ORALES
rise l'expulsion, c'est ce qui explique la fragmentation des concrétions min aires; dont les parties usées, corrodées, sont renvoyées au dehors. Nous en conservons de curieux échantillons-, 3 b comme on peut boire l'eau de Capvern sans inconvénient à la dose de plusieurs verrêes dans la matinée, par son passage fréquemment renouvelé à travers les conduits vecteurs de l'urine, elle dilate ces conduits, entraîne avec elle les mucosités, les sédiments, les sables ou les graviers qui les encombrent.
Eu outre, no perdons point de vue qu'il en est d'une eau minérale quelconque comme des autres agents de la matière médicale, qui ne sauraient produire chez tous les sujets des effets analogues. II faut toujours tenir compte de l'idiosyncrasie du malade, de son âge, de sa manière de vivre, de l'étal de l'atmosphère, et d'une foule d'autres circonstances qui n'échappent point à la sagacité de l'observateur consciencieux.
En général, l'eau de Capvern agit beaucoup plus activement chez les calculeux pendant le mois de mai, de juin, de septembre et d'octobre, qu'a l'époque des grandes chaleurs. Plus les (onctions do la peau * sont surexcitées par les températures élevées, plus celle du système rénal diminue. Plus on transpire, moins on urine. La stimulation produite par les diurétiques est alors souvent impuissante à déter-
MALADIES DE L'AÊPABHL BfflNAIRE.
miner sur le rein un mouvement fluxionnaire que, tout fixe, au contraire, comme nous l'avons dit ailleurs, du côté de l'enveloppe cutanée. La crise favorable se fait attendre, ce qui donne de l'inquiétude aux malades toujours impatients de guérir. Nous sommes uous-môme graveleux. Gomme le héros de Virgile, nous avons le triste privilège de pouvoir redire : El quorum pars magna fui! Notre santé avait été ébranlée ; nous avons raconté, ailleurs, nos souffrances et l'amélioration obtenue. Eh bien ! voici ••f que. nous avons observé sur nous-mème pendant les chaleurs sénégaliennes de juillet et d'août 1870 : Comme nous suons avec la plus grande facilité, nos urines ont été très-rares pendant tout le temps nue nous avons payé notre tribut aux températures élevées de cette saison , et cela, nonobstant l'ingestion quotidienne de quatre à cinq verrées d'eau minérale. Quand les fortes chaleurs cessèrent, au commencement de septembre, alors l'activité de l'émonctoire rénal reprit lo dessus sur celui de la peau. Nous retrouvâmes, dans toute sa puissance, la propriété diurétique de notre eau minérale; et jusqu'à la fin d'octobre, époque où nous cessâmes de boire, deux verrées d'eau de la buvette suffisaient pour amener, chez nous, la plus abondante diurèse.
i hain de trois quarts d'heure, saus boisson, pro-
lisait lo même résultat.
La grande quantité de sables ; de graviers, qu'ex pulsent journellement certains graveleux, est vraiment extraordinaire. Une dame de Villeneuve d'Agen, âgée do trente-cinq ans, d'un tempérament sanguin, vigouicusc et Lien nourrie, arriva à Capvern lo 25 juillet 1870. Atteinte do gravelle urique, elle y vint faire une cure de vingt jours. Pendant les dis premiers jours du traitement hydrominèral, qui consista en boissons, bains et douches sur la région lombaire, elle rendit beaucoup de sables. Obéissant à nos conseils, elle eut le soin de rassembler les dépôts tiriques ijni se faisaient an fond du vase, dans les urines rendues pondant la nuit ; et, chaque matin, elle en récoltait deux grosses cuillerées à soupe: tous ces sables étaient expulsés sans la moiudie douleur locale ou sympathique.
Il peut advenir que des individus soient graveleux sans qu'ils s'en doutent, soit que leur attention n'ait jamais été fixée sur les dépôts de matières salines que leurs urines peuvent contenir, soit que l'affection ne se soit pas révélée chez eux, par ces crises aiguës qui mettent le malade et le médecin sur la voie du diagnostic. Aussi rien n'égale la surprise de ces malades, lorsque, se trouvant à Capvern pour y soigner toute autre affection que la gravelle, ils s'aperçoivent tout à coup qu'ils rendent des urines très-sablonneuses et môme des petits graviers, dont l'expulsion
natteudue a lieu sous l'influence de nos eaux. Deux s de ce genre se sont présentés à notre observation durant la saison de 187Û, les voici :
' X..,de Paris, arriva à Capvern le 7 juillet 1870, Elle nous avait été adressée par le docteur Bertheraud, et elle venait soigner au Bowidé un engorgement de l'utérus, avec écoulement catarrhal et <iuek|iics granulations que notre confrère do la •apitalc avait déjà cautérisées. Cette jeune dame, e complexion robuste, bien réglée, mèreda deux beau s enfants, commença son traitement, qui consista eu bains tempérés au Bouridé, en douches ascendantes vagiûales et en douches descendantes eu arrosoir sur le pourtour du bassin. M™ X... buvait ,ussi deux verrées d'eau, tous les jours, à la buvette du grand établissement. Au bout de trois ou quatre notre charmante parisienne découvrit, non sans une certaine frayeur, que ses urines laissaient pici'ipiLei' des sables iniques en assez grande quantité. Elle s'empressa de nous instruire du fait. Nous rassurâmes aussitôt. M 1 "" X... continua à expulser les sables pendant une dizaine de jours. Et, quand elle quitta la station, elle partit enchantée, comme elle disait, d'avoir, dans notre pays giboyeux, chass leux lièvres à la l'ois.
Dana L'observation suivante, on verni que Ions Les malades ne prennent pas aussi spirituellement la
chose. M"" X..., de Tarbcs, est Agée de vingl-cinq ans. C'est une jeune personne brune, d'un tempérament bilioso-sauguin.qui s'est toujours bien portée, jusqu'au printemps dernier. La fonction physiologique de l'utérus se fait avec abondance et régularité, A la suite de quelques chagrins, M"° X... vit se troubler ses fonctions digestives. Elle éprouva des douleurs vagues soit du côté dos reins, soit du cùlé (!e l'abdomen, et quelques unifiions herpétiques légères. Son embonpoint diminua; elle devint irritable et passa pour avoir une maladie nerveuse. C'est pour Cela qu'on l'envoya à Capvern, où elle arriva le 25 août 1870, munie des prescriptions de son médecin, qui lui avait conseillé les bains du Bonridéet la boisson du grand établissement. Ces prescriptions lurent suivies pur M" X..., qui ne nous consulta point. Mais le 2 septembre, elle fut prise soudainement d'une vive douleur ayant son siège du côté du rein droit, douleur qui l'empêcha de sortir de sa chambre, et qui était accompagnée d'un malaise indéfinissable. Effrayée à la pensée de se trouver malade dans un hÔtel, loin des siens, elle avait désiré d'abord repartir pour Tarbes immédiatement. Mais les amis dont elle était entourée voulurent nous faire appeler. Nous trouvâmes M 11 ' X... couchée dans son lit. Son Eacies, un peu jaune, exprimait la souffrance. Le pouls battait normalement aux radiales. Cependant
MALADIES DE L'API'ARLIL UIUNAIRE.
elle accusait une douleur lancinaute vers la région ivimIo droite, douleur qui avait dos irradiationa dans tout le flanc du même côté. La percussion et la palpation ne nous firent découvrir rien d'anormal ni dans la région hépatique, ni dans la ventre. La malade avait dos nausées, sa langue était légèrement saburrale. 11 y avait de la constipation. Les urines étaient rares, très-rouges et chargées de sables uriques ; les envies d'uriner se reproduisaient fréquemment. Nous diagnostiquâmes une crise néphrétique, sous la dépendance de l'affection calculeuse. La malade l'ut vivement contrariée de notre diagnostic. Il ne lui parut pas possible qu'elle pût avoir la gravelle, Ce mot Je gravelle l'épouvantait, et ello no Ii'iiait pas du tout, à son âge, h avoir ce qu'elle appelait la maladie des vieillards. Qu'elle ne tînt pas à avoir la gravelle... cela se conçoit ; c'est une visiteuse a laquelle chacun serait bien aise de fermer la porle sur le nez, mais alors la fâcheuse entre par la fenêtre! Il faut donc eu prendre son parti, et tâcher de la l'aire déguerpir, lorsqu'elle est dans la maison. M llc X... se trouvant dans l'impossibilité de prendre le train pour rentrer a Tarbea, se décida, à regret, à se laisser boîgner à Copvern. Sous l'influence des bains, des sangsues et des calmants que nous prescrivîmes, ii y eut pondant deux jours de l'amélioration dans sou état. Mais, le 5 septembre au malin, M""X... nous
(ÉBALKS.
envoya chercher. Elle avait passé une nnil La douleur avait reparu ; mais son siège était différent : elle était localisée dans le flanc droit, dans le trajet que parcourt l'uretère. Tout ceci venait confirmer notre diagnostic, et nous annonçâmes à la malade qu'un gravier, cause des accidents, s'était détaché des reins, qu'il suivait le conduit qui mène l'urine des reins à la vessie: et qu'aussitôt que le GOl'ps étranger serait tombé dans le réservoir urinaire, elle serait immédiatement soulagée. Nous la fîmes remettre dans le bain, et on recouvrit ensuite l'abdomen de cataplasmes fortement laudanisés. La malade prit en outre des pilules composées avec de l'opium et la belladone. Le calme arriva dans là soirée, ainsi que nous l'avions annoncé. Le lendemain, à, notre visite, nous trouvâmes M"" X... souriante et guérie. Nous demandâmes à voir les urines de la nuit, et nous aperçûmes au fond du vase trois gra- ■vîers d'acide uriquo, de la grosseur d'un petit pois, qui avaient été expulsés, sans que la malade s'en fût aperçue. M"* X..i, encore incrédule à l'endroit de l'exactitude de notre diagnostic, ne se rendit pas devant le corps, non pas du délit, ruais de la maladie. Elle eut l'idée que les bonnes de l'hôtel lui avaient joué un vilain tour, et qu'elles avaient jeté ces petites pierres dans son vase. Pourtant il fallut céder k l'évidence; et M" X..., désireuse de se débarrasser
d'une all'ectîou qu'elle croyait être l'apanage triste et exclusif de !a sénilité, devînt un* cliente docile, et s'éloigna de nous, après vingt-cinq jours de traitement hydrominéral. Depuis cette époque, elle n'a pas éprouvé de nouveaux accidents.
Régiwe. — Certes, voici un chapitre fort important pour tous ceux qui ont lagravelle. Mais il en est de ce que nous allons dire comme du prône du pasteur, que beaucoup écoutent, et qu'un petit nombre met en pratique. En général, les graveleux, comme les goutteux leurs cousins germains, ne sont pas insensibles aux délices d'une table bien servie. La grave-Ile et la goutte se plaisent avec les gourmets, qui sont gens de fort bonne compagnie. Que les disciples de liri liai -Savarin et du baron Brisse prennent leur parti du goût de ces deux sœurs jumelles, et qu'ils s'efforcent, s'ils ne veulent pas être exposés aux inconvénients graves d'un pareil voisinage, de rationner maître gaster et de mettre leurs divers appétits en quarantaine. La chose est, nous le savons, difficile. Quand on a vécu dans le péché mignou de la gourmandise, qui en entraîne tant d'autres non moins mignons à sa suile, en dépit des sermons du médecin et du curé, on meurt souvent dans l'impénitence finale. Allex donc dire ace gai convive,
a face luisante et rubiconde, aux lèvres sensuelles, soumettre au régime de ces bons moines
d'Aiguebelle! et de quitter le beefsteack aux anchois poux la carotta, et de préférer l'eau claire aux vins do Bourgogne et du Chritcau-Laflitte ! Vous n ub- Ifendrez pas grand'chose de ce pécheur endurci. C'est si bon un lilct aux truffes, arrosé d'un vin généreux et escorté de la liqueur moelleuse que M. Solignae et C ie nous envoient de Cognac! Qu'il est doux d'oublier, en semblable société, la podagre ou la néphrétique des itetj/ei </e l'autre an! Une fois n'est jias coutume, dit la Sagesse des nations! Mais qui a bu boira, dit aussi cette même Sagesse, et l'on continue à mener son joyeux train de vie gastronomique, accompagné de tout ce qui s'en suit, jusqu'à la nouvelle crise néphrétique ou goutteuse qui arrive à son heure. Oh! alors, quand les tortures pressent, les bonnes intentions pour l'avenir ne font point défaut, L'enfer, on le sait, en est pavé, et la chambre des graveleux aussi !
Quoi qu'il en soit, qu'on se rappelle ce que nous avons écrit, à propos des circonstances écologiques qui président aux manifestations de la gravcllc urique. Qu'on n'oublie point que, lorsque la prédisposition diathésique eaiste, il suffit du plus léger écart de régime pour l'aggraver. En conséquence, les graveleux de cetLe section devront, non pas bannir, d'une manière absolue, les substances fortement azotées de leur alimentation, mais devient n'en user
qu'avec la plus grande modération. Qu'ils renoncent à l'usage abondant et trop souvent répété des viandes de mouton, de bœuf et du gibior. Les viandes blanches, les végétaux de facile digestion, le poisson, le lait, leur conviennent ainsi que le miel. Qu'ils redoutent les acides, les boissons alcoobqucs, les vins spiritueux rouges et blancs, le th'é ot le café concentré. De temps en temps un mazagran doit leur suffire. Qu'ils boivent, à leur repas, un petit vin, bien dépouillé, qu'ils auront le soin de couper avec l'eau gazeuse de Seltz,ou bien avec l'eau ordinaire. Qu'ils boivent de l'eau, beaucoup d'eau ! les vins généreux échauffent et diminuent les sécrétions des reins. L'eau, au contraire, délaie, lave et pousse aux urines. Voilà la boisson qui convient aux graveleux de toute catégorie. C'est là lo remède souverain. « Lès grands buveurs d'eau, dit-on, n'ont jamais eu la pierre !» Je le crois bien ! plus ou boit, plus on urine, et les sables, les mucus quisont balayés, n'ont paa le temps de se conerôtionner pour former des calculs.
Les graveleux, ordinairement sujets à la constipation, devront entretenir la liberté du ventre, à l'aide de légers purgatifs ; ceux qui mènent une vie sédentaire, comme les hommes de cabinet, les jurisconsultes, les magistrats, les prêtres que les devoirs de leur saint ministère retiennent trop longtemps à
CAPYEtt.N. — SES EAUX MINÉRALES.
l'église, doivent avoir soin de ne pas retenir leurs urines dans leur réservoir naturel, quand le besoin de les expulser se fait sentir. Ils doivent en outre se souvenir que l'exercice, au grand air, leur est indispensable. C'est par l'exercice quotidien qu'ils activeront cl rendront plus complètes les combustions de nutrition. Que cet exercice se fasse à pied, à cheval ou en voiture, pourvu qu'il soit modéré, qu'il ne dégénère pas en fatigue, cela importe peu. Ils auront le soin do se prémunir contre les variations brusques de la température, surtout au printemps, en portant des vêtements de flanelle, sur la peau ; ils éviteront tout ce qui peut amener des transpirations considérables, et feront régulièrement, à domicile, le traitement par l'eau minérale que nous avons l'habitude de leur conseiller, traitement auquel tant de malades doiventTimmunité dont ils jouissent à l'endroit des manifestations ciisiaques si douloureuses de l'affection. Ils devront, en un mot, mener une vie sobre, éviter les excès de tout genre et toujours avoir présents dans leur mémoire les conseils que renferme cet aphorisme du père de la médecine: nhi, potus, snmni, Venus, labor, omnia moderato, sint, conseils qui doivent être la règle de conduite, non-seulement des calcoleux, mais encore de tous ceux qui sont soucieux de la santé, ce bien le plus précieux de l'existence.
Avant de clore ce paragraphe qui a trait à la gra-
velle urique, noua allons reproduire ici quelques
observations que le lecteur ne lira pas sans intérêt :
OnsEHVtTtoN I. — Gravelle urique; coliques néphrétiques ; expulsion de graviers ; guérisun.
M. L-, de Rayonne, d'un tempérament bilioso-sanguin, d'une bonne constitution, vint à Capvern le 18 juillet 1870. Ce malade, ftgé de 48 ans, hit pris dans le courant de l'année qui précéda sa cure thermale de plusieurs accès de coliques néphrétiques qui se terminèrent par l'expulsion de trois graviers uriques, dont l'un avait la grosseur d'un haricot, les deux autres avaient !e volume d'un petit pois. Son appétit était capricieux, cependant ses digestions étaient bonnes. Le faciès présentait une teinte ictérique prononcée, bien que l'exploration ne laissât aucun doute sur l'absence d'une lésion organique du foie,
PHSBCïumo» : Quelques bains lie Ilount-Caoute, douclirs tempérées à jet brisé, principalement tut iet teint et sur le
trajet des uretères ; 4 à (• vnres d'oiu mintrairirn hnisimi.
$9 juillet. — Une diarrhée considérable se déclara et le traitement fut suspendu durant deux jours, pendant lesquels l'eau do ria et des lavements laudanisés furent administrés.
.31 juillet. — M. L. fut en proie à tous les symptômes d'une colique néphrétique violente qui dura vingt- çuatre heures. Le 1 er août, le malade rendit trois graviers uriques gros comme une lentille. A partir de ce moment, l'état du malade fut très-satisfaisant.
Réflexions. — M. L. est revenu tous les ans depuis 1870 faire une cure de vingt jours à Capveru, nous
9 moment se dé-
lai CAPVEEIN. - SES KAUX MINÉRALES,
l'avons revu encore en 1874, et il nous a affirmé que, depuis sa première cure, il n'a plus rendu ni sables, ni graviers urîqnes. C'est donc une guërison a enregistrer.
Obskrvatkjn II. — Oravelle urique ; coliques néphrétiques suivies de l'expulsion de sables et graciers uriques.
M. Vincent G..., du Lot-et-Garonne, est âge de 40 ans. D'un tempérament sanguin, ce malade est doué d'une roliuste constitution. La base de son alimentation quotidienne est la viandegrillée ou rôtie de bœuf ou de mouton. Eu août 1869, ce malade ^prouva des crises néphrétiques trèsdouloureuses, à la suite (lesquelles îles saliles rouges lurent éliminés en grande quantité. A partir durèrent des envies fréquentes d'uriner et il ri douleur assez vive au méat urinaire. L'exploration de la vessie par le cathétérisme ne fit pas découvrir de calcul dans le réservoir urinaire.
Prescription : 4à6verràes d'eau de Hount-Caoute, douelics lombaires. Comme ce malade est fort excitable et qu'il nous offre les attributs du tempérament sanguin, nous lui conseillnus les bain* sédatifs du llouridé.
18 juillet. — M. C. est pris d'une colique néphrétique légère qui est suivie de l'expulsion d'un gravier urique du volume d'un grain de mais.
Réflexions. — Depuis cette époque, nous avons eu l'occasion plusieurs fois de revoir ce malade. M. Vincent C. rend encore de temps en temps des sédiments uriques qui fond le dépôt par le refroidissement de l'urine au fond du vase. Mais il n'a plus éprouvé de crise néphrétique et il n'a plus rendu de gravier.
MALADIES DE L'APPAREIL URINAlItE. I
Observation III. — GrardU' wriqw : a>/ ■■■.■ n fphréliqut hématurie; expulsion iVun gravier : guêriton-
M. S., notaire dans le département de l.i Ihu.e-Garonne, âgé de 28 ans, d'un tempérament [ymphatico-éanguin, d'une bonne. constitution, vint à Oapvero le 6 juillet 1870. Il nous raconta qu'il avait été atteint, dans le courantde l'année, do coliques néphrétiques, suivies d omissions de sables rouges; depuis quinze jours, il urinoit du sang et éprouvait une vive cuisson au méat urinaire et de la chaleur dans le trajet du canal de l'urètre.
M. S. n'accepta pas l'exploration par l'algalie que nous lui proposâmes pour asseoir notre diagnostic d'une manière certaine; alors, nous lui conseillâmes des bains quotidiens, et lit boisson à dose modérée à Hoitnt-Gaoutc.
V lié m a tu rie fut supprimée dans les premiers jours du traitement pour reparaîtra plus abondante, à la suite d'un voyage que M. S. l'ut obligé de faire, le 13 juillet, pour ses allàires. Le maladt! rentra à Capvern désespéré. La douleur du méat persistait avec âcreté, et M. S. se plaignait d'une pesanteur furt incommode dans la région hypogastrique, et d'une vive chalear dans l'urètre et au périnée.
Nous lui fiines administrer des douches tempérées en arrosoir sur Ici renions 11 y po gastrique et perinéale. La diurèse ne tarda pas à devenir très-abondante sous l'influence de six verrées d'eau minérale prises dans la matinée du 15 juillet, ot le soir, le malade expulsa un gravier d'acide nri que, plein d'aspérités et du volume d'un grain de maïs.
Réflexions. — Depuis ce moment, M. S. n'éprouva plus ni douleur sympathique du côté de l'extrémité de la verge, ni chaleurs dans le conduit, nipissement de sang. Il partit guéri et la guérisou u persisté.
CAPVKBN. — SES EADX VJIN.ÉIULES.
Observation IV. — Grawlle urique ; crise* néphrétiques ; expulsion de quatre graviers.
M. G., d'Agon (Lot-et-fiaronne) . Agé de 50 ans, d'un tempérament aervoso-sangaiii, est envoyé h ('.afueni |i;ir son médecin, pour y soigner les coliques néphrétiques q&'il épruuvu dopais quelque temps, Ce malade n'a jamais expulsé ni sables ni graviers ; i! arrive à la nation te 10 juillet 1870. Nous le soumettons au traitement suivant:
Bains sédatifs au Bouridé ; qualr-e à si'.r verrées d'eau minérale de Hount-Caoute dans la journée.
Le 18 juillet, après son dinar, M. 0. est subitement pris par une colique néphrétique qui dure quatre heures et qui se termine par l'évacuation douloureuse de quatre graviers d'acide urique de la grosseur d'une lentille.
Réflexions. — Depuis lors, M. C, que nous avoua revu, n'a plus éprouvé de crises néphrétiques, et il n'a plus expulsé ni sables ni graviers.
I Ik-
on V, -
- Dyspepsie; colique néphrétique; expulsion de quinse graviers uriquts : guérison.
Bernard T., de Tarbes (Hautes- Pyrénées), d'un tempérament lymphatico-sanguin, d'une constitution délicate, est. ;'iL-é de 38 ans. II eatenvoyé à (lapvern par son médecin pour y soigner une dyspepsie chronique. Jamais ce malade n'a rendu ni sables ni graviers, et aucune des manifestations habituelles de la dia thèse urique n'a pu en faire soupçonner l'existence chez lui. Cependant cette diathèse existait; et les troubles digestifs ressentis par le malade étaient sous sa dépendance.
PnESCniPTros: Quatre à six terrât* d 'nais minérale dt Hount- (Jituute : hains au mc.int' él.at'Ussument.
Ce traitement est exactement suivi jusqu'au 10 juin.
iris la nuit du 10 au 1!, Bernard T. est pris subitement ■ une crise néphrétique des plus douloureuses. Lorsque is arrivâmes près de lui, au milieu de la nuit, i! était. proie à une ugitation extrême, il se levait, se couchait, roulaitsur le soi, sans pouvoir trouver un instant de ilagement et de repos dans ces positions variées. Nous mi l'imes administrer quelques perles de ehloral, et un lavement purgatif, et nous conseillâmes un bain. Le calme ne tarda pas à succéder à cette tempête. Le malade rendit dans k journée quinze graviers d'acide urique, dont quelques-uns étaient gros comme des lentilles, et les autres comme des têtes d'épingles. A partir de ce moment, Bernard T. ressentit un bien-être inaccoutumé, ses digestions devinrent excellentes. Il partit guéri le 20 juin.
Réflexio.vs: Nous avons eu plusieurs fois l'occasion de revoir ce malade à Capvern, où il revient, dit-il, par reconnaissance, et, depuis sa violente crise, il n*a plus rien éprouvé.
Observation VI. — Douleurs continuel-la duiis ta région rénale; usage de l'eau dtSapoorn àdomicilu ; n.cpttlsion d'un gravier d'acide urique.
M. B., de Pau, âgé de 30 ans, csfd'un tempérament sanguin, et d'une excellente constitution. Il fut envoyé en 1871) à l!agnères-de-Luclion,pour y traiter des douleurs habituelles du côté des reins, que l'on supposait être de nature rhuraalismale. Le traitement thermal qu'il y subit produisit une lin irritation. Bd de ses amis lui parla des eaos do Capvern et lui conseilla d'en l'aire usage à Luchoo même. M. B. se ht envoyer '20 bouteilles d'eau de Hount-Camite. Cette eau minérale ne tarda pas à produire une abondante diurèse, et le malade expulsa un gravier urique de la grosseur d'un pois. Les douleurs rénales disparurent aussitôt pour ne plus reps tt i i b ■ .
11W CAPVERN. - SES LAI * M]\L1IAI,KS.
□epoii 1 >'7u, M. li. est tous les ans venu taire sa cure Ca|ivern. Pendant les années 1871 et 1872, il n'a rendu r, sables ni graviers uriques. Mais, à la lin dp la cure ther maie qu'il lit en 1873, il expulsa deux graviers uriques il volume d'un grain de blé, sans colique néphrétique.
CluseavATtoN Vil. — Grarelle urique, quantité considérabi de mile) ; rétention d'urine.
M. B.,de Villandroau (Gironde), âgé de 61 ans, d'un le m pérament sanguin et d'une robuste constitution, vint Capvern le 27 juillet 1872. Uo viticulteur a souvent éproûv quelques symptômes de cystite du col, et ses urines pré sentent fréquemment des dépôts uriques en abondance M. B, se plaint aussi de douleurs rénales et de chaleurs ai périnée et dans le trajet de l'urètre.
Prësciuption : Battu de ilount-Caoute ; quatre à six verre minérale ; douches tempérées à jet brisé sur ta régie
L'effet diurétique des eaux se produit dès les premiBi jours du traitement thermal. Le malade rend beaucoup d sables rouges, Un jour, il est pris de rétention complète d'urine, lin bouchon constitué par les sables accumulés obstrue la portion prostatique du canal de l'urètre, i n'est pas sans difficultés que la sonde traverse ces obstacle et pénètre dans la poche urinairo. Après avoir vidé I vessie, nous retirons L'avilie remplie d'acide urique.
La quantité de sables que M. B. expulsa à Capvern, peu dant sa cure, l'ut vraiment énorme.
Hiii'UxiONS. — Nous avons revu plusieurs fois malade à Capvern. Nos eaux ont atténué sa maladi d'une manière remarquable. Les symptômes dysn ligues n'ont plus reparu, et ce n'est pins que de loi
en ïoin que M. Ii. rend encore quelques sables r i santé est excellente.
QiiBunviTiON' Vlii, — Ni'plirile ehronii/i-ie aire tantjaliim mguim des reins. — Gravelle.
M. L..., d'Aydio (Ilasses-l'vrcnées), avait été atteint plu- * fois de coliques néphrétiques. Un Licitement anliuh logistique rationnel avait combat Lu efficacement la main lui conseilla les eaux minérales de Capvern. M. L.... vint me consulter, quelques jours après son armée à cette station thermale, et se plaignait amèrement n'éprouver aucune amélioration dans sou état. Après avoir exploré attentivement le malade, je reconnus chez lui une congestion rénale très -considérable, La sécrétion urinaire était iirs-allaililie. Les urines étaient rougciUres et même saii^uiiioUnuns. M I.... ■'■t.riU :l.:,'é île linquaute-cinq msetdoué d'une forte constitution. Je conseillai le traitement suivant: I" Une application immédiate de vingt sangsues à l'anus ; 2" un bain quotidien au Bauriié, prolongé pendant 45 minutes et même deux heures ; 3" l'abstinence de tonte boisson d'eau minérale pemlanL trois jours , \" un régime alimentaire composé exclusivement de potages et do légumes frais. Dès le troisième, bain, une hypersécrétion urinairo .se déclara. Le liqniJa était d'abord rougeàtre, puis î! devînt successivement plus limpide, euDn les urines forent complètement décolorées.
En examinant avec soin les urines rougeâtres, on s'aperçut qu'elles laissaient déposer une certaine quantité 'î.- gra/eitn uriques.
Le sieur L... retrouva bientôt son premier embonpoint t ses facultés dîirestives. Il prît seize bains et se contenta e boire quelques verres d'eau à la buvette. La guérison s'est maintenue. L'examen de la région rénale démontra
M# CAPVERiN. — SES EAUX MINÉRALES.
qu'il n'existait plus la moindre trace de congestion. (Docteur Peuhuidou).
Réflexion-s. — Il arrive quelquefois, comme dans le l'as précédent, que l'hypérémie ou l'inflammation de l'appareil rénal est tellement intense, qu'elle est une contre-indication de l'usage de l'eau excitante du grand établissement. 11 faut alors, ainsi que l'a fait notre confrère, combattre d'abord lespliénomèlies inflammatoires ou congés tionnels à l'aide des bains" hypothénisauts du Bouridé, et même de quelque application de sangsues. On essaye ensuite l'eau de la Hounl-Caoutc dout on surveille attentivement les effets. Si l'irritation a cédé, la crise urinaîre ne tarde pas à s'établir franchement.
Observation IX. — Gravclle compliquée de congestion
hêiHtjrmïdn-iir.
M. le docteur H., de Garlin (Basses-Pyrénées), mon ancien camarade et ami, se rendit aux eaux de Capvern. il \ a quelques années, pour se débarrasser de la gravelle. Il était affecté de cette maladie, héréditaire dans sa Famîlta. Indépendamment de la gravelle, le docteur TJ... se plaignait de douleurs gravatives dans la région lombaire, dans le bassin; ces douleurs s'in'iuiiuient dans h; voisinage de l'a.nus. Joignons à tout cela des bourrelets hémorroïdaux, et an« céphalalgie sus-orbitairc très-fréquente. Je conseillai à mon confrère et ami les bains du Bouridi, et les eaux de la buvette principale, à doses progressives. Les premiers bains amenèrent une véritable crise hémorrhagïque sur les voies naturelles. En moins de tKiis jours la congestion hémor-
rfou,
roidaire disparut complètement; 1rs urines devinrent, ibondantes, elles expulsèrent un certain nombre de véritables concrétions lithiques, peu volumineuses. Ceseoncré- 19 étaient formées de phosphate ammoniaco-magnésien, Le docteur B... se retira très -satisfait de son séjour à Oapvern. Il avait retrouvé une santé complète (Docteur Peu eb mou).
Oiisi'.«v»TiriN X. — Oravelte wique; coliques néphrétiques; \teurs rhumatismales.— Dyspepsie.
Marie L..., de Montcrabeau (Gers), est âgée de cinquante ans. Elle est d'un tempérament sanguin, n'est plus réglée, et B BU jadis des douleurs rhumatismales articulaires ; depuis quelques temps elle a eu plusieurs coliques néphrétiques : elle a expulsé chaque fois des graviers d'acide urique. U'est à cause de cela que son médecin, le docteur Fourquet, l'a envoyée â Capvern, où ello est arrivée le 9 août 1870.
En ce moment, elle se plaint surtout du trouble de ses digestions, et de la porte de l'appétit ; elle est eonBtipée. Ces accidents dyspeptiques remontent à sa dernière crise qui a eu lieu vers la lin de juillet, et qui dura deux jours . Marie L... accuse des douleurs dans la région lombaire.
TftArmmifT : Oitlq vmTa (''nui it'abont, puis sir, liuil, h ii la buvette d» grand itabliatment. Bain île trois quarts il'hrinr nu ilouridé. t)oui:h: itrseenih.it h: tempérée , en arrosoir
15 août. — Les douleurs sont plus intenses elle- s'nt.it des lombes dans tout l'abdomen, principalement s le trajet de l'uretère droit. Les urines sont rouges, ares; la constipation est opiniâtre. A ehaque istant, la malade fait des efforts inouïs pour uriner, et r aller à la garde-robe. On dirait, dit-elle, que le ventre li tombe, et qu'elle va accoucher.