CAPVEM. - SES EAUX MINÉRALES
Cet auteur a T eu effet, constaté la présence du carbonate de chaux, formant une ou plusieurs couches, sur des calculs composés d'autres substances, et il a montré que ces couches, que M. Petit regardait comme une preuve de l'action dissolvante des eaux alcalines, étaient dues mut 'i la décomposition de la partie la plus superficielle des calculs, mais bien a« dépôt des sels terreux contenus dans les urines et précipités par l'airaliiiisatiûn de celles-ci, d'où il suit que les calculs avaient augmenté de volume sous l'influence du traitement. M. Bouchardat a été conduit aux mêmes résultats, en examinant des calculs avant et après le traitement par les alcalins. »
D'un autre côté, M. le docteur Baud, qui, dans des travaux remarquables, a porté à la médication sodique dans la thérapeutique de l'affection cakuleuse des coups rudes dont elle ne saurait se relever, s'exprime ainsi, dans un article sur la lithine, inséré dans l'Union médicale du 15 février 1870:
ï La cristallisation de l'acide mïque peut s'opérer dans les cuvettes même de l'appareil urinaire, de sorte que les corpuscules concrets sont rendus tout formés au moment de la miction ; ou bien elle a lieu seulement après la miction, au moment où l'urine se refroidit, et peut-être aussi par suite de quelque réaction chimique suscitée au contact de l'air. Cette cristallisation est bien loin de se rattacher toujours
MALADIES DE L'APPAREIL L'tllXAIRE.
à une surabondance relative d'acide urique : on voit fréquemment celui-ci se solidifier dans les urines qui en contiennent à peine leur contingent normal, rester parfaitement dissous dans les urines où il abonde.
» Esi-il de grande urgence, est-il sans inconvénients d'employer les dissolvants en pareil cas ? et lesquels des dissolvants faut-il préférer? Les causes pour lesquelles l'acide urique libre fait dépôt n'ont pas été complètement élucidées. Au point de vue chimique, elles paraissent se rapporter surtout à l;i suraciditô phosphorique du liquide vecteur, secondée par la rareté relative de ses éléments aqueux. Au point de vue physiologique, elles m'ont semblé corrélatives d'un état spasmodique, congestif, ou irri- Latifdes organes de l'élaboration mïnaire. Qui n'a vu, en effet, ce concrélionnement se produire, instantanément en quelque sorte, en dehors de toute influence diathésique et par le fait seul d'une tension d'esprit, d'une commotion passionnelle, d'une grande faligue, d'un refroidissement subit; dans toutes les mêmes circonstances, eu un mot, où chez d'autres sujets, une ictère subite, c'est-à-dire un désordre fonctionnel et crasique de l'appareil biliaire?
■ Il faut en convenir, l'indication de prendre l'ours in, fût- il de la lithine, ne ressort pas évidemment
i tout cela. S'agit-il d'acide urique qui cristallise
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de seconde époque, après la miction? Rien n'empêche que vous donniez au sujet le conseil d'uriuer sur une solution de soude, ou de lithine, si voui l'aimez mieux. Est-ce en pleines cavités urinaires que le dépôt s'efTeclue?. . . Regardons-y à deux fois avant de porter dans ces organes cette munie solution alcaline; choisissons bien celles que nous devons préférer; visons juste, en un mot, si nous voulons bien atteindre la pomme et non la tête de l'enfant.
Doit-on, en définitive, exclure les sels bicarbonatés sodiques de l'affection calculeuse? Telle n'est pai notre conclusion. La proscription de l'abus n'exclut pas l'usage modéré; toutefois, il convient de distinguer. Nous admettons l'emploi de ces sels, emploi limité seulement sous le rapport des doses et du temps; nous admettons leur emploi dans la variété de gravelle constituée par les dépôts acides, et dans ce cas, ce ne sera pas à titre do dissolvant que nous l'administrerons ; car nous sommes convaincus que les alcalins ne guérissent pas la gravelle, quand ils la guérissent, par leurs propriétés dissolvanl a Car, s'il en était ainsi, dirons-nous avec l'auteur anonyme qui a écrit une remarquable monographie sur les eaux de Pougues, car s'il en était ainsi, le résultat immédiatde leur administration devrait être la disparition de la gravelle des urines ; or, c'es précisément le contraire qu'on observe sous lin
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nce de cos eaux alcalines. Au bout de cinq à six
IÛuence jours, ou voit les douleurs reparaître ou s'exagérer, et les malades rendent plus de sable que jamais, au milieu d'une urine alcaline. Nous pouvons, dit M. de Croyant, avancer la proposition suivante, comme le résultat parfaitement exact de l'observation : dans la très-grande majorité des cas, sous l'influence des . eaux minérales, le sujet atteint de gravelle continue à rendre du sable, et souvent en quantité plus grande qu'avant son traitement; nous ajouterons, sans crainte d'être démenti par personne, quo le résultat est identiquement le même sous l'influence des eaux, quelle que soit la composition du sable, qu'il soit acide, qu'il soit alcalin, qu'il soit composé d'acide urique ou de phosphate ammoniaco-magnésien.
Au reste, les médecins de Vichy eux-mêmes ne reconnaissent plus aujourd'hui aux eaux bicarbonatées sodiques des propriétés dissolvantes ; et notre éminent collègue, M. le docteur Duraud-Fardel, dans son remarquable Traité des eaux minérales (page GjO), pense que les eaux de Vichy employées contre la diathése urique agissent « à titre de médication altérante* sur l'état constitutionnel (vice do nutrition) qui préside à l'apparition de3 graviers, mais non sur ces derniers à titre de médication dissolvante, et il en conclut que les eaux bicarbonatées sodiques
ml les eaux spécialos do la gravelle urique.
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S'il en est ainsi, il Faut cependant convenir quecette spécialité d'action ne leur appartient pas exclusivement. L'induction n'a de valeur réelle en thérapeutique que lorsque les faits cliniques lui servent de base. Or, les effets obtenus dans le traitement de la gravelle urique, sous l'influence des eau\ a basa sodique, sont absolument les mêmes que ceux que nous obtenons en administrant l'eau sulfatée calcique de Capveru. En effet, parmi les observations de gravelle urique que nous avons recueillies près de notre source depuis cinq ans, nous avons enregistré de nombreuses guèrisons radicales et des améliorations encore plus nombreuses. Le résultat du traitement a été, dans tous les cas, un remonteineut de l'état général du malade, conséquence d'une meilleure nutrition et la suppression des manifestations terminales de l'affection. Quant aux,coliques néphrétiques, nous voyons, chaque année,' dix-huit malades sur vingt les laisser à Capveru. Ne sont-ce pas là des effets identiques à ceux que M. Durand- Fardel signale après le traitement par les eaux de Vichy ï Or, puisque les résultats cliniques obtenus par l'administration de l'eau minérale de Capvern contrôla gravelle urique ne diffèrent pas de ceux qu'invoque l'inspecteur d'Hauterive pour faire de l'eau de Vichy une eau spéciale de cette affection, pourquoi l'eau de Hount- Caoutt ne serait-eile pas une eau aussi spéciale de la
invelle urique que les eaux bicarbonatées sodiques? ourquoî revendiquer exclusivement pour ces derrières une spécialité d'action qui est aussi la propriété des eaux sulfatées calciques ? La gravelle guérit-elle mieux et plus fréquemment à Vichy iju'â Capvern? Nullement. Eu preuve, nous pouvons invoquer le témoignage des nombreux graveleux qui Ise rendent tous les ans près de notre source, après avoir fait une ou même plusieurs cures infructueuses ■î Vichy. En fait, puisque la théorie chimique de la dissolution de l'acide urique par la soude, légitimement battue en brèche de tous côtés, s'est écroulée, les eaux bicarbonatées sodiques ne sauraient logiquement Être considérées comme des eaux plus spéciales de la gravelle urique, que l'eau sulfatée calcique de Capvern ou carbonatée calcique de Fougues. Car la gravelle peul guérir ou s'atténuer à Pougues et à Capvern, comme elle guérit et s'atténue à Vichy. Telles sout les réflexions que nous a dictées l'observation clinique.
Toutefois, nous Io répétons, comme les alcalins à e soude sont des agents de la matière médiale redoutables à cause do leur action 'antiplastique a promptitude avec laquelle ils substituent 'alcalescence à l'acidité normale des sécrétions, les praticiens ne doivent jamais perdre de vue les effets déplorables qu'ils finissent par produire sur l'éco-
CAl'VKiw. — si.s r;,\i \ \[im:hm.i:s. nomie ; ils doivent constamment avoir à l'esprit ce qu'ont dit, a ce sujet, nos illustres maîtres. « On donne les alcalins avec une légèreté singulière, écrivent MM. Trousseau et Pidoux dans leur Traité de thérapeutique. Un médecin présenta un malade un ou deux mois d'eau de Vichy, de Carlsbad, ou d'Ems, comme il conseillerait l'usage d'une tisane d'orge ou de bourrache; mais est-il donc si indifférent de changer, d'un seul coup, toutes les sécrétions du corps? «
Conçoit-on, après cela, que l'on gorge encore de bicarbonate de soude des calculeux, des goutteux pendant des mois, til quelquefois pendant des années entières î Nous voulons bien faire la part de l'exagération dans laquelle ont pu tomber des cliniciens de la valeur de Trousseau cl de Pidoux, mais nous confessons que nous avons été souvent effrayé des doses énormes de sel sodique qui étaient devenues la ration quotidienne de certains malades, et nous savons dans quel étal de délabrement constitutionnel nous arrivent parfois quelques-unes de ces pauvres victimes d'une pratique médicale irréfléchie. Nous ne citerons que les deux exemples suivants:
M. X..., de Toulouse, âgé de trente-deux ans, vint à Capveru le 11 août 1870. D'un tempérament jadis robuste, il était tombeau dernier degré de la cachexie alcaline. Depuis dix ans, pour combattre des accidents
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intermittents de crise néphrétique, suivie de l'émission de sables uriques, il prenait huit à dix grammes, chaque jour, de bicarbonate de soude, sans préjudice des bouteilles d'eau de Vichy qui lui étaient prescrites, entre temps, probablement pour varier la formule. Ce malade, dans toute la forcç de l'âge, ressemblait à uu vieillard anticipé. Sa face bouffie était décolorée. II était d'une maigreur squolettique. Il avait les lèvres et les gencives pales. Bref, il était réduit à une anémie complète. Les troubles digestifs rendaient impossible toute alimentation réparatrice; il se croyait perdu. Le dernier médecin auquel il s'était confié mit heureusement le doigt sur la cause de son mal, en lui donnant pour conseil de jeter par la croisée les drogues qu'il avalait si ponctuellement, et de partir pour Capvern. Quand nous le vîmes entrer dans notre cabinet de consultation, avec cette teinte jaune paille des téguments et cette émaciatlou, qui sont la triste livrée des dégénérescences spécifiques arrivées à leur période ultime, nous avouons que notre pronostic fut âpre, et que nous fûmes ten Lé de le renvoyer chez lui sans l'entendre. M. X... but s notre eau, se baigna, prit des douchesà la tempéalure de 25° centigrades. Son appétit ue tarda pas à ; réveiller. Un régime réparateur lui fut prescrit, .près quinze jours de traitement, on ne l'aurait plus icoiinu. Sous l'influence de nos eaux si toniques,
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les fonctions digestives s'étaient complètement rétablies. Les forces étaient revenues. Bref, M. X... passa près d'un mois à Capvora et se retira tout à fait remonté, à la grande surprise des baigneurs qui l'avaient vu arriver dans un si piteux état.
M. B..., de Pau, vieillard d'une soixantaine d'aunêos, homme de monde fort aimable en même temps qu'écrivain distingué, nous fut adressé en 1871 par notre habile confrère, le docteur Duboué, pour lui refaire du sang, avant une opération grave que M. B... devait subir. Eh bien! ce malade avait été soumis pendant longtemps à l'usage des alcalins à base de soude, qui avaient produit chez lui des effets désastreux. Son sang en dissolution ne pouvait plus être cBiitenu dans les vaisseaux ; il s 'échappai! à travers leurs parois pour se répandre sous la peau sous la forme do légères plaques noires. La faiblesse de M. B... était extrême. Mais il ne tarda pas à obtenir • près de notre source une ^habilitation sanitaire dont il n'a pas encore perdu les bénéfices.
Donc, sans proscrire, d'une faron absolue, les sels sadiques dans le traitement de la gravelle urique. nous croyons que le praticien doit préférer les eaux miuôralirs île Pougnes [carbovalées ealciques), de Contiexevilie et Capvern (sulfatées cakiques), aux eaux sodiqnes de Vichy, de Vais, de Carlsbad, etc. On peut, sans danger, boire les premières en abon-
dance et pendant longtemps ; ce qui n'est pas à dédaigner dans la thérapeutique d'une affection, où le lavage à grande eau, de l'appareil sécréteur du liquide excrémentitiel et de ses canaux excréteurs, est d'une si grande importance.
L'eau de Capvern agit de plusieurs manières lorsqu'on l'emploie dans le traitement de la gravelle urique: 1" par son action remarquable sur les fonctions digestives qu'elle relève et régularise elle améliore, la nutrition. Or, pour guérir la gravelle, il ne suffit pas de s'attaquer à ses résultats, il faut surtout chercher à ramoner l'équilibre troublé entre les actes d'assimilation et de désassimilation.
Si l'on Eonge à l'action puissante do notre eau minérale sur l'estomac, dont elle réveille, dont elle exalte les aptitudes fonctionnelles ; si l'on songe que, sous son influence, la nutrition devient rapidement meilleure, l'élaboration des humeurs et l'hématose étant plus complètes, on pourra en conclure qu'elle guéiit la gravelle en rétablissant l'harmonie fouc- Èjonnelle, en enrayant sans doute, selon les lois de la méthode substitutive, l'état eatarrhal, dont les reins, dans cette affection, est souvent le siège; " par l'action que notre eau minérale exerce sur le mucus qui relie entre elles les concrétions uriques
. phosphatiques, elle produit la dissociation des graviers ; elle les ëwietts pour ainsi dire et eu favo-