EN ESPAGNE
(25 février — 22 juin 1525.)
N* XLII. — LETTRE DU ROI A MADAME LOUISE DE SAVOIE, DUCHESSE D’ANGOULÊME, SA MÈRE, RÉGENTE EN FRANCE.
Le Roi lui annonce qu’il a été fait prisonnier à Pavie. — Il compte, en cette occasion, sur la prudence accoutumée de la régente. — 11 lui recommande ses enfants. — Le porteur va trouver l'empereur.
[ D« Piiiigbitono , âpr^ U b«UilU dt Pavi*. |
Madame, pour vous faire sçavoir comme se porte le reste de mon Infortune, de toutes choses ne m’est demeuré que Fhonneur et la vie qui est saulve. Et pour ce que, en vostre adversité, ceste nouvelle vous fera ung peu de reconfort, j’ay prié qu’on me laissast vous escripre ceste lettre : ce que l’on m’a aisément accordé, vous suppliant ne vouloir prendre i’extremité vous mesmes, en usant de vostre accoustumée prudence ; car j’ay esperance à la fin que Dieu ne me abandonnera point, vous recommandant vos petits enfans et les miens, et voift suppliant faire donner le passage à ce porteur pour aller et retourner en E.spaigne , car il va devers l’empereur, pour .sçavoir comme il voudra que je sois traicté.
Et sur ce va très humblement se recommander à vostre bonne grâce
Vostre très humble et très obeissaut filz , FRANÇOYS ».
' Cette lettre a déjà été publiée plu- piers du cardinal de Granvelle est le plus
sieurs fois. Toutefois, le texte tiré des Pa- défectueux. (V. le tome I des Papiers d'Etat
N‘ XLIII. — LETTHE DU KOI A CHAHLES-QUINT.
Il lui annonce qu'il a été fait prisonnier à Pavie — Se recommande i sa générosité et magna* nimité. — Lui demande d'ordonner ce qu'il voudra de sa personne. — De le traiter en roi piiitét qu'en prisonnier.
( !>• PiuighiioDf , «prêt U iMtoille d» Pavie.)
Si plustost la liberté par mon cousin le vis-roy m’avoist esté donnée, je n’eusse si longuement attendu de envers vous faire mon devoir, comme le temps et lieux où je suis le mérité; n’ayant autre reconfort en mon infortune que l’estime de vostre bonté, laquelle.
de ce cardinal, publiés dans la même collection que le présent volume, p. 358.) On ignore où se trouve aujourd'hui l'original. Mais le texte que nous donnons reçoit une authenticité sulTisantc de la lettre de la duchesse d'Angouléme ( n" XLVI ) en réponse à celle-ci. La mère du l\oi y paraphrase entièrement la lettre de François 1". On trouve aussi cette lettre du Roi dans les registres du parlement, et dans un journal manuscrit du temps, qui fait partie de la collection Dupuy, vol.
Le texte est confomie à celui que nous publions.
' François l' se trouvait dans un entier dénûment de toutes choses, lorsqu'il fut fait prisonnier. Il eut recours à la bourse «le son geôlier; le vice-roi de Naples lui prôla une somme d'argent dont il avait besoin, en attendant que madame la régente eût le temps d'en faire parvenir au Roi. Cette somme ne fut remboursée qu'en juin i baG, comme le prouve l'acle que nous allons rapporter. Une note fort curieuse de M. de Fontanieu accompagne la transcription de ce document , que
nous avons tiré du portefeuille aoi de la collection qui porte son nom à la Bibliothèque royale. Elle nous donne d'intéressants détails sur le château de Pizzighitone, où le Roi fut enfermé, et que M. de Fontanieu visita en 1736. Voici ces deux documents :
« HEMBOURSBMENT .iU SECRETAIHE DO VICE-