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Fardel (loco càata) « l'urate de soude ne se trouve pas seulement dans les articulations et alentour d'elles; il existe en escès dans le sang, et par censément dans tout l'organisme. »
Voyons maintenant en quoi consiste l'attaque de goutte aiguë. Sydenham en a donné un tableau complet ; et tous nos pathologistes n'ont fait que répéter ce que ce grand homme avait si bien vu. Si le plus ordinairement cette attaque survient d'une manière soudaine, sans phénomènes prémonitoires, dans certains cas il n'en est point ainsi. Il n'est pas rare de rencontrer, chez les sujets, qui sont sous l'imminence de l'attaque, de l'abattement, de l'inquiétude et quelques troubles dans les fonctions digestives. On a noté un peu d'ardeur dans le canal de l'urètre en urinant, et les urines charrient les sables; la peau sèche devient le siège de démangeaisons incommodes. Lès sujets éprouvent des tiraillements dans les membres ; et on a observé que généralement se déclarait un gonflement manifeste des veines du membre sur lequel la crise doit se localiser. L'accès paraît la nuit ; et il est fort rare que le premier d'entre tous, ne se fixe pas sur le gros orLeil d'un des pieds. « Locus r/uem primo, quem regularis aggreditur, semperpes » a dit Bœrrhave. Raconter ici tout ce qu'il y a de tortures atroces et variées dans la douleur goutteuse, c'est impossible. Pour en avoir
il CAPVERN, — SES EAUX MJ\ÉRÀLES.
une idée, il faut uon-seulement avoir soigné i goutteux, mais encore être soi-même goutteux. «Cette douleur, dit Roche, est comparée à une sensation d tiraillement ou de dislocation de l'articulation ; celle d'un coin qui serait enfoncé dans les os, à un brûlure, aune dilacèrationque produiraient les dentt d'un animal, etc., etc. i>
Cette douleur survenue au milieu de la nuit aug menle pendant la journée qui suit ; et le soir ell devient intolérable. La nuit se passe affreuse ; et c n'est que le matin qu'un peu de calme apparaît, avoc une légère moiteur générale à la peau. L'amélioratioi coïncida avec le développement d'une forte rougeur le gonflement de l'articulation et une sueur vis queuse sur la surface articulaire. La fièvre plus modérée persiste pendant trois ou quatre jours avec de exacerbations le soir; pendant ces paroxysmes, I pouis augmente de fréquence, et la douleur d'in lensité ; au bout de ce temps, la douleur cesse tou à fait. Mais ce n'est que la fin du premier acte 11 y a quelquefois quatre, cinq accès pareils à celu que nous venons de décrire dans une attaque i goutte, Au dernier accès, la peau de larticulatioi devient ordinairement le siège d'un prurit assez vif e d'une exfoliation plus ou moins abondante.
C'est cette série d'accès avec leurs paroxysmes qui constitue l'attaqua de goutte. Mais il ne faut pas
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pendre de vue que les symptômes d'une attaque de goutte peuvent varier à l'endroit de leur intensité et de leur durée. Dans certains . cas, le mouvement, fluxionnaire envahit successivement ou en même temps plusieurs articulations. Toujours l'attaque de goutte aiguë est accompagnée de symptômes généraux: la langue est ordinairement recouverte d'un enduit saburral, l'appétit est nul, la bouche estamère, pâteuse. Le3 garde-rohes sont supprimées ; et le ventre légèrement météorisé. Les urines rares et trèscolorées laissent déposer des sédiments uriques.
Après l'attaque, le malade revient rapidement à la saute, et quelquefois pour une et même plusieurs années. Ceci dépend beaucoup de sou hygiène. Si cette hygiène est détestable, l'ennemi ne tarde pas à se montrorde nouveau ; et ses visites seront d'autant plus fréquentes que les excès, que les écarts de régime
Ront plus nombreux. C'est alors que la maladie 'et la forme chronique.
Dette forme chronique peut se montrer dès les y.emières manifestations crisiaques de l'affection -, c'est ce qui arrive chez ies personnes âgées, et chez ceux plus jeunes dont la débililation à été provoquée, soit par un mauvais régime, soit par des maladies antérieures.
Les symptômes de la goutte chronique sont encore ceux qui.* présente lattaque de goutte à l'étal aigu la
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lïiajfl ils ont une moindre intensité. En revanche, les lont plus longs, et beaucoup plus irregulieis, et ils donnent lien à des dépote de matières salines dans l'intérieur et au pourtour des articulations. Des incrustations durâtes, appelées topitux se forment sur les surfaces péri-arliculaires,et intra-arltcuknie*. et cela dès le premier accès, « il appartenait à Garrod, dit. M. le professeur Charcol (leçons sur les maladies rhnnnt/ues), de montrer que le moindre accès if. ijouUe laisse une empreinte indélébile sur les tissus envahis qui sont frappés pour toujours du cachet de la maladie.
« Remarquons, dit plus loin M. Charcol, que l'incrustation des cartilages est inséparable de la goutte articulaire et paraît, exister dès les premiers accès. « Chez un goutteux, les jointures qui ont été malades sont les seules qui présentent cette lésion du cartilage; on ne la trouve quelquefois que dans une seule articulation.
v L'incrustation d'urate de soude persiste en dehors des accès ; dans leur intervalle elle peut se révéler à l'extérieur par aucune déformation appréciable, a cette lésion est propre à la goutte, et ne se •Yiifniiire jamais dans le rhumatisme ariirulairr soit aigu, soit chronique. »
Ces dépôts de masses crayeuses sont placés an voisinage des jointures qu'elles déforment, se col-
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Iectionnent sous la peau, 1I011L ils déterminent parfois l'ulcération ; et l'on voit sortir à travers t'es perforations les fragments de ces concrétions calcaires. Parfois ces concrétions ramollies sortent, mêlées avec du pus, sous forme d'une bouillie épaisse et blanchâtre, pendant des mois, et même des années entières. Celte élimina lion quotidienne des produits iniques ne met pas ceux chez lesquels elle s'opère, à l'abri de nouvelles attaques. A chaque moment, sous l'influence d'un écart do régime, ou des variations atmosphériques , ces malheureux goutteux sont exposés à voir la plupart des articulations des bras, des mains, des membres pelviens envahis, ctils sont condamnés, quand ils sont tombés au dernier degré de la cachexie goutteuse, à vivre tristement cloués sur leur fauteuil, ou dans un lit, au milieu des souffrances et des infirmités.
Il faut noter encore que la vie de ces malades est souvent compromise par la déviation accidentelle de la fluxion goutteuse ; ou par son déplacement subit provoqué par l'usage intempestif dos spiViiiquos tant prônés, auxquels ils ont malheureusement recours trop souvent. Certes l'existence de ces goutteux est douloureuse et triste. On a dit d'eux qu'ils étaient impatients, irascibles et grondeurs. Franchement, on le serait à moins 1 Toutefois la règle n'est pas pana exception, et nous connaissons, dans notre
m CAPVERN. - SES EAUX M1MÎISALES.
rayon médical, des goutteux à qui leurs cruelles souffrances n'ont enlevé ni la spirituelle causerie, ni l'amabilité du caractère, ni la résignation sereine du chrétien et du philosophe. Dernièrement, l'un d'entre eux, l'un des plus tourmentes par la maladie chronique, se faisait caler sur sou lit pour nous lire une gracieuse et patriotique poésie, à l'adresse de son fils, volontaire de l'Ouest., poésie que la muse venait de lui dicter, entre deux paroxysmes de la manifestation goutteuse. Condamné à vivre dans sou appartement, se traînant péniblement du lit au fauteuil, et du fauteuil au lit, celui-ci cherche dans les choses do l'esprit et du cœur l'apaisement, l'oubli de la toiture que d'autres demandent, hélas ! a l'ail des casseroles !
Nous allâmes visiter un jour un de nos confrères les plus distingués, qui fut notie maître et notre ami. Le malheureux gourmet, cloué dans son lit par la cachexie goutteuse, expiait durement ses péchés mignons de gourmandise. Malgré l'état de décrépitude prématurée dans laquelle la goutte l'avait jeté, il continuait à vivre dans l'impénilence ; nous le trouvâmes occupé à tremper des petits gâteaux dans uu vieux cru d'Espagne; et il venait de déjeuner d'un ortolan truffé. Il péchait ainsi plusieurs fois dans la journée, le charmant endurci ! Et il s'en alla comme tant d'autres, en disant aux amis qui le grondaient,
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que ce qui ne valait rien pour la goutte, était délicieux pour les goutteux !
Telle est d'une manière sommaire, l'affection goutteuse sous ses formes aiguë et chronique; disons maintenant uu mot 'du traitement par les eaux minérales, et de sa prophylaxie.
Puisque la goutte est uu effort de la nature dont le but est l'élimination d'un principe morbiflque, il est de la dernière importance de ne jamais troubler cette crise salutaire qui, dans la goutte aiguë, dit Huffeland, « est complète, générale et locale, et le malade demeure exempt d'accès de goutte pendant un temps plus ou moins long, » 11 faut donc respecter te travail de la nature, et se bieu garder de le faire levier au delà, ou de le supprimer par une Luter- ■ention intempestive. Tout ce qu'on lente pour noiniirir les accès ou pour les éloigner est fatal et ne peut que rendre la crise incomplète ou déterminer des métastases goutteuses foudroyantes. La goutte ne veut pas être tracassée, et ce n'est pas sans péril que 1 on empêche son évolution. Que les pauvres goutteux en prennent leur parti, et qu'ils prennent bien garde surtout, en présence de l'inaction calme et réfléchie leur médecin, de se laisser prendre à l'hameçon fide des spécifiques que ne cessent de leur tendre uelques industriels effrontés. Au reste, les grands taîtres de l'art, dans tous les temps, on regardé
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comme pornicieui de diminuer ou d'arrêter imprudemment ces crises naturelles. Nous citerons ici les paroles que laissait tomber à ce sujet, du haut de sa chaire, le professeur Trousseau, quelque temps avant sa mort :
• Je me refuse catégoriquement, pour ma part, dit cet illustre praticien, à traiter un accès de goutte aiguë chez un homme jeune. Lorsque le malade est vaincu par la souffrance, qu'il pousse des cris d'impatience et de rage, qu'il est en proie à des chaînes de paroxysmes, qu'il interprête mal mon inaction thérapeutique et qu'il me pousse à bout, je le considère volontiers, comme ce patient découragé qui vous dit : Docteur, si vous no mo soulagez point, « je me brûle la cervelle, » et alors, au lieu de le laisser tomber entre les mains du premier empirique venu, qui lui promettra monts et merveilles, je dévie- de ma ligne de conduite, et j'écris une prescription susceptible d'amener un répit si ardemment souhaité , mais autrement je ne fais rien. » (France médicale, Il mai 1861.)
Certains médecins distingués ue veulent même pas que l'on emploie une médication quelconque, entre les attaques de la goutte aiguë, dans le but de [.revenir les accès fuLurs. Nous ne partagons pas cette manière de voir, et nous sommes plutôt de l'avis de f.heine, qui dit (Essai sur ta goutte, pages 2?, 23) :
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Les attaques périodiques de la goutte régulière vent ordinairement eu deux saisons, savoir ; dans le printemps et dans l'automne. Je les regarde comme des évacuations critiques de la dernière importance, qui servent à dépurer le sang et à le débarrasser des sets de la goutte. Ainsi, il ne faut pas plus troubler nature dans ces sortes d'opérations, que dans les ■gâtions menstruelles du sexe, quoiqu'il soit très- .ntageux de provoquer une transpiration abondante ou une douce moiteur. Mais, dans les légères atteintes de goutte qui surviennent lors du printemps et de l'automne, et dans les intervalles des accès, les purgatifs doux sont excellents pour dissiper ces crises, pour éloigner et diminuer les accès. Un goutteux doit être regardé dans les intervalles de sa maladie comme un homme qui se porte bieu, à l'exception de la disposition naturelle où il est, d'avoir un autro accès de goutte, et on peut lui lion ner alors des remèdes comme à une autre personne, pourvu qu'on ait égard à sou températunient particulier. Ainsi, la véritable méthode de traiter la goutte consiste à entretenir pendant l'accès une transpiration uniforme, et dans les intervalles de la maladie, à faire de l'exercice et à employer des purgatifs doux et stomachiques. »
nous conseillons aux goutteux, dans l'interleurs crises aiguës, l'usage des eaux de
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Capvern. dont l'action purgative s'effectue tout doucement et en niodiiiant- avantageusement la nulnlion. Ces eaux, en outre, par leur propriétés diurétiques, déterminent des tlux crisiaques d'urines vers les reius, et les débarrassent en même temps des M'fiimmits dont ils sont obstrués. N'oublions pas que la plupart des goutteux sont en même temps graveleux. « Qui uno laborat ex Us, a dit Solenandes, allenim oix tffugert pote&t, et pauci arthrit-udi-ne. affecti sunl qui non in renibus eakulum ïngeneranl. ;Solenand-, sect. T, cens. XX). Ceux qui ont lune de ces maladies ont pvinc à se sauver l'autre, et il y a peu de goutteux oui ne soient en même temps ttatcutewn- »
C'est par l'usage des eaus de Capvern que tes goutteux se mettront à l'abri des concrétionnemenls tiriuaires. Des cures faites de temps en temps, soit ;ï la station thermale, soit à domicile, produiront les meilleurs résultats. Parmi U>s Ddèles que nous voyons tous les ans à Capvern, nous connaissons plusieurs goutteux qui se trouvent fort bien de cette pratique. Ces malades devront faire leur traitement en juillet à la station thermale, et chez eux, dans les premiers jours de mars. Nous leur recommandons de boire l'eau minérale à petites doses, pour éviter les superpurgations, et de faire, chaque jour, une excursion sur nos coteaux verts ou dans les délicieuses vallées
GODÎTE.
gui dous environnent. Ils se trouveront beaucoup înieus d'une semblable médication, que de l'usage des alcalins sodiques, et de ces drogues, dites spécifiques, qui produisent une dérivation violente sur les organes par le colchique et la vératrine qu'elles renferment.
Nous venons de nommer les alcalins sodiques. Ce que nous avons dit de cette médication, à propos de la gravelle, est de tous points applicable à la goutte: on a abusé et on abuse encore, dans la thérapeutique de cette affection, du bi-carhonate de soude, du carbonate delithine,deseauxde Vicby,deVals, etc., et l'on trouverait certainement peu de goutteux qui n'aient payé leur tribut à l'engouement déplorable du corps médical pour les sels à base sodique. Sans doute cette théorie de la neutralisation des produits uriques par la soude, la luhine, etc., est forL séduisante, et La thérapeutique de la goutte deviendrait facile, mathématique même, si cette opération chimique, qui est censée s'exercer sur la matière de la maladie, suffisait pour faire disparaître l'état morbide qui l'engendre. Malheureusement, l'expérience cliuiquo démontre qu'il n'en est pas ainsi. Et les prétendus dissolvants sont plus propres h dissoudre le goutteux que la matière de sa maladie, L'anomalie de la nutrition à laquelle il faut rattacher les manifestations de la diathèse goutteuse, n'est pas [dus 1?,
m CAPVERN. - SES EAUX MI\ÉHALK5.
spécialement modiliëe parles eauxalcalines sodiques que par celles de Capvern, de Pougues et de Coutrexéville, dont les principes minéral isa tours sont différents. Lesgoutteux retirent les meilleurs résultats de ces dernières. Au reste, la médication dissolvante n'a rien à faire ici. C'est ce qui a été démontré d'i manière irréfutable par M. Baud, qu'il faut toujours citer lorsqu'il s'agit de la pathogénie et do la thérapeutique des affections goutteuses et lilhlques.
» En ce qui concerne spécialement la goutte, dit cet habile publieiste, si nous prenons pour base, et nous ne saurions mieux faire, les résultats des recherches les plus récentes, nous trouvons au compte de l'acide urique :
n 1" Qu'il surabonde dans le sang à l'état obi: toire i'nraie de soude;
n 2° Qu'il diminue plutôt qu'il n'augmente de quantité dans la continuité de l'excrétion urinaire ;
» 3" Qu'il se dépose et se concrète sous forme d'urale de soude, sur divers points, et spécialement au voisinage des articulations ;
» Avec la meilleure volonté du monde, on cherche en vain dans tout cela une indication quelconque de dissoudre quoi que ce soit.
» Est-ce l'acide urique mêlé au sang des goutteux quil s'agit d'instrumenter? Mais il y est parfaitement dissous par la soude, et peut-être vaudrait-il
forai sa s liasi veut