ROSSINI
Les héros succombant sous le faix de leur gloire, Jadis prêts à partir, ont vu le inonde en deuil; Aux étemels festons du temple de Mémoire Ils ont préféré notre seuil.
Rossini restera tout entier dans son œuvre, Armide^ h Barbier^ Mosé^ Guillaume Tell!
On ne peut séparer le maître du chef-d'œuvre, L'imagé sainte de l'autel.
Quand des flots d'harmonie envahissent la salle. Lorsque Moïse prie ou Rosine sourit, Du divin maestro c'est Tâme qui s'exhale !
C'est son âme, c'est son esprit!
Le feu vivifiait ta cendre rajeunie Du fabuleux phénix expirant sur l'autel :
C'est pour renaître encor que s'éteint le génie. Car le génie est immortel !
Cosal.;, >; novembre 1868.
A s. A. B. LA P»:XCESSE LE PIEMONT
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La Muse qui iisc scllicftc.
Gomme Marx)t, veut aujourd'hui Que je chante îa Marpierite :
i- je chanter OHnme îui !
Quand ta donnais ton nom à la blonde princesse Que dotaient au berceau la grâce et la beautés Savais-tu que plus tard son auguste jeunesse T^offirtrait, elle aussi, ta part de royauté?
Dans nos jardins et nos parterres.
Les fleurs au parfum enivrant Se di^utent le premier rang :
Chrysanthèmes et primevères.
Ainsi qu^en un champ clos, souvent
Affectent l'allure guerrière Et, redressant leur tige aitière,
Frissonnent aux baisers du vent.
Le jasmin, fier de sa blancheur.
Grimpe sur un mur en ruines ; Le lilas vante sa fraîcheur, La rose aux teintes purpurines Se prétend reine de beauté ; Mais leur éclat passe trop vite.
Fleur ou princesse, tout invite A saluer la royauté Que fleuronne la Marguerite.
Rendue aux splendeurs d'autrefois, L'Italie entière est en fête :
Ce ne sont que bals et tournois.
Feux d'artifice qu'on apprête!
Torrent de soie et de velours.
Lorsque défile le conége, La foule enthousiaste assiège Les places, les ponts et le cours.
Mille cris joyeux applaudissent Aux pompes du royal hymen ; Les pauvres, d'avance, bénissent Les bienfaits d'une blanche main !
LA MAKGUERITE. 87
Qu^ao seuil des grands palais les torches.
Comme autrefois, flambent ce soir !
Aux saints parvis, que les vieux porches Répètent des hymnes d*e^x>ir !
Enflammez-vous, brillantes gerbes, Et que votre éclat fulgurant Etale ses reflets superbes Le long du fleuve murmurant !
Luttez de courage et d'adresse, Combattez, chevalier courtois.
Sous les yeux de votre princesse !
Votre chef est fils de nos rois !
Poète, rimez en cadence !
Chantez, trouvère et damoisel :
De l'esprit et de la vaillance On annonce le carrousel.
Gloire aux vaillants! Los et largef^se.
Preux chevaliers qu'on vient d'armer ! Sonnez, clairons, pour la princesse Que le peuple vient d'acclamer !
Parmi la foule qui s'agite.
Applaudissant au noble hymen.
Votre fleur est dans chaque main.
Soyez heureuse, Marguerite.
Pour être fort, il faut resserrer le faisceau : Le fleuve impétueux, déviant de sa course, S épuise promptement et se change en ruisseau, Quand tout cède au torrent qu^alimente sa source !
Prince, soyez béni, pour n'avoir pas permis Que cette noble branche à votre souche entée, Et qui doit les héros à Ta venir promis.
Sur un sol étranger pût être transplantée !
Prince, soyez béni ! car vous avez compris Que, marchant sur les pas de votre illustre père. Votre compagne doit rappeler au pays Le souvenir aimé de votre sainte mère !
Prince, soyez heureux ! que vos jeunes amours Vous remplissent le cœur et fleurissent vos jours. Car bientôt T Italie, à jamais une et libre.
Acclamera son roi sur les rives du Tibre !
S'il vivait aujourd'hui.
Clément Marot pourrait m'accuser de redite.
Car j'ai chanté la Marguerite, Ainsi que lui.