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A VICTOR HUGO

Et, les jours de danger, les triomphes civiques !

Suis dans l'inrimensité Tessor mystérieux

Des âmes, et dis-nous ce qu'auront vu tes yeux !

Contemple la nature, admire les spectacles

Dont un Dieu bienfaisant nous montre les miracles !

Nous t*écoutons, ravis : module tes accords !

Que ta voix jusqu'à nous arrive de ces bords

Où l'exil, noir vautour à l'aile ensanglantée,

Te déchire le cœur, moderne Prométhée !

Oh ! chante, chante encore, en dépit du vautour !

Car bientôt va venir le jour saint du retour :

Tu reverras ces lieux où vécut ta famille.

Berceau de ton enfance et tombeau de ta fille ;

La tribune, longtemps veuve de grandes voix ,

Te verra revenir dans le temple des lois ;

Tu reprendras ta place ; à ta parole altièrc,

Basile et Loyola, qu aveugle la lumière.

Rentreront, oiseaux noirs, dans leurs antres fangeux !

Le mépris et l'oubli feront justice d'eux !

A bientôt donc, Hugo! garde bonne espérance!

Le peuple et l'avenir te doivent à la France !

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