CHLOROSE, A
Observation III. — Grande faiblesse due à l'état anémique du sujet. Administration de l'eau de Hount-Caoute \ guirison.
Miss W... de la colonie anglaise de Pau, est âgée de 60 ans. Son tempérament est lymphatico-sanguiii, f-a constitution très-délicate. Cette dame nous lut adressée par son médecin, et arriva à Capvem le 15 juillet 1872. Ses digestions sont mauvaises et il existe une grande prostration de forces. A son arrivée à Capvern, Miss W. . . peut à peine se traîner de son hôtel à l'établissement thermal, appuyée sur le bras de sa bonne.
Phesobiption : 2 à 4 verrées d'eau minérale, deux bains chaque semaine à la Hount-Caoute, douche tempérée à jet brisé sur tout te corps, pendant dix minutes.
Après quinze jours de ce traitement, on ne reconnaissait plus cette malade ; le teint était meilleur. Miss W... digérait bien et marchait encore mieux. Tous les jours elle faisait à pied sa promenade au Bouridé.
Observation IV. — Accidents nerveux graves du côté de la tête ; violente céphalalgie accompagnée de syncopes fréquentes sous la dépendance de l'anémie. Guirison à ta suite d'un traitement hydro-minéral de 20 jours à la Hount- Caoute.
M U1 " X..., de RabaBtens (Eau tes- Py renne es), vint à Capvern le 8 juin 187t. Cette jeune femme, âgée de 24 ans, est mère d'un enfant. Sa langue est recouverte d'un enduit bilieux, l'appétit est capricieux et les digestions se font mal. La conslipation est habituelle, les muqueuses des paupières et des lèvres décolorées. M™« X... sent dos battements dans les tempes qui la fatiguent beaucoup. Elle ne peut bouger sans être essoufflée. La menstruation est irrégulière et peu abondante. Le sang est tout à fait pale.
310 CAPVEWN. - SES EAUX MIi\ERALES.
M" 1 » X... se plaint d'une forte douleur dans route la tête, parfois cette douleur prend un tel caractère de violence, i que la malade perd con naissance. Le jour, la nuit, la souffrance est la môme, et la malade est complètement privée de sommeil.
PnEscniPTiON : g à 4 verrez d'eau à la Ilomu-Camit.e : bains de demi-heure à 38°.
12 juin. — L'appÔtit est énergique; le sommeil est revenu ; les douleurs. rêphal;iL'ii[iie.s. se sont. ;i M ma X... nous dit éprouver une sensation de. bien-être qu'elle ne connaissait plus depuis longtemps. Continuer le traitement.
30 juin, — A cette date, M"" X... n'éprouvait plus aucun symptôme de sa maladie : elle nous quitta guérie ; et nous tenons de source certaine que cot'e malade n"a pas éprouvé- de rechute et que sa santé ne laisse rien à désirer.
Observation V. — Anémie grave symptomaiique d'iuie ityspepxi'.' i/i-rslro-i/ilr'liïialt'- probablement lire à la tlialhïw rhumatismale. Grandi- muclk'fatio/i ù ta suite d'une cure à Capvern.
M. X..., agent de change; vînt nous consulter à Paris le 18 février dernier. Ce malade est d'un tempérament nerveui et d'une constitution délabrée. Depuis quatre mois il est en proie aux symptômes d'une dyspepsie tellement intense qu'il éprouve un dégoût insurmontable pour toute espèce d'alimentation ; il est dans un état de dépérissement complet et nous offre une anémie très-avancée. Les muqueuses des lèvres, des gencives et des paupières sont d'une pilleur cadavéreuse. Les souffrances sont atroces durant les digestions qui sont très-longues et accompagnées de vomissements aqueux. La constipation est des plus, rebelles et la peau de tout le corps très-sèche présente une teinte ictèrique. On croirait à la première vue à une dégénérescence
organique, que l'examen le plus attentif ne peut faire découvrir, M. X... est traité par M. le 'loueur Chauffard pour une dyspepsie, et l'êminent professeur de la Fa culte de Paris a vainement employé les ressources d'une thérapeutique rationnelle et savante pour combattre ce. te névrose de l'estomac et des intestins. Il fut arrêté que ce malade viendrait à Capvem tenter une cure, au commencement de la saison. Il nous arriva le 38 mai dernier dans un état d'amaigrissement qui faisait pitié, et nous le soumimes au Lraiteinent suivant:
Bois/ions à la Ilount-Caoute à la dost de deux à quatre verrtkx d'eau minérale dans la jnurnée ; bains rares, douches froùles en pluie ver tiealeetâ entonne. Promenade) m voiture, bon régime.
Pendant cinq semaines, M. X... fit régulièrement ce traitement. Dès le début, l'amélioration ne tarda pas à s'ét.i' li. Cette iméli . tlion !' .1 progressive et. nous devons s'est pas un instant démentie. C'est ce 1 1 1.1 L ilte des !i :nes suivantes que M. X... nous écrivait, il y . i ne qui nze jours :
■ Mon dier docleuf, » Je devais, en qcituni Capvem, il y a un mois, aller ■i pi m quelques jnur* ù Y.., puis de là, partir pour > Luchon et attendre, suis *es frais ombrages, le moment i d'aller faire uno seciiiide suison sous votre direction à la 4-Caoute. Mais les événements en ont décidé autrement, et, au lieu d'être à l.uclion, à admirer les grandes forêts de sapins et les hautes montagnes, je suis û Paris ! le Boi- de Boulogne et la bitte Montmartre ! — iiImiv les oha (Mrs que nous traversons et qui ne m'ont iseui'nie semlilé irisuppurUldes, je n'ai qu'à me louer de ma santé et du séjour de cinq semaines que j'ai t'ait à Capvem, car je no suis pas de ceux qui disent : passait) it 0, gab&ati) it santo, et quoique j'aie tardé à vous
■ écrire, je ne suis pas oublieux, encore moins ingrat, et je > bénis chaque jour et la fontaine merveilleuse et son u habile distributeur.
» La coloration du visage est devenue de plus en plus n accentuée, et avec elle tous les muscles, surtout ceux de
• la face, commencent à se remplir et annoncent pour » pour moi, avec un certain bien-être intérieur, le retour à » la santé. Les digestions, à part de légères exceptions, » passent presque chaque jour inaperçues, et les petits
■ accidents qui les accompagnaient deviennent de plus » en plus rares. Les forces reviennent aussi, quoique ienii tentent, et je fais chaque jour mes courses sans éprouver » trop de fatigue. Il ne me manque plus pour Atra siuist'aii,
* que de voir ma langue devenir rosée. C'est vous dire n que, quoique je mange assez bien, je le fais plutôt par i méthode et par habitude que par l'excitation de I appétil » encore un peu endormi — et de voir auasi cesser la » constipation que je n'ai combattue jusqu'ici que par les ii moyens mécaniques, ne voulant pas me droguer
* lant laisser au contraire aux eaux de Capvern tout le » mérite de la guérison complète, que j'ai la confiance d<
• trouver dans la seconde saison que j'irai y passer, de la » un d'août à septembre.
Réflexions : M. X..., que nous avons revu à Paris le 20 février 1875, a obtenu sa guérison, nous l'avoni trouvé entièrement refait: c'est quasi une résurrection.
Les observations que nous avons consignées dans ce paragraphe démontrent que, sous l'influence de l'eau de Capvei-n, les malades dont la nutrition est incomplète recouvrent très-rapidement l'énergie de
CHLOROSE, ANÉMIE, HYDROPÎSIES. 313
s fonctions végétatives. Nous pourrions produire iQcore un grand nombre de faits analogues. Mais m s devons borner là nos citations. Cependant, en ninant, nous ne pouvons résister au plaisir do placer sous les yeux de nos lecteurs les lignes sui- .ntes que vient de nous adresser un de nos infrères, M. Daugreil-Pavillon, médecin à Saintiver (Landes) :
« J'ai !u avec le plus vif intérêt les observations que s avez publiées dans les colonnes du jonrnal Capvemw,à propos de l'action tonique et reconstitutive de iitnt-Caoule, et je me permets de voua communiquer un s qui prouve son efficacité contre l'anémie. Jo suis moime le sujet de cette observation.
> Depuis longtemps j'étais atteint d'accidents diabé- . La quantité de sucre que j'avais dans mes urines
t d'autant plus extraordinaire que les symptômes prinjui escortent le diabète ne se trouvaient pas réunis s moi. Ainsi, je n'ai jamais eu soif, et je n'ai jamais u plus d'un litre d'urine en vingt-quatre heures. J'étais me plus voisin de la gravelle que du diabète, comme mo dit M. le professeur Bouchardat, que j'allai consulter
is en usage tous les traitements préconisés, sans s départir d'un régime sévère, et malgré ma perje ne pus me mottre à l'abri de V anémie consé-
> Il y a un an, je tombai dans un tel état de prostration e la locomotion devint impossible ; l'idée me vint alors
d'aller faire une cure à Vichy ; maïs ma faiblesse s'opposait i que j'entreprisse ce voyage. J'optai pour Capvern où rais dû aller dix ans plus tôt ! J'arrivai près de votre
CAPVERlf. — SES EACS MINÉRALES.
source le 1G août 1873, et le 30 j'avais dèji'i n;i-i>iivi-i'! grande partie de mes fprces.
f Pendant doux mois, j'ai continué Pusage des eau* à domicile, à la dose d'un litre par jour, et par ce moyen je suis arrivé à faire disparaître toute trace d'acide uriqu de sucre. La dernière analyse faite très-récemment laissé aucun doute à cet endroit. Mes forces sont tout à fait revenues ; et tous ceux qui mo connaissent savent que je puis aujourd'hui parcourir à pied de très- grandes distances sans la moindre fatigue. Je suis donc convaincu que l'eau de Capvern est un remède souverain contre l'anémie et le diabète.
» Je profite de cette occasion, honoré confrère, pour î remercier à nouveau de la gracieuse confraternité avec laquelle vous m'avez repu, quand je suis allé me traiter Capvern.
» Dacgheh.-Pavii.lon, ■ Médecin à Saiot-Sever (Londes). ■
Les faits médicaux recueillis avec soin et consciencieusement exposés, sont, comme ou l'a déjà dit, la meilleure réclame que l'on puisse faire en faveur d'une médication. Le patricien lit ces faits, et, juge impartial, désireux surtout de soulager et de guérir, il n'use du nouvel agent thérapeutique que s'il est convaincu, soyons-en certain. Après avoir longtemps observé près de nos deux sources, nous avons dit à nos confrères: Voilà ce que nous avons vuàCapvei tels sont les résultats que nous avons obtenus, votre tour, voyez et jugez... — Et médecins et i ont répondu à notre appel; ils se sont
3" Hydropisies
>E, A.NÉM1E, HYDHOP1SJES.
rendus en foule dans notre gorge ; et tous, après avoir éprouvé les effets de nos eaux, n'ont eu qu'un regret, comme le docteur DaugreiJ , c'est de n'avoir pas connu plus tôt la puissance et l'efficacité de nos sources.
tas hydropisies générales ou partielles sont soul dues à des lésions organiques du cœur, du poumon ou à des dégénérescences des reins et du foie. D'autres fois l'aseite (hydropisie du péritoine) peut se développer sous l'influence d'une stase sanguine, limitée, comme l'a écrit Neumayer, aux vaisseaux du péritoine, stase qui est elle-même liée à des obstructions dans le système circulatoire de la veine porte. Si l'eau de Hount-Çaoute se montre constamment impuissante contre les hydropisies qui dépendent des altérations organiques du poumon, du cœur ou du foie, ou d'une dégénérescence quelconque, elle estau contraire efficace dans le traitement de l'hydropisie générale produite par la stase sanguine dont nous venons de parler ; elle guérit alors en régularisant la circulation du sang dans le système de la veine porte.
On voit encore des hydropisies dues à un appauvrissement de sang, disparaîlre rapidement sous
CAPVERK. - SES BAUX MINÉRALES, l'influence d'un traitement hydro-minéral fait à la Hount-Caoute. Cette eau minérale agit, dans ces Gas, en améliorant la qualité du sang et en établissant sur les reins un mouvement flimonnaire critique. Nous avons eu occasion d'enregistrer deux cures remarquables, que nous nous empressons de reproduire ici. Les sujets de ces observations nous sont venus de la même contrée, et les deux malades étaient soignés par le même médecin, M. le docteur Sorbes, de Mezins (Lot-et-Garonne), qui nous les
Observation I. — Hydropisie asciie; état çhtoro-anèfXiqVA
dU SUJft,.
M 11 " Marie D..., de Mezins, Lot-et-Garonne, vint à Capvern le 18 juillet 1870. Elle est âgée de quatorze ans et n'a jamais été réglée. Sa constitution est lymphatique. Son visage très-pale est bouffi. Elle nous présente, en un mot, tous Ifs symptômes d'une chlorose très-prononcée avec symptômes dyspeptiques et une accumulation d'une grande quantité de sérosité dans le péritoine. Cette ascite, qui date de sis mois, s'est développée peu à peu à la suite des troubles digestifs escortant l'état chlorotique. Du côté du foie et de la poitrine, rien d'anormal. L'hydropisie a résisté jusqu'à ce jour aux diurétiques et aux divers rcmèdtis qui ont été employés contre elle.
PaESCHiPTioss : Bains à la Hount-Caoute, trois verrées d'eau min&ritte; douches tempérée* en arrosoir sur l'ubdomen et sur le pourtour du bassin. Bons potages, nourriture réparatrice sous un petit volume.
23 juillet. — Même état, toutefois le ventre est un peu [dus souple ; continuer le traitement.
CHLOROSE, ANÉMIE, IIYDROP1SIES. 8fl
24 juilkt. — Légère amélioration; l'appétit est vif, le sommeill bon; mêmes prescriptions.
31 juillet. — L'amélioration a fait de grands progrès. Depuis cinq jours, le flux des urines a été d'une abondance extraordinaire, aussi les symptùmes d'ascito ont quasi disparu. Marie D... a repris des couleurs : elle fait ses quatre repas, composés surtout de viande de mouton grillée; et encore, sa mère prétend qu'il est difficile do contenter son appétit.
10 août. — Plus de liquide dans la cavité pêritonéale. Marie D... est redevenue fraîche et alerte ; sa respiration st plus gênée. On n'entend plus le bruit du souffle au ir; et ses pal pi la Lions ont disparu. Laguérison est complète, et nous pouvons ajouter qu'elle ne s'est pas démentie in instant; car, nous l'avons revue à Capvera, belle de anté et de jeunesse, sans la moindre trace de l'affection
ni l'avait conduite près de notre source.
Réflexions : On sait que, lorsque les symptômes de la chlorose ont une grande intensité, celte affection est parfois accompagnée d'infiltrations du tissu cellulaire sous-cutané et d'accumulation de liquide dans les cavités séreuses. C'est ce qui a eu lieu chez la malade qui fait le sujet de l'observation qu'on vient de lire. Lorsque Mlle D... arriva à Capvern, elle était dans un état considérable de
■blesse, et l'anémie globulaire était manifeste. 11
noua fut pas possible de rattacher l'hydropisie
abdominale à une lésion morbide autre quo l'état
anémique du sujet.
L'eau de Hoitnl- Caoute modifia rapidement les
318 cAPVEiu*. — sl;s eaix minérales.
troubles digestifs, activa la nutrition générale, en fit il îs paraître l'aseîte en déterminant un flux critique sur l'appareil rénal.
C'est donc à l'action diurétique et tonîrjue du traitement hydro-minéral favorisé par une bonne aération et une alimentation réparatrice, que revient l'honneur de cette cure remarquable.
6 hydropiaie-a urfdlount-Caoute.
Observation II. — An tkinent. /jiiih-ie par l'ea
Le 5 juillet 1873, M. le docteur Sorbes nous udrossa le nommé L .. (Raymond), cultivateur à Meïins, Lot-et- Garonne. Ce malade est agè de 35 ans : il est d'un tempérament lymphatique et d'une faible constitution. Depuis quatre mois L... est atteint d'anasarque avec épsnchement do sérosité dans la cavité pêritonéale. Cette hydropisie ne peut être rattachée à aucune lésion organique appréciable. lille s'est développée lentement sous l'inlluence probable des mauvai>cs condition.-; hygiéniques de l'alimentation et d'une habitation humide.
Notre confrère du Lot-et-Garonne dirigea avec son habileté ordinaire les médications rationnelles contre cotte affection ; mais tous les efforts de la science restèrent impuissants à la faire disparaître.
Étiït actiiht. : Le malade éprouve de l'anorexie, la langue est recouverte d'un enduit saburfal de couleur blanchâtre ; les digestions sont laborieuses, et il existe une constipation opiniâtre. Les urines sont rares, sédïmeuteuses ; les parties infiltrées présentent un gonflement considérable; la peau est sèche, blafarde. Les urines traitées par la chaleur et par l'acide nitrique n'offrent pas de traces d'albumine. Le ventre est tumélié; nous c<.ui.-=i(ii.<uis lu présence d'un liquide dans le péritoine.
CHLOROSE, ANÉMIE, HYDBOPISIES.
Phebcbiptiohb : D'abord, 4 verrées d'eau minerait ù Hount-CJaoute : puis ff, et même 8 vetriti à boire dans la mrnée ; trois bains par senininr-.
Le 12 juillet, l'épanchement dans le sac péritonéa) avait :onsidé ralliement diminué, et l'infiltration de la face, des episees et des jambes était moins considérable. Le malade continua le même traitement, et le 19 juillet, L... était tout à fait guéri. Il avait pris durant son traitement cinq bains et bu en moyenne six à sept wrrées d'eau minérale ebaque jour. La diurèze avait été dos plus abondantes surtout la nuit.
Réflexions : L'absence de lésions du côté du ioie i reius nous a permis de considérer ce cas :ommo une anasarque liée à une altération de
li qu'il en soit, l'eau de Mount-Caoute a été auss apidement efficace chez le sujet de cette observatioi i chez Mlle D... Voila donc un remède tri ssant aux mains du médecin dans ie traitement i certaines hydropisies. C'est à l'homme de l'art de saisir les indications qui en demandent l'emploi, indications que nous croyons avoir nettement formulées au commencement de cet article.