‹ Captivité du roi François IerChapitre 71 sur 241 · A MADAME LA RÉGENTE MA BONNE COUSINE · texte numérisé non relu

A MADAME LA RÉGENTE MA BONNE COUSINE

Madame, j’ay receu la lettre qu’il vous a pieu m’cscripre par le seigneur de Bryon; et quant au contenu d'icelle, avecqucs ce qu’il m’a dit de vostre part, je vouldroys qu’il fut en mon povoir, quant au bien de paii et délivrance du Roy vostre filz vers l’empereur mon seigneur et frere, estre cause de l’advancement et bien d’icelles : ce neantmoins, je sçay que à Sa Majesté ne tiendra que quelque bon moyen ne se y trouve, pour lesquelles trouver. Madame, vous y pourrez beaucoup. En ce faisant, j'espere que trouverez l’empereur tant raisonnable que les affaires se pourront aysecment dresser selon vostre désir, à quoy tiendray de bon cueur la main. Priant le Créateur, Madame, etc.

De Toludo, ce xxvi* jour de may.

Vostre bonne cousine, LEONOR.

LX.XXIII — INSTRlCriON DE MADAME LA RÉX.ENTE A L AMBAS.SADEI It DE PORTllGAI.

Ce «ura i è son maître au aujel de la capttu(*> de François 1*' et du rcoouvellenieut

des iraitf».

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Monsieur l'ambassadeur du roy de Portugal peut et dojt escripre au roy de Portugal son maistre ce qui s’ensuit :

Premièrement , que madame mere du Roy, regente eu France, a tousjours désiré et encores desire que l’amylié qui de tout temps a esté entre les roys et royaumes de France et ceux de Portugal soyt non seullement cnlrctcnue , mais augmentée en toute la meilleure forme et maniéré que faire se pourra, et que lesdictes amytiés et alliances d’entre lesdicts roys et royaumes soient renouvellées par traictés et cappitulations, qui se pourront faire pour le bien dcsdicts rovaumes; et se, pour traicter de ces matières, ledict roy de Portugal voulsist envoyer povoir A son ambassadeur qui est icy, madicte dame depputeroit gens pour besongner avecques lui sur ces matières.

Pareillement, lui conviendra expliquer que s’il ne le treuve bon, et qu’il veuille que madicte dame envoie devers lui ouvertement ou secrètement quelque bon personnaige pour traicter desdictes matières, elle le fera voulentiers; jwurquov ledict seigneur roy de Portugal y adviscra et lui en fera réponse, pour après en advertir madicte dame A l’cfTet selon cela qu’elle se puisse conduire.

Lui escripra encores que madicte dame lui a parlé de la prin.se et détention du Roy son seigneur et fdr., et que, pour autant que ladicte détention n’e.st seulement désagréable audict seigneur et à son royaume, mais à toute la republique chrétienne, laquelle est eu la nécessité que cha.scuii peut voir, icelui seigneur roy de Portugal aura sa délivrance pour recommandée, et, comme prince de vertu, aidera à ladicte délivrance de tout son povoir, en persuadant le moyen d’v

entendre et user envers le Roy de honnestctc, grâce et libéralité, telle que sa grandeur et magnanimité requiert; car ce seroit grande cruauté de venir ledict seigneur Roy, en âge de trente ans, user ses jours en prison, et ne povoir emploier sa personne au service de Dieu et de ladicte chrelienneté , comme il a le vouloir.

F,t s’il .se povoit trouver honneste moyen de parvenir à ladicte délivrance, et qu’on voulut estre en plus grande et plus estroile amitié avecques lcdict seigneur, madame et le royaume, et jusquesà traieter d'alliance et amitié de sang et lignage, il se poroit facilement faire.

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