SA DÉLIVRANCE
(Quatrième fragment'.) nONDEAU.
Heureulx travail, quant sa fin est plaisante!
Qui rend la force en moy non suffisante De soustenir tant de félicité.
Que je ne puis croire estrc vérité Ce que je sçay, je voy, et fault que sente.
Comme grande est la joye présente I Doulx recomTcr la joye hors d’actenle ,
Content désir qui en adversité A soustenu la rude austérité.
Guidant ma nef au fons de la toimnente.
Dieu est raison que le malheur consente Plus ne nommer mere ne seur absente.
En me rendant plus que n’ay mérité.
Heureulx travail^ 1
' Nous avons choisi , parmi les poésies de François I", divers fragments qui pourront faire connaître Tesprit poétique du Roi. n s’essaya dans les différents genres alors à la mode.
* Le manuscrit de Cangé donne ainsi qu'il suit ce même rondeau :
Hcvffox Crtrail , qvâat »a fio Mt plâi*«aU i Do«lx rtcMvm U eboM bort d'attoU t CooUnt dcfix qui ta idvt nitt
A tootttoo U r«dt âotUnid •
Oaydaat nu atf «a fort d« U lonmtate.
Bien ut riitoo qat |« malbou eoDuaU PItu ot nonuDtr sert >tur tbttau •
En ne readaal plot qoe n'«y m«riU Heortox treveil !
Conme ^raede ut U joye prutou Qui rend U forvt tn noy aoa Mfiuat* De eotuUair Uat de félicité ,
Qve jt ae poU ccoirt cetre rerité Ce q«e je eçey , je voy , et faut qu mqU : Heiuettx travail f
SECTION IV. — DÉLIVRANCE DU ROI
RONDEAU
A force d’eau est la mer turbulente,
Lorsque la bise impétueuse vente;
L’air clair et nect tout à coup est troublé.
Et quant Etlma a son feu assemblé On ne peult veoir sa fureur violante.
Ay-je donc tort si tousjours je lamente, Conuue contrainct par amour vehemente De me monstrer à ces trays ressembler A force d’eau I
Premier mes yeulx rendent eau habondante; Le pouvre esperit, languissant en actente. Rend des souspirs doublement redoublés.
Quant est du cueur, il est de feu comblé, Cbascun le volt : car sa flamme est patente A force d’eau !
RONDEAU
O bon chemin I qui recouvrer nous faictz Le doulx plaisir, laissant le pesant faix De longue absence à noz vies importable. Que tu te monstre hiunain et amyable.
Puisque par toy d’ennuy sommes deflaictz.
Secondement, par joye sommes reflaiz, Quant par amour nous verrons les eflectz Estre constans, fermes, non variables :
O bon chemin !
CAPTIVITÉ DU llOI FRANÇOIS I“.
De ton cnnuy pardonnons les mesfaictz,
En te (fuictant les tristes plteulx * faictz ,
Puisque nous mectz en voye trop favorable, Félicité nous despars convenable,
En nous rendant heureux et salisfaictz.
O bon chemin !