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GOUTTE

11 n'existe pas, dans le cadre nosologique une maladie sur laquelle on ait écrit plus de volumes, et contre laquelle on ait inventé plus de spécifiques. « On est vraiment étonué après cela, dit Réveillé- Parise, qu'il y ait encore des goutteux, des gens qui osent se plaindre d'être tourmentés de la goutte. A quoi pensent ces infortunés? N'ont-ils pas la liberté du chois? Malheureusement, en dépit des nombreuses pages éditées et de la quantité des remèdes inventés, la goutte n'est pas mieux connue dans son essence, et sa thérapeutique n'est pas plus avancée.

Qu'est-ce donc que cette affection, qui saisit ordinairement l'homme robuste et bien nourri, dans toute la sève de l'âge adulte, le torture, le brise et le jette perclus, dans les crises douloureuses d'une décrépitude anticipée?

La goutte, dit l'un c'est la reioe des maladies. — Morborum dominus. — Certes, voilà une souveraine, lont la Cour n'est pas peuplée de courtisans volonlires! C'est la maladie des riches et des puissants, dit l'autre. — ttorbm dominorum. — Nous voilà après cela bien avancés! La goutte est un remède, d'après le grand Sydeuham, goutteux lui-même, et nous sommes de son avis. La goutte est, en effet, un remède ; mais il est plein d'amertume. — Pkarmacum marissimum I — La nature emploie ce remède pour harasser l'économie d'un principe morbifique dont îliminalion met à l'abri de désordres plus graves, ilà tout ce que nous savons sur la goutte ; et de 'Jilte notion découle une thérapeutique et une prophylaxie rationnelles.

La goutte se présente à l'état aigu, ou bien à l'état ironique.

1° Goutte aiguë on régulière

Nous n'insisterons pas sur les conditions étiolo-

[ues qui président au développement de la goutte;

s que nous avon» écrit à propos de l'étiologie de la

s'applique à cette affection, car les goutteux

t les graveleux sont de même race et de mhne sang,

le dit Réveil lé- Pari se. La matière de la goutte

3S*2 CAPVÉHN. — SES tALA M] NL RALES,

est aussi l'acide urique. « Dans la gravelîe urique (Durand- Fai-del , (/«('on médicale. 21) avril 1869) l'acide urique ou les urates sont éliminés à mesure par les reins. Lorsqu'une substance toxique a élè introduite dans l'économie, il n'y aurait pas grand dommage si elle venait k être éliminée corn platement par les reins. Aussi les graveleux ne sont pas malades, et ils ne le deviennent que si l'issue de l'acide urique se trouve empêchée par le défaut de la proportion entre les concrétions formées par cette acide et la disposition des appareils qui doivent le conduire au dehors. De là, une nouvelle série d'actes pathologiques, Mais ce n'est là, pour ainsi dire, qu'une sorte de traumatisme, La santé générale n'est pas altérée, parce que les produits en excès dos matériaux, que la bile dans un cas, que l'urine dans l'autre, sont chargés d'éliminer, ne sont pas restés daus l'organisme. Il n'en est pas de même dans la goutte. Ici, l'origine palhogénique paraît identique, la matière de la maladie est la même ; mais, par une cause qui nous échappe, celle-ci demeure dans l'organisme et n'est pas rejetée au dehors.»

Si les produits uriques en excès dans la gravelîe se dirigent du côLé des reins, comme vers un lieu d'élection pour leur élimination, c'est vers les articulations qu'ils vont se fixer dans la goutte. Mais, eommele fait observer fort judicieusement M Durand-

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