‹ Captivité du roi François 1erChapitre 8 sur 268 · I.xtl · texte numérisé non relu

I.xtl

INTHOÜICTION.

Dans toutes les poésies de ce prince, on retrouve les pensées d’un bon et loyal chevalier :

J’aimay l’honneur, chascun le peult bien veoir. . . .

Cueur résolu d’autre chose n'a cure Que de riionneur.

Elles conservent des preuves de son courage et de la fermeté de son caractère, malgré le chagrin que lui causait sa captivité :

Car on ne peut mon esprit confiner

Soubz nulle loy, ny son vouloir myner.

Le souvenir de sa mère et de sa sœur revient souvent dans ses vers. Quelques rondeaux se font remarquer par la facilité et le tour élégant de leur versification. Celui qu’on trouve à la page 44b de ce volume a presque son modèle dans les poésies du duc Charles d’Orléans. Enfin, le Roi profita si heureusement des leçons de son maître, qu’on a pu confondre leurs ouvrages et attriliuer à ce monarque des pièces qui appartiennent réellement à Marot. De ce nombre est l’églogue du pasteur Admetas, qu’il nous paraît juste de lui restituer, malgré l’opinion contraire de Gaillard, qui l’attribue au Roi. D’autres remarques de ce genre nous seraient suggérées par l’étude de ces poésies; mais ce travail de sérieuse critique trouvera une place plus convenable dans la notice que nous mettrons en tête du Recueil complet des ouvrages de François 1". Nous ne devions insérer dans ce volume que les pièces que ce prince composa pendant sa captivité, ou qui ont avec elle quelque rapport : les principales sont reproduites aux pages qS , q4 , 106, 448.

Les documents contemporains ne nous font pas d’autres confidences sur la vie intime du Roi pendant sa captivité ; un

INTRODUCTION. Lxm

seul d’entre eux indique des soirées passées chez une comtesse*; mais il ne dit rien de plus sur celte inconnue.

Le Roi ne fui pas insensible aux charmes de Léonor, sa fiancée. Il l’avait à peine entrevue quelquefois, mais toujours cérémonieusement et en la présence inévitable de l’empereur. Si l’on consulte un des dessins du temps, qui paraît avoir été fait à l’arrivée de Léonor en France, sa beauté pourrait être contestée. Il nous montre une ligure calme, à gros traits, avec des yeux petits, mais un regard sérieux et expressif; la chevelure est d’un blond plus ardent encore que celle de Charles-Quint, et les lèvres, saillantes, accusent une bouche autrichienne. Toutefois, le Roi témoignait beaucoup d’empressement, et, par une lettre à l’empereur, datée de Saint- Sébastien, il le priait de donner l’ordre de faire approcher sa femme de la frontière de France, pour que leur union se fît avant la semaine sainte'^.

Le moment de la liberté approchait donc pour le Roi^. Le lieu et le cérémonial avaient été réglés tout à la fols avec une politesse et une méfiance réciproques. C’était sur la Bida.s.soa que devait cesser la captivité de François I".

Les beaux-arts et f histoire ont décrit les scènes de tendresse et de chagrin que jetèrent dans le cœur du Roi tant d’émotions diverses : la joie de sa délivrance fut inséparable du regret de quitter ses enfants; sa liberté était au prix de la leur : ils furent ses otages.

Enfin, le 17 mars au matin, environ les sept heures, le Roi fut rendu à la liberté, dès que l’embarcation qui le portail

' Voyez document p. 488.

’ Lettre de François 1", p. 617.

' Il est à remarquer que le chancelier du Prat paraissait alors fort inquiet des

dispositions du l\oi à son égard, et qu'il demanda à le voir avant son arrivée en France. François I" lit rassurer le chancelier par une lettre qu'on lira p.ige 5i5.

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