VSE
CXI. — INSTItUCTIOSS A MONSIEUR DE liRION POUR FAIRE LA TRÊVE AVEC L'EMPEREUR CHARLE.S-QITNT
Lf Roi désire U trêve pour arrivcT à une paii universelle et A sa délivrance. — La (rêve sera aussi marchande. — Brinn écoutera les pro|>os((inns des g^ns de Pempereur. — Ne répondra que Mtr les articles portés dans ses instructions» savoir: — Sur le fait de M. de Bourbon, on lui payera le revenu de ses terres, légaietnent confisquées. — An roi d'Angleterre, on lui payera , pour complaire k l'empereur, ce que l'empereur pavait audit roi. — On prêtera les vaiaaeaDS du roi de France k l'emperrur aus conditions indiquées. — Ce qu'il devra dire, ai on l’interroge, au sujet de la Bourgogne, de Naples, de l'Anigon, etc.
Apres que le s' de Rryon aura présenté les lettres que le Roy cseript à l’eslcu et empereur, cl qti’il luv aura expose sa creance, luy dira, sur le falct du depost d’armes, que le Roy, de sa part, le désire.
' En même temps que Brif>n rc^til ses inslrttclions pour sc rendre en Espagne, m.'tdanie ta régente et madame la diicliesse Marguerite lut remirent des lettres pour le Boi prisonnier.
L’éditeur des Lettres de Marguerite de Navarre a publié la lettre de cette priu' cesse en lui donnant pour date h milifa J« Jifcembre /525 (a* recueil. |Mge 64)- L’in.'idvertance evl facile à reconnaître , puisque 1a duchesse Marguerite y parle du bonheur qu’elle éprouverait si elle fiou-
vait servir à obtenir la liberté du Boi, en quelque façon que ce fût. Il nous semble que Marguerite , au mois de décembre i5a5, après avoir échoué dans sa négo ciation. ne pouvait ovprimer encore cette pensée. I.a lettre nous parait donc se rapporter à l'espoir que la duchesse Marguerite exprimait avant de savoirencore si elle pourrait aller négocier à Madrid la délt* vrance du Roi .son frère, et on peut lut assigner pour date U fui de juin ou le commencement de juillet
SF.CT10N III — CAPTIVITÉ KN ESPAGNE 2^i5 affin qiie, durant icclluy, il sc pnissp trouver quelque honncsle moyen de faire une paix universelle, à la louange de Dieu, prolTit et utilité de la ehreslienneté et d’icculx seigneurs empereur et Roy ; aussy afin que pendant icelle , par les communications qui se pourront faire d’un costé et d'autre, se trouve façon que le Roy soit délivré.
Et quant aux conditions d’icelluy depost d’armes, ledict seigneur de Bryon, avant de faire aucune ouverture, entendra d’eux ce qu’ils demandent ; et lé où on demanderoit autre chose que le contenu aux articles qui luy ont esté Raillez par le Roy, dira n’avoir aucune charge, et de cela n’aura esté mdles nouvelles à son partement dudict seigneur.
Et quant au faict du contenu aux articles que le Roy luy a baillez, res|K)ndra seulleinent et mettra en avant ceux dont luy parleront.
Si luy est parlé d’icelluy de Bourbon , respondra que jà çoit que .ses prétendus biens soient par raisonnable cause, comme il est bien notoire, à la main diidirl seigneur, neanimoins, pour complaire aiidict .seigneur empereur, ledict seigneur sera content ilonner et payer par chascun moys audict de Bourbon, par voye de baneque, ce que sc monte son revenu par chascun moys, ponrveu que luy ne autre, directement ou indirectement, ne mene aucune praticque en France, le tout durant ladicte abstinence de guerre.
Et quant au temps dudict depost d’armes, le prendra le plus long que faire sc pourra; et s’ils vcullcnt qu’elle soit marchande, l'accordera , avec telle condition que durant la communication et traflic de marchandises, aller, retourner, demourer, ne se mèneront aucunes praticques sécrétés ne ouvertes , sur peine de confiscation de corps et de bien à ceux qui le feront, et ijiie les uns et autres qui vouldront entrer, sortir ou demourer, pour le tralTic de marchandise esdict pays, y entreront sans armes offensives et assemblées.
Et quant au fait du roy d’.Angleterre , combien que ledict seigneur ne soit tenu luy payer ce que soit convenu luy bailler un chacun an pour Tournay, neanimoins, pour complaire audict esleu et empereur, sera content luy payer, durant ledict depost d’armes, telle et semblable
24() CAPTIVITÉ DU HOl PKA.NÇOIS I”.
provision et à luc.snics li-rmes qu’il payoit audict roy d’Angleterre auparavant la guerre, pour et selon la contingente part et portion de Udictc Iresve, pourveu que icelluy roy d’Angleterre soit contraint ou coinprins de son consentement à ladicte treve, ou que, durant icelle, directement ou Indirectement, pr mer ne par terre, ne face la guerre audict seigneur.
Et quant au fait des navires, ledict sieur de Bryon n’en parlera, si ledict empereur ou scs gens ne luy en parlent.
Et là où luy en sera parlé, dira que, le tout bien entendu, n’e.sl grande chose que de l’armée de mer dudict seigneur, et que eui ne SC y doivent arrester, d’autant que la plus grosse force que ledict seigneur ayt sur la mer, sont les galiaces et autres fustes de Dorie, qui est à la souldc dudict seigneur, et pour prendre prty là où bon luy semblera ; et que la maistresse et celle du feu M' de la l’rvsmoille ne sont de présent en estât pour pouvoir servir, comme si ne sont plusicnr.s autres galions, comme se pourra venir occulaireiuent. et une partie de la reste est à frere Bernardin de Pauls, qui est auss) à la solde dudict seigneur; et tout ce cpic dessus mis hors, ce (|ui est de re.ste n’est rien. Toutesfois, quand ledict seigneur empereur ,se voiidroit arre.stcr à ladicte force de mer, luy .sera ollcrtc eu la maniéré qui s’en suit :
C’est à s^avolr, que ledict seigneur luy baillera ses galions et autres fustes qui luy appartiennent et sont en estât de servir et naviger. et ce jusques à la fin de l’esté, et payera (lie) icelluy sei-
gneur, par deux mois seullement, et le reste du temps sera payé par ledict empereur, lequel se pourra seullement ayder desdicts galions et fustes pour la deffense des biens qu’il possédé, et contre les Turcs et Mores. El .seront les capitaines, maistres, contre-maistres, scribes, pillotz et autres officiers ordonez et députez par ledict seigneur, qui feront serment audict empereur de le servir ioyaulemenl es choses que dessus. Et s’obligera ledict empereur et baillera pleiges et cautions de rendre et restituer audict .seigneur .sesdicts gallions et fustes en l’estât qu’il les luy aura baillées, après ledict temps d’este; et si
SKCTIUN 111. — CAPTIVITÉ EN ESPAGNE. 247 durant icelluy advenoit, que Dieu ne veuille! que ledict sîgneur fu.st assailly |>ar quelque sien enneiny, en sorte que, pour sa deITen.se, luy convint recouvrer sesdicts galliaces et fustes, ledict empereur sera tenu les luy rendre, et les capitaines et autres olBciers desdicts galliaces et fustes seront absous et délivrer du serment fait à l’empereur, et ne se [Kiurra ayder ledict empereur desdicts fustes cl galliaces, en quelque sorte que ce soit, contre les allier et confcderei dudict seigneur.
Et si, .sur les choses dcssusdictes se trouvoient des dilTicultez du costé de l’empereur, pour ne mettre l’afiaire en roinpture, ledict seigneur de Brvon dira que le tout se pourra rabiller par ceux qui auront le pouvoir de eapituller.
El tasebera ledict de Bryou que ledict seigneur empereur se contente d’envoyer quelque bon personnage, avec pouvoir sulEsant, par devers Madame, qui est dame d’honneur et de paix, pour traiter des choses dcssusdictes ou autres plus grandes, si que faire se doivent, et qu’il lie audict seigneur empereur que madicte dame traictera les choses de sorte que quelque bonne conclusion s’en ensuivra.
Il se pourra faire que ledict seigneur empereur, ou autres pour luy, feront plusieurs interrogatoires audict sieur de Bryon, pour aprendre quelque chose de luy de l’intention dudict seigneur ;
.Ausquelz il pourra respondre qu’ils n’a aucune charge dudict seigneur, si ce n’est ce que dessus.
Toute.sfois, par maniéré de devis et comme de luy-mcsmes, .s’il entre en propos, leur pourra dire ce qui s’ensuit :
Premièrement, touchant la Bourgongne, que c’est appannage , qui est de mesme nature comme le royaume, qui ne tombe en quelnoiiille, encore ceux qui le baillent feissent pacte au contraire, et par ce moyen sont advenus au Boy les duebez d’Anjou, Berry, Orléans, esqucis les filles n’ont succédé.
Et quant aux villes qui .sont sur la riviere de Somme, qui disent leur appartenir par le traicté d’Arras, leur sera dict qu’elles e.stoient racheptables de quatre cens mil escus, lesquels furent payez par le
■m CAPTIVITÉ DU ROI PRANÇOIS I".
roy Loys uuzieme; et s'ils parlent du Iraiclé de Peronne, leur sera remonstre qui tenoient injustement prisonnier ledict roy Loys, qui estoit là venu à leur fiance.
£t quant à Boulongne , Mascon et le ressort Saint-Laïu'ent et autre.s choses contenues au traicté d'Arras, ne peuvent prétendre aucune querelle, car tout cela a esté couvert par les traictés de Senlls et plusieurs autres sur ce faicts; j>ar lesquels plusieurs parties ont esté rendues, niesniement le conté de Bourgongne, et tout de nicsnie eust esté fait de la duché si elle y eust appartenu, et aussy les autres choses que à présent querellent.
S’ils parloient du royaume de France, (puis prétendent avoir esté donnez au duc .\Hiert d'Autriche par le pape Boniface , leur sera dit que icclluy pape n’a voit pouvoir de ce faire, et mesmement .sans cause et luy estant ennemy dudict seigneur, et que tout ce (jue icelluy pape attenta contre icelluy Phillippes le Bel, mesmement quant à la donnation dudict royaume, fut revocqué par Clément au concile de Vienne, et si y a plusieurs actes et solutions esquelles il n’y a point de repliccjues.
Et par maniéré de devis, leur jxjurra dire (jue lcdict seigneur a plusieurs querelles plus claires, plus seures et de plus grande importance que celles cy-dessus.
Premièrement, n’y a rien plus clair que le droit qu’il a au royaume de Naples, ainsy (pic sera congneu quand ce viendra à disputation; pareillement le droit de la duché de Milan est si très-clair et notoire, que nulle n’y fait dilliculté.
Lcdict seigneur a mesme droit au royaume (fArragon, Valance, iVlaillorque, Minoitpic, que au royaume de Naples.
La commune des contez d'.Arthois et Flandres appartiennent au Roy à cause des guerres faictes contre luy, et le procès et estât de juger.
La conté de Bourgongne est tenue en foy et hommage du lioy, à clause de sa duché, et de ce y a seignemeiis légitimés et certains, pour les causes (jue dessus.
La maison d'.Arragon doit ti-ois cens cinquante mil escus 4 feu de bonne mémoire le roy Loys, et de ce y a bon obligation.
Le feu roy d’Arragon devoil les avoir de ce qu’estoit tenu payer un cliacun an, pour le royaume de Naples, |>ar le traicté de mariage de la reyne Germaine.
L’empereur doit les arerages de ce que fut promis par la royne de Naples, payable un chacun an par le traicté de Noyon.
Et quant aux intéressés de la guerre , si la chose estoit bien disputée, seroit trouvé que cclluy qui les demande les doit.
Et par conclusion , soit regardée la source de tous les différends , qui en est cause, et se trouvera que ledict seigneur et ses ancestres en .sont immuns; les choses se peuvent par les humains déguiser, mais Dieu, consolateur des mœurs, sçayt la vérité.
N- C\n — LETTRE DE LA DUCHESSE D ANGOULÉME AU ROI
affaires de Franc« soDt en boo cbemin. — Leur succès obligera les Espagnols à tenir un meilleur langage, — les forcera à cooseolir à ce que serra, ioMev et libémùté n‘oQt pu les engager i Caire.
(JiUUt IMS.)
Les deux demieres nouvelles que j’ay eues de vous, monseigneur, l'une |>ar Chasteauvieux et l'autre par l'omme de monseigneur d'Embrun, m'ont esté de sy grant consolacion pour vous; voz affaires de par de là recommensent en sy bons termes , quelles me font souheter de avoir la tierce en grant désir; m’atendant bien , veu la bonne dysposicion en quoy sont vos dictes affaires de tous costez, comme plus au long entendrez, que fauldra que seulx qui sont par de là parlent melleur lengage qui n'ont fait jusques à présent: et ce que vertu, honneur et lyberalité n'ont volu faire, j’ay espcrance au bon Dieu que nécessité le fera avec grant honneur, vous supliant que ce pendant, en atendant le temps tant desyrc, que bien souvent de vostre bonne senté sache de voz nouvelles vostre , etc.
LOYSE
V CXIII. — MÉMOIllE A MONSKIGNEIR LE MARÉCHAL DE MOCTMORENCY.
il faut r«ire recbercfaer lea origioaux de» (railla de paix, etc, è invoquer dani la conférence qui ^
doit s’ouvrir k TolMr. — Indication dea titres oécessairca.
(rijaiiUtlUS.I
Solliciter envers Madame et ailleurs où il appartiendra , de recouvrer l'incorporation et union que le roy Jelian fist de la duché de Bourgogne, après que luy fut advenue parle décès du seigneur Philippe, duc de Bourgogne, l’an mil iii‘lxi.
L’apanaige faict à Philippe le Hardy par ledict roy Jehan est deux ans après, c’est à s^avoir de l’an mil iii° lxiii, et la confirmation de Charles V de l’an mil ni' lmiii.
Item, faidt noter que le tiaitié de Peronne faict l’an mil un' Lxvni par le roy Loys XI, qui est fort prejudiciable, car confirme le traicté d’Anas, fust depuys icclliiy traitié de Peronne confirmé cl approuvé par ledict roy Loys XI estant en sa liberté à Amboise, qu’ils allèguent contre nous, disant que la force et contraincte de Peronuc est purgée par là. Ne pouvons aultre chose dire, fors scuUement que le Boy ne pouvoit alliciier les teires de la couronne ; que eiicores la force et année du duc Charles de Boui^ogue duroit et estoit entière.
. Fault sur ce point visiter les registres de la cour do parlement pour sçavoir si le procureur du Roy, en présentant ledict traictié de Peronne, fist aucune protestation publique ou sccretc, et s’il y eut aucune opposition ou contredit du procureur du Roy.
Au regard du traitié de Conflans qui est précédant, c'est à sçavoir de l’an mil ni' lxv, il fut fait à c.ause de l'armée de Montihery et ne fut jamais sceue; mais sera bon visiter les regisU’es de la cour sur lesdicts deux traictoz pour sçavoir s’il y a riens pour nous contre lesdicts traictez.
Item, du temps de Philippe de Valois fut donné airecl à son prof-
SECTION III. — CAPTIVITÉ EN ESPAGNE, fit louchant le conte de Champagne contre le conte d'Evreux et sa femme, tpii estoit fille de Loys Mutin, combien que ladicte conté fut venue par femme à la couronne, é cause de la raine femme de Philippe le Bel, de laquelle ladicte conle.sse d’Evreux estoit descendue et non ledit Philippe de Valoys, et doit estre fondé ledict arresl, comme il est vraysemhlable , sur ce cjue ladicte conté de Cliampaigne avoit esté encore encorporré à la couronne, comme il est vraysemblable ; par quoy y fault recouvrer ledict arrest et l’envoyer icy.
Fait il haste, en ce lieu de Tresimegnes, le xii* jour de juillet I 5a5.