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LA DEMOISELLE DE COMPAGNIE

Nous vivons dans un siècle étrange, en vérité! Nous allons à rebours, sans nulle utilité, Et la cervelle humaine, abdiquant tout prestige, A des dérèglements qui donnent le vertige.

L'époque Louis Quinze, où tout n'était que fard, Où la mode, la cour, la poésie et Tart

I. Cette boutade, inspirée par un procès célèbre, ne peut être appliquée à personne autour de moi et ne saurait, en aucune façon, blesser les charmantes jeunes filles qui vivent dans mon intérieur, et dont quelques-unes ont adouci par leur présence les amertumes de mon exil. — M. R.

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Obéissaient au mot d'ordre qu'en une alcôve Donnait la courtisane au cœur sec, à l'œil fauve^ Cette époque brillante et vide, sans grandeurs, Revient-elle ? — Voyez ! Nos modernes auteurs, Pour frapper fort ou pour grossir leurs bénéfices, Sur paradoxes creux fondent leurs édifices^ Us ont rendu le vie-* attrayant et parfait, Et, chacun à son tour, sans vergogne, ils ont fait Un accroc au vélin des Légendes dorées, Pour les Phrynés du jour à Lorette adorées.

— Ah! s'écriait Boileau, « le poète ignorant Qui de tant de héros va choisir Childebrand ! » Toi, naïf écrivain, tu creuses ta cervelle Pour en faire jaillir... — Eh ! quoi ? — La demoiselle 0e compagnie !... Oh ! oh ! quel superbe tableau ! Comme il manquait au monde, et comme il sera beau ! Pauvre poëte, hélas ! près des hôtes tranquilles De ton simple foyer, où, noirs sphinx immobiles. S'allongent tes grands chiens au regard amical. Tes méditations aboutissent si mal ! . . .

Encor si tu peignais l'hybride créature Comme Satan l'a faite, enfin d'après nature : Vipère au doux regard, qui mord en caressant! Mais non, tu veux en faire un être intéressant, La poser en vestale, en Madone, en Martyre !

Erreur !.., La vérité, moi, je vais te la dire :

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