N* XXIV. — LETTRE DU MARÉCHAL DE CHABANNES
Noavcllet divemt du corpu d'armée commtodé p«r M. de CbabanDce.
(Tort»M. 1** ju«ia 1515.]
Monsieur, j’ay veu ce qu’il vous a pieu moy escripre, et ay esté fort aise de ce qu’il vous a pieu me faire s^avoir de vos nouvelles. Monsieur, j’envoye le baron de Monboyssier devers monsieur l’admirai et devers vous pour matière de finances; car il faut mettre ordre aux payement des gens de pied qui sont icy, ou, par ma foy, monsieur, je pance qu’il en prandra mal : car vous sçavez que ce sont gens Corses, Italliens et de toutes pièces, et sont requis et des Genevois et d’autres pour nous laisser ; et s'il n’y a payement , il en viendra par adventure quelque chose mal & propos. Et ne vistes oncques la peyne qu’il y a de les entretenyr par paroUes pour leurs faire gaigner, car je les ay fait gaigner depuis que je suis ici plus que ne vallent leurs gaiges; mais j’en suis au bout de mon entendement: car se n’est rien se ils ne sont payez. Monsieur, vous y aurez advis et y ferez, monsieiu* l’admirai et vous, se il vous plaist, ce que verrez pour le prouilit du Roy.
Monsieur, vous sçavez la pouvreté des gendarmes et comment ils servent et font leur debvoir : car il n’est courvée ne poyne de quoy ils soyent reOusans et qu’ils ne fassent volontiers. Monsieur, je votis prie estre leur protecteur, comme eulx et moy avons ceste fiance : car je vous promets, ma foy, qu’il y a de la pitié, et seront contraints de faire banquerote par nécessité, non pas par maulvaise volonté.
' D'après une copie de la collection Clairambaull.
Ponnjuoy je vous prie, monsieur, leur voulloir faire envoyer de l'arfjent, et vous ferez bien et pour eulx et pour le service du Roy.
Monsieur le baron vous comptera de tous les affaires de par dessè, et comment nous avons cslai^is le pals de nos ennemis , qui sera la fin, monsieur, priant Dieu qiie vous doinct bonne vie et longue.
A Tourtonne, ce i" jour de l'an.
Monsieur, vous m’avés escript de quelques prisonniers qui sont à de ceidx de ma compagnie, qui .sont au cliasteau de Novarre. Monsieur vostre lieutenant du chasteau de Novarre m’en a rescript plusieiu-s fois, toustefois vous savez, monsieur, que mesdicts gens d'armes n'ont pas heu lieu pour les retirer despuis le temps qui les ont prins : et, monsieur, touchant ce qu'ils sont nourris à la municion du Roy, le Roy est si gentil prince qui leur en nourriroit dix mille, veu qui mettent leur vie et leiu" peyne et ce qu’ils peuvent faire pour les prendre, pour luy faire service, et si cela avoit lieu il fouyroit premier que de s'avancer pour en prendre. Et des prisonniers, monsieur, si ceulx qui gouvernent la municion du Roy craignent tant de les noiurir, s’il vom pinist les me faire amener jusques icy, je les nourrirai à ma municion, potu* amoiu’ de ceulx qui les ont prins; sinon, monsieur, vous leur donnerez la clefs des champs et les aultres ne prendront pas grant peyne d'en prendre des aidtres.
Vostre très-humble serviteur,
CHAliANNES
' Cesl à l'occ«sion de ia mort de ce Un dcs&in du leaips. admirablciueul
[lersonnag^, tué devant Pavic. que fut coni exécuté, nous a conservé Je portrait d’un
posée la fameuse chanson : maréchal de Cliabannes. li est aujourd'hui
Udaat li PiiiM* â*i ouwi ! au département des estampes de la même
Il üt p.w ! He. biWiolhèque.
(Pcc. man. de Uaurepas, Bibl. roy.)