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CHAPITRE V

nËMoitnoiDES

Ce n'est point ici le lieu de passer en revue les opinions si divergentes qui existent daus la science sur la nature, la symptomatologie et l'anatomie pathologique des hémorroïdes. On pourrait écrire de nombreuses pages sut ce sujet ; mais nous nous contenterons de dire, avec Yalleix et la plupart des auteurs modernes, que les hémorroïdes consistent dans des tumeurs sanguiues du rectum, de nature variqueuse, avec ou sans écoulement de sang.

Les hémorroïdes peuvent être externes ou internes, ielou qu'elles siègent en dehors ou en dedans de l'anus. Leur volume varie depuis la grosseur d'un Ktis jusqu'à celui d'une noisette et môme d'un œuf. Oiii-lijinïfols il n'existe qu'une ou deux do ces tumeurs;

is, dans d'autres cas, elles sont multiples, et alors, si elles sont internes, elles peuvent remplir l'intestin i distendre considérablement. Ces tumeurs internes logées dans le tissu cellulaire du rectum, sous

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la muqueuse, finissent, sous l'influence du lîraillcuaent produit par le passage répété des m fécales, par devenir pédiculées et flottantes dans la cavité in les tin aie. Deméme, les hémorroïdes e: recouvertes, soit par la muqueuse, soil par la peau, peuvent fortement proe miner autour de l'anus, sous la peau mince de celte partie, et quand elles forment des tumeurs volumineuses, permanentes, elles portaient jadis le nom de marist/ues.

Parmi les causes locales qui ont une influence incontestable sur le développement des hémorroïdes, on peut admettre en première ligne la conslipation, la gestation chez les femmes, l'abus des purgatifs aloêtiques, des lavements irritants.

Au nombre des causes prédisposantes de la fluxion hémorroïdale, on a signalé l'âge mûr, l'hérédité, !o tempérament bilieux, la pléthore abdominale, une nourriture abondante, succulente et fortement épieé 1 ; les boissons alcooliques, le café. La vie sédentaire, le travail prolongé de cabinet, etc., ont une grande influence sur la production des tumeurs hémorroïdalcs. La femme, à l'époque de la ménopause, y est encore fort sujette. Il n'est pas rare alors de voir les hémorroïdes remplacer l'évacuation sanguine périodique.

Les hémorroïdes son l. une maladie très-douloureuse lorsqu'elles sont le siège d'une congestion sanguine.

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s malades éprouvent alors vers l'anus une pesanir, une tension, une chaleur très-considérables, Les tumeurs se gorgent île sang, s'enflamment quelquefois ; elles sont ronges, d'un bran foncé et fort douloureuses au toucher. Les sujets ont de la fièvre, ils cherchent en vain une position qui les mette à l'abri de leurs souffrances continuelles. Ces soufances deviennent atroces quand les tumeurs in- ?rnes, poussées par la violence des efforts de la éfécation, s'échappent au dehors et restent étranglées r lés fibres musculaires du sphincter. Cet ètrangloans certaines circonstances, rend impossibles garde-robes et même l'évacuation des urines, peut déterminer la mortification d'une ou de plusieurs tumeurs hémorroïdales. Le rétrécissement, le spasme du rectum, la fissure à Tan us sont souvent la suite de l'inflammation des tumeurs hémorroïdales et la source de vives douleurs pour les sujets qui en sont affectés. Aussi la chirurgie est parfois obligée d'intervenir pour y mettre un terme.

Cependant, il est rare que les hémorroïdes donîent lieu à cette série d'accidents. Ordinairement, iand la congestion locale a duré quelques jours, î termine par un écoulement sanguin plus ou ioins abondant, selon les cas, et quelquefois par "solution, i Pendant l'intervalle des accidents, dit M. An-

.i. ^AI'YLIIY — SES EAUX MINÉRALES,

dral (Pathologie interne, tomo I, page 79}, il peut se faire que d'autres phénomènes "se montrent à leur place et soiont pour ainsi dire une transformation que leur réapparition Fait cesser : ce sont des congestions, des tintements d'oreilles, de la céphalalgie, des alourdissements, de la dyspepsie, de la toux, des palpitations. U peut survenir un trouble générai, dans lequel il semble que le sang modifié porte paitout le désordre et occasionne un mouvement fébrile ; d'où une conclusion pratique fort importante: c'ost qu'il faut bien se garder de supprimer le flux hèmorroïdal. »

C'est qu'en effet les hémorroïdes constituent une évacuation salutaire psur un certain nombre d'individus. Elles sont pour eux des soupapes de sûreté, comme lesi appelle Samuel Cooper, h travers' Inquelles l'économie se débarrasse, dans des époques pins ou moins périodiques, a'uu trop-plein qui lui serait funeste. Il faut donc dans ce cas, comme le dit plus haut le professeur Andral, savoir respecter cette déplétiou critique et même la provoquer lorsqu'elle ne se montre pas. Sans doute les hémorroïdes sont souvent exclusivement locales, et l'on peut alors s'efforcer de les guérir. Mais, sans admettre, avec l'école stalhienne, que l'affection hémorroïdalc entre dans les conditions écologiques de la plupart des maladies, nous devons reconnaître, avec Hufeland

HÉMORROÏDES

(Médecine pratique, page 346), « qu'en général, é!le est la manifestation d'un état morbide interne, dont le flux hémorroïdal représente la crise, » Les faits cliniques ne nous permettent pas de révoquer en doute la part qui lui revient dans la production de certains états morbides congés Lionnels, qui sont j ugés par l'apparition de l'écoulement sanguin hémorroïdal. A ce sujet, Capvern, où depuis longtemps se rendent, chaque année, tant d'hèmorroïdaires, est un vaste théâtre d'observation, qui peut fournir de nombreux documents susceptibles de convaincre les plus incrédules. On voit là des congestions du côté de la tète, des poumons et du foie ; de violentes palpitations du cœur, des accidents produits par ce qu'on est convenu d'appeler l'état nerveux, disparaître, àlasuitedudéveloppementautourde l'anus, sous l'influence de la médication thermale, de quelques boutons hémorroïdaux , avec ou sans écoulement sanguin.

De tous temps, les eaux de Capvern ont eu la réputation méritée de posséder la propriété de provoquer et de régulariser le flux hémorroïdal. Tous les médecins qui ont exercé dans cette station thermale leur ont reconnu cette vertu, ot plusieurs d'entre eux i cet endroit des observations très-

mcluantes.

3 docteur Farr (Cap. Watt-, page 12) prétend

ÇàPVERS, - SES EALX M1M RALES,

i] u 'aucune eau no peut rivaliser avec celle de I pour régulariser la circulation et détruire les congestions, et il la conseille (ïoco cit., page 25) aux femmes qui sont dans l'âge de retour, comme pouvant prévenir chez elles les nombreuses maladies qui sont la suite do cotte période de la vie. Il la conseille aussi aux hommes parvenus a la période eli ma torique.

" Les eaux de Capvorn, dit aussi M. Taillade, sont employées pour rappelé)', modérer ou régulariser le

flux hémono'KÎal À quarante, quarante-cinq ans,

on est ordinairement sujet, à une infinité d'accidents qui se rattachent presque toujours à des congestions hémorroïdales. Cette circonstance d'âge doit suffire au médecin pour lui faire soupçonner la source des accidents. Dans ce cas, si la cause est réellement tello qu'on est en droit de la supposer, les eaux de Capvern font fluor le sang par le fondement, ou bien amènent des boutons hémorroï'laux, ou bien encore, sans décider ces phénomènes, soulagent d'une manière marquée. Si elles ne produisent aucun bon effet, c'est une preuve que l'on a mal établi son éliologie. « (Lettres médico-topogr. sur Caprern, p. 163.)

Taillade rapporte, à l'appui, sept observations intéressantes empruntées soit à sa pratique, soit à celle des docteurs Piqué et Peyriga, observations qui

tiom

sont Faut

ilt'iiionlrenl lee propriétés qu'ont nos eaux de congés-

ionner fortement les vaisseaux hémorroïdaux, et

efficacité extraordinaire dans les maladies qui

t sous la dépendance de l'affection héraorroïdale.

'aut-il maintenant admettre, avoc cet émiuent

praticien, pour expliquer l'action salutaire de l'eau

la Hount-Caoute dans les divers cas de suppression,

irrégularité et de surabondance du (lux lu'inoi-

dal, faut-il, disons-nous, admettre que l'asthénie

it la cause de l'affection hémorroïdale ? Certes, nous

loin de souscrire à l'opinion de Taillade;

l'observation clinique démontre qu'elle se produit

nverit dans un état diamétralement opposé à la

lesse, Nous pourrions opposer plusieurs faits à.

itle manière de voir de notre collègue; mais nous

ous conLcntons do reproduire ici celui que nous

vons publié dans les Consitk'ratnms méd. sur les

de Capvern, en l'année 1869.

OnsERVATiox. — Congestion dit cité du wiif et du côté de le jugée par l'iq>jiarilion des hémorroïdes.

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