;
Au cappitaine Riviere, pour ce qu’il a donné au Roy deux chevaiüx d’Espaigne, une chesne de vi* escus;
Pour les troys capitaines qui sont icy, c’est à savoir lesdicts deux capitaines et don Alvera de Lima, à chascun une chesne de 3oo escus;
Au cappitaine Figuerol, une chesne de 3oo escus;
Pour les contins qui ont ordinairement servy, qui sont au nombre de douze ou treize, à chascun une chesne de 200 escus (cy : 2,4oo ou 2,600 escus), à sçavoir ; à don Caries d’Arragon, don Joan de Queyralte, don Salvador, don lerosnisme de Mendoza, Mess. Flanelles, Mess. Thorel, Mess. Gracices, Chymberonne, le cappitaine
Ortez, Diego d’ Alarcon (sic). (Il y a deux neveuz du seigneur
Alarcon venuz en Espaigne despuis que le Roy est prisonnier : il vous plaira y penser).
Pour Mess. Cezar, secrétaire du s*^ Alarcon , une chesne de cent escus; pour le sergent du cappitaine Figuerol, une chesne de cent escus. 11 y a eu de la compagnie du Alarcon, toujours depuis la prinse du Roy, 1 2 hommes d’armes pour faire la garde dudict seigneur, lequel dit que vous regardez s’il vous semble que l’on leur doive donner quelque chose.
Au secrétaire de M. le vis-roy, une cheine de trois cent escus;
A l’alcaire de l’empereur qui a toujours esté par Espaigne avec le Roy, une cheine de trois cent escus;
Plus, il y a l’huyssier privé de l’empereur qui a servy, vous adviserez ce qu’on luy donnera;
SECTION IV.— Dh'LIVRANCE DU ROI. 517
Plus deux aultres du S*" Aiarcon qui ont egalement servy de ladite office d’huyssler.
Monseigneur, le Roy m’a commandé vous escripre que vous regardez de venir, résolu de Madame de ce que il luy semble quelle doit faire présenter au vis-roy, en terre en Flandres, jusques à telle quantité qu’il luy plaira et qu’il luy semblera pour le myeulx, ou de celle de M. de Vendosme ou d’aultres pièces que sçavez que M. de Nassau est après pour avoir.
Monseigneur, je vous supplie me pardonner si je ne vous ai pas escript de ma main, c’est pour ce que j’é peur n’ussicz sceu lire le contenu cy dessus. Je vous envoyé une lettre pour Madame, une pour madame la duchesse, que Verrey ma baillé, qu’il a apportez de la royne, que, s’il vous plaist, leur présenterez. Me recommandant, monseigneur, à vostre bonne grâce , et vous asseure qu’il n’y a gentilhomme au monde plus vostre que
Vostre très humble serviteur et vray (îdel , DE LA BARRE.
De Saint-Sebastyen , xn mars.
N* CCXLVl. — LETTRE DE FRANÇOIS I* A CHARLES-QUINT
Le Roi est arrivé à Saint-Sébastien. — Dans quelques jours il sera délivré. — Il exécutera le traité. — Il demande à l'empereur d’écrire au connétable de Castille de Taire approcher sa femme j>our qu'elle puisse arriver en France avant la semaine sainte.
( D« Siint-SAulitn. |