‹ Captivité du roi François 1erChapitre 6 sur 268 · I. INTHODUCTION · texte numérisé non relu

I. INTHODUCTION

voulut être seul avec cette princesse , dans un appartement

dont une de ses feinmos devait tenir la porte.

Les offres qu’elle fit alors à l’empereur se résument dans les concessions suivantes : que le Hoi reconnaîtrait tenir de l’empereur le duché de Bourgogne comme dot de la reine douairière de Portugal; dans le cas où Charles-Quint persisterait à vouloir la pos.session de ce duché, celte question serait soumise aux pairs de France, et, eu attendant leur décision, le Roi la lui remettrait après avoir reçu des otages pour sûreté de la restitution de celle province à la France, si les pairs jugeaient qu’elle devait la conserver. Le Roi renoncerait au duché de Milan, au port de Gênes, à .ses prétentions sur Naples, Aragon, Valence et Barcelone, et sur les arrérages dus par la reine Germaine d’Aragon et par le roi catholique dom Ferdinand. François 1" abandonnerait aussi Hesdin et Tournay; la Flandre et l’Artois, seulement pendant la vie de l’empereur. Enfin , la duche.s.se offrait encore de mettre le Roi à rançon pour une somme que Charles-Quint fixerait lui-même, en réservant, toutefois, les droits de chacune des deux parties sur leurs prétentions récipro(jues.

Mais l’empereur persistait à demander la restitution pleine et entière du duché de Bourgogne, de la vicomté d’Auxonne, des ressorts de Saint-Laurent, des comtés de Mâcon etd’Auxerre, de la seigneurie de Bar-sur-Seine, etc. tout en promettant à la duche.sse d’Alençon, puisqu’elle avait augmenté lesconces-sion.s, de diminuer aussi ses demandes.

En même temps que Charles-Quint écrivait au Roi des lettres tout affectueuses, pleines de bonnes paroles sur sa prochaine délivrance *, scs ministres avaient avec les ambassadeurs français une conférence des plus orageuses, qui se ter- LeUre de Charle^-Quinl, p, 344-

INÏKODtCTIÜN. N

iiiiiiail même par des menaces’. Ainsi Charles-Quinl amusait ia ducliessc par des propos aimables, le Koi par des lettres affectueuses, tandis que ses ministres, avec une injuste arrogance, persistaient à exiger toutes les concessions énumérées dans les articles apportés en Italie par Beaurain.

La duchesse et les ambassadeurs ne lurent pas longtemps à s’apercevoir de cette incertitude '^ des négociations. Kt si Marguerite se montre, dans sa correspondance, pleine de tendres ménagements pour le Roi, elle est non moins Hère à l’égard de Charles-Quint : « Quant il plaira à l’empereur de

m’envoyer quérir, dit-elle, l’on me trouvera ; mais mon

estât ne requiert point de faire ici la cour ne pratiquer les serviteurs du raaistre qui a promis qu’avec lui seul je parlerais^; ». et ces paroles si dignes contredisent l’opinion des historiens de cette princesse, qui la représentent « comme travaillant la cour en secret, sollicitant tout le monde, tâchant de se faire des amis partout et ayant même paru devant le conseil d’Espagne , où elle prononça une harangue qui fit une impression profonde sur des hommes endurcis par les habitudes de la politique et les calculs égoïstes de l’ambition •• Enfin, les paroles de Gattinara au sujet de cette princesse, et prononcées avant son arrivée, devaient se réaliser: «la venue de madame la duchesse, disait-il, est frustatoire et de nul profict’^, h Marguerite alla demander à l’empereur une finale conclusion® : cette entrevue fut importante. La duchesse voulait prendre congé; mais l’empereur fut si gracieux que Marguerite crut recon-

' Lettre de Babou, p. 343.

* Lettre du président de Selve, p. 357. ’ Lettre de la duchesse d'Alençon ,

p. 358 et 359.

• Notice sur Marguerite d'Angoulime ,

en tête du premier recueil des lettres de cette princesse, p. aa.

‘ Couférences de Tolède, p. a77- * Lettre de la duchesse d'Alençon, p. 354-

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