EPISTBE DE LA ROYNE DE NAVARRE AC ROY (EXTRAIT
El parleray de Françoys, le vray Clirisl Du Christ, lequel pouvez veoir par escript Honneur, grandeur, triumphe ny victoire. N'ont jamais sccu mectre son cueur en gloire : (iar de Dieu seul a recongneu ses biens Et devant luy ne s’est estimée riens;
Mais a tousjours de fortune prospéré Donné riionncur à son Dieu et vray pere.
S’il a esté privé de sa santé.
Jamais ne s’est de Dieu mal contanlé;
Mais à luy plainct, faisant du Christ l'oilice. Qui cueur et corps oQroit en sacrifice.
Ne demandant pour toute guérison Que son vouloir. Voyez comme en prison Inicquement delenu à grant tort.
En son Dieu seul a eu son reconfort :
En remcctant à son divin plaisir Sa liberté, sa santé, son désir :
Dont Dieu donna, regardant sa graut foy,
A luy santé et aux Françoys leur Roy.
Son très grant mal monstra sa pascience.
Et sa santé sa bonne coiuscience :
Car en ayant sa vye recouverte,
Et sa prison par liberté ouverte.
Pas n’en donna aux médecins l’honneur.
Mais à Dieu seul, de sa vye donneur.
Il ne disl pas que luy ne ses amys En liberté par leur sens l'eussent mis ;
Pas n'en donna la gloire à sa prudence.
SKCTION III. — CAPTIVITÉ EN ESPACNE. 457 Force et conseil, fors è la providence De sou Dieu seul, lequel en tous moyens Voyoit ouvrer pour rompre ses lyens,
Recongnoissant tous les moyens de luy.
Et luy en eidx sa force et sou appuy ;
Sa ferme foy monstra par tel ell'ect Qu’il estoit Roy très chresticn parfaict.
En luy l'on veoit signe de flicion,
11 se console en tribulation;
Et faict par foy de pascicnce armeure.
Se confiant en son Dieu, sans murmure.
Il se humilie en sa prospérité,
Ne congnoissant riens avoir meritté.
Mais tout receu par don et pure grâce.
A-t’on jamais veii sa voulunté lasse De faire bien pour l’amour de son Dieu?
4 a-il nul qui ayt veu en nul lieu Qu’il ayt usé de rigueur ou vengeance Encontre ceulx qui ont faict dilligence De luy ouster enfans, honneur et vye?
Par ces efleetz l’on peult juger l'envye Que son coeur a d’une paix juste et bonne ;
Non telle paix comme le monde donne,
Mais d’une paix en Dieu si fraternelle.
Qu’à tout jamais peult durer immortelle.
Las! qu’a-il faict pour acquérir ce bien.^
Son interest très grant a mis à rien.
En oubliant son injure passée,
Pensant par là vaincre et rendre lassée Liniinytié de son grand ennemy