CHAPITRE VII
GALGULEUSE
Lorsque, à l'exemple de M. Civiale, on prencl pour base de la classification des diverses concrétions urinaires leur volume, ces concrétions, selon le degré de leur développement, prennent le nom de sables, de gravelle, de graviers, de calculs et de pierre.
Quand ces dépôts salins consistent en une poudre fine, ou en petits grains, on les appelle sables.
Lorsqu'ils forment de petits corps granuleux, gros au plus comme la tête d'une épingle, c'est la gravelle proprement dite.
Si les concrétions dépassent ce volume et peuvent cependant traverser les conduits excréteurs de l'urine, on les désigne sous le nom de graviers; si leur volume leur interdit ce passage, ce sont
des calculs; enfin on donne lo nom de pierre aux concrétions mïnaires les plus volumineuses,
Les couleurs des concrétions urinaires, leur com- ■position chimique ont aussi servi de base à leur classi fi i'a lion. C'est ainsi que M. Thénard admet quinze espèces de calculs. Dans un travail sommaire comme celui-ci, où il ne sera question que des concrétions urinaires les plus fréquentes, nous ne suivrons pas l'illustre chimiste dans sa lucide ènumération.
Les matières salines qui entrent dans la composition des graviers et des calculs, adhèrent entre elles quelquefois très-fortement ; et ce sont les matières organiques qui se, trouvent dans l'urine, le mucus principalement, qui maintiennent cette cohésion, en faisant l'office de ciment. Quand une concrétion reste stationnaire, soit dans les reins, soit dans la vessie, soit encore sur un point quelconque des conduits excréteurs de l'urine, de nouveaux dépôts de matière lithique viennent s'accumuler autour du noyau primitif; et souvent, la précipitation des couches nouvelles correspondant à un mode morbide différent de l'agrégat vivant, leur composition chimique diffère de celle des couches sous-jacentes. Un corps étranger, tombé ou laissé dans le réservai urinaire, peut être encore le point central autour duquel vont so grouper les matières salines précipitées, pour donner naissance à un calcul. Il y a huit
MALADJKS DE L'APPAREIL UMNAIHE.
ns, nous fûmes appelé auprès d'un homme de soixante ans, atteint de paraplégie, pour faire l'extraction d'une soude en gomme élastique, placée à demeure depuis une quinzaine de jours, et que le médecin ordinaire ne pouvait plus retirer. Ce ne fut point sans dilliculté que nous parvînmes à extraire l'algalie. La portion de l'instrument qui plongeait dans la joche vésieale, était enveloppée complètement d'une :ouehe grisâtre, très-épaisse de sels phosphatiques. i que le volume qu'avait acquis l'extrémité /éaicalo de la sonde, par suite de l'accumulation sur >on étendue dos matières salines précipitées d'une urine fortement alcaline, n'était plus en rapport avec o diamètre du canal de l'urètre.
Dans les catarrhes vèsicaux intenses, le mucus ost sécrété en très-grande abondance, et les parois de , et surtout le bas-fond de l'organe, en sont pour ainsi dire tapissés ; alors les sables sont facilement arrêtés par ces mucosités gluantes, qui sont la trame ou peu à peu voul s'organiser les graviers s calculs.
Sous le nom de gravelle, nous comprendrons les sédiments, les sables et les graviers, et nous la diviserons en gravelle acide et gravelle alcaline. Cette division est capitale pour le traitement. La première rencontre dans les urines acides, et la seconde s urines alcalines.
128 CÀPVEItiV. - SES EAUX HWÉRALES.