‹ Captivité du roi François 1erChapitre 34 sur 268 · N* XXIV. — LETTRE DU MARÉCHAL DE CHABANNES · texte numérisé non relu

N* XXIV. — LETTRE DU MARÉCHAL DE CHABANNES

Nouvelle* diverses du corps d'armée commandé par M. de Cbabaones.

(Torton*, 1*' jtn«i«r 1525.)

Monsieur, j’ay veu ce qu’il vous a pieu moy escripre, et ay esté fort aise de ce qu’il vous a pieu me faire sçavoir de vos nouvelles. Monsieur, j’envoye le baron de Monboyssier devers monsieur l’admirai et devers vous pour matière de finances; car il faut mettre ordie aux payement des gens de pied qui sont icy, ou, par ma foy, monsieur, je pance qu’il en prendra mal : car vous sçavez que ce sont gens Corses, Italliens et de toutes pièces, et sont requis et des Genevois et d’autres poiu* nous laisser ; et .s’il n’y a payement , il en viendra par adventure quelque chose mal à propos. Et ne vistes oncques la peyne qu’il y a de les entretenyr par parolles pour leurs faire gaigner, car je les ay fait gaigner depuis que je suis ici plus que ne vallent leurs gaiges; mais j’en suis au bout de mon entendement: car se n’est rien se ils ne sont payez. Monsieur, vous y aurez advis et y ferez, monsieur l’admirai et vous, se il vous plaist, ce que verrez pour le prouffit du Roy.

Monsieur, vous sçavez la pouvreté des gendarmes et comment ils servent et font leur debvoir : car il n’est courvée ne poyne de quoy ils soyent reffusans et qu’ils ne fassent voluntiers. Monsieiu*, je vous prie estre leur protecteur, comme eulx et moy avons ceste fiance : car je vous promets, ma foy, qu’il y a de la pitié, et seront contraints de faire banquerote par nécessité, non pas par maulvaise volonté.

‘ D'après une copie de la collection Qairambault.

Pourqiioy je vous prie, monsieur, leur voulloir faire envoyer de l'argent, et vous ferez bien et pour eulx et pour le service du Roy.

Monsieur le baron vous comptera de tous les affaires de par dessà, et comment nous avons cslai^is le païs de nos ennemis , qui sera la lin , monsieur, priant Dieu que vous doinct bonne vie et longue.

A Tourtonne, ce i" jour de fan.

Monsieur, vous m’avés escript de quelques prisonniers qui sont à de ceulx de ma compagnie, qui sont au chasteau de Novarre. Monsieur vostre lieutenant du chasteau de Novarre m’en a rescript plusieurs fois, toustefois vous savez, monsieur, que mesdicts gens d’armes n’ont pas heu lieu pour les retirer despuis le temps qui les ont prins : et, monsieur, touchant ce qu’ils sont nourris à la municion du Roy, le Roy est si gentil prince qui leur en oourriroit dix mille , vcu qui mettent leur vie et leur peyne et ce qu’ils peuvent faire poiu* les prendre, pour luy faire service, et si cela avoit lieu il fouyroit premier que de s’avancer pour en prendre. Et des prisonniers, monsieur, si ceulx qui gouvernent la municion du Roy craignent tant de les noiurrir, s’il vous plaist les me faire amener jusques icy, je les nourrirai à ma municion, |K)ur amour de ceulx qui les ont prins; sinon, monsieui', vous leur donnerez la clefs des champs et les auitxes ne prendront pas grant peyne d’en prendre des aullres.

Vostre très-hunibie serviteur, CHABANNES

Un dessin du temps, admirablement exécuté , nous a conservé le portrait d’un maréchal de Chabannes. 11 est aujourd’hui an département des estampes de la même bibliothèque.

' C’est a l'occasion de lo mort de ce personnage , tué devant Pavie, que fut composée la fameuse chanson :

lf«la« ! Il PélisM (tt mort !

Il «ftt mort dotant Patif I ete.

( Rec. man. de Maurepas, Bibl. roy.)

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