‹ Captivité du roi François 1erChapitre 5 sur 268 · XI. INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XI. INTRODUCTION

français à discuter avec scs ministres les conditions du traité. Les conférences de Tolède' s’ouvrirent le 20 juillet et se prolongèrent durant tout le mois d’août. On discuta successivement toutes les concessions demandées et déjà communiquées au Roi '. La proposition d’une rançon en argent y fut aussi renouvelée sans succès. Ces conférences n’eurent pour résultat que de montrer que le grand chancelier de l’empire, Gattinara, et le premier président de Selve, « étoient gens de grande littérature et que les disputations ne sont pas bonnes pour parvenir à paix^. » La conclusion finale fut que l’on rendrait compte de tous les discours à l’empereur

François I" fut informé du singulier résultat de cette interminable conférence, et ses espérances se rattachèrent de plus en plus à l’arrivée de la duchesse sa sœur. L’empereur demandait toujours la Bourgogne, mais le Roi espérait que la duchesse Marguerite changerait ses dispositions en ce point*. Néanmoins, les conférences continuèrent, tantôt chez le grand chancelier, tantôt chez le vice-roi de Naples; les discours ou les mémoires écrits se succédaient selon l’usage , et d’autant plus nombreux qu’on était moins près de s’entendre. On arriva bientôt aux paroles tfui piquent^ ^ et les ambassadeurs français reconnurent enfin que Charles-Quint ne voulait rien abandonner de ses prétentions, qu’il était résolu de profiter des circonstances pour contraindre le Roi, fatigué de la prison, à céder la riche province demandée^.

Ce fut alors seulement que les illusions de François sur les

bons sentiments de l’empereur, sur ce qu’il avait espéré de sa

' Conférences de Tolède, p. 264.

’ Supra, p. XXVI.

•’ Conférences de Tolède, p. a8i.

* Ibid. p. 282.

‘ Lettre de François 1*' à l’archevèqne d'ËRibrun, p. 2g4-

' Lettre du président de Selve, p. 296. ^ Première protestation , p. 3oi et 3o2.

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magnanimité, de sa grandeur d’âme, commencèrent à se dissiper. Il entrevit ou une détention perpétuelle, ou un traité onéreux et honteux qui lui serait arraché par la violence. Le dauphin était en bas âge; le royaume de France, agité par les sectateurs des réformes religieuses; quelques partisans obscurs du connétable essayaient d’éveiller les sympathies du peuple en sa faveur; enfin, de jeunes conseillers au parlement de Paris, quoique en très-grande minorité, rêvaient pour cette cour judiciaire la conquête d’un pouvoir politique et d’une action sur le gouvernement , que rien ne pouvait justifier. La confiance du Roi reposait sur la sagesse et la fermeté de la régente ; mais il connaissait aussi le mauvais état de la santé de sa mère. Tout lui faisait donc craindre de voir arriver le moment où sa présence en France deviendrait nécessaire pour la conservation de l’Etat.

La conduite du parlement de Paris avait été l’objet de l’attention générale, non-seulement en France, mais encore hors du royaume , de la part des souverains étrangers. Leurs regards se fixaient naturellement sur les actes de cette cour souveraine, la première et la plus importante du royaume*; celle dont l’exemple était si puissant sur les parlements des provinces. Des allures de cette cour pouvait dépendre la tranquillité de la France; elle avait enregistré avec empressement les pouvoirs de la régente, instituée par les lettres patentes du Roi données le 17 octobre l524^ et bien loin de les trouver trop étendus, comme l’ont dit quelques historiens ^ cette cour les aurait volontiers a'ugmentés tant était grande

' Exirail des registres du parlement, p. 35o.

’ Lettres patentes do Roi , qui renouvellent les pouvoirs de la régente, p. 39.

’ Garnier, Histoire de France, t. XXIV, p. 106.

* Réponses du parlement aux plaintes de madame la régente , p. 4oo.

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la confiance générale dans la prudente fermeté de la régente. Cette princesse eut plus d’une fois l'occasion d’exprimer au parlement toute sa satisfaction pour le dévouement qu’il avait montré. Le roi prisonnier en avait été informé par sa mère et avait envoyé la Rochepot , de Pizzighitone à Paris , chargé de porter à la compagnie les remercîments du monarque Il les renouvelait lui -même, peu de jours après, dans une lettre dont les termes nobles et dignes méritent d’être à jamais conservés^.

Cependant , un intérêt privé fut bien près de troubler cette union si nécessaire à la chose publique : une affaire qui intéressait personnellement le chancelier de France^, et dont le parlement était saisi, fut évoquée au grand conseil; elle se rattachait, par un côté, à la grande question du concordat nouvellement établi en France, et qui, aux yeux du parlement, blessait les libertés de l’église gallicane Le parlement, privé de la connaissance de cette affaire , écrivit à la régente pour la prier d’envoyer le chancelier conférer avec la cour, et il était retenu, in mente curiæ, que si le chancelier ne comparaissait point, il serait ajourné personnellement^. Les articles furent en effet rédigés par l’avocat Lizet®, en même temps que trois députés furent envoyés à la régente pour lui rendre compte du motif de la conduite du parlement. Mais, comme il arrivait d’ordinaire, le ministre sut intéresser, dans une

‘ Extrait des registres du parlement, p. 147.

’ Lettre de François 1' aux compagnies souveraines, p. >59.

’ La nomination do chancelier du Prat à l'archevéché de Sens et à l’abbaye de Saint-Benoit-sur-Loire. (Voyez, sur cette évocation, les pages 39b, 398, 4oo, 4oi, 4oS, eic.)

* Réponses du parlement aux plaintes de madame la régente, p. 4o4-

* Extrait des registres du parlement, p. 39a.

* n voulut s’excuser de remplir cette mission, parce qu’il avait reçu des bienfaits du chancelier; mais la cour n’admit pas cette excuse. (P. 399.)

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aOaire qui lui était toute personnelle, les prérogatives de la royauté \ et il les appela à la défense de ses intérêts privés. D’autre part, on fit à la régente les rapports les plus exagérés sur les discussions intérieures du parlement; on y représenta cette cour comme la seule qui voulût la contredire, et qui eût proposé d’assembler les états généraux pour contrebalancer son autorité et pour la diminuer; les courtisans ajoutèrent que quelques conseillers avaient mal parlé de la duchesse d’Angoulême, disant quelle n’était qu’une femme, et que la cour devait restreindre et limiter sa régence Mais on ne l’instruisit pas du fond même de la question , de l’évocation au grand conseil que le parlement trouvait insolite en pareille circonstance. La régente, de plus en plus aigrie contre le parlement, par l’efl'et de ces tristes menées, écouta cependant les remontrances qui lui furent adressées. Dans sa réponse, elle reconnut les services quelle avait reçus depuis la captivité du Roi ^ ; mais elle ne se dispensa point d’ajouter que ce dont elle se plaignait s’adressait aux mauvais conseillers et non aux bons; que plusieurs seigneurs lui avaient offert d’aller prendre et saisir au corps les rebelles et ceux qui avaient mal parlé d’elle, mais quelle était trop puissante pour s’en venger L’éloge du chancelier de France et des services qu’il rendait à l’Etat termina cette réponse et les questions principales furent, d’un commun accord, remises à des temps meilleui*s. De son côté , le parlement comprit qu’il avait poussé trop loin son opposition à l’évocation, et de son propre mouvement il fit biffer sur ses registres* les arrêts d’ajournement

' Réponse du parlement aux pltûntes de la régente, p. 4o4.

* Ibid. p. 396-397.

^ Extrait des reg. du parlement, p. 399.

* Extrait des reg. du parlement, p.397.

* Ibid. p. 398.

* Les registres de cette cour constatent ce lait sous la date du 39 mars 1627.

INTRODUCTION, personnel du chancelier. C’est ainsi que cette opposition si redoutable et si résolue du parlement à la régente, selon certains historiens’ qui en font grand bruit, se réduit en réalité aux simples proportions d’un conflit de juridiction entre cette cour et le grand conseil, conflit que le chancelier se donna le tort impardonnable d’exciter pour son propre intérêt dans de si difficiles circonstances^; et ce tort mérite le blâme de l’histoire , car ces dissensions publiques entre la régente et le parlement relevèrent le courage des ennemis du Roi , leur firent espérer des divisions intestines, et exercèrent un pernicieux effet sur les négociations de Madrid

François I", toujours prisonnier en Espagne sous la garde d’Alarcon, résidait encore près de Valence. L’empereur lui écri-* vait des lettres de courtoisie et de gracieuseté, et envoyait pour le visiter ses principaux officiers *. Les ordres les plus précis avaient été donnés et renouvelés pour que le Roi fût traité avec les plus grands égards: Alarcon et le vice-roi exécutaient ponctuellement leurs instructions en ce point. Les ambassadeurs de la régente pouvaient donc écrire avec toute vérité que « le Roi est tant et si humainement traiclé et honoré de ses gardes, par la vollonté de l’empereur, qu’il n’est possible de plus, hormis la liberté » L’historien Garnier est donc bien loin de la vérité lorsqu’il raconte que Lanoy laissait le Roi se promener sur une mule, mais dans l’équipage d’un criminel que l’on conduit au supplice*. Malgré tant de bons procédés, l’entrevue

' Stsmondi, Hiil. des Français, t. XVI , passim; — Thibaudcau, Histoire des états généraux, t. 1, p. 894 et suiv.

‘ Ultérieurement, la régente témoigna de nouveau au parlement toute sa satisfaction pour sa conduite. (Voyez p. 435 de ce volume.)

‘ Rapport de Babou sur les négociations, p. 433.

* Lettre de Cbarles-Quint à François I”, p. a33.

' Lettre des ambassadeurs français , p. a53.

* Histoire de France, t. XXIV, p. 17a.

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des deux monarques, si désirée par le roi de France, n’avait point encore eu lieu (i8 et 19 juillet) : on la faisait' espérer pour une époque rapprochée; enfin, le commendador Fiquerol vint pour conduire le Roi à Madrid Dès l’arrivée du Roi dans cette ville, l’empereur envoya complimenter François I*% et savoir de ses nouvelles^; mais il ne manifesta l'intention ni de visiter, ni de recevoir son prisonnier. Les négociations suivies par les ambassadeurs de la régente étaient devenues fort orageuses, et les demandes toujours exagérées de l’empereur les avaient même momentanément suspendues.

Le Roi lit alors appeler les ambassadeurs de la régente au château de Madrid, le 16 août i5q5, et il donna l’ordre à Gilbert Bayard de rédiger immédiatement une protestation dans laquelle il déclarait que, bien qu’il aimât mieux supporter longue prison que faire chose à lui honteuse et dommageable à son royaume, il protestait que, dans le cas où il serait contraint de laisser, par détention et longueur de prison, les droits de la couronne de France, que cela serait et demeurerait de nul effet et valeur, comme obtenu par force et contrainte, ainsi qu’il l’avait déclaré en Italie devant le vice-roi de Naples, le marquis de Pescaire, Antoine de Leve, Alarcon et autres, qui étaient chevaliers d’honneur, et qui pourraient l’affirmer^. Cette protestation, signée par le Roi, par l’archevêque d’Embrun, Brion, de la Barre et Bayard, fut communiquée, le a a août seulement, au président de Selve, qiji était alors à Tolède \ •

Un seul espoir restait au Roi et le consolait dans ses tristes pensées, c’était l’arrivée de la duchesse d’Alençon. Informée

' Lettre de Brion à ia régente, p. a63. ’ Première protestation du Roi. p. 3oo

* Lettre de Charies-Quintè Francis I", à 3o3. p. a83. * Ibid. p. 3o4.

INTRODUCTION, du vœu de son royal et bien-aimé frère, Marguerite abaudonna sans regret, sans hésitation, une cour dont elle était le plus bel ornement. Surnommée par les poètes du temps la dixième muse et la quatrième grâce, l’habitude des doux loisirs ne la fit reculer ni devant les pénibles diflicultés, ni devant les nombreux obstacles inhérents à ce long voyage , dans une saison et une contrée où les chaleurs sont parfois exce.ssives ; les inspirations de l’affection fraternelle étaient plus fortes que la crainte de ces dangers ; le Roi et la France étaient tout pour le cœur de Marguerite. Arrivée à Aigues-Mortes, le 27 août, pour s’y embarquer, elle y fut retenue quelques jours par le mauvais temps K La régente l’avait accompagnée jusqu’au Pont-Saint- Esprit; elle y attendait la nouvelle de son départ^, tout à la fois chagrine et heureuse d’un si rare dévouement. Tout naturel qu’il était d’ailleurs, on lui a donné une autre interprétation, comme s’il en fallait une à toute action grande et généreuse, à tout sentiment élevé. On a, en effet, imaginé que la digne sœur du roi prisonnier alla, non pas secourir le Roi dans ses misères, mais trahir, mais livrer à Cliarles-Quint les amis de la France, lui dénoncer l’alliance secrète du p>ape, de Pescaire, de Morone et d’autres Italiens, que la régente avait elle-même concertée. Un historien justement renommé pour ses ouvrages et pour son caractère s’est oublié jusqu’à répéter une si grave accusation ’ ; une telle méprise est toujours fâcheuse.

Si l’on en juge par les lettres de Charles-Quint et par celles

‘ Lettre de madame d'Angoulême, p. 3o8 et 309.

’ Cette princeaae oe s'embarqua point avec le président de Selve et l'archevêque d'Embruu, comme on l'a imprimé dans

la Notice sur Marguerite d'Angonléme, p. 19. Ces personnages étaient déjà depuis longtemps en Espagne à cette époque.

’ Sismondi, Hist. des Frtsnçais, I. XVI, p. a6o et 370.

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du vice-roi, l’arrivée de la duchesse Marguerite était aussi impatiemment attendue par ces deux personnages ‘ que par le Roi lui-même. Tout était préparé par l’ordre de l’empereur pour la recevoir avec tous les honneurs dus à son rang. Dès quelle eut touché le sol de l’Espagne, Marguerite s’empressa de rendre compte au Roi de la réception qui lui était faite Pour la régente, ces attentions de l’empereur étaient le présage de l’heureux succès du voyage de la princesse sa fille D’autres apparences plus favorables encore fortifiaient cet espoir et la mère du Roi voyait déjà la délivrance de son fils comme très-prochaine. Mais le plus amer chagrin vint tout à coup remplacer celte sécurité nouvelle.

La ducliesse d’Angoulême était depuis quelque temps sans nouvelles du Roi, lorsque, le 22 septembre, un courrier arriva à Condrieu, sur le Rhône porteur de lettres dont on réussit à lui cacher le contenu Les nouvelles étaient des plus graves : le Roi était en proie à une fièvre continue très-violente et qui se montrait chaque jour plus menaçante. Le 18 septembre, on désespérait de sa vie’, et ce jour -là même la duchesse Marguerite arrivait au château de Madrid : informée de cette maladie , elle avait hâté son voyage. Nous laissons aux pathétiques inspirations du président de Selve ® la relation des scènes

’ Lettre du vice-roi de Naples, p. 3a i; lettre de Charles-Quint, p. 3aa.

* Lettre de Marguerite, p. 3a4.

’ Lettres de la duchesse d’Angouléme, p. 3a8 et 338.

* Le traité conclu avec l'Angleterre (3o août).

* Lettre de Brion, p. 3a6.

* Lettre de Robertet, p. 337.

’ Voy. p. 33o et 33a. — Sismondi a imprimé por errenr que le Roi était très-

malade le a4 août et en danger de mort, au dire des médecins, à moins que Charles- Quint ne fût le visiter. ( Histoire des Français, t. XVI. p. a 67.)

* Relation au pariement de Paris , p. 33 1 . — U y a bien loin de cette relation du président de Selve à l'opinion de M. Rœderer, qui prétend qne c'est par une honteuse adulation que l'on a dit que François 1" montra de la fermeté en prison , tandis qu'il fut sans courage, et qne, sa

INTRODUCTION, touchantes qui se passèrent alors au château, et celle des cérémonies religieuses à la suite desquelles se déclara une crise des plus favorables à la convalescence du Roi. Le 19 septembre, l’empereur alla le visiter : les paroles les plus gracieuses furent échangées entre les deux monarques ' et avec la duchesse Marguerite.

Mais les dépêches des courriers expédiés au grand conseil, alors à Lyon avec la régente, avaient fait craindre comme prochain un grand malheur pour la France; et, sur ces récits, le conseil avait pensé que le Roi était déjà mort^. Les véridiques registres du parlement le constatent encore aujourd’hui^: « La maladie du Roi est incurable, disent-ils, et il est trespassé à Madrid. » Les ordres et les instructions pour assurer la transmission de la couronne au dauphin étaient déjà préparés quand la Pomeraye apporta l’heureuse nouvelle de la convalescence de François I". Alors seulement la régente fut instruite de la maladie de son fils; et si cette mère inquiète exprimait en termes si touchants les craintes qu’elle éprouvait au simple retard d’un courrier, on peut se figurer les peines* qu’elle aurait endurées si elle avait connu l’imminence du danger qui menaçait le Roi. Sa douleur est peinte dans plusieurs de ses lettres®, et d’autres nous disent toutes les pratiques de dévotion quelle ordonna dans cette circonstance

L’empereur envoya visiter plusieurs fois son prisonnier ;

sœur Marguerite n’ayant pu obtenir sa délivrance, il tomba malade de chagrin.

( Louis XII et François I", 1. 11 , p. 38 , 69 et 3oo.)

' Au commencement do l’indisposidon du Roi. l'empereur lui avait écrit. (Voyex cette lettre , p. 309 , et les paroles de l’empereur lors de sa première visite , p. 4y 1 • )

* Lettre de la duchesse d'Angouléme, p. 348.

’ Extrait des registres du parlement, p. 338.

* Lettre citée, p. 348.

* Lettres de la régente, p. 3x9 et 348.

* Documents p. 345, 346 et 34y.

’ Lettre de Louise de Savoie, p. 339.

INTRODUCTION, il lui écrivit, aussi *. Enliu, au second jour d’octobre, la convalescence de François 1" se déclarait et se fortifiait d’après les plus heureux symptômes. Marguerite put dès lors se rendre à Tolède'^, où devait avoir lieu la première entrevue officielle avec Charles-Quint.

La présence de la duchesse d’Alençon donnait aux négociations un aspect nouveau , et cette princesse fut alors et pendant quelque temps chargée de les conduire. Tout contribuait à faire espérer à la sœur et à la mère du Roi une prochaine et favorable conclusion. Charles-Quint avait prodigué à François I" malade ces paroles de politesse qu’il savait dire si à propos^ et qui avaient relevé le courage du monarque, trop crédule pour sa propre sincérité. En France, tout était calme, les parlements obéissaient et la régente venait de conclure le traité d’alliance avec l’Angleterre*. Cette princesse était persuadée que cette circonstance nouvelle forcerait l’empereur à des concessions et à des amendements que vertu, honneur et libéralité n a\aient pu lui arracher*. Enfin, l’Italie était en armes, prête à échapper à l’empereur, sous le patronage de Morone ' et du marquis de Pescaire : mais on reconnut bientôt que ces événements avaient produit sur l’esprit de Charles-Quint et sur son conseil un tout autre effet que celui qu’on attendait. Une cruelle déception devait attrister fâme si noble et si dévouée de la sœur du Roi.

La première entrevue de Marguerite et de l’empereur fut des plus gracieuses. La duchesse la raconte elle-même dans une lettre (p. 342) au roi son frère. On y voit que l’empereur

' Lettre de Charles-Quint , p. 344.

’ Lettre de Babou, p. 333.

^ Voyei ces paroles, p. 47»- * Voyez document p. 3i4.

‘ Le 3o août. ( Voy. p. 3o5. )

* Lettre de la duchesse d'Angoulémc , p. a4g.

’ Voyez document p. 385.

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