‹ Captivité du roi François IerChapitre 99 sur 241 · LETTRES À MADAME · texte numérisé non relu

LETTRES À MADAME

Madame, nous nous recommandons très -humblement à vostre bonne grâce. Madame , pour ce que chascun jour surviennent i la cour gros et urgens alTaircs concernant premièrement l’authorité du Roy, de messieurs ses enfans, de vous et bien du royaume, ausquels serait très-cipedient pour ce que nous ne pouvons bonnement faire sans la presence de M' le chancelier, nous vous supplions, madame.

SECTION III. — CAPTIVITÉ EN ESPAGNE. 293 très-humblement, que vostre plaisir soit l’envoyer pardeçà, pour avec nous adviserce è quoysera necessaire donner ordre et provision, et le plus tost , madame , sera le meilleur, pour qu’aucun inconvénient n’en advienne. Madame, nous prions le benoist fils de Dieu qu’il vous donne très-bonne vie et longue et l’accomplissement de vos trèshaults et nobles désirs.

Escript i Paris, au parlement, soubi le signet d’iceluy, ce 37' juillet.

Vos très humbles serviteurs,

Let gem lenanisif parlrmenl da Roy.

Du Tille I.

LETTBE DU PARLEMENT À H' LE CBANCELIER.

Nostre très honoré seigneur, pour ce que chascun jour survient en la cour de gros et urgens alTaires concernant principallemcnt l’auctorité du Roy, de Madame, de messieurs ses enfans et bien du royaume, ausquels serait très expédient pourveoir, ce que ne pouvons bonnement faire sans vostre presence, à ceste cause a esté délibéré de vous escrire et mander venir pardeçà, et le plus tost qu’il sera possible, pour avec vous adviser ce à quoy sera necessaire donner ordre, afFin qu’aucun inconvettient n’en puisse advenir; par quoy venei-vous-en incontinent et le plus tost que vous pourrei. Nostre très honore seigneur, nous prions Dieu qu’il vous donne bonne vie et longue.

Escript à Paris, au parlement, soubz le signet d’icelluy,le 37 juillet. Les gens tenants le parlement da Roy bien vostre, etc.

Et au-dessus : A nostre très-honoré messire Anthoine du Prat, chevalier, chancelier de France.

Ledit jour, la court commit monsieur Budè , maislre des requêtes , et informa suivant ce que dessus '.

' Voir ci-tprn la réponse de la régente au parlement, en date du ai aoiit làaS, tous le n* CX.VXIII, p. 398 199

N* CXXIX. — LBnTRE DU ROI A MONSIEUR DEMBRUN

{| doit ccmdure U trêve. QuAot au fait de Bourgogne, i! faut attendre la veooe de madame Maiignerite. — Il a été trfe»-bieo traité pour un priaoooier.

J'av veu ce que vous m'avcs mandé ; et pour ce que je n’ay loisir vous faire plus longue lettre, je vous manderay la resolution, en abrège , desprincipaux points, selon mon intention. Et présentement , je suis d’oppinion que vous acceptiés la tresve et que vous la concluiez. Quant au faict d’entrer aux affaires de Bourgogne, je suis d'oppinion que vous actendiés ma sœur ; car le moins que vous sauriés offrir de cela est trop pour mon vouloir; vous disant adieu, et me venir voir le plus tost que vous pourrés. Je vous advisc que j'ay trop bien esté traicté pour un prisonnier.

Faict  la ce mardy après midy.

> FRANÇOYS *

N" exxx — TRÊVE ENTRE L'EMPEREUR CHARLESXJUINT, LE ROI FRANÇOIS I" ET HENRI VIH D'ANGLETERRE’,

* Le Roi deTail être alon, 5 août, k SaDtoriu ou k Jean de Lolera («ic). comme oQ le voit par une lettre du vice-roi de Naples, datée du premier de ces lieux et publiée par Lanx (p. 167). Cette lettre se rapporte aussi à la trêve qui devait être conclue , aux aiiaires de Bourgogne et à la prochaine arrivée en Espagne de U duchesse d'Aleo^n, sœur du Roi.

' Cette trêve fut conclue é Tolède, le Il août pour trois mois, pendant

lequel temps U était permis k la duchesse d’Alençonde venirenEapagne négocier la

délivrance du roi François 1*. Le texte en est imprimé dans le Recueil des traités de paix de Léonard, t. II. p. 196.

Par ses lettres palenles du 6 août 1 Sab. madame la régente commit messire Jean- Joaquin de Passan , pour faire le pajcmcDl des sommes d'argent promises par la France en vertu du traité conclu avec l'Angielerre. Le compte original des sommes remises, k diverses époques, au rte d'Angleterre cl à des personnages de sa cour, existe k la Bibliothèque royale, suppl.

fran^. n* 1377.

N* CXXXI — LETTRE DU PRÉSIDENT DE SELVE A MONSIEUR LE CHANCEUER DU PRAT.

Noovenes dt U codH^kdcc de Madrid.

[13 Mét \in.]

Monseigneur, par ce que le Rov a envoyé i Madame , c’est assavoir le plaidoyé ou dUputation faict pai- M' le chancellier avec monseigneur d’Ainbrun et moy, que j’é rédigé lors par escript, et fut envoyé au Roy, qui depuis l'a envoyé à Madame et à vous, conrunc j'entends , avez peu cognoistre les fondements dudict seigneur chancellier et les responses que luy avons faictes. Et pour ce que depuis iedict seigneur chancellier avoit faict une résolution qu’il vint lire au conseil, en nos présences , et n’a jamais voulu la nous moostrer : à ceste cause, monseigneur d'Amhrun, l’esleu Bayard et moy mismes, par mémoire, touz les points de la resolucion dudict chancellier ; et sur le tout j’ay faict ung autre mémoire pour respondre, s'ilz le veullent oyT; et vous trouvez hon qu'il se doyve dire. A la vérité , il y a quelque chose qui picque ; mais ils nous ont donné grant occasion de dire davanlaige. Vous les cognoiscez ; après, monseigneur, que vous l'aurez veu, il vous plaira m’en escripre vostre advis, lequel je trouverai toujours meilleur que le mien.

Monseigneur, hors le conseil, M' le chancellier, en sa chambre, monseigneur d’Amhrun et moy, avons disputé de noz droiz touchant la duché de Milan. Et pour ce que , à la vérité , je n’en suis pas bien résolu, et ne me suis trouvé si fort que je suis en la duché de Bourgongne, en laquelle je n’ay aucune dilQculté, je vous reciterai sommairement les responces que Iedict seigneur chancelier me fist, en impugnant noz tiltres de Milan.

Premièrement , il dit que l'investiture faicte par l'empereur Maximilian au feu roy ( à qui Dieu pardoint ! ) , à mesdames ses filles et au Roy qui est aujourd'huy, estoit condicionnelle. Et pour ce que je luy

monstray, parla teneur d'icelle, quelle est pure et necte, moyennant la somme de cent mil escuz , il m'a dlct que , par le traictc de Canibiay, estoit dict que le feu roy Loys, dcdens certain temps, devoit faire son armée contre les Veniciens, et aussy faire déclarer le pape et excommunier les Veniciens : ce qu'il ne fist dedens le temps convenu. Or dict que, par ledict traictc est accordé que l’empereur doit bailler ladicte investiture, moyennant les choses dessusdictes , lesquelles, où ne seroient aconiplies dedens le temps, rendent ladite investiture qui estoit à faire nulle par pacte exprès : toutcsfoys. Il ne m’a monstre ledict pacte. A quoy j’ay respondu que, posé qu’il fust tel qu’il dict , ce que je ne croy, que loutesfoys ladicte investiture faicte depuis ledict traicté de Cambray demouroit bonne, pour ce que le roy Loys douziesme, par sa force et son armée, conquist les terres que les Veniciens tenoient tant de la duciié de Milan que de l’empire, le tout à ses propres coustz et despens, et rendit à l’empereur les terres de l’empire, lequel empereur eust le tout agréable, et que , posé (]ue /{es non faeril deducta ad efeclum in tempore , tamen polail purgari mora, prout fuit purgata. Et que ledit empereur eut agréable ladicte conqueste et fist ladicte investiture; et aussi le pape depuis excommunia les Veniciens.

Ledit chancelier oulire dict que le Roy na offert son houmaige dedens l’an du décès du feu roy, et par ainsi demeure privé de l’investiture. Je luy ay respondu que cela n’estoit requis : carie chappitre Qao tempore miles, etc. est limitté par les docteurs en une investiture qui contient : Tibi i\. imperatori, sans dire : et successoribus suis : car, ou l’oumaigc fut fait par le feu roy pour luy et ses hoirs, ou monseigneur le légat son procureur audit Maximilian et à ses successeurs, cela garde qu’il n'y peult avoir commis, et luy ay allégué les docteurs tenans ceste opinion : ■ S’il n’y a interpellation du seigneur et relfui du vassal. • Ad ce m’a-il respondu que aliter observatur in terris imperii. Il m’a dict davanlaigc, que l’empereur Maximilian avoit premièrement baillé investiture è Ludovic Sforce, pour luy et ses hoirs masles, et que, au préjudice de ladicte première investiture.

SECTION III. — CAPTIVITÉ EN ESPACNE. 2U7 il n'avoit peu icelle revocquer, ne faire la seconde. Je luy ay dici que ladiclc première inveslitnrc fut expressément revoctjuéc, comme il appert par la nostre , et que le crime pour lequel ledici Ludovic povoit eslre privé esloit notoire : davantaige, que nous avions le droit de Maxiinilian Sforce, son filsaisné; et, pour le tiers, que l'investiture faicte audit Ludovic ne valloit rien , comme faicte au préjudice des hoirs de madame Valenline. ausqucls avoit esté accordé de povoir succéder defficientibus masculis. Lequel pacte et convention avoit esté auctorisée par le pape, sede imperiali vacante; lequel pape de drtiit succède en ce cas-lé à l’empereur, et que Galeas-Maric et Philippe- Marie. cnQans de Jean Galeas, premier duc , et frères de ladicte Valentiue, estoient Iresjwssci’. sans hoir maslc, et que, con.se(|uemmenl le droit estoit venu à Charles, duc d’Orléans, et à Loys, roy douziesme, son lils, et é ceulx de la maison d’Angoulcsme, dont le Roy e.st descendu.

M. le cbanceilicr m’a respondu à ces deux poinLs : que Maxiinilian Sforce, alienando jus suant régi, ceciderat a feudo, et que l’empereur, par sentence, l’avoil déclaré privé, et aussi que ledict Maximilian ne povoit aliéner au préjudice de son frère. Et au r^ard de l'autorisacion faicte par le pape, qu’elle ne valloit rien, comme faicte par non ayant puissance : car, combien que Papa in hiis que suni junsdicionis ordinarie, abi nécessitas urget, vel est aliquod grande periculum, possit exercere potestatem imperatoris , vacante imperia, tumen non potesi facerc alienationes jarium imperii , et eu que requirunt plenitadinem pntrstalis. Or dict que la duché de Milan, par la première investiture faicte par l’empereur Vinceslaûs au conte de Vertuz , Jehan Galeas, e.sloil proie et liberis masculis; et le pape n’a peu altérer la nature du fief au préjudice de l’empire , ne venir contre la nature de l’investiture : supposé ores qu’il peust renouveler le fief, il le doit faire selon la première qualité.

Monseigneur, au regard de l’alienation faicte par Maximilian Sforce et privation, j’ay dict que je voullois veoir ladicte privation pour en parler. Mais en tant que touche la derreniere raison, qui est contre

I’approl)alion faicle par le pape tuper feudo imperiali, je y treuve de la difficulté beaucoup, et vouldroye bien avoir voslre advis, combien «jue la difficulté de la paix ne consistera pas en cela.

Monseigneur, il ne vous de.splaira de lire ccste fâcheuse lettre, car vous estes au lieu que devez tout savoir et entendre.

Monseigneur, en me recommandant très-humblement à vostre bonne grâce, je prie le benoist Créateur vous donner sa grâce et trè.slongue vie.

De Toledo, ce siT jour d'aou.st i5aS.

Vostre humble serviteur,

JEIl/VN DE SELVE.

N- CXXXII. — AUTRE TRÊVE EVTRE LOUISE DE SAVOIE ET LE ROI D’ANGLETERRE '

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