BAVARD
V CXXXV — I.KTTRF. DE MONSIEUR D ASPARROS A MADAME
LA régi-:nte
Hoi est arriTé i Madrid en bonne uuié, accompagné par lea teigoeura espagooU. — De ce nombre le duc de l'Infantado. — Mécooteiitement du conaeil d'F^pagne de rarrivéc du viceroi. — M. d'AsparroA a trouvé moyen d'envoyer souvent et sûrement vers le Roi en F.spagnr.
rsa 1^SS.]
Madame, en obeyssant à ce qu'il pleut à madame vostre fille m'escripre et commander, j’envoyé en Espaiguc pour sçavoir nouvelles du Roy et escripvy à Mons. d'Embrun; lequel m’a escript et envoyé ligne lettre que luy et Mons. le premier president de Paris vous cscripvent, en chifre : lesquelles, madame, je vous envoyé, ensemble celles que ledict M. d’Embrun m’a escriptes.
Madame, l’honimc que je y advoys envoyé n’a peu revenir sytost, à cause que ledict M. d’Embrun délaya environ quinze jours à le depeseber Lcdict homme dict que le Roy estoit adryvé à Maderic, à
SECTION III. — CAPTIVITÉ EN ESPAG.VE. 305 douze lieulx de Toulletles, faisant fort bonne chère, et que les seigneurs d’Espaigne racompaignenl fort volontiers; et entre les aultres le duc de l'Infantado, qui est ung des plus grands du pays; et dict que ceuU du conseil de fenipereur n'ont pas esté fort aysse de la venue du vice-roy de Naples, et que par dellà les gens du pays desyTe fort la paix.
Madame, sy entre cy que la paix se trectera yl n'y avoit treve, je cuyde avoir trouve raovon de povoir envoyer de par délia, et mcsmcment devers le Hoy souvent et bien seurrement. Paixjuoy vostre bon plaisir sera en cela et en toutes auttres choses me commander vous bons plai.sirs pour y obeyr.
Madame, sy c'est vostre bon playsir, vous commanderez les lecti es de la compagnie que je ,iy eu en charges, dix hommes d'armes pour Mons. de Toumon et cinquante pour Mons. d’Asler, comme il vous pleut accorder à madyte dame vostre fdle.
Madame , je prye Nostre-Scigneur que il vous doinct très-bonne vie et longue.
Escript à VillemeiU', le vingt et quatriesme d'aoust.
Vostre très humble cl très bolie^ssanl scnilcur, ASI’AUHOS.
N- C.XXXVI. — Tlt.MTE DE P.UX. AMITIE ET CONFEDER.\TION CO.N'CLI' ENTRE LE ROI DE FRANCE CT LE ROI D'ANGLETERRE'
‘ Ce traité fut crmrin à Moore, en AnglelciTC, le 3o août i5a5, par ordre de madame Louise de Savoie, duchesse d'.Angouléme. mère de Françoi.s I" et répente en France. Il est publie dans le recueil de Léonard, I. II, p. 198.
Ce traité avait pour ol^cl la délivrance du roi François I* cl la liberté du com-
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inerce entre les sujets des deus rotaumes. Eu retirant rAiiglelcrre de l'alliance de Eeropereur, ce traité fut très- favorable aux alTairea do roi de France, et coulri hua beaucoup à sa délivrance. Les habiles oégocialions dirigées par la régente préparèrent cet important résultat : l'otnbrage que Henri VIH prenait ausai de la
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V CXXXVIl — LETTRK DU VICK-ROI DK NAPLES AU ROI DE FRANCE
il deoxandr la délivrance du prioce d'Orange aux
condiiiona pru{xiȎ<j par l'empiereur.
{Si mùit
Sire, j'ay receu la vostre qu’il vous a pieu in’escripre touchant ce que monsieur de Boussii vous a dit pour faire venir monsieur le prince d’Orenges.
Sire, l'empereur a donné charge audit de Boiissu vous requérir de sa part voulloir escripre à madame la regente, de sorte qu’il n’y ait faulte (ju’elle n’envoye ledit prince d’ürcnges aux conditions que je vous dis de par Sa Majesté.
Assavoir que, envoyant ledit pr
trop grande puissance do Charlea-Qiiinl le doHemiiiiu à s’allier dêfinitirenient avec ia Franre.
Maigre loua lea avanlagcs que ce Iraité procurait aux alToirc» du Roi, il n*cn suscita pas moins une grandt> opposition dans le parlement de Paris. Les extraits que nous donnerons ci -après dt?a regislres de celte compagnie souveraine en expliqueront les motiis.
Les plus grand.s princes du royaume et les villes les plus importantes étaient de- Higtics cuiimio caution cl garant do Texécution de ce traité, à cause de Tabsence et de la délention de la personne du Roi.
La ratiücalion de madame lu régente lut donnée à Lyon le septemltre. et renregistreniont au parlement fut re<{uij au coinroenceiuent du mois d'octobre.
Il y cul aussi des articles paiticuliers arrêtés entre les députés de France et ceux d'Angleterre, concernant t les formes
incc sur sa foy, que touttes fois et
qu'on auroit à tenir pour réparer les dommagej» et intérêts encourus par aucuns parlicullers Iribitaiis de l'un et de l'autre royaume, lors de la dénonciation de la guerre et auparavant, comme pour régler le commerce maritime à l'advenir. Faict a Moore, lcdict jour 3o août i&aS. »
Knfm d'autres articles réglèrent les sommes de deniers que le roi Henri VIH prétcmiail lui être duos eu conséquence des Irailés pusés entre lui ol le roi François I**, au mois d'aoùt i5i5 et au mois do septembre i5iS à cause de Tournaj et Mortaigne, et le i3 novembre i5so.
La somme fut délinilivement fixée à deux mUliuns d'ècus d'or au soleil , de trentecinq sons pièce, indépendamment d'une autre somme de 5s,63i écus au soleil a Tingi-deux sous. La régente signa un acte lie reconnaissanoï de celle dette, au nom fie la F rance, en présence de r«rclievéque de Lyon
quantcs qu'il plairoit à ntadiclt! dame le mander, qu’il s’en retoumeroit vers elle. Et que l'empereur pensse que ayez si bon crédit vers madame voslre mere qu’elle ne vouldroit faillir de vous complaire en cesl aifaire, et que en faisant ce plaisir à Sa Majesté, que en cas semblable il vous complairoit.
Sire, j’ay dit à renipereur que vous avés escript à Madame pour dilligenter la venue dudit prince, je vous suplic par la première poste lui en escripre quelque autre bonne lettre , et soyez seur que à Sa Majesté ferez grant plaisir.
Sire, je prie à tant Nostre-Seigneur vous donner bonne vye et longue.
De Pinte, le dernier jour d’aoust h v' xxv.
CHAKLKS Ui; L.A.NOV.
N’CXXXVm.— DISSENTIMKST F.NTBE LE GRAND CONSEII. DE I.A RÉGENTE ET LE PARLEMENT DE PARIS'
' Le g^and conseil de la régente était en a&BCi ntiauvaixe intelligence avec le par* loment de Paris. Le parlement avait rap* pele deux de ses membres qui avaient éle députes au conseil par autorisation de madame la régente.
Le 5 septembre i5a5. arrêt du parle* ment qui ajourne le chancelier à compa* roir en personne devant la cour, ainsi que le procureur général au grand conseil, en même temp» que la cour de parlement ordonne qu'il sera écrit au duc de Ven* Home, au cardinal de Boui4ion, à IVvéque de Laon, pairs de France, au comte de
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5aint-Pol ci au seigneur de Lautrc-c, qui étaient auprès de madame la régente, de faire cesser les entreprises du grand conseil contre Tautorité du Itui et de Madame . et contre celle du parlement. Les pain de France furent priés de trouver en leur.<> places le lendemain de la Saint-Martin.
Le y seplcmbre, madame la rt^ente renouvela les pouvoirs d'ambassadeur^ qu'elle avait donnés k monsieur d*£mbrun, au premier president de Selve et au seigneur de Brion , par lettres patente’' datées de Toumon le 7 dudit mois; elles sont conlre-signécs Robertet.
CAPTIVlTli DU ROI FRANÇOIS I".