‹ Captivité du roi François IerChapitre 68 sur 241 · N’ L.XXVI — LETTRE DU BARON DE SAINT-BLASCAIID · texte numérisé non relu

N’ L.XXVI — LETTRE DU BARON DE SAINT-BLASCAIID

A MADAME D'ANGOULËME.

Il a coQduit M. d« Montmorency* qui a débarqué prèa de Gènea, oà il arrivera la nuit, s'il pmt. — > Il a éié prévenu qne le Roi y était depuis huit jours. — Il s'empresse d'en informer la régente. — Dans peu de temps , les vaisseaus partiront *.

(D« U SI mtà ISSS.)

Madame, il vous plaira estre advertye comme au jourd'uy, environ deux heures après midy, suis arrivé en ceste ville avec deux de mes gallcres, du retour de conduire monseigneur le marcschal de Mout-

' L*édileur des Lettres de Marguerite de Navarre traite le baron de Saiot-Dlancard en personnage tout à fait iocoouii {Lettres de Marguerite d’Angouléme, i* rc* cueil.p. 195), elle confondavecun Jocques d'Ormezan * dont tout le mérite aurait été d'avoir une bile qui apporta la baronnie de Saint-Blancard dans la maison dcGontaut.

Rien de moins exact cependant

Bernard d'Ormezan , baron de Saint- BJancard, dont il est ici question, ainsi que dans les lettres de 1a duchesse Marguerite, fut amiral des mers du Levant, conservateur des port cl tour d’Aigues- Mortes, etc. îl occupe une place très-ho- Dorable dans rhûtoiro pour ses services comme général des galères du Roi (i 5a i) , et surtout pour avoir battu l'armée navale deQurles-Quinten i5a3- Deux ans après ,

la ville de Marseille reconnaissante lui déférait le titre de citoyen de Marseille. Il mourut apres l'année 1 538.

Le même éditeur voulait trouver quelque identité entre Saint-Blanchard et Seoiblançay, sans noua dire comment il pourraitse faire qu'un surintendantdcs finance», emprisonné depuis deux ans, pouvait interveoir dans les aiîaires d'État.

* Cette expédition des vaisseaux à Gènes fui le résultat de 1a lettre précédente du Roi. Le traité qui intervint quelques jours après entre le Roi ci le ûctsroi de Naples, par lequel François I** prêtait ses propres vaisseaux pour sc faire transporter en Espagne, détruisit le premier projet du Roi de se faire enlever en mer, et le baron de Sainl BIancard rentra de nouveau à Mar« seille.

tnorancy. Lequel , lundi derenier, à une heure de jour, dessendy à un cap qui se dit la Bourdigucre, distant de Gennes de septante millc[s], et, si le temps luy vouilut servir, arriva audict Gennes la nuyet après. Car il estoit adverty, madame , par img Genevoys qui se trouva par cliemyn, comme le Roy y estoit arrive le mc.scredi precedent. Et despuis qu’il feut party de moy, madame, ay fait la meilleure dilligence que j’ay peu pour m’en retourner et faire advencer le demeurant , et pour vous advertir de ceci , et aussi de nostre partement, lequel, avec l’aydc de Dieu, se fera demain pour tout le jour avec les gallercs et vaisscaulx qui seront presti, vcoir si fortune nous vouldra ayder, et le reste des galleres qui ne sont prestes [l’autre. ...?], bonne dilligence, et fait-on encoires tous les jours. Monseigneur le légat , qui est icy, y donnera l’ordre, car je luy ay laisse , madame, les prisonniers que J’ay peu recouvrer pour mectre, SC bon luy semble, de.ssus la première qui sera preste au faire ainsi qu’il advi.sera.

Madame , je prye le (ireateur vous donner très-bonne vie et longue.

Escript à Marseille, le pénultième jour de may.

Vostre très humble et très obéissant siibject et serviteur,

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