ECTIONS DE L'UTÉRUS. — DÉRANGEMENTS DANS LA MENSTRUATION
a menstruation, cette fleur de la vie semelle, — tufeland — qui naît à la puberté, qui s'effeuille et îeurl à l'âge critique, est, comme on l'a dit, le romêtrc de la santé de la jeune fille et de la femme . lit toutes les émotions, toutes les sensations et ; impressions qui retentissent sur l'organisation de la petite fille lorsqu'elle devient demoiselle ; on sait encore les troubles, les orages auxquels la femme est souvent en proie, lorsque cesse cette indispensable fonction physiologique de l'utérus, à l'époque de la ménopause. La matrice exerce une grande prépondérance sur les autres organes : aussi la régularité de la fluxion périodique est la première condition de l'équilibre vital chez la femme. L'absence, les retards, les difficultés, les exagérations
- SES EAUX MINÉRALES, des menstrues, cet émonctoire naturel, deviennent la source d'une foule d'accidents morbides que nous allons esquisser rapidement dans 1 suivants :
1" Aménorrhée (absence, suppression des règles)
L'aménorrhée, c'est la privation du flux menstruel, soit que ce flux ne se soit jamais établi, soit qu'il se soit supprimé tout à coup ou d'une manière lente, en dehors, bien entendu, de la grossesse et de l'allaitement.
ce Les causes de cette maladie, dit Jules Massé {Samè des femmes, page 177), sont multiples. Tantôt les règles n'apparaissent pas, parce qu'il y a faiblesse générale, tantôt, au contraire, elles ne se montrent pas, parce qu'elle sont arrêtées par une exagération de forces, une espèce d'inflammation passagère, une vitalité tyrannique. » C'est dire que les tempéraments lymphatiques et sanguins prédisposent à l'aménorrhée. Il résulte des recherches de MM. Marc d'Espine et Brière de Boismont que la leucorrhée, ou pertes blanches, retarde l'apparition des règles. (Valleix). A côté de ces causes, on peut en placer. d'autres dont l'influence directe ou indirecte sur la production de la maladie qui nous occupe, a été
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signalée par tous les auteurs. Parmi ces dernières figurent l'oubli des lois de l'hygiène, une habitation insalubre, les changements de climat, une alimentation trop excitante ou insuffisante, les boissons à la glace, les bains frais, les lotions, les injections froidesou astringentes, une chute, un coup, des émotions violentes, des peines de cœur, les- exigences de La mode. Nous n'avons pas à nous occuper ici de l'aménorrhée qui est due soit au retentissement sympathique qu'exercent sur l'utérus certaines lésions viscérales, comme la phthisie pulmonaire, le cancer, etc., soit aux vices de conformation de l'organe utérin ou de ses annexes.
Personne n'a mieux décrit les symptômes de l'aménorrhée soit sthénique, soit asthénique, que l'auteur du remarquable article sur cette maladie inséré dans l'ouvrage de M. Fabre (Bibliothèque du médecin-praticien, tome II, pages 133-134). Aussi croyons-nous devoir lui emprunter ce qui suit :
« L'aménorrhée sthénique est le partage des tempéraments sanguins ; elle affecte les jeunes filles qui ont la peau rosée et chaude, la diaphorèse facile, les veines sous-cutanées disteudues. Lorsque est venu le temps ou doit se faire la première menstruation, il se déclare chez beaucoup déjeunes filles une hypérémie utérine, mais qui cède plus ou moins rapidement quand une fois apparaît l'écoulement
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menstruel. Cette hémorrhagie est alors une sorte de crise; tout bientôt rentre dans l'ordre. 11 n'en est plus ainsi lorsque lea règles ne peuvent s'établir. L'utérus continue à se congestionner, et son état hypérémique se révèle par divers phénomènes morbides Ces phénomènes consistent dans une sensation de douleur occupant l'hypogastre et le voisinage de l'ombilic, irradiant, d'une part, dans la région lombaire, et de l'autre, dans le vagin, les cuisses, etc. , etc. Certaines malades accusent seulement un sentiment de pesanteur dans le bassin ; mais d'autres se plaignent de douleurs térébrantes, lancinantes, de constrictions, d'engourdissements trèspénibles causés par de véritables tranchées utérines plus ou moins violentes. Il n'est pas rare de voir l'abdomen se tuméfier quand ces divers phénomènes prennent une certaine intensité, ou lorsqu'ils se prolongent. C'est encore dans l'aménorrhée sthénique que les grandes et les petits lèvres se tuméfient, que le vagin, participant à la phlogose, devient le siège d'une chaleur excessive et d'un suintement muqueux ou séro-muqueux. &
Parmi les phénomènes sympathiques auxquels donne souvent heu l'aménorrhée, il faut noter les symptômes de dyspepsie gastro-intestinale, la difficulté dans la miction, les palpitations du cœur, les douleurs articulaires avec lassitude générale et des
\FFECTIONS DE L'UTÉRUS, ingestions du côté de la tête et des organes de la îspiration.
< L'aménorrhée asthénique est le plus ordinairelent primitive : c'est elle qui affecte les jeunes filles mphatiques. Elle offre ceci de remarquable que les mptônes d'hypérémie utérine n'existent pas ou nt inaperçus, à moins de considérer comme telle l'existence presque constante d'un écoulemeol. leucorrhéîque incolore ; mais, en revanche, les symtômes généraux attirent notablement l'attention des médecins et des malades elles-mêmes. Ces symptômes «rat souvent tout à fait différents de l'aménorrhée tthénique; mais quelques-uns d'entre eux sont en apparence semblables, bien que divers par leur cause. Chez les jeunes filles arnénorrhéiques ou asthénisêes, la peau est décolorée, les chairs sont molles et bouffies, le regard est sans expression ou n'exprime que la langueur, il existe de l'insommie, une douleur i-éphaliqua qui occupe souvent loccij.ital, des tintements d'oreille fort agaçants, etc. Ces malades ont en général le pouls petit, mais très-fréquent ; elles ont de l'abattement musculaire et une répugnance prononcée à se mouvoir. Le moindre exercice fait naître d'ailleurs de la dyspénée et des palpitations. Il est commun d'observer divers troubles des fonctions digoslives, tels que: appétits bizarres, nausées, vomissements, constipation. Beaucoup d'autres phé-
uoménes nerveux peuvent s'ajouter h ceux sus-menlionués. Ils apparaissent au fur et à mesure que la chlorose se dessine. Terminons ce qui a trait aux symptômes de l'aménorrhée astkéniqueen rappelant l'influence fâcheuse qu'exerce la souffrance physique sur lo moral des jeunes filles; elles sont toute rêveuses, taciturnes, quelques-unes sont plongées dans une profonde mélancolie. »
Le traitement de l'aménorrhée par les eaux minérales de Capvern devra varier selon les causes et selon les expressions symptomatiques du retard ou de la suppression. En un mot, Y aménorrhée aténique, ne veut pas être traitée de la même far;on que l'aménorrhée liée à la faiblesse. Dans celle-ci il y a asthénie, inertie constitutionnelle ; dans la première, au contraire, il y a trop-plein sanguin, exagération de vitalité.
Donc, dans l'aménorrhée asthénique, l'indication ètiologique est de fortifier l'organisme et de donner de la plasticité au sang. L'eau excitante et tonique de la Hoant-Caoate, nous rend, dans ce cas, des services signalés; elle guérit promptement, alors que des traitements longs et varies ont déjà échoué. Il faut l'administrer en boisson, sous forme de bains et de douches générales, et seconder son action par une alimentation réparatrice, par une tonne gymnastique. Tout cela est à la portée des malades au
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fond de noire vallon, où ils trouvent du soleil, de l'air pur, du mouton et des coteaux à gravir.
Mais, quand l'aménorrhée est sous la dépendance d'une trop grande richesse sanguine, on ne doit pas avoir recours à la môme médication. 1! convient de demander la guéiïson à l'action sédative hyposlhénisante de notre source du Bouridé. Le docteur Massé (loco citalo) a donné une bonne explication de ce qui se passe chez la jeune fille aménorrhéique par pléthore sanguine. Nous allons reproduire ces lignes, car le lecteur comprendra ensuite pins facilement l'action des eaux du Bouridé dans l'aménorrhée sthénique : s L'appareil utérin est doué d'une surimpression nabi li té considérable et d'une prépondérance évidente. Or, la trop grande richesse sanguine amène tout mécaniquement des désordres vitaux, des encombrements sanguins et des concentrations de chaleur. Ces désordres, ces encombrements, ces excès se passent dans les organes les plus susceptibles, les plus impressionnables. En conséquence, ils s'exercent, chez la plupart des femmes, quand elles sont exagérément sanguines, dans l'important appareil utérin. L'afflux du sang, l'excès de chaleur, causent une espèce d'inflammation passagère, et par suite de celte inflammation survient la sécheresse, le boursoufflement, l'indocilité. C'est de cette manière que l'utérus imprégné de sang, chauffé et surexcité
IUPVERN. — SES EACX MINÉRALES.
par udo chaleur intempestive, se trouve incapable de remplir ses fonctions. »
Eh! bien, dans ces cas, les eaux du Bourtdé rétablissent les menstrues, en déprimant les forces vitales, en soustrayant le calorique, en calmant la surexcitation, en rétablissant enfin cet équilibre vital sans lequel la fonction cataméniale ne peut pas s'établir. Il est bon que les malades de cette catégorie gardent le repos et soient soumis à une alimentation légère, composée surtout de viandes blanches
Taillade, cet observateur d'une grande sagacité avait parfaitement compris que l'aménorrhée sthénique n'est pas tributaire des eaux de la Hount- Caoute, que ces eaux ne conviennent qu'aux aménorrhéiques débilitées: « Toutes les causes du dérangement menstruel, dit-il (Lettres médico. topogr. sur Cap.) ne sont pas susceptibles de céder, au moins dans le principe, à l'action de nos eaux, Ce n'est, en effet, que quand ces causes, ayant agi assez longtemps sur la constitution, elles ont déprime les forces radicales, au point, sans doute, de rendre supportable, nécessaire même l'action de ce moyen.» C'est dire que l'aménorrhée sthénique ne doit être traitée àla Hount-Caoute que lorsqu'elle est devenue asthénique, en d'autres termes, pas du tout I Au lieu d'attendre de l'action du temps et des cures affai-
AFFECTIONS DF. L'UTÉRUS, blissantes, une transformation qui serait forl préjudiciable aux malades, mieux vaut, c'est notre avis, 3 envoyer au Bouridc, où elles guériront d'emblée, s passer par cette voie de la débilitation et de l'appauvrissement du sang, qui même, en ligne imte, à la chlorose.
Le public a été de tout temps convaincu que les :aux du Capvern ont la vertu do guérir les suppressions; et l'observation clinique confirme l'opinion a vulgaire. On trouve dans les lettres de Taillade, ! observations d'aménorrhée traitées et guéries lar les eaux de Capvern; nous-même nous possédons s faits semblables. Et comme me l'écrivait dernièrement un praticien qui a observé beaucoup à îapvern: «Les observations d'aménorrhée et de dysménorrhée améliorées ou guéries par nos eaux mt nombreuses et vulgaires. » Nous ne croyons loncpas devoir les rapporter ici.
2° Menstruation difficile, douloureuse (dysménorrhée)
Chez quelques personnes du sexe, les règles se montrent et coulent, à l'époque menstruelle, d^ns îrtains cas plus tôt, dans d'autres plus tard; mais ur écoulement laborieux est précédé et quelquefois îompagné de phénomènes douloureux, névral-
CÀPVERN. - SES EAOX HiMKRALES.
giques, sympathiques. C'eBt à cette menstruation
difficile que l'on a donné le nom de dysménorrhée,
La jeune fille, ou la femme qui présente les attributs du tempéramment sanguin, celle surtout qui est douée d'une grande surimpiessionnabilité nerveuse est particulièrement prédisposée à l'aménorrhée. Mais il est une foule de circonstances, qui, dans la vie de la femme, peuvent activer cette prédisposition. On ne se souvient pas assez, dans les familles, combien est surexcitable le système nerveux de la fille, après la puberté, et de la jeune femme ; et l'on oublie trop que toutes les commotions morales qui affectent leur cerveau réagissent aussitôt sur l'appareil utérin. La vie mondaine aujourd'hui est fertile en entraînements passionnels, en exagérations sentimentales qui certainement ne sont pas étrangers à la multiplicité des cas de dysménorrhée que le médecin est appelé à traiter. On peut considérer comme trèspuissantes pour favoriser la prédisposition à cette maladie les causes suivantes : la lecture des romans, la vue des gravures licencieuses, la fréquentation des bals, l'habitude de la masturbation, les conversations erotiques, l'abus prématuré des plaisirs de Vénus chez les jeunes femmes, les écarts dans l'alimentation qui ne doit jamais être trop excitante. D'un autre côté, on a obaervé que la continence absolue, chez les personnes du sexe d'un tempe-
AFFECTIONS DE L'UTÉBUS. «S
rament sanguin, ardsnt, vouées au célibat dans les communautés de religieuses, ne met pas à l'abri des symptômes de la dysménorrhée. Cette aflection est encore souvent provoquée par. l'hystérie, la leucorrhée et les inflammations de la matrice.
Deux ou trois jours avant l'écoulement des menstrues, la femme dysménorrhéique éprouve un malaise général, des symptômes de courbature; elle ne peut se tenir debout, et elle est condamnée à s'aliter. Elle ressent du côté de l'ombilic et dans tout l'hypogastre, des douleurs tantôt obtuses, tantôt aiguës. En même temps, l'appétit est perdu; il y a de l'anorexie, des éructations, des nausées, parfois même des vomissements ; le ventre est tendu, douloureux à la moindre pression ; la constipation, est fréquente, mais dans quelques cas se déclarent des selles diarrhéiquesdecoui'tedurée, Les urines rouges sont rendues en petite quantité; elles brûlent les parties, au passage. Dans certains cas, les coliques, les tranchées ont une grande intensité. Noua avons vu des jeunes filles, des dames nerveuses se tordre sous les étreintes de la douleur. Quand les souflrances arrivent à ce degré, la face est pâle, couvurte d'une sueur froide, le pouls est petit et précipité; les malades ont des tremblements nerveux, des mouvements convulsifs, et tombent souvent en syncope. Ce cortège de symptômes s'évanouit peu à peu,
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d'autres fois tout à coup, à l'apparition du flux cata ménial. Mais ordinairement les mêmes phénomène se reproduisent à l'époque de la prochaine fluxio périodique.
Les eaux du Bouridè réussissent fort hien poi prévenir le retour de semblables accidents, soit qu ces accidents soient liés à la pléthore sanguine, soi qu'ils soient sous la dépendance de la surexcitatio nerveuse. Les bains tempérés du Bouridé sont 1< meilleurs an ti-phlogistiques et anti-spasmodîquesqu l'on puisse employer pour les enrayer. On est surpri des modifications rapides et durables qu'ils produi sent, Nous avons vu des jeunes demoiselles forl ment dysménonhèiques, chez qui, après un trail meut de vingt à vingt-cinq jours, les règles mettaient à couler, sans qu'elles éprouvassent le tortures qui escortaient ou précédaient habituelli ment les menstrues antérieures ; et après une, deu saisons, la guérison était complète. Voici propos, une observation, qu'on ne lira pas san intérêt.
Observation. — M' 1 * X.,.. de Maubourguet (Hautes Pyrénéen).* S gée de vingt-cinq ans. arriva à Capvern le août 1870. ilette jejoe personne d'un tempéra m men nerveux, mais d'una bonne constitution, a le faciès pile elle est amaigrie l,a vivacité de son caractère esltcmpêri par une excc-Menie éducation. Mlle X..., fut réglée à lar/.r arts ; la fonction physiologique de l'utérus
'ECTiO.NS DE L'UTÉRUS.
ujours exécutée assez régulièrement, mais avec un peu fi difficulté. Cette di flî^ulié est devenue, depuis un an, heaucoup plus considérable. Elle nous confie que, depuis quelque temps, elle s'est trouvée au milieu de circonstances qui ont été, pour elle, une source de surexcitation nerveuse. Elle mène une vie sédentaire, et se plaint d'être habituellement dyspeptique. Les es âgé ration s eensttÎTBs auxquelles Mlle X... a été en butte ont considérablement réagi sur l'utérus. Car la menstruation est devenue trèsdouluureuse. Mlle X..., vient demander à nos eaux un soulagement pour les souffrances qui l'assaillent à chaque époque menstruelle. Voici quelles sont ces souffrances :
Huit jours avant l'apparition des règles, Mlle X..., éprouve une lassitude, une faiblesse extraordinaires. Elle ne se sent plus la force de faire un pas, elle ne quitte son lit que pour s'étendre sur un canapé. La malade éprouve en mémo temps de violentes tranchées, son ventre très-douloureux se tnètéorise, puis viennent les défaillances, les nausées continuelles. Les garde-robes sont supprimées et ses urines sont très -ardentes. La céphalalgie est parfais intolérable, et les seins gonflés sont le siège d'élancements douloureux.
L'apparition de l'écoulement sanguin ne met pas un terme à ces souffrances, comme chez la plupart des femmes. Elles persistent, chez Mlle X..., avec un intensité variable, jusqu'au septième ou huitième jour, après la cessation des menstrues. La quantité de sang évacué, pendant la fluxion menstruelle, est en général, peu considérable.
Au moment de son arrivée à Capvern, Mlle X... est en proie à des symptômes de dyspepsie gastrique irés-
Nous lui donnons pour conseil de prendre tous les jours un bain tempéré de trois quarts d'heure au Bmiridé. Et, dans le but de réveiller l'activité fonctionnelle de l'estomac, nous lui laissons boire un ou deux verres d'eau ii la buvette du grand établissement.
Le 18 août, les phénomènes de dyspepsie avaient complètement disparu. L'appétit était très-vif, et Mlle X. . ., à sa grande surprise, digérait. fort bien tous les aliments qu'elle prenait; l'état général s'était considérablement amélioré ; Mlle X... reprenait des forces et des couleui
20 août. — L'amélioration continue. En prévision de la prochaine époque menstruelle qui est attendue et trèsredoutée, Mlle X... nous prie de lui donner quelques moyens pharmaceutiques pour calmer les accidents dysmét norrhliques habituels. Elle tient beaucoup à avoir le remède sous la main pour en user au moment de la crise. Nous lui prescrivons une potion avec l'acétate d'ammoniaque et quelques pilules anti-spasmodiques et cal-
Les règles se montrèrent le 25, sans avertissement douloureux préalable, pour ainsi dire, car Mlle X. .. ne souffrit que deux heures au plus, et encore ces souffrances furent légères et nullement comparables à celles qu'elle ressentait jadis. Pendant tout le temps de la fluxion cataméniale, Mlle X... fit, avec ses amies, ses repas et ses promonadi comme avant;elle nesereconnaissaitplus! Brel, ellenoi quitta, dans les premiers jours de septembre, tout à l'ail, refaite et bien heureuse d'avoir retiré de nos eaux effets si prompts et si merveilleux.
3° Exagérations menstruelles (pertes de sang)
Nous ne dirons ici que quelques mots de ces exagérations menstruelles , de ces pertes de sang que nos façons de vivre, nos usages, nos mœurs, nos imprévoyances et nos sottes excentricités ont aujourd'hui rendues si fréquentes, soit, après la puberté,
chez nos jeunes demoiselles, soit à l'époque de la ménopause, chez les femmes dont l'utérus esL alors en train de perdre l'aptitude à la fécondité.
Au chapitre III do cet ouvrage, il a été question des pertes de sang liées à la faiblesse, et nous avons parlé des services que peuvent rendre, contre ces excès hèmorrhagiques, les eaux de la Ilount-Caouti; employées avec discernement et mesure. Nous n'y reviendrons pas.
Lorsque ces exagérations sanguines sont sous la dépendance d'un état pléthorique, les bains sédatifs ei hyposthénisants du Bouridé sont indiqués, et l'on voit, sous leur influence, les hémon-hagies se modérer, et se régulariser l'action périodique de l'utérus.
4° Hétrite chronique, engorgement de la matrice
i métrite chronique est une maladie fréquente îez la femme, depuis l'âge de vingt ans jusqu'à irante : c'est dire qu'on l'observe rarement avant a puberté et chez les vieilles femmes. Le tempément lymphatique, une enfance scrofuleuse, d'après oivin et Dugès, y prédisposeraient. Mais il faut rouer que les recherches des auteurs ne sont pas :ore parvenues à donnera l'étiologie do cette affec- 1 degré fort désirable de précision. Ce qui est
CAPVERM, — SES EAUX MINEIULES.
généralement admis, c'est que les couches et les avortements out une grande influence sur le développement de la métrite chronique. Les faits recueillis dans notre pratique noua ont depuis longtemps démontré qu'il en est ainsi.
Des accidents locaux et généraux accompagnent la métiile chronique.
Les premiers se traduisent par de la pesanteur et de la chaleur dans tout le bassin. La femme éprouve en outre, une douleur sourde, profonde à l'hypogastre, Dans certains cas, cette douleur peut être lancinante et prendre le caractère des coliques utérines. Elle a de fréquentes irradiations soit vers les reins, soit vers les aines et les cuisses, et devient plus forte à l'époque des règles ou lorsque la femme reste longtemps debout, ou bien encore lorsqu'elle fait une longue promenade ou une longue course en voiture. « II n'est pas sûr, dit Valleix (Guide du médecin praticien, lome IV, page 203), que ces douleurs doivent être directement rapportées à l'inflammation de l'organe. On peut se demander si elles ne seraient pas le résultat des congestions sanguines plus ou moins fréquentes qui viennent se surajouter à la maladie principale. Ce qui porte à croire qu'il eu est réellement ainsi, c'est que ces douleurs se montrent principalement aux époques menstruelles, où la congestion sanguine est si fréquente. »
poi de'
AFFECTtOMS DE L'UTÉHDS. $1
Celte hypéréniie fait gonfler l'organe, dont le iids augmente souvent outre mesure ; et les ligaents qui le maintiennent se trouvant relâchés, il résulte des déviations et des déplacements qui «viennent eux-mêmes une nouvelle cause d'afflux sanguins, et qui sont une source de troubles fonctionnels dans les organes voisins. L'irritation activant sécrétion des muqueuses utéro-vaginales, l'orifice Waire livre passage a. des écoulements de mucois, parfois sanguinolentes, dont la consistance, la ■uleur et l'abondance sont variables. Ces écoulents irritent le canal adhérent et la partie inféiure du rectum ; en ajoutant leur action à celles déplacements de la matrice, ils provoquent la nstipation, la gêne, les cuissons dans l'émission es, presque toujours chargées de sédiments iques.
Si l'on observe parfois, dans la métiïte chronique, x époques menstruelles, des excès hémorrhagiques, peut dire que les accidents dysménoirhéiques, nt beaucoup plus communs. Cela s'explique par .ugmentation de la congestion locale et par les dif- :ultés dans l'accomplissement de la fonction pêrioique, que peuvent engendrer les déviations et les
utérins.
L'observation clinique met hors de doute que ces ■cidenls locaux que nous venons de passer som-
mairement en revue peuvent exister pendant longtemps chez certaines femmes sans ébranler beaucoup leur santé. Malheureusement, le plus souvent il n'en est point ainsi, et ces lésions matérielles locales retentissent sur tout l'agrégat vivant.
Les perturbations fonctionnelles les plus communes et les plus graves dans la métrite chronique sont celles des appareils digestif et biliaire. Car ces troubles amènent, avec une chylification imparfaite, vicieuse, des altérations profondes de la nutrition et de l'innervation. La femme pâlit, devient maigre, perd ses forces, devient irascible. Tout la tourmente et l'importune; elle tombe en un mot dans l'état nerveux qu'escortent les spasmes, les phénomènes hystériques, etc.
Si l'on songe à l'impressiounalnlité excessive de l'utérus, à sa prépondérance sur les autres organes, aux altérations des actes fonctionnels des divers appareils que ces lésions matérielles entraînent après elles; si l'on réfléchit à la ténacité de ces lésions locales, on comprend tout l'intérêt qu'ont les malades et le médecin à connaître le degré d'efficacité de nos eaux.daus la thérapeutique de celte affection utérine dont la fréquence, de nos jours, s'explique jusqu'à un certain point par la multiplicité des causes qui mettent en jeu la surimpression Habilité de l'appareil utérin .
Eh bien 1 nous croyons être utile aux personnes i sexe et à nos confrères, en leur démontrant que , eaux de Capveru leur offriront de puissantes ssources pour obtenir la guérison de la métrite ■hronique.
Le traitement hydro-minéral de cette maladie doit e local et général. Voyons si nos eaux peuvent uplir les indications thérapeutiques qui se rap- >rtent aux troubles fonctionnels de l'utérus et de s annexes, et aux perturbations des fonctions orga-
b qui proviennent des lésions utérines.
Les eaux du Bourîdé sont, comme nous l'avons vu, ntes, sédatives. Aucun praticien n'ignore s services que la médication anti-phlogistique rend ius les jours dans le traitement de la métrite chrome, quand l'hypérémie utérine est entretenue par i irritations obscures, voilées souvent par une larento débilité, ou lorsque cette hypérémie est liée i pléthore générale. Or, dans ces cas, les bains i Bountlé pris tièdes ot prolongés pendant une et ne deux heures et au delà, réussissent souvent jaucoup mieux que les anli-plilogisliques. Ces bains, . soustrayant du calorique, calment les ardeurs, chaleurs qui existent dans le bassin sous l'inde leur action sédative, les douleurs s'adisparaissent ; les exagérations nerveuses iffacent et la résolution de l'état congestif local ne
larde pas â se produire. Cette résolution est encore hâtée par les injections de cette eau minérale, si douce, si calmante, injections vaginales que les malades doivent répéter fréquemment pendant leur séjour dans le bain. Ces injections ont encore un autre avantage, celui de débarrasser la matrice et son canal adhérent de tous ces produits de l'hypersécrétion des muqueuses qui, d'elïet devenant cause à leur tour, sont une cause permanente d'irritation et de congestion locale; le plus souvent même nous remplaçons très -avantageusement les injections par l'usage du spéculum de bain en gomme élastique, que la femme s'introduit elle-même, et qu'elle conserve pendant toute la durée du bain. Ajoutons que le séjour de ces mucosités dans l'intérieur des parties sexuelles en amène la décomposition et favorise l'absorption putride. Cette médication est encore secondée par les douches rectales, à faible pression, pour faire disparaître la constipation si nuisible dans les affections utérines.
Sous l'influence de ces divers procédés de balnéation, les phénomènes inflammatoires chroniques disparaissent, comme nous venons de le voir; l'engorgement, ou plutôt l'hypertrophie de l'organe utérin ne larde pas à diminuer ; si elle persiste, comme cela arrive quelquefois, malgré la disparition des chaleurs abdominales, des douleurs et des sécrétions
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exagérées, il convient alors de stimuler l'enveloppe cutanée par quelques bains pris à la Hount-Caoute, et favoriser encore la résolution de l'engorgement par des irrigations ou des douches d'eau minérale de cel établissement, portées sur le vagin et sur le col de la matrice. Mais il faut y renoncer si la chaleur du bassin ou la douleur reparaissent sous leur influence.
Lorsque la congestion locale de l'utérus coïncide avec l'atonie de tout le système, c'est à la source de la Hount-Caoute qu'il faut s'adresser dès le début du traitement. Point n'est besoin, après tout ce que nous avons dit des propriétés thérapeutiques de cette source, d'insister sur son efficacité contre les altérations matérielles curables d'un organe qui sont liées à l'asthénie générale ou locale,
Au reste, les cas de contre-indication formelle exceptés, nous avons l'habitude, dans le traitement de la maladie qui nous occupe, de conseiller aux femmes dont l'intégrité des fonctions digestives est plus ou moins compromise, de boire tous les matins, ayant le bain, un ou deux verres d'eau minérale à la buvette du grand établissement.
On ne doit pas perdre de vue qu'il est rare que les affections chroniques de la matrice n'offrent pas, dans leur expression symptomatique, une prédominance marquée des troubles gastriques. Or,
comme chaêun sait, la conséquence de ces perturbations fonctionnelles de l'appareil digestif, est l'appauvrissement du sang et consécutivement la faiblesse. On est heureux, dans ces circonstances, d'avoir sous la main un agent thérapeutique qui réveille l'appétit, qui active la digestion et la sécrétion biliaire ; car un bon chyle prépare une bonne hématose et une bonne nutrition . L'usage do l'eau de la Hount- Caoule, en boisson, rend de grands services dans le traitement de la mètrite chronique, non-seulement pour combattre les accidents dyspeptiques des voies digestives qu'éprouvent les femmes atteintes de cette affection , mais encore à d'autres points de vue.
Nous avons vu ailleurs que l'eau de la Hount- Caoule, prise à dose modérée, produit au bout de huit ou dis jours des effets légèrement laxatifs. Ces selles diarrhéiques, lorsqu'elles restent dans une limite convenable, sont à désirer dans le traitement de la mètrite chronique qui demande le concours de la médication révulsive. La constipation est un symptôme â peu près constant et toujours fâcheux de la maladie qui doit éveiller l'attention du théra peu liste.
D'un autre coté, il est reconnu que les femmes affectées de mètrite chronique rendent souvent des urines où l'on trouve des dépôts Hthiques. Or, grâce à l'action de l'eau de la Hount-Caoute, nou-seulement la fonction de l'appareil urinaire est favorablement
surexcitée, mais encore les sables qui tapissent les conduits ou qui s'accumulent dans la vessie, sont expulsés au dehors avec les urines devenues plus abondantes et moins irritantes.
En résumé, nous sommes convaincu qu'il n'existe pas dans tout le Midi, des ressources thérapeutiques plus efficaces contre les maladies chroniques de la matrice, que celles qu'offrent au praticien les eaux minérales de Capvern. Pourquoi? D'abord, parce que les eaux de Capvcrn possèdent une vertu en quelque sorte spécifique, comme dit Taillade, pour ramener l'action vitale de la maLrice à son type naturel (1). Pourquoi? Parce que les troubles divers de l'appareil digestif accompagnent et aggravent les maladies chroniques de l'utérus, et que nos eaux ont la propriété de relever les fonctions digestives, d'activer la nutrition; parce que la douleur et les divers troubles de l'état nerveux, symptômes ha- • bituels de la môtrite chronique, trouvent dans les bains sédatifs de Bouridé, un calmant et un antiismodique naturel. Pourquoi encore? Parce que,
(1) C'est aiuai qu'un conçoit leur minière d'agir, dans dea cas, m apparence très-différente, opposés même, où elles réussissent à faire reparaître les menstrues supprimées, a les modérer quand it trop abondantes, et ù les régulariser quand elles s'éirtent de l'ordre naturel de leur retour (Taillade, Lettres sur m, page 112).
iW CAPVERN. — SES EAUX MINÉRALES.
sous l'influence de aos eaux, ont voit rapidement se modifier et disparaître toules ces sécrétions exagérées des muqueuses qui font partie des accidents locaux de la mètrite chronique, et qui produisent souvent des boursouflements, des érosions, des ulcérations sur leur surface; parce que les eaux de Capvern sont légèrement purgatives et très-diurétiques, ce qui doit les rendre précieuses dans la thérapeutique des maladies où l'on a à détruire les effets d'une constipation opiniâtre et les complications du côté des voies urinaires ; eofln, parce que Capvern a le privilège de posséder deux sources dont l'action est opposée, ce qui permet de traiter dans cette station thermale, non-seulemeut l'hypérémie et les engorgements utérins liés à la pléthore générale, mais ces congestions locales, passives, tous ces ingorgemeuts mous du corps et du col de la matrice qui se développent chez les femmes d'une constitution lymphatique.
5° Leucorrhée (pertes blanches).
Ce que nous avons dit, il propos de la métrite chronique, des sécrétions exagérées des muqueuses qui l'accompagnent, des effets sur ces mêmes muqueuses ; ce que nous avons ajouté encore sur la
6° Stérilité.
puissante action 'de nos eaux pourramener et maintenir dans ses limites normales ces exagérations de sécrétions de mucosités, nous dispense d'entrer maintenant dans de plus grands développements au sujet de ce catarrhe spécial, qui, rarement primitif, est le plus souvent symptomatique d'une lésion de l'utérus ou du canal adhérent, ou bien de la diathèse herpétique, rhumatismale ou goutteuse, et alors, dans ces derniers cas il se montre très-rebelle et
Voici un sujet fort délicat et très- intéressant surtout pour nos charmantes lectrices que l'infécondité chagrine, et qui désirent savoir si elles trouveront près de nos sources, renommées pour faire cesser la stérilité, cette aptitude à la maternité qui est une des plus belles (leurs de leur couronne, où Dieu a mis tant de roses, hélas 1 à côté de tant d'épineB.
Si la stérilité tenait toujours et partout a une cause unique, on comprendrait qu'elle fut toujours et partout tributaire de la môme médication. Mais les causes de l'infécondité sont fort nombreuses: c'est dire déjà que, si les eaux de Capvern font cesser la stérilité chez un grand nombre de femmes, elles
T» CAPVEM. - SES E1CÏ M
restent inefficaces lorsque la cause de l'infécondité eorl.de la sphère de leur action curât ive. Voyons donc quels sont le.- cas de stérilité qui guérissent à Capvern, ce sont les seuls qui doirent
Parmi les aJfêctioDS qui peuvent entraîner après elles l'infécondité, figurent la chlorose (appauvrissement du sang), la suppression des menstrues, les pertes blanches abondantes: c'est une cause trèspuissante de stérilité, caria semence du maie perd son pouvoir fécondant au contact de ces sécrétions glaireuses, à réaction alcaline, et qui tuent les animalcules de la liqueur spermatique. La stérilité accompagne aussi la métrite chronique, les engorgements de la matrice et les diverses altérations dans la statique de l'organe. Cela s'explique non-seulement par le trouble fonctionnel de 1 utérus malade, mais encore par l'obstacle que ces écoulements, l'engorgement du col et les déviations de l'organe peuvent apporter à la migration du sperme allant à la rencontre de l'élément femelle de la fécondation. Or, on sait que cetle fécondation ne peut avoir lieu sans le contact direct de la semence du mâle et de l'ovule.
Toutes les alîeclions morbides dont nous venons de parler sont curables par les eaux de CapverD ; c'est même une des meilleures médications qu'on puisse leur opposer. Lorsque la stérilité sera sous Ja dépendance d'une de ces causes, elle disparaîtra avec
la maladie qui s'oppose à la fécondation. On comprend donc très-bien les nombreux cas d'infécondité qui guérissent à Capvern, et le bruit que ces cures vont faire aux oreilles des dames qui, comme l'amant de la belle Philis, désespèrent en espérant toujours.