CAPVEHN. - SES EAUX MINÉRALES
Suspension de la boisson. Bain ènmlliriit, friction* ri jyilvU-: ealmuiites. Lavsmsnti èmoLlicnts,
16 août. — Expulsion de plusieurs graviers de la grosseur d'une lentille. Calme parfait ; la malade reprend Bon traitement le lendemain.
27 août. — L'étal de Marie L. . . ne laisse rien à désirer. Ijien que, du 16 au 20 août, elle ait éprouvé une légère recrudescence de ses douleurs articulaires rhumatismales. La dyspepsie a disparu, et la malade part rétablie,
Expulsion de dix-neuf grai •■ cri.'!,' néphrétique.
-iiriqucs, à la suite tfi.
M"" 1 [I., de Gond om (Gers), pléthorique, d'un tempérament sanguin, âgée de dnq uante- huit ans, arriva à Capvern le 14 septembre 1870. Depuis la disparition de ses menstrues, cette dame a éprouvé, à différentes époques, quatre attaques de colique néphrétique ; et elle a rendu quelques graviers gros comme des lentilles. Ses urines sont habituellement chargées d'acide urique. Ses digestions ne se troublent qu'au moment et à lasuite des crises. M^^ILéini-iivù une douleur fort incommode du cote du rein gauche. Mlle est habituellement constipée.
Traitement: [l'abord quatre, puis six, huit, dix ivres d'eau en laissant un intervalle de deux jours mire- chaque augmentation de dose. Demi-bain à In Ilount-Caoute ; et douches descendu nies en arrosoir sue lu partie douloureuse, septembre. — Crise néphrétique moins violente que
.'.i septembre. — M"»> II... a expulsé, dans la matinée, dix-neuf graviers d'acide urique, de volume d'une lentille, qu'elle nous remet pour grossir notre collection. Son état est «scellent.
29 septembre. — Depuis la sortir des graviers, la douleur
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a disparu; M™ H .. n'a pas éprouvé d'autres accidiniis. Fille quitte la station ce ïfl septembre.
Nous pourrions placer, à côté de ces faits, au moins soixante observations recueillies pendant la dernière saison, toutes relatives à l'expulsion d'une plus ou moins grande quantité de graviers sous l'influence de nos eaux. Mais la crainte d'ennuyer le lecteur par la monotonie de cette exhibition nous arrête. Du reste, les cas que nous vouons do rapporter mettent suffisamment en évidence les remarquables propriétés des eaux de Capvern, dans lo traitement de la gravellc.
3° Gravelle alcaline ou blanche
L'état de l'urine dans cette variété est alcalin, i Lorsque, dit M. Rayer, les graviers sont phospnaliques, l'urine alcaline est louche au moment de l'émissiou, s'éclairât d'abord par L'addition do l'acide «trique, et elle se trouble quelquefois ensuite par [/addition d'une plus grande quantité de cet acide, :i elle contient de l'albumine, du sang et du pus. » i gravelle alcaline est constituée par le conerétionnement du phosphate, du carbonate de chaux et surtout du phosphate ammoniaco-magnésien. La disparition de l'acidité normale de l'urine détermine
m GâPVEHH. - SES EAUX MI.NÉHALES.
la précipitation de ces matières salines. La gravelle, composée de phosphate ammoniaeo-magnésien, se montre sous la forme de cristaux transparents, de forme ordinairement rectangulaire ; elle se dissout complètement dans les acides faibles. Quant aux concrétions de phosphate de chaux et de carbonate de la môme base, elles se présentent en poudra amorphe, et elles sont blanches ; aussi sont-elles désignées sous le nom de gravelle blanche. Elles sont moins fréquentes que celles qui sontformées de phosphate animouiaco-magnésien. C'est la gravelle des herbivores.
Quelles sont les causes qui influent sur les manifestations de la gravelle phoaphatique ? Nous les trouvons très-bien indiquées dans le beau livre du docteur Baud (Maladies des Organes génito-urinaires, page 252). Voici ce que dit, à ce sujet, cet habile écrivain :
« Les causes de la gravelle alcaline se trouvent : 1" dans l'état général du sujet; 2° dans les conditions locales de son système urinaire.
» 1° Causes générales. — Nous avons vu que le travail intra -organique qui renouvelle la composition de nos solides et de nos liquides, en détache des principes phosphoriques, lactiques et uriques, qui se mêlent aux autres matières de la défécation urinaire, et lui donnent son acidité normale.
» Nous savons que si le travail cesse d'être équilibré, que s'il s'exerce sur des produits organiques trop riches et trop abondants ; que s'il devient tumultueux, il y a production excessive de ces acides et précipitation de l'acide urique le moins soluble des trois. » Si, au contraire, ce travail se ralentit sensiblement, pour cause d'inertie vitale, ou pour cause il appauvrissement organique et d'insuffisante réparation, les acides dérivés des principes de noire économie sont produits, puis excrétés en proportions successivement plus faibles, les principes basiques, soude, chaux, magnésie, ammoniaque, sont, au contraire, éliminés plus abondamment, et de ces deux faits inverses, mais concordants, résulte l'alcaleseeuce du liquide linéaire. A dater de* là, les phosphates de chaux et de magnésie, soluhles quand ils étaient pourvus d'une double dose d'acide phosphorique, deviennent insolubles maintenant qu'ils ont dû en céder une portion aux bases surabondantes; a celle-ci vient encore s'ajouter l'ammoniaque, produit des décompositions animales qui s'effectuent en dehors des influences de l'activité vitale ; en s'assocïant au phosphate de magnésie, il le rend encore plus eoncreseible. Le carbonate de chaux, matière iirinaire spéciale aux animaux herbivores, intervient par analogie dans les urines désanimalisées, dont l'urée finit elle-mOuiu par disparaître.
■> On voit ainsi pour quelles causes et par quelles
mutations les concrétions phosphaliques se substituent aux productions uriques, chez les sujets caducs. chez les malades profondément débilites, chez les calculeux, chez les goutteux, chez les rhumatisants parvenus aux phases d'épuisement do leurs réactions vitales ; dans les conditions de l'alimentation insuffisante et de l'hygiène dépressive; dans le marasme des lièvres graves; sous l'influence des désordres intenses de l'organisme nerveux.
» 2" Causes locales. — Dans une deuxième occurrence, plus fréquente que celle que nous venons d'analyser, l'ai cale s ce nce du liquide urinaire et l'insolubilité des phosphates ne sont plus d'origine constitutionnelle, et se produisent, non plus en deçà, maison delà les reins. Les mutations substantielles de la gravelle rouge précèdent toujours l'action de ces organes; mais celles do m gravelle blanche, en question, trouvent leur raison d'être, et de s'accomplir dans l'appareil urinaire lui-même, affecté de quelque désordre de tissus et de fonctions, s
M. Baud explique ensuite comment l'urine devient alcaline sous l'influence île l'ammoniaque, qui, dans les circonstances qu'il vient d'éuumérer, s'empare de l'excès d'acide phosphorique qui rendait soluhles les sels de phosphates de chaux et de magnésie, et s'associe à ce dernier pour former un sel double
)ssentiellement cristallisable. Le séjour prolongé do
rine dans les cavités urinaires, ou dans toute
ïtrife accidentelle où elle peut pénétrer, favorisera
Btto cristallisation. Il en sera de même de lout ce
i peut co m promettre l'excrétion urinaire, comme
relâchement atonique, l'astriction spasmodique
i organes de la miction, le désordre produit par
i calculs stationnaires, les rétrécissements, et les
latations des conduits et des réservoirs, les engor-
aients de la prostate, si fréquents chez les
ieillards, les tumeurs de la vessie, de l'utérus Et de
«annexes, du rectum.
■ Le concrétionnement phospbatique est d'autant plus imminent, ajoute M. Baud, que la pluralité de
s lésions urinaires se complique d'inflammations -ouiques, d'affections catarrhales, d'ulcérations, hémorrhagies, et partant de sécrétions et d'exsu- Ldions essentiellement fermentescibles.
» 11 est encore une cause toute spéciale de précipitation de phosphates concrets, qui mérite une atlen- Murticulière, sur laquelle je crois devoir insister, lette cause n'est autre que la saturation des urines, jrtée jusqu'à l'alcalescence, par l'usage trop copieux li trop prolongé du bicarbonate de soude, sous forme
■ préparutions médicamenteuses ou d'eaux de A'i- Dans cette éventualité, qu'évitent le plus pos-
ble, je le sais, les médecins éclaires de cette station
CAPVERN. — SES EAUX MISÉfULES.
thermale, il n'est pas besoin dit développement incidente] de l'élément ammoniacal, pour produire cette compromettante modification chimique du .liquide urinaire : il suflit du sel alcalin absorbé, dont la plus grande part est reprise par la sécrétion rénale, u
Cette observation de M. Baud est fort importante, et nous avons vu plus d'une fois la gravelle phospbatiquc ou blanche succéder a la gravelle rouge, après avoir fait usage des alcalins à base de soude, et le graveleux, certes, ne gagnait pas à ce changement dans la nature de ses concrétions ! Pendant une des dernières saisons thermales, nous en avons eu un exemple sous nos yeux ; le voici: M. A..., receveur de finances, âgé de 'làans, était affecte de gravelle inique; il alla faire une cure a Contrexé ville en 1871 , d'après l'avis de M. le dorlritr Guyon, de Paris. A son retour de Gontrexévilla, il revit, à son passage dans la capitale, le médecin que nous venons de nommer, et l'habile chirugieo de l'hôpital Necker lui donna pour conseil de boire do l'eau de Vais. M. A... suivit ponctuellement cet avis, et pendant quatre mois il en lit usage. Au bout de ce temps, il n'eut plus d'acide urique, mais, à sa grande surprise, il s'aperçut un jour que ses forces déclinaient et que sa gravelle rouge était devenue blanchi;. Il alla aussitôt faire part de la chose au professeur Guyon qui lui fit immédiatement cesser l'eau de Vais, et nous l'envoya à Capvern.
MALADIES DE L'APPAREIL CRINAIDE. 17fl
Nous partageons donc, pour ce qui nous concerne, la manière de voir de l'ancien inspecteur de Contrcxéville qui, un des premiers, dans ces lignes que nous avons reproduites plus haut, a tracé, de main de maître, la distinction capitale qu'il convient de faire entre l'étiologie de la gravelle acide et de la gravelle alcaline ; car de la différence dans' les conditions écologiques dans lesquelles ces alJecLions se développent, découlera une différence radicale dans leur traitement.
Que les concrétions urinaires alcalines se forment dans les reins, ce qui est, comme nous avons vu, le cas le moins fréquent, ou bien qu'elles se forment dans la vessie, ce qui a lieu ordinairement, leur présence se révèle, soit dans l'organe sécréteur de l'urine, soit dans la poclie vésicale, par ces symplômes 'locaux et sympathiques qui ne diffèrent guère de ceux dont nous avons fait la description à propos de la graveile inique. Ici, toutefois, l'acuité des symptômes sera moindre que dans la première variété de l'affection diathésique. Les malades de cette dernière catégorie, dont les graviers prennent ordinairement naissance dans le réservoir urinai re, ne sont pas sujets, dans ce cas, aux coliques néphrétiques. Combien de ces graveleux nous avons rencontrés qui n'avaient jamais éprouvé de ces crises si douloureuses, et qui cependant avaient rendu ou
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rendaient encore une quantité extraordinaire de mn crétions lithiques alcalines. Encore dernièrement, M. l'abbé A..., do Taru-ot-lîaronne, nous apporta une quarantaine de graviers gris, lisses, ronds, de la grosseur d'un poids, qu'il avait expulsés à plusieurs reprises saus la moindre douleur. Nous pourrions encore invoquer le témoignage de M. le docteur C.„ de Toulouse, qui vint à Capveru pendant la dernière saison, muni d'un grand nombre d'échantillons â( produits liLbiques alcalins, qui avaient é sans que leur émission eût été précédée ou accompagnée des crises douloureuses dont nous avons parlé a propos de la sortie des graviers urïques ; mais, : la présence des graviers phosphateux entraîne de moins vives souffrances, ces graviers se déposent en pins grand nombre ; eu peu de temps, ils deviennent beaucoup plus volumineux ; en un mot, très-prompte ment à l'état de pierre, sous l'influenei des diverses lésions locales, qui, favorisant le séjour de l'urine dans la vessie, favorisent aussi la précipitation et le concrétionnement de nouvelles couches de matière saline autour d'un noyau prie
Voici les indications écologiques que doit comprendre le traitement rationnel do la gravelle alcaline: Le praticien ne doit pas un instant perdre de nn que cette gravelle coïncide avec l'atonie de la force vitale et les débilités organiques qui en sont les
"ésultats. Aussi, tout ce qui relève, tout ce qui restaure, tout ce qui soutient, ne devra pas être négligé dans la thérapeutique de l'affection morbide. On devra user des toniques sous toutes les formes et des dépuratifs. Commel'alimentationvégétale favorise le dèpôL des sédiments calcaires, on devra insister sur un régime fortement azoté. Le bœuf, le mouton, les vins généreux, le café, etc., seront ici de mise. On ne devra rien négliger pour empêcher le séjour prolongé de l'urine dans la vessie; car ce séjour et Ja concentration du liquide excrémentiliel favorisent la déposition des matières salines, qui parfois sont en si grande quantité dans Jes urines alcalines, qu'elles y forment une espèce de bouillie. Donc, il faut, comme dans la gravelle acide, user de boissons copieuses . il faut déterger, laver les réservoirs et les conduits. Cette indication est, dans ce cas, d'autant plus urgente que, la vitalité de ecsorganesé tan tmoirs considérable, ils sont embarrassés de mucosités plus abondantes, plus épaisses, plus fermentescibles. Les eaux minérales rendront encore ici les plus grands services; seulement, il est capital de n'administrer que celles qui conviennent. Si on se rappelle ce que nous avons déjà dit de l'usage des alcalins, c'est surtout dans la gravelle qui nous occupe qu'on devra redouter leur action dépressive, altérante, spoliatrice ; il faut Sévèrement proscrire le bicarbonate de soude, et