A ALEXANDRIE
LE SOIR DU BAL DU SAMEDI l5 FéVRIBR I 868
Alexandrie,
Cité chérie, Dont j*ai gardé le plus doux souvenir,
Je suis heureuse.
Je suis joyeuse Dans tes vieux murs quand je puis revenir.
Poste avancé d*une race guerrière.
Noirs bastions, formidables remparts.
Larges créneaux et citadelle fîère De déployer au vent nos étendards ;
rj^ V ALEXANu3lE,
Flemne amoureux de la piainc fertile^ Or ondoyant des précoces moissociâ^ Gd embaumé qui counxme la tîHc.
Fînnânicnt gris aux Enges honzoos;
Calmes &aboiirgs ! Taste et bruyante f^ce.
Sd qu'a mouillé le sang des Gibelins.
Qochers aigus qui dénez fespace Et réveillez les échos cristaUins ;
Arbres touffus où Toiseaa bavard chante.
Ombrages verts et gazons de velours,, Salut à vous ! vous retrouver m'enchante.
Car du passé je remonte le cours.
De mon mari ces lieux ont vu fenfance, Quand^ tout petit, turbulent et mutin.
Il ne rêvah ni luttes ni puissance, Insoudeux de l'avenir lointain.
Je vais revoir Taïeule au doux visage.
Dont le front pur, par le temps respeaé.
Des froids hivers n^a pas subi Toutrage Et resplendit plein de sérénité.
Salut à vous, salut, Lares antiques.
Modeste toit, par la paix habité.
A ALEXANDRIE. t>9
Fo3'er béni des vertus domestiques^ Temple discret de la simplicité !
J^aime la chambre et la tranquille couche Où les aïeux ont passé tour à tour; Puis le berceau que de la main je touche Des petits-fils a vu le premier jour !
Tombe et berceau^ pôles de cette vie^ Qui me mêlez à vos traditions.
Vous me montrez la route qu'ont suivie D^un pas ^al deux générations !
Salut surtout à la ville ouvrière Que le travail a vouée au bonheur; Quand je reviens en ces lieux, je suis fière Du bon accueil dont je comprends Thonneur;
L*habile essaim, artisan de merveilles, M'a de la ruche offert la royauté.
Et je deviens la reine des abeilles -, Pour une nuit, me voilà Majesté.
Mais dans le bal aux rapides quadrilles.
Quand je voudrais à tous serrer la main.
Autour de moi grouper les jeunes filles^ J^oublie, hélas ! qu'il faut partir demain :
yo A ALEXANDRIE.
Cest à regret, mais je suis hirondelle.
Je dois quitter ce pays des cœurs d or , Demain madn m^enfiiir à tire d*aile...
En m'envolant, je veux redire encore :
Alexandrie,
Cité chérie.
De toi j'emporte un charmant souvenir;
Troupe joyeuse,
Je sms heureuse Du cher espoir de bientôt revenir.