‹ Capvern: ses eaux minérales, applications thérapeutiquesChapitre 29 sur 58 · DIABÈTE SUCRÉ · texte numérisé non relu

DIABÈTE SUCRÉ

; Le diabète, dit M. Contour (du Diabète, thèse, 1845), est une maladie caractérisée par une excrétion rès-abondante d'urine, contenant toujours une niaière saccharine crisl.allisable, analogue au sucre de fécule, accompagnée d'une augmentation notable de l'appétit, d'une soif inextinguible et d'un amaigrissement profond. » Tels sont avec les troubles de la transpiration cutanée, qui ne se fait pour ainsi dire plus, les principaux symptômes de cette grave affection.

On ne connaît pas le degré d'influence qu'ont sur le développement du diabète les nombreuses causes que les auteurs lui assignent.

Jusqu'à nos jours, le traitement thermal alcalin par les eaux minérales à base de soude, traitement

(1) Ce chapitre a fxi ci t mit. d'un mémoire adresse par noua à h. Stinelr d'il y Irotuoie niéilirnle de Paris, mémoire qui, après une discussion publique, nous a valu le titre de membre correspondant nntionsl de cime Société présidée par t'éminenl professeur Guliler. {Séance d>* 4 janvier 1875).

secondé par le régime diététique, a dominé toute la thérapeutique de la glycosurie. Pour nous, d'après les faits chimiques que nous avons eu l'occasion d'observer dans notre pratique, nous sommes convaincu que toute médication thermale recoustiLutive et en même temps stimulante de l'innervation, aj efficacement dans le traitement d'une affection les fonctions des organes sont profondément tn où le mouvement de composition et de décomposition a perdu son équilibre, où les forces sont dans un anéantissement si complet.

Depuis quelque temps, nous avons soumis les diabétiques qui sont venus vers nous, à l'usage de l'eau minérale de llounl-Caoute administrée en boisson, en bains et sous forme de douches ; et, toutes les fois que nous l'avons employée, nous avons vu très-rapidement disparaître les phénomènes glycosuriques et les actes d'assimilation et de désassimilation s'accomplir avec plus de régularité et d'énergie. Sous l'influence de cette eau minérale, le sucre diminue et même disparaît promptement des urines diabétiques.

Voici, au reste, les résultats que nous venons d'enregistrer pendant la dernière saison thermale. Ils sont trop importants pour que nous ne nous empressions pas de les faire connaître aux médecins.

Pendant cette campagne thermale, neuf diabétiques se sont présentés dans notre cabinet de consultations,

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et voici d'une manière rapide les effets produits sur eux par la médication hydro-minérale secondée par un air fortement oxygéné, combinée avec le régime diététique incomplètement suivi, puisque tous nos malades, à défaut du pain de gluten, faisaient usage de pain di 1 froment ordinaire mais plus cuit.

OiisEnvATiON I. — M. tte la Roëlherie de Toulouse, âgé de 60 ans, d'un tempérament sanguin, d'une bonne constitution est affecté de glycosurie depuis 3 tins. Voici en quels termes ce malade parle de sa maladie clans le numéro du 13 août du journal de Capvern-les-Bains.

' Je suis persuadé que j'étais depuis fort longtemps sous l'influence du diabète sucré, mais la force de mon tempérament, nia répugnance pour les remèdes, m'avaient fait négliger toutes sortes de précaution. J'avais soif, je buvais de la bière ; j'avais de la répugnance pour la viande, je me nourrissais de pommes de terre, de farineux, en un mot de tout ce qui m'était contraire. Au printemps 1873, le mal prit un tel développement qu'il me fallut songer sérieusement à me soigner.

i Lue analyse de M. le professeur Filbol, directeur de l'école de médecine de Toulouse, constata 40 grammes de glyeose par litre d'urine. Voici quels étaient les principaux symptômes par lesquels l'affection so manifesta. Soif inextinguible, bouche pâteuse, baleine forte avec odeur stti ptntrit. Abondance d'urines, prostration des forces avec une telle faiblesse dans les jambes qu'il me fallait l'aide d'un liras pour me relever quand j'étais à genoux. Enfin je remarquai que les bas de mes pantalons de drap étaient couverts de tache blanches, et tellement poisseux au toucher qu'on eut dit qu'ils étaient trempés dans du sirop de gomme. On m'envoyai Vichy, où je fus soumis au régime

2S2 CAPVERN. — SES EAUX MlfiÉRM.ES.

pain de gluten, vin de Bordeaux, abstention de féculents dé sauce au ragoûts, alimentation animale, café sans ancre l'eau de la Grande-Grille et du Puits-Chemel, etc. Après 15 jours de ce traitement je commençai à éprouver de l'amélioration et je partis à peu près guéri le 25.

» De retour à Toulouse je finis par abandonner tout à t'ait mon régime, je passai un excellent hiver. Ge n'est qu'il y a trois mois envin.in que les anriens accidents reparurent sous une apparence plus bénigne; il y avait l'ien toujours abondance consid^i'iililc d'urine. 1 !, manquai appeLit, faibles* des jambes et des reins, mais je ne buvais plus la nuit, h bouche et l'haleine étaient dans l'état normal, aussi étais-ji loin de penser que la fabrique de ancre four [ion liait avec plus d'activité qu'à l'époque de mon départ pour Vichy (1).

u On parlait bien de Capvern pour les maladies de la vessie maïs on ne les savait pas anti-diabétiques. Un de mes amis qui s'en était- bien truiivé l'un dernier me conseilla d'en l'aire l'essai. Avant mon départ de Toulouse, je fis analyser mes urines, on y trouva ôG grammes et demi de glycose par litre (soit 16 grammes et demi d'augmentation sur l'année 1873 \

» Arrivé à Capvern. je lis renouveler l'opération par M Ducos, pharmacien, qui obtint le même chiffre que les cfal mistes Toulousains.

» Pendant les 3 premiers jours de mon séjour, je bus 4 verres d'eau de Hounl-Caoute sans suivre le régime ; mais aprè: la consultation de M. le docteur Ticier, médecin inspecteur, je renonçai au pain, au café sucré, aux féculents san; toutefois me priver de quelques fruits et d'an verre de après chaque repas.

(I) Je dois dire qua 15 jours avant mon départ pnnr Captci jo m'étais mis au régime et que j'avais fait usa-e ft domicile de l'eau de Captera transportée. Ju suis persuadé qu'à l'époque ou la la maladie se manifesta avec le plus d'activité, les urines il.'i contenir 00 grammes de glycose par litre.

» Après 10 jours de ce irai tement anodin, je fis renouveler l'analyse. Que! fut mon étonnement en me trouvant réduit a 4 grammes, c'est à dire à l'état presque normal.

» En arrivant à Capvern, j'avais de la peine à gravir la rampe qui conduit à l'hôtel despyréoées, liier j'ai été essayer un chien de chasse sur un plateau, élevé que j'ai gravi à pic par une chaleur de 30 degrés. Mes forces sont revenues et j'ai une mine florissante. C'est une véritable résurrection que je m'empresse de constater, quelque répugnance que j'éprouve à mettre le public dans la confidence de mes maux. >

Une troisième analyse des urines de M. de laïtboëlherie, faiteavantson départ c'est-à-dire le2août, n'a plus fourni que des traces de sucre.

Observation II. — M. G... négociant à Bordeaux, d'un tempérament ncrvosu-sanguin, d'une excellente constitution vint à Capvern le 25 juillet 1874. Ce malade, diabétique depuis plusieurs années a fait plusieurs cures à Vichy. Ces cures ont eu pour résultat de l'aire disparaître temporairement le sucre de ses urines. Mais, loin de la source, le sucre a toujours reparu.

L'analyse constate 17 grammes de sucre par litre d'eau à l'arrivée à Capvern, et M. G... repart avec 3 après 17 jours de traitement. Du reste c'est la un cas peu grave de glycosurie, et le malade n'avait ni soif ardente, ni abondance d'urine, l'état général était excellent.

Observation 111. — M. G... négociant à Bordeaux est âgé de 55 ans. Son tempérament est lymphatique, mais sa constitution bonne. Le malade estaffecté depuis plusieurs années de glycosurie. Il a un appétit formidable et il est obèse, il a fait à Vichy plusieurs traitements alcalins, la soif est modérée, les urines sont très -abondantes. Armi'- à Capvern le I" août ISTi, il soumet seBiirines h L'analyse rie

M. Ducos qui constate 10 grammes de glycose par litre. A la fia du traitement qui dura 20 jours, les urines de M. C. . n'en contenaient que 2 grammes. Le régime diabétique n'a pas été scrupuleusement suivi pendant la cure thermale.

Observation IV. — M. A... de Bordeaux, âgé de 54 ans est d'un tempérament sanguin et d'une bonne constitution. 11 vint à Capvern le 16 août 187*. fie n'est que depuis 2 ans qu'il s'est aperçu que ses urines sont glycosuriques. Mais l'analyse chimique faite à Bordeaux révéla la présente de 55 grammes de sucre par litre de liquide evcréinenlitîel. Sou médecin le soumit au régime diététique du docteur Bouchardat et lui El boire de l'eau de Capvern à domicile pendant 1 mois. Après cette médication le chiffre de glyeose était descendu de 55 grammes à 3 grammes. La soif s'était apaisée, les urines étaient devenues moins abondantes et les forces étaient revenues.

A partir de ce moment M. A... se croit guéri et renonce au régime prescrit. Quand il arriva à Capvern le 17 août dernier, les phénomènes glycosuriques étaient légers et ses urines ne renfermaient que 11 grammes de sucre par litre. M. A... pendant sa cure thermale ne voulut pas observer le régime diabétique. C'était, nous disait-il, pour mettre à l'épreuve l'efficacité de l'eau minérale. Il mangea à table d'hôte des féculents, des mets sucrés; bref il ne se priva de rien. H est à remarquer que malgré cet état de régime, le glycose diminua de 3 grammes en 10 jours.

Obsebvation V. — Madame A... de Toulouse, âgée de 72 ans, tempérament lymphatico-sanguin, constitution affaiblie. La malade présente les symptômes d'anémie. La soif est vive, les urines très-abondantes, la peau rude au toucher, la malade se plaint d'une grande sécheresse à la bouche, ses forces et sa vue se sont considérablement affaiblies. Arrivée à Capvern le 18 août pour y soigner la

glycosurie dont elle est affectée, Madame P... en repart le 28 du même mois après un traitement insuffisant, ses urines qui contenaientà l'arrivée 33 grammes de sucre par litre d'urine (analyse de M. Ducos] eu révélaient encore 38 grammes après la cessation de la médication.

Observation VI. —Madame L... d'Agen (Lot-et-Garonne) tempérament lyrnpbatico-sanguin, bonne constitution. Cette dame très-obèse est devenue glycosurique depuis 3 ou 4 mois. Environ 2 mois avant son départ pour Hapvern où elle arriva le 29 août dernier, ses urines, analysées à Agen, ne contenaient que 3 grammes de sucre. Des erreurs se sont probablement glissées dans cette analyse, car, à l'arrivée de Madame L... à Oapvern, M. Ducos trouva 68 grammes de sucre par litre d'urine. Une seconde analyse faite le 12 septembre accusa 42 grammes de glycose et enfin une troisième 3G grammes: quinze à seize jours de traitement minéral secondé par le régime avaient réduit de moitié la proportion du glycose contenu dans les urines de cette malade. Au reste, chez Madame L... comme cbez tous les diabétiques que nous avons soignés, les symptômes de l'affection s'étaient amoindris et l'état général était devenu rapidement meilleur.

Obseiiv.»tton Vli. — M. E... négociant à Toulouse, âgé de 50 ans, présente les attributs d'un tempérament sanguin et d'une robuste constitution. Devenu diabétique depuis quelques mois seulement, il est envoyé à Capvern par son médecin le 2 septembre 1874. Nous le soumettons au régime diabétique et au traitement thermal qui dura 21) [ours.

Il sa retire avec une grande amélioration des symptômes

e l'affection. Et voici, la note relative au glycose contenu

irines de M. E... qui nous a été adressé par M.

int-Plancat, pharmacien distingué de Toulouse.

- J'ai procédé à un nouveau dosage de glycose contenu ilaus les urines de M. E... Il résulte de mon opération que le 18 septembre les urines de ce malade ne contenaient que IS grammes de sucre par litre, soit une différence de SS grammes entre le 28 aoill et le 17 septembre, durée du séjour de M. E,,. à [a station thermale de Capve

Obsebvatton VIII. — Mademoiselle Anne S... de Lourdes (Hautes -Pyrénées), âgée de 34 ans se rend à Capvern le 10 octobre 1874. Douée d'un tempérament lymphaiiconerveux, d'une constitution délicate, cette malade est affectée de diabète depuis environ 2 ans. Elle n'a mise â aucun traitement Elu reste ce n'est que depuis \ mois qu'on a reconnu sa maladie. Mademoiselle Anne S... fatiguée de l'inactivité des médecins qu'elle a consultés et voyant tous les jours ses forces diminuer, la \ii aller, se décide â partir pour Capvern, malgré tous li contraires qui lui sont prodigués.

Etat actuel. Soif très-rvive, inextinRiblo, bouche sèche, haleine nauséabonde très- prononcée, urines abondantes lt litres en 24 heures, appétit formidable, amaigrissement \oisin de l'émaciation, Malgré la quantité d'aliments que la malade prend, son estomac n'est jamais satisfait. Eilc ressent des langueurs continuelles, la peau est sèche, rugueuse, brisement des membres, force anéantie.

L'analyse des urines donne pour résultat 15 grammes de glycose par litre d'urine. Nous prescrivons à Mademoiselle Anne S... 4 verres d'eau et des bains à la Hount-Caoute alternant avec la douche générale en pluie verticale e douche à jet brisé de Fleury le long de i'épinu dorsale pendant une mînulo seulement, la douche sera prise à la température de la source (24° centigrades). Le régime diététique approprié devra être observé.

Durant les premiers jours de son séjour à Capvern Mademoiselle Anne S... ne peut suivre nos prescriptions

que très-imparfaitement. Elle s'alite avec la tièvre le lendemain de son arrivée, et ce n'est que le septième jour qu'elle peutêtre soumise à la médication, mais l'amélioration ne tarde pas à s'établir.

Elle se traduit d'abord par la diminution de la soif, de la quanti! é des urines excrétées, du sucre éliminé. Le 23 octobre, une deuxième analyse constate que le chiffre de glycose u diminué de 13 grammes, et cela après 3 ou 4 jours de traitement. La diminution du glycose n'a pas été en rapport avee le progrès vers l'amélioration Faite par l'état général; car Mademoiselle Anne S... avait repris beaucoup de forces, la soif avait tout à fait disparu et l'abondance desurinesconsidérabl ment réduit, le sommeil était revenu, la peau s'humectait et la malade éprouvait un bien-être qu'elle ne connaissait pas depuis longtemps.

Le traitement dura en tout 19 jours, et, au départ de la ■ malade, le sucre était réduit de 75 grammes à 53.

Observation IX. — Le nommé B... de Meliteins canton de Navarren (Basses-Pyrénées), atteint de glycosurie grave depuis 2 ans, vient faire un traitement thermal à Capvern où ilarrive le 19 octobre. Ce malade est âgé de 37 ans, son tempérament est lymphatique, sa constitution ilètériorée. Costa la suite de chagrins domestiques que la maladie s'est déclarée chez cet homme. Père du plusieurs entants sans mère, obligé de travailler, de lutter sans cesse pour les nourrir, miné par une affection qui le tue, D... nous arrive désespéré, et dans un état d'émaciation considérable. La soif est très-vive, la sécheresse du la bouche extrême, les urines très-abondantes, les forces nuiies, il n'a plus ni bras ni jambes, nous dit-il les larmes aux yeux. Le sens génital reste muet depuis le commencement de la maladie, la peau fonctionne mal comme chez tous les diabétiques.

L'analyse décèle la présence de #1) grammes do sucre par litre d'urine.

CAPVERN. — SES EAUX MIM5RALES.

Prescriptions : 4 à G verrais d'eau minérale par jour, bains tempérés à Hount-Caoute, et douches générales en pluie verticale et àjet brisé, froides, d'une minuta de durée, café noir sans sucre, vins généreux, viandes grillées et rôties, pas dt féculents ni d'aliments sucrés ; on est soumis à celle médication pendant 22 jours.

La dernière analyse laits le 2 novembre, constate que le glycose était descendu de 89 à 41 grammes.

C'est une diminution de 48 grammes de sucre dans les urines de B... du 9 octobre au 2 novembre. Comme dans les cas précédants, la soif et la sécheresse de la bouche oat. disparu sous l'influence du traitement, lu peau s'est assouplie et les forces se sont considérablement relevées. Les urines avaient beaucoup perdu de leur fréquence et de leur abondance. Les érections n'avaient point reparu. B..., malgré le glycose que ses urines charriaient encore, nous quitta dans un tel élat d'amélioration qu'il était, méconnaissable.

Nous ferons encore remarquer que tous tes diabétiques traites à Capvern pendant la cure, ont continué à manger une certaine quantité de pain de froment, le pain de g luten leur faisant défaut.

Maintenant, résumons dans un tableau synoptique les 9 cas de diabète que nous avons observés cette année à Capvern.

Observai™*. Dite de !'e Section Sucra Durée Sun»

recoon™. ï l'arrivée, ilu traitement. «i lUptrt.

5l> Rriuiiiiioa.

17 grammes.

34 ours 17 -,ur.

gramme.

1(1 grammes.

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1 grammes 8 grammes

33 grammes.

t>8 grammes.

48 grammes.

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28 grammes 3i> grammes 18 grammes E>8 grammes 41 grammes

DIABÈTE SDCRÉ. 350

Si l'on compare ces faits cliniques à ceux que M. Durand-Fard el a consignés dans le tableau de diabètes traités à Vichy, il sera aisé de sa convaincre que le traitement thermal par l'eau sulfatée calciquearsenicale et ferrugineuse de Capvcrn-Ies-Bains produit des résultats analogues à ceux que l'on obtient par les sources bicarbonatées, sodiquées de Vichy, ou sulfatées sodiques de Carlsbath. Si on nous objecte le chiffre peu élevé des observations produites, nous pouvons affirmer que nous eu avons receuilli un nombre plus considérable pendant les quatre années de notre inspection, et que les résultats de la médication hydro-thermale ont été semblables à ceux que nous signalons aujourd'hui.

Maintenant, ces diabétiques tous améliorés guériront-ils? Il serait téméraire de l'affirmer. Mais, nous avons la confiance que l'amélioration persistera, si ces malades observent scrupuleusement le régime prescrit et s'ils suivent le traitement recommandé, et qui consiste à prendre alternativement pendant un mois de l'arsenic et de l'eau de Capvern ' dans le courant de l'année. C'est ainsi que nous sommes parvenu a maintenir des glycosuriques au chiffre de 3 ou 4 grammes de sucre éliminé que leurs urines renfermaient au moment de leur départ. Au te, toutes les mesures ont été prises pour observer i de la source les diabétiques que nous avons

CAPVEim. — SES EAUX MINÉRALES, soignés pendant la dernière campague thermale, el nous publierons le résultat final quel qu'il soil de cette médication.

Il résulte pour nous de l'observation clinique que le traitement hydro-minéral de la glycosurie ne doit plus être concentré comme il l'a été jusqu'à ce jour dans les deux stations thermales dont nous avons parlé plus haut. Capvern-les-Bains, Conlreséville, Fougues, etc., offrent aux médecins les mêmes ressources palliatives, sinon curatives, dans la thérapeutique d'une affection qui devient de jour en jouiplus fréquente et qui malheureusement guérit rarement, car, malgré les ingénieuses et nombreuses théories sur la pathogëuie du diabète sucré, sa cause prochaine est restée dans les ténèbres. Les uns avec Bouchardat la placent dans une altération fonctionnelle des organes digestifs ; les autres avec Miailhe dans un défaut d'alcalinité du sang. MM. Drysny et Outig.MM. Dancier, Dupu; tren et Thenard localisent l'affection dans les urines. Certains médecins ne veulent voir dans la glycosurie qu'un vice de l'hématose, el pour les uns la lésion pulmonaire est anatomique, tandis qu'aux yeux de quelques autres elle n'est qu'un désordre exclusivement fonctionnel et dynamique. Une autre opinion trouve la cause de l'affection dans un lésion matérielle ou dynamique du pancréas. Le célèbre professeur du Collège de

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France Claude Bernard reconnaît dans l'affection qui nous occupe, une lésion essentielle ou symptomatique de la fonction hépatique. Enfin, l'école vitalité, peu satisfaite de toutes ces explications fournies par les théories de la localisation, considère le diabète comme une maladie de toute la constitution, tolius substantix, forces et organes et plus particulièrement ■ comme un lésion des forces assimilatrices point de départ de tous les phénomènes pathologiques de la glycosurie. » C'est l'opinion de Place, Cullen, Desault, Nicolas Guedeville, Benoît, etc. Tout est hypothétique, insuffisant et même con- ' Iradictoire dans les diverses théories que nous nous sommes contenté d'examiner en passant. Aussi, aucune d'elles n'est encore parvenue à fixer la science et à procurer des bases solides à la thérapeutique. H est heureusement consolant de songer que, malgré la multiplicité et les desiderata de ces théories plus ou moins brillantes, l'ohservation clinique a établi un traitement du diabète sucré d'une grande efficacité. « Ce fait incontestable, dît judicieusement M. le docteur Benoit (Thèse de Montpellier), que la fécule est la source sinon unique, au moins la plus féconde du sucre diabétique, nous fait entrevoir a priori que le meilleur moyen de faire disparaître cette matière de l'urine chez les malades atteints de glycosurie, c'est de retrancher la fécule

du régime alimentaire^ et la substitution d'aliments d'un autre ordre. Le traitement par le régime animal est devenu dans les derniers temps entre les mains du docteur Bouchardat, un sujet d'études sérieuses qui ont certainement abouti à des résultats utiles, et notamment a établir le rapport qui existe entre la fécule ingérée et le sucre rendu, et, comme conséquence nécessaire, à supprimer les amylacés du régime des glycosuriques. Malheureusement, le régime diététique ne guérit pas radicalement îe diabète et il n'est pas toujours bien supporté par les malades. Si maintenant nous tournons nos regards vers les moyens pharmaceutiques tour à tour préconisés et' délaissés, nous sommes condamnés à confesser notre impuissance en face de la cruelle affection dont il est ici question.

Pour nous, humble parmi les humbles, nous croyons que dans une maladie dont la symptomatologie se traduit presque toujours par l'épuisement du système nerveux, par l'émaciation et l'anéantissement des forces, les toniques sont les agents de la nature médicale qui, d'une manière générale donnent les résultats les plus satisfaisants. Sans doute, des cas particuliers entraînent leur indication qui sera bien remplie par des moyens pris dans une autre classe de médicaments.

Nous considérons les eaux minérales bicarbonatées,

aident dangei

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sodiquées, sulfatées sodiques, et principalement les eaux sulfatées calciques arsenicales ferrugineuses comme le plus puissant auxiliaire du régime diététique dans le traitement de la glycosurie. Elles ident le malade à le supporter. Toutefois, il serait ngereux de croire que la même eau minérale convenir à tous les diabétiques. Chaque malade doit chercher sa note dans la gamme thermale. Si Vichy doit être préféré, comme l'affirme notre émanent collègue Durand- Fardel, par les diabénous pouvons avancer que l'eau sultée calcique arsenicale ferrugineuse de Capvern, est tonique reconstituante et stimulante de l'inlervation, réussira dans les cas si nombreux où la blesse est extrême, où l'anémie domine, où 1 epuiiscmeut du système nerveux est le point de départ es phénomènes pathologiques du diabète ; Capvern ussira encore, il sera même rapidement curatif fois que ces phénomènes seront, comme n en a rapporté des exemples, liés à la suppression flux menstruel ou hérnorroïdal. Notre eau miné- ! qui est si puissante y our remonter les fonctions e nutrition, prêtera dans les cas que nous venons préciser, cas où il ne peut pas être indifférent insister sur l'administration des eaux à base de concours le plus efficace au régime diété- ,que pour améliorer et même pour pour changer la

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