‹ Cara patria: échos italiensChapitre 60 sur 67 · A VICTOR HUGO. 2O · texte numérisé non relu

A VICTOR HUGO. 2O

Semble couvrir déjà leur trône renversé !

Le sceptre d'or échappe à leur main que secoue

La fièvre de la peur -, la peur blêmit leur joue !

D'un œil morne, hagard, ils comptent leurs soldats.

Ils écoutent, tremblants : ils entendent le pas

Du Gendarme de Dieu, dont tu prédis l'approche,

Et qui s'avance avec des ordres dans sa poche !

C'est l'avenir. Déjà les lumineux éclairs

Du glaive qui punit vont inonder les airs !

Il fera triompher la justice éternelle;

« Malheur aux réprouvés! » dit la voix solennelle;

Et, terrassés déjà, fuyant épouvantés ,

Ces nains, qui se croient grands parce qu'ils sont montés.

En s aidant du poignard, sur un vaste ossuaire.

Changent leur manteau rouge en un sanglant suaire !

Oh! chante, chante encor!

Mais, lorsque vient le soir.

Retournant lentement à ton foyer t'asseoir,

Tu quittes à regret cette plage muette

D'où tu revois la France!... — Oh! redis-nous, poète,

Les chants de la famille, hymne sacré du cœur,

Échos resplendissants d'amour et de douleur !

Parle-nous de ta fille, hélas ! trop tôt ravie

A son père, à l'époux dont elle était la vie !

Rappelle-nous les jours de ton joyeux printemps ,

Les baisers qu'en secret savouraient les amants ,

Le bonheur de l' époux et les luttes publiques ,

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