ARRIVANT EN ITALIE
Quand votre pied toucha le sol de r Italie, Les Poètes divins dont elle est le berceau Sentirent s'éveiller leur âme ensevelie
Banales ténèbres du tombeau.
C'est un souffle d^amour qui ranime leur cendre : Ils se lèvent soudain, ils courent sans retard,
Pour vous voir et pour vous entendre.
Muse de la Beauté, de r Esprit et de F Art.
Pétrarque, à votre aspect, croit reconnaître Lattre Et tend vers vous ses bras que la mort a raidis; Dante, cherchant toujours en ses rêves hardis
La Béatrix qu'il pleure encore.
Sous l'éclat de vos yeux pense à son Paradis. Et le Tasse, appelant à grands cris Léonarc, Se prend à vous aimer, comme il l'aima jadis.'
l'iut. L* no:x,
Frère aîné de r espoir^ Souvenir du passé.
Doux soir du sentiment ^ plus charmant que r aurore.
Crépuscule attendri, dont Péclat effacé
Sur la cime des monts flotte et languit encore.
Tu réveilles si bien les beaux jours d* autrefois! D'un fugitif reflet mon Présent se colore...
De fantômes aimés tu peuples les grands bois; Quand le Bonheur s* éteint , ta lueur le redore.
O bonheurs disparus, beaux oiseaux envolés!
Qui chantier sur mon toit, dont f aimais le plumage. Battus par l'ouragan, par le temps exilés.
Hélas! vous ave^fui vers un autre rivage.
JRepene:^, reven€\, mes fugitifs ailés!
Je veux entendre encor votre gentil ramage :
Parmi les chants anciens que vous vous rappelé^, Redites-moi le chant qui me plaît davantage!