N- CLIX — LETTRE DU TRESORIER RAROT A MADAME LA RÉGENTE
Jl Tolède. — L'empereur a écrit au Roi cl è madame la duebewe Marguehle.
( I** oct*fcr« IMft. ]
Madame, tant et si très-humblement comme je puis, à votre bonne grâce me recommande.
Madame, depuis le parlement de Pommeraye, le Roy a tousjours continué en son adinendement; lequel je ne vous sçauroys mieulx certiflier que par le parlement de niadite dame vostre fille, laquelle congnoist et voit ledict seigneur estre si bien, qu’elle l'abandonne demain pour s’en aller à Tollede, pour suivre ses affaires; desquelz, ainsi que l’on peult juger par les conjectures, l’issue sera à vostre intencion et désir.
334 CAPTIVITÉ DI ROI FRANÇOIS l\
Madame, monsieur le vis-roy de Napples vint niercredy icy, de par l’empereur, pour veoir et visiter le Hoy, et luy apporta une lettre dudict empereur et une autre de madicte dame vostre fille, laquelle je vous envoyé pour veoir la gracieuseté dont il use : qui est pour tousjours assetirer que les choses viendront, au plaisir de Dieu, à bonne fin.
Madame, ledict vi^roy partit hier pour retourner devers ledict seigneur empereur, et peu après luy partirent messieurs d'Embrun et le premier president, pour aller audict Tollede préparer la venue de madicte dame vostre fille, laquelle est délibéré de tant presser et solliciter, qu’elle espere pluslost que vous ne pensez vous rendre filz et fille, et se consoller avecques vous. Madame, de la grâce que Nostre-Seigneur vous a faitte de le vous avoir saulvé d’une si extresme inalladie que celle qu’il a eue, qui a esté telle que vous dira ce |K)rtcur, avecques les aullres choses commises à sa creance.
Madame, je prye Nostre-Seigneur qu’il vous doiiil très-bonne et très-longue vie.
EscripU de Madril, le premier jour d’octobre ^
Vostre très humble et très obéissant serviteur et subject,
BABOL.
de novembre, à emprunter de l'argent pour U payer. Mais les événements Cavorisérent ce personnage mieux que ne réussirent scs demandes réitérées auprès de U cour de France : il s'évada de prison au mois de décembre , avec l'aide et assistance d'un de ses pages.
Les deux documents ci-dessus indiqués se trouvent dans la collection Doat, à la Bibliothèque royale; nous avons publié Je second. Voyex aussi, au sujet de l’évasion de ce prince, la tsote des pages 85 et suivante.
^ Le a octobre de cette même année , le roi de Navarre, toujours prisonnier des Espagnols à Pavie, écrivait au maréchal de Montmorency une lettre, par un de ses serviteurs, pour le prier de s’intéresser à sa délivrance , et pour protester de son dévouement au servicedu Roi. (Bibliothèque royale, collection de Béüiune.)
Par lettres patentes de la régente, datées du 5 août , des ordres avaient été déjà expédiés aux sénéchaux des Gels de Navarre pour faire payer la ran^n du roi Henri. Celui-ci songeait encore, au mois
S’ CLX — LFTrnE DE CHARLES QUIXT AL' KOI
l/«fnp«feart n« pouvant «Mar la voir auaai xmvaDt qu'il le d^ira, lui covote le viea*roi pour aavotr de s«t nouvelia».
(Oc«akr* m&.|
Monsieur mon frere , puisque je n’ay le loysir de vous veoir sy souvent que voudrois, envoyé mon vice-roy de Naples vous visiter, et vous prie que par luy me fasiés savoir de vostre bon portement, lequel desire et ne fais doubte aurés tost, à l'ayde de Dieu, auquel prie qu'ainsy soit, celuy qui vous desire estre
Vostre bon frere et aniy.
CHARLES *