‹ Captivité du roi François IerChapitre 123 sur 241 · AU ROI · texte numérisé non relu

AU ROI

Les ptrolrs d«s ambaAMdrun de l'empereur au *ujct du Roi oe sont pas d'arcord avec les lettres de ce monarque. — I.^ vicc*roi conseille A madaïue Marguerite d'aller voir l'empereur. — Mats elle ne marche pas sans être appelée. — Il ne convient pas à son rang de faire la cour aut serviteurs de Tempercur. — Il avait promis de traiter directement avec elle des aUaires do Roi. — t/empercur craint le départ de Marguerite. — Il faut lui tenir la main haute. — Klle espère délivrer le Roi. — Il faut |tatienter.

fOrtolm im.]

.Monseigneur, vous aurés seu par monsieur d'Ambrun et Babou les tennes que l'on vous tient ysy, qui ne sont semblables aux lectres et bonnes paroles que Verc vous a portées de son mestre, comme par eux saurés plus au long; et despuis leur partemant, le vis-roy m’a mandé qu’il estoit d’opinion que j'allasse devers l’empereur; mes je luy hay faict dire, par monsieur de Senlys, que je n’avoye encoces bougé de mon logis sans estre mandée , et que quant il plairoit à l’empereur m’envoyer quérir, l’on me trouveroit en une religion où j’ay demeuré despuis une heure jusques à cete heure , qui sont cinq, sans avoir nulle responce.

Voysy desjà troys jours que je n’aygueresesté bondes monastères.

SECTION III.— CAPTIVITÉ EN ESPAGNE. 359 ce que je «ly.s au vis-roy, que je le faysoys pour donner à connoislre que sy je ne parle à l’empereur, que mon estai ne requiert point de faire ysy la court ne praticpier les serviteurs du niestre qui vous a promys que avcsques luy seul je parleroys do vos alaircs. Je voire ce soir ce qu'il feront, et demain, ayant entaiulu vostre cominandemant, le suiveray le inieuiL que je pouray, vous aseuranl, monseigneur, qui sont sy enipeschés, qu’ilz craignent fort que je leur demande congé, par toutes les paroles qu'ilz bout aiijourd’uy tenues à Seneschal et à Senliz; et me samble que, en leur tenant encores ung peu la main baulle, l'on les contraindra parler aultre langaige. Et, quoy qu’il en soit, nous vous délivrerons par la bonté de Dieu; niés je vous suplye, puis(|u’ilz y vont sy infamement, ne vous ennuyer de ce que peut durer, pour les faire venir au point où tant desire parvenir

Vostre, etc.

MARGIERITE.

N* CLXXXn.— CONFÉRENCE PE MADAME t.A DUCHESSE D'AI.ENÇON AVEC L'EMPEREUR aiARLES-QUlNT, AU SUJET DE LA DÉLIVRANCE DU ROI SON FRÈRE’.

(Uilobn IMS.)

En ensuyient les propos tenus par l'empereur à madame la duchesse d’Alençon' cl de Berri , seur uuic(|ue du Koy, c’est assavoir : que chascun baillast de .son costé aucunes offres par escript.

Dict premièrement madicte dame, que le lloy, son frere, a faict

‘ Ccl exposé de !a néporiation de ia duchesac d'Alen^n avec t'emporaur noua parait être le récit de l'ambasMide de cette princesse, dont parle V^ariJUs. Contrairement à l'opinion de plusieurs critiques { Lettres de Marguerite de Navarre, i" recueil, p. 36, note 1), ce récit existerait

donc encore. Ce document, de peu d'étendue, se trouve dans tous les recueils de pièces relatifs h la captivité du roi François 1”. Nous publions celui-ci d’après le manuscrit do Gaipnières, n* 4B7. Un trouve, dans la collection Fontette de la Bibliotlièque du Roi, un document à peu

aucunes offres à l’empereur, poiu- parvenir à la paix universelle et à la deÜNTance <le sa personne, lesquels offres sont grans, et autres que le conseil du Rov, tant celuy de France que d’icy, n’eust jamais faict; toutesfois, pour riionneur de l’empereur et pour avoir son al- Uance et amytié, et faire paix universelle en la cliresticnté en délivrant la personne du Roy, ladicte dame accordera lesdicts offres, et trouvera moyen de les faire passer et trouver bonnes par la court de parlement en France, pourveu qu’elles soient prinses cl acceptées avecques leurs condicions et moddifications. Et aultrement, ladicte dame ne les veult accorder, ains sculleinenl accorde à l’empereur ce qui est juste et raisonnable, et sera mis à la fin de cesl escript. Or, lesdicts offres faictes par le Roy avecques leurs condicions et modifications sont telles que s’ensuit:

C’est assavoir : que en faisant le mariage entre le Rov et madame Alyenor, royne de Portugal, seur de l’empereur, le Roy, en ce cas, confessera tenir la |H)ssession du duché de Bourgoigne pour et au nom de l’empereur, lequel donnera icelluy duché à inadicte dame, et au premier fils qui yslera du Roy et d'elle.

Et où l’empereur vouldroit avoir la possession reale et corporelle de ladicte duché, le Roy a offert que, en dclivTant sa personne de prison, il est content de bailler oslaiges et seurelé à fempereur de Iny délivrer ladicte possession de ladicte duché de Bourgoigne, poiu-veu que fempereur luy Ivaille , en faisant icelle délivrance de ladicte possession, autres ostaiges teb ou semblables que le Roy aura bailler , qui demeureront devers le Roy, en seurelé de rendre ou restituer ladicte duché de Bourgoigne au Roy et à la couronne de France, là et quant il sera dict et congneu par le jugement de la court de parlement, garni des pairs, icelle duché appartenir au Roy et à la couronne de France , et en délivrant par le Roy la possession de la du-

près semblable : le texte en est plus abrégé. (Portefeuille 1 1, n* xvt.)

On peut aussi consulter, sur cette mémo conférence, une lettre de Marguerite au

Roi, à la page iS8 du premier recueil des Lettres de cette princesse, publié pour la Société de l’histoire de France, et la lettre ci-deasus, p. 3à3>

ché de Bour^oigne à l’empereur, les ostaiges baillez par le Roy seront délivrez et déchargez de leur obligacion.

Et s’il esloit congneu, par le jugement de ladicte court des pairs, ladicte duché de Bourgoigne appartenir à l'empereur, lors et en ce cas seront aussi lesdicts ostaiges, baillez par ledicl empereur, délivrez et déchargez de leur obligacion.

Faict madicte dame autres offres à l'empereur : c’est assavoir, de quicter et mectre ez mains de l’empereur la duché de Milan et seigneurie de Gennes, qui est le patrimoine du Roy et de ines-sieurs ses enfants, et pour l’investiture de laquelle le feu empereur receut cent mil escus, et a coustc ladicte duché de Milan à la maison de.France, pour estre gardée et mise hors des mains des Sforccs, usurpateurs d’icelle, dii millions d’or. Et combien que ce .soit une bien grande rançon offerte pour la délivrance du Roy, toutesfois où ledict seigneur empereur ne se vouldroit de ce contenter, offre davantaige ladicte dame : quicter et remectre à l’empereur la querelle que le Roy a au rovaume de Napples, ensemble les arreraiges qui liiy sont deubz, tant par le feu roy d'Arragon, ayeul maternel de l’empereur, que aussy par l’empereur, en ensuyvant les contraetz par eiilx faietz avec les roys ses prédécesseurs audict royaume de Naples, dont luy seront les tiltres monslrez tpiand il luy plaira les veoir; lequel a esté conquestc du sang des Françoys sur leroy Ferdinand; les(|uelz Françoys ont depuis party ledict royaume avec le feu roy d'Arragon , comme il appert par le traicté de mariaige faict entre le roy d’Arragon et madame Germaine de Foix, et auctres traictez faix par le Roy avec l’empereur. Et au moyen de ladicte quittance que le Roy fera dudict royaume de Napples, l’empereur en joyra, sans scrupule de conscience, et ses successeurs ne seront en craincte que pour le temps advenir les François facent aucune entreprinse sur ledict royaume.

Item, ladicte dame quictera à l’empereur tout le droict que la maison de France prétend sur les royaumes d’Arragon et Valence, et conté de Barcelonne, à cause de madame Yoland, fille unicque du roy Jehan et niepee du roy Martin, laquelle fut mariée & Lovs , duc d'.An-

jou : des enianls desquels roy et Yoland le Roy a le droict, comroe

il fera apparoir à l’empereur par lillre.

Quiclera aussi ladicte dame les trois cens cinquante mil esciiz que le feu roy catholique domp Fernand devoit à la maison de France, comme appert par lectres obligatoires qui seront rendues i l'empereur.

Davantaige, pour ce que l’empereur demande la restitution de la ville de Hesdin, ladicte dame sera contente luy rendre ledict Hesdin, et renoncera le droict que le Roy prétend à Tournay en faveur de l’empereur, ses successeurs et heritiers in perpeiaam.

Item, pour l’honneur et dignité impériale, sera contencte ladicte dame quicter la souveraineté de Flandres et Ârthois, durant la vie dudict empereur, et aussi de son successeur descendant de son corps par mariaige ; et plaira audict empereur considérer que ce sont les causes et droicts de la couroime de France qui ne se peuent perpétuellement aliéner, et feroit ladicte dame myeuix encores envers ledict empereur si elle povoit.

Et ou cas où ledict empereur ne vouldroit accepter lesdicts quio taiices, remissions et délaissements dessusdicts pour la rançon et délivrance du Roy son irere, elle est contente accorder et promettre à l’empereur telle somme qui sera advisée pour la délivrance du Roy; laquelle somme sera payée ainsi qu’il sera advisé entre l’empereur et ladicte dame , en demeurant les parties chascunes en ses querelles anciennes. A ce, neantmoins, ne lairoit l’empereur et le Roy avec son royaulme faire paix et aliauce : moyennant laquelle , le Roy promettra à l’empereur de jamais poursuir ses querelles , par force d’arme ne par guerre, ains seuUement par justice et par devant juges  qui la congnoissause en appartient, et demoiuera aussy l’empereur entier k poursuivre ses querelles toutes qu’il prétend contre la maison de France, lesquelles poursuyvra seuUement par justice et non par force. Et facent au surplus paix cl si bonne aliance qu’eUe sera stabille au plaisir de Dieu. Et croit ladicte dame que l’empereur, qui est prince de grant vertu , bonté et clemence , puisse , ne doibve

refuser au Roy, son frere, qui est de son sang, et Roy Très-Chretien, ce qui ne se debvoit refuser au plus estraiig^ prince du monde

LES HOTENS DE PAIX BAILLÉS PAR LE COSSEII. DE L'EMPEREl'R X MADAME LA DPCBESSE D’ALENÇOS.

Que le préambule du traicté soit couché au contentement des parties, à l'bonneur de cbascun des contractants.

Que la paix se face entre les parties perpétuelle, leurs hoirs et successeurs , vassaulx et subjects , et entre les amys , alliez et confederez, que par commun consentement seront dénommez et spécifiez.

Que pour stablir ladicte paix par les meilleurs moyens que faire se pourra, se tralcte le mariaige de madame Marie, infante de Portugal, niepee de l'empereur, avec monsieur le dauphin, à telles conditions qui seront advisées.

Que le roy de France, pour sa délivrance et pour le bien de la paix, restitue X l'empereur la duché de Bourgoigne, viconté d'Auxonne et ressort de Salnt-Laurens, ensemble les contez de Masconnois et Auxerrois et la Brie, Bar-sur-Seine, avec toutes leurs appartenances, en telle forme, droicture et preheminence que les tenoit et poasedoit feu monsieur le duc Charles de Bourgoigne , au temps de son trespas, libérés et exemptés.

Que la restitution faictc, comme dictest, si le Roy Très-Chreslien

’ Après avoir lu t les articles proposés par madame d'Alençon è l'empereur, les moyens du pais boillés par remperetir, et les responses du Ro)', • et les avoir comparés avec les instructions données par la régente (ci-dessus» p. 174 et 19^] et par l'empereur (p. 149) à leors ambossadeiirs reapecUlà. la répotiae du Hoi (p. 166). et enfin les articles proposés par le Roi (p. 170), U est facile de s'assurer que la grande question de la délivrance du Roi de Framce n'avait pas fait an pas depuis qu'on

avait commencé k la discuter au mois d'avril, jnsqu'i l'époque 4 laquelle noos sommes arrivés, c'esl-i dire au 10 octobre i5a5. On remarque seulement plus de volonté , de la part du Roi , à ne pas céder aux exigences de l'empereur.

Ces dernières discussions , impriAiées sous le numéro CLXXXII, font partie du récit de l'embassade de la duchesse d'Alençon en Espagne , et nous avonA fidèlement suivi le texte do manuKrit de Gai guiéres, n* 467.

364 CAPTIVITÉ Dl) ROI FRANÇOIS I".

veult prétendre droict en Udicte duché et autres pièces dessus declairées, que ce seroit déterminé par le jugement d’arbitres, qui i ce seront choisis de part et d'aultre.

Que les fondations et autres choses octroyées et promises par le traicté d'Arras pour l'ame de feu M. le duc Jehan de Bourgoigne se accomplissent selon sa forme et teneur.

Que en ensuyvant les articles baillez par le Roy Très-Chrestien i domp Hugues de Moncada, il rendra dez maintenant tout le droit qu'il prétend au duché de Millan.

Que le roy de France renoncera tout le droict qu’il prétend en l’Estat de Gennes en faveur de l’empereur et de ses hoirs et successeurs, et semblablement en la comté d’Ast.

Qu’il renoncera tout le droict qu'il prétend à Toumay, sur Mortaigne et Saint-Amand et à la cité d’Arras, et à toutes autres pièces présentement possédées par l’empereur, au profict de ses hoirs, successeurs à perpétuité.

Qu’il retiendra la ville et chasteau de Hesdin , avec ses appartenances, comme dépendance de la conté d’Arthois, et fera abbatre les fors de la ville de Therouenne.

Qu’il quictera et relaschera pour tousjours la souveraineté et ressort de Flandres et d’Arthois, et des autres pièces que l’empereur tient et tiendra en vertu de cestc paix ; et la fera approuver au parlement de Paris et aux estatz de France.

Que réciproquement quictera et renoncera tout le droict qu’il prétend ès villes et chastellenyes de Peronne, Mondidier et Roye, et aux citez , villes et seigneuries assises sur la riviere de Somme , d’im costé et d’autre , soit par actes de gaiges ou autrement, au profict dudict seigneur Roy, ses hoirs et successeurs.

Que Sa Majesté renoncera , au profict dudict seigneur Roy et des siens , tous les droietz qu’il prétend et peult avoir aux contez de Bouloigne et de Guisnes, avec leurs appartenances.

Qu’il renoncera tous les autres droicts qu’il prétend et peult avoir i cause des traictez d’Arras , Conilans et Peronne ; ensemble toutes

SECTION III. — CAPTIVITÉ EN ESPAGNE, 365 les autres querelles de la maison de Bourgoigne , desquelles en ceste paix ne se trouveroit estre faicte expresse mencion.

Que, pour plus grant establissement de ladicte paix, soient quictes et abolies d'un costé et d’autre toutes autres querelles et actions icy non sj>éciGées, que l’on pourroll prétendre d’une part ou d’autre.

Que le roy de France habandonne entièrement domp Henry d’Allebret, messire Charles de Gueldres, messire Ulrich Vertcmbrech, messire Robert de la Marche et ses cnfans, et tous les vassaulx rebelles de l’empereur, de quelque quaUté qu’ils soient, et promecle de non leiu: bailler ayde ny assistance, directement ne indirectement, ny se servir d’eulx en quelque maniéré que ce soit.

Que, selon les offres faictx par ledict Roy Très-Cbrcstien aux articles baillez audict don Hugues, ledict seigneur aydera , 4 ses despens, à l’empereur, avec la moictié de l’exercite que Sa Majesté vouldra mectre en Italye ou Allemaigne , payant en deniers la moictié de la despence audict exercite, soit pour sa coronation ou pour quelque autre entrcprinse que l’empereur vouldra faire pour luy ou pour le seigneur infant don Fernando, sans aucune exception.

Que voulant aller l’empereur en Italye, ledict seigneur Roy luy donnera son armée de mer, tant gallées comme galbons et autres moindres , et les envoyera en cest clfect au temps apte et lieu que ledict seigneur empereur se vouldra embarquer, estant de ce requis par Sa Majesté.

Que voulant l’empereur faire entreprin.se contre les infidèles ou autres heretiques, allienez du cresme de sainte Eglise, ledict sieur Roy contribuera aussi par moictié de la despense, et ira en personne, avec l’empereur, s’il luy plaist.

Que le roy de France payera au roy d’Angleterre , et le assurera de payer, si desjà n’est faict, de tout ce qui luy pouroit estre deu des pensions et indempnités à luy promises par l’empereur, par la capitulation et obligacion faicte au beu de Vindeiorrc, et rendre Sa Majesté indempne de quelque promesse que sur ce il aurait faicte audict roi d’Angleterre.

366 CAPTIVITÉ DU HOI FRANÇOIS r.

Que , quant à mena' de Bourbon , ses ainys et allier , qu'il en soit appoincté au contentement de l’empereur, ainsi qu'il iuy a esté oiTert.

Que, quant aux aflaires de madame Marguerite, tante de l'empereur et de la royne d'Arragon, dame Germaine, veuve du prince dernier, et autres personnes dénommées aux instructions de mons' de Roueux, et de toutes autres particularités que l'on pourroit prétendre d'un costé et d'autre; que, en concluant, le principal en soit parlé et trsicté ainsy que l'on trouvera estre expédient pour bien et paix.

Que le roy de France , avant qu’il soit delivre , face ratifier et approuver ledict traicté et paix selon la forme du onziesme article contenu aux instructions dudict sieur de Roueux; et après qu'il sera délivré , qu’il accomplisse selon le contenu du dernier article desdites instructions.

Que l’on traicte et praticque briefvement ex autres seurectez qui seront necessaires pour l'entier accomplissement du contenu audict traicté de paix, afin que ladicte chose soit perdurable.

RE.SPONSE FAICTE PAR LE ROT AUX ARTICLES QUI ONT EST^ BAILLEZ À SES AMBASSADEURS PAR LES GENS DU CONSEIL DE L’EMPEREUR.

(O. 10 «id»,.]

Quant au premier article, c’est chose que j'ay tousjours desirée, et est ce qui m’a faict continuer jusques ici à vouloir plnstost demourer toute ma vie prisonnier, que faire choses contre mon honneur.

3. Je veuil et desire qu'on tasche i mectre la meilleure peine que l'on pourra, é faire ceste paix la plus ferme et perpétuelle qu'il sera possible.

Si l'on ne parle du mariaige de moy qui s'offre de présent, celui de mon fils sera de bien longue attente.

3. Je trouve merveilleusement estrange, pour venir & une bonne paix, comme l'on a mis cest article avec les autres, veu que les parties que j’ay faict mectre é la court, par le mareschal de Montmorancy, qui sont si grans qu’ils sont pour contrevenir audict article

SECTION III.— CAPTIVITÉ EN ESPAGNE. 367 et totaiiement l’abollir. Et l'on « prins, en ce faisant, la cresme des article.^ de Beaurain et de ceulx dudict mareschal, qui ont esté iioniineinent faiz à diverses intencions.

Que le jugement de Bourgoigne ne se peut juger que par ses vrais juges, connue il a esté assez prouvé et débattu par mes ambassadeurs. A quoi il a esté peu suffisamment respoiidu et satisfaict.

6. Quant à la fundation pourl'ame de feu Jehan, il sera tenu ce qui a esté promis, encores que la mort du duc d’Orléans fut la première qui donna occasion à ses serviteurs de faire la vengeance dont l'on ne demande aucune fundation.

7. Je veuil et entends entretenir ce qui a esté dict et offert par mes ambassadeurs et que j'ai signé de ma main.

8. Comme dessus, réservé du conté d’Ast, dont il n'a esté rien promis ne parléjiisques ici; car c'est ancien patrimoine de la maison d’Orléans.

9. Je le remetz aux oflres et conditions mises par mes ambassadeurs.

1 o. Je qiiicteray ce qui a esté offert par mes ambassadeurs.

I I . De Hesdin comme dessus. Et quant é Tberouennc, elle ni’a par trop cousté pour la faire ainsi abbattre; me seroit donner suspicion, parce que l'on me garderait une mauvaise volunté, (|ui est bien loing de la vraie et bonne araytié que je desire.

I 3 . Du contenu en cest article me remectz-je é ce qui a esté dict par mes ambassadeurs.

En cela me semble (jue l’empereur ne quicteroit rien, car il tient Isle, Douaiz et Orchies en recompense de Peronne, Montdidier et Roye et d'autres villes estans sur la riviere de Somme. U est certain que l'aigent en a esté restitué.

i4- Quant à Boulongne, de cela et des autres querelles, mes ambassadeurs se offrent à en respondre et satisfaire : car il est venu de celuy à qui par droict il appartenoit. De Guynes, j'en aimeraye pour cesle heure beaurxiup mieuix le présent du roy d'Angleterre que de nul autre.

|5. Il est bien raisonnable que toutes querelles soient abolies, tant d’un costé que d’autres , pour raison d’un si grant bien.

1 6. Comme au plus prochain article cy-dessus est recyté.

17. Je trouverois bien estrange que l’empereur eusl fiance en moy en ce que je luy prometterois, si je faillois k ceux qui m’ont faict service, et à qui je suis tenu. Bien est raisonnable, et ainsi je l’entends, que je ne leur porteray ny donneray aucune faveur directement ou indirectement, en chose qui puisse toucher ledit seigneur empereur : car en lui je veuil fonder ma principale amytié.

Estans ensemble bons amys, je veulx ayder ledict seigneur empereur en toutes choses; et s’il faut particidariser, pour le faict de son couronnement, comme celuy qui ne veult faillir à sa promesse. Je veulx entendre et sçavoir de quel nombre de gens et de quelle force je luy feray subside, par mer et par terre, et pour quel temps.

Le precedent article satisfait à cestuy.

Toutes et quantes fois que l’empereur fera entreprinse à l’honneur de Dieu contre les Turcqs, le plus grant plaisir que je sçaurois avoir sera de l’accompaigner : que sera en telle force que j’ay accoustumé de mener.

J’ay tousjours promis faire le roy d’Angleterre content de moy, et que je pense avoir este faict au traicté de paix conclud entre nous deux.

Le Bourbon, quant il plaira à l'empereur avoir pitié de luy, je scray très-content lui restituer ses biens, pour l’amour dudit seigneur empereur, et non pour autre.

C’est raison qu’on traicte de cela et de toutes autres choses où il pourroit avoir dilfcrcnt.

Je veuil très bien bailler bons, loyaux et suifisans ostages, ainsi que ont faict tous les roys prisonniers, par cy avant, afin que estant retourné en France moy-mesmes puisse plus seurement et solemnellement faire ratifier tout ce que j’avois promis; mais de me remettre à ce qui est contenu audict xi' article des instructions de Beaurain, j’aimerois autant, pour la longueur, estre remis è jamais.

SF.CTION III — CAPTIVITÉ KN ESPAGNE. 360 C’est ce que je vueil et «lesire, et a-oy que l’empereur est si bien conseillé, coiiune j’ay tou.sjours dict, qu’il doit plus sperer de surté en moy, me ayant bien traicté et rendu à luy obligé, que toutes les censures et seuretez qui sont demandées, que sont myeulx termes de clercs et bancquiers que de gentilshommes. Estant bien seur, veues les honnestes j>arolles et lettres que j’ay par tant de fois receucs de l’empereur, en qui est toute ma liance, que c'est chose qui ne vient de luy ne de sou motif.

Faict à Madrilh, le x' jour d’octobre m v* xxv.

KllAN(:oVS.

Robehiet.

N- CIXX.MII. — EXTRAIT DK REGISTRES DL CONSEIL ÜD PARLEMENT

SouteHe* de b »anté du Hot, euvojée» par madame la duckeue d'Aiea^OD. — A rau«« du bruit qui a’e&t répandu du trépas du Hoi , ü faut faire dca prières k l'occasion de sa guérison.

[ D* mardh , 10 odoW« 152:». )

Ce jour, l'archevesque d’.Aix, lieutenant du Roi en icelle ville, est verni en la cour de céans, toutes les chambres assemblées, lequel a dict qu’il receut lecires du duc de Vendosmoys, par lesquelles il l’advertist de la guérison du Roy, et luy escripi qu’il presentast d’autres lectres qu’il escripvoit à la court. Et ceste nuyt , est arrivé la |K>ste qui luy a apporté iing pacquet de lectres de .Madame, mere du Roy, regente en France , qui lui mande les nouvelles que la duchesse d’Alençon ' luy faict sçavoir de la santé du Roy, et que, pour le grant bmyt qui est partout le royaume du trespas dudict seigneur, il est requis faire faire procession pour remercier Dieu qu’il luy a pieu rernectre le Roy en santé, ainsi que madicte dame escript à la court

* La lettre de roadatne d’.Mençon dont du parlement, ny a pa.^ été transcrite.

il est question dans cet extrait des registres L‘origioal nous est inconnu.

plus amplement, et a exliibé lesdictes lectres desquelles la teneur

s'ensuit

Page 1