RONDEAU
En esprouvant, le vray on peult sçavoir;
Par s’esloigner, fermeté l’on peult veoîr;
Par le travail est l’aise bien congncue ;
L’adversité faict pensée pourveue
De prompt remede, pour au penser pourveoir.^
En longue absence est désiré revenir ;
La vraye amour faict tousjours son devoir;
Car au travail on voit bien s’elle mue ,
En esprouvant 1
' Cette épStre pourrait bien se rappor- Charles-Quint au delà des frontières de 1er au temps des guerres de i5ai, lorsque France, revenait triomphant à Paris, le Roi, après avoir repoussé l'armée de
Que te diray.^ J*ay, amye, le reveoir De ton escript, me donne le pouvoir Que de trop d’heur ma vie est soustcnue,
Dont n’ayez peur, l’amour n’est tenue Pour mieulx que vie, ainsi le pourras veoir En esprouvant.
1 I. RONDEAU
Ma foy tousjours je te promectz tenir.
Puisque tout tien m’as voulu retenir;
Tien je seray, quoy qu’on die ou murmure : Car je feroys à moy-mesme injure;
Sans autre endroit me vouloir maintenir.
On ne sçauroit me faire au poinct venir De te laisser, pour nul bien advenir;
Je te suppiy, croy-m’en, puisque j’en jure Ma foy 1
Sur ce, te pry mectre en ton souvenir Qu’il n’est en moy pouvoir contrevenir A l’aroytié qui entre noz cueurs dure :
Par quoy m’est grief dont le tien tant endure. Puisque tu as, pour bien l’entretenir.
Ma foy ! ‘