N* CXCV. — LETTRE DE LA DUCHESSE D ALEXÇON AU ROI
FHe ciprim« des crainte» sur (e voyage que le Roi va faire à TolMe. — Le Roi doit m tenir sur
*e* gardes
jOclol>r« 15S».)
Monseigneur, encores que vostre mal ra’aist esté cellé jusques à la parfaite gueryson que par monsieur le grant-mestre j’ay entendue, sy n’ay-je lessé à soufrir avesques vous: car, despuis le temps que vostre douleur commença, ma fille ou moy n’avons bougé du list, elle pour la fievre et moy par une tristesse que je pansoys venir sans ocasion. Mes maintenant, j’ayme inycux ma nacture que je ne fis onque, veu quelle a santy ce que j’ay de vous jugeant, et je ne vous puis dire, monseigneur, le bien que m'a fait la seuretté de vostre bonne santé, dont je loue de tout mon ceur celluy qui le vous a donnée, luy suplyant continuer plus que vous ne le desirez, et vous, monseigneur, de vouloir y prendre paine. Vous voyez le tamps quy est tel que congnoissés et que l'on disl tant dangereux au lieu où vous alés, quy me donne une sy merveilleuse crainte que je ne sauray avoir ayze que je ne sache le retour; et me pardonnerés sy je m'advence trop en vous suplyant pancer combien de vies despandent sculcmant de la vostre , car non-seulement celles de vos amys, quy ne veulent vivre que pour vous, mes toute la crestienté, qui par vous vist en pais, sont conservées : quy vous doit bien faire prandre anilant de soing de bien vous garder, que vous portes d'amour à vos ainys, et que vous desirez le bien unyversel de tout le monde et l'augmentacion de l'oneur de Dieu, pour l'onneiir duquel je vous suplye ne craindre de uzer de ce que je vous hay
' On peut consulter, au sujet des entre* gucrite avec Charle-s Quinl, la correspon*
vue» du roi François I** cl de sa »œur Mar- dance publiée par Lan», p. 176 et suiv.
SECTION 111. — CAPTIVITI?; EN ESPAGNE. 387 envoyé, car incessammanl j’en foys telle preuve tjue j’ouzc sur mon honneur la vous louer; car vous savés bien, monseigneur, que aultrc bien ne demande en ce monde ipie de vous revoir en l'estât que sans cesser vous desire '
Vostre très humble et très obéissante subjettr et seur,
MARGL'ERITE.