‹ Captivité du roi François IerChapitre 116 sur 241 · N* CLXIV. — LETTRE DE L.\ DLCHESSE D'ANGOULÉUE AD ROI · texte numérisé non relu

N* CLXIV. — LETTRE DE L.\ DLCHESSE D'ANGOULÉUE AD ROI

GuëritoD oomplèle dn Roi, dont elU vent tvoir rtstoruce par le portenr.

(Oflalin 1&29.)

Monseigneur, la joye que me donna le retour de ce porteur, poulie bon raport qu’il me fyst de vostre santé, m’a sy byen satysfecte et layssée en sy grant desyr de sçavoyr la consommacyon de vostre parfecte gucryson, que je le vous renvoyé, attendant en grande devocyon l’heur et playsyr que me portera la scureté que j’espere que par luy me ferez sçavoyr de la chose de ce monde qui m’est la plus cbere : et pour ce , Monseigneur, que par luy vous serez byen au long adverty de tout ce qui est fayt par deçà pour voz affeircs, luy remectra le demeurant ,

Vostre, elc.

LOYSE

S- eXXV. — LETTRE DE MADAME LA RÉGENTE EN FIUNCE AD CARDINAL D'YORK.

Eli* U rtmercte de »ei bomci ^spositiooB ponr le Roi, — rinforme de U mebdîe et de U ^érieoo de FraoçeU T*.

[OttaWt

Monseigneur le cardinal , mon bon fils , je ne vous sçaurois trop remercier du bon voulloir que congnois par effect avez envers le Roy mon seigneur et fils et moy, dont mes ambassadeurs m’advertissent

bien emplement. Je vous prie continuer, et trouverez mondit seigneur et fils et moi si aflcctionncz envers vous, que, en tout et partout où vous pourons faire plaisir, le ferons d'aussi bon coeur que pour nousmesines. J’espere, avec l’aide de Dieu, entre le Roy vostre maistre et luy, de fraisier, par vostre moyen, une fraternité et amour indissoluble qui sera utille cl prouITitablc à leur estât , vassaulx et subjectz , et à toute la chrctienncté.

Au demeurant, monseigneur le cardinal, mon bon fils, apres avoir esté, l’espace de quatre ou cinq jours, en la plus grande et exlresme douleur (|ue fut oncques, pour la griefve maladie en laquelle mondit seigneur cl fils estoit detenii, habandonnc des médecins et hors d'espoir de vie, ay eu certaines nouvelles de sa guérison et convalescence, qui a esté plus merveilleuse que naturelle, d'où ma douleur s’est convertie en joye. De ce vous ay bien voullu escripre et faire sçavoir, sachant que aussy en eussiez estez marry et desplaisant de son inconvénient, seriez aussi joyeulx de sa santé et guérison. Je vous prie, monseigneur, etc.

LOVSE V

N* CLXVI. — RELATION EN IDIOME PROVENÇAL DUNE DEM.ANDE DE VIVRES FAITE A LA VILLE DE MARSEILLE PAR LE CONNÉTARLE DE BOURBON SE RENDANT EN ESPAGNE, ACCUEILLIE PAR LE PARLEMENT ET REJETÉE PAR LE PEUPLE

(4 oHAbn ISS>.]

L'an que dessus, et lo jors de sanct Frances, que fou a 4 de octobre , arribet Borbon cnlasillos de Masseiglia, ainbe i 7 galeros et una fusto et una caravello et certans breganlins ; lo cal Borbon si cro embarca a Saône per anar en Spanhe devers l'emperador ( eligit et non coronat ). et arribat que fou in las illos, mandet la fusto a Masseiglia per

' Collection Dupuy, vol. 46î.

SECTION III. — CAPTIVITÉ EN ESPAGNE. 34l (Icmandar vitoallos et refre.scainens , non pas en nom de Borhon , mais demandavan en nom de leur capitliani segnor Ugo de Moncadal. granl capitliani de l’emperador. La ciciitat li fei rc.sposto que mostresson lur sanconduict ; ellos resjionderon que l'avian, mais que non l'avian pasaportat , mais que so ero prou notori de las trevos, et que los non avian pas fasch ausin a las galeros de Franco, quant foron en Valença per acomjianhar lo Rey, et que lus avian fach tant bono cliiero; mais non hostant totos lues paraulos, la cieutat lur re.spondit que non lur costavo ui de las trevos, ni de lur saucoiidiic, et ipie aguesson |>atiensu fins qu'aguesson fach asaber a inossu lo luoc-tenenl, bo a nos seiguors de parlamenl residens en .■Mxs, et que per aquo far, farian corre la posto, so que fou facb. Es veray ipie niessiors non feron poins de resjM).s.so per servant, mais par la posto manderon a la cicutat que messiors de Sestaron, dict Sainct-.Vmans, anavo a Ma.sseiglai, et que per el mandarion la deliberacion , so que fou facb; et vcngut que fou lodict mossur de Sistaron , fcs asscmblar lo consclh per véser l’opinion de la cieutat, se li deuion donar ho non. La conclusion del conselb fou que bon li deguesso donar calque refrescamen en petita cantilat, .so que fou mes en execution. Et compriron de bescucbat, ortollialos, et plu-sors autros causos per li mandai-, cl commenseron de largar subrc on laicis ; et vesens lo poble mentit que li volian donar refrcscainens, comenseron a cridar el dire que en aquel traidor Horbon, lo quai avia désolai toto Franço et dcstniit M.assilia, volian donar vitoalhos, et que non séria per veritat ; et cuminenscroun de levai- lot so que li volian mandar, et qui volia dire lo conlrari ero mal vengut, de tallo sorlo que mossu de Sistaron et mais tos aquellos que foron d'opinion de la li mandar, agucron gi and gaucb ile si rctirar; et ansi Borbon non aguet ren ; et Icndenian fes son camin la routo d'I'ispanbio. Lo principal que non vouguet que fou doncssc ren a Borbon fou ung pastre (preslre) appellat moussu David, que demouravo enCavaillon.

N* a-XVll, — LETTHE UE MAllGl.EHlTE D'ALENÇON AU KOI

(Voyez pltncbe IV.)

Première entrevue de Marguerite et de Tenipcreur. — Sa gracieuacl^. Il a voulu que Marpsorite fût seule avec lui dans une chambre. ^ Le Roi doit simuler une contenance faible et ennuyée.

(Ortobrt 1MI5.]

Monseigneur, j’arivé arsoir en ce lieu , où l'empereur m'a fait hoiiiieste et bon receul‘, et despuis qu'il vint au davant jusques à l'entrée cete maison, il me tent fort bons et honnestes propous, tant de i'aize qu'il a de vostre santé que de l'esperance de vostre amytié. Cete apres-disner je m'en yray devers luy, par le conseil du visroy, et commancerons à vous délivrer. 11 a voulu que luy et raoy soyons seuiz en une chambre et une de mes famés pour tenir la porte. Ce soir vous manderay ce qui sera fait ; vous suplyant , monseigneur, ferc davant le sieur l.arcon contenance foible et ennuyée, car vostre débilité me fortiüera et advancera ma despecbe, qui me tarde

' On rendit compte, de par madame la régente, et ainsi qn'îl sait, au pariemeni de Paris, de la première entrevue de Marguerite et de l’empereur (séance du 19 oc< lobre i5a5} :

■ Que le samedi 1 4 octobre , estoit

arrivé à Lyon un courrier d'EU(>i^c. qui avoit laissé le Hoi en aussi bonne sanlé qu’il fut oneque; et que la duchesse d’A> lençon sa seur, le voyant en telle convalescence. estoit partie de Madrid, où est iedict seigneur, il y eut mardi tS jours, pour 8*cn aller à Tolede. où est l'empereur: lequd vint au devant delle une grande lieue , et la mena en son logis . où ils furent ensemble bien deux heures devisant ; et se

voycDt par chascun jour au logis dudict empereur, 00 ao logis de ladicte duchesse, environ trois heures, cootinuellement parlant pour la délivrance du Roy; laquelle elle esperoit estre briefre et à beaucoup meillcurprix que Ton ne pense, moyennant U diligence que le pape et le roy d'Angleterre y font. Et traicte Iedict empereur ladicie duchesse si très bonnestement et gralieuscmcnt, eu aussi grande amitié et douceur, et plus que princesse ne fut oneque. •

(Voir aussi, sur l’entrevue de l'empereur et de madame d'Alençon, la correspondance publiée par Lanz, p. •79)

SECTION III. — CAPTIVITÉ EN ESPAGNE. 343 tant que je ne le vous puis dire, tant pour vous voir délivré, ce que vous serés par la bonté de Dieu, que pour retourner essayer sy vostrv petite main vou.s peult de riens servir : et en atandant va suplyer celluy quy a commande à S‘-Françoys d'aler reparer son esglize destruiste, vous donner grâce d’cstre celluy par quy y parfera son euvre au bien de tous les crcstiens.

Vostre très humble et très oireissault' subjecle cl seur,

MAIW'.l EIUTE.

N- CLW III. — LETTRE DE BAROt AU MARÉaiAL DE MONTMORENCA .

Il lui reoü coaipto ü’uot conférence l/èt^ocngeiue au »ujet du trailv pour la délivrance du Hoi.

jT*Ud«. botKokn ISU.]

Monseigneur, depuis que je vous ai rescript, ce matin, nous nous sommes trouvez avecques ceulz du conseil de l’empereur, Duquel sont intervenuz messieurs de Nansot, vice-roy, grant-inaistre , cbancellicr, et commandour roajour et donip Hugues, et là, nous ont esté tenues les plus autz termes, jusques aux menaces. 11 leur a esté respondu doulcement, et en toute humilité , si bien, qu'ils n’ont riens emporte de nous; mais ont esté en poyne de rabillerce qu'ils avoient aisgry. Touttefoys, la compaygnie s'est despartye sans riens faire. Madame s’en ira d'icy à deux heures, citez la royne de Portugal, et n’oblyera à se plaindre de ce qu'elle se doibt, par raison, lamenter. Je vous escripray ce qui en succédera, et cependant, je vous ay bien voulu advertir que, encores qu’ilz nous ayenl bien gallez, que je suys en meilleure esperance que je n’estois ce matin.

Ce courrier va devers monsieur le bailly Robertet, pour la cause qu’il vous dira. J’ay grant soupçon que le duc de Bar est mort, ou qu’il y a autre cause plus soiiflisnntc qui astrainct ceulx à qui nous avons à faire.

344 CAPTIVITÉ DL ROI FRANÇOIS r.

Monseigneur, je prie Nostrc Seigneur, qu’il vous doint bonne et longue vie.

De Tollede, ce v' d’octobre.

Vostre très humble serviteur, BABOU.

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